Nuits de bivouac

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Numéro 115

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 115
Date de parution originale: Décembre 2001

Date de publication/archivage: 2021-05-16

Auteur: Jérémie
Titre: Nuits de bivouac
Rubrique: Ça sent le mâle

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Ce texte a été lu 3477 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Résumé / Intro :

Deux jeunes corps vigoureux, avides de tendresse, qui, à cause du froid s'accolent sous la tente, et tout à nouveau est à réinventer.


Grandes manœuvres. C’était il y a quelques années. Bidasse, je partageais la guitoune du chauffeur pour la nuit, dont j’étais le chef de camion. Pas causant, le mec, je le connaissais peu. Il avait à peu près mon âge, mais il faisait plus avec sa petite calvitie naissante. J’avais passé la journée à chercher un sujet qui aurait pu un peu le faire parler, histoire de tuer le temps sur la route. Pour le moment, il montait la garde et n’allait pas tarder à rentrer.

Il faisait froid en ce début de mars, et je n’avait quitté que les rangers, enroulé comme je pouvais pour me tenir au chaud sous la couverture. Un bruit. C’est lui qui rentre du service. Je l’entends pisser longuement puis le voilà. Je l’entends quitter ses pompes et il s’allonge sous la couvrante. Il doit aussi avoir froid, car petit à petit, il se rapproche de moi. Je sens sa présence. Ça y est, il est calé contre mon dos. Je respire calmement comme celui qui dort du sommeil du juste.

Est-ce la chaleur ou la présence de mes fesses, mais je m’aperçois que le copain a une méga-érection. Contre mon cul, je sens une barre dure qui témoigne de l’envie d’une certaine partie de son “body” de bénéficier de quelques caresses. Difficile avec un mec pareil! Comment va-t-il réagir? Je bouge doucement mon arrière-train; il se colle encore plus à moi. Pour lui, je dors profondément, alors finalement, je tente le tout pour le tout. Je me retourne et clac! ma main empoigne l’objet du délit!

Il eût un soubresaut et poussa une exclamation:

— Qu’est-ce que tu fais?

— Il y a ça qui m’empêche de dormir, ça me gêne et ça doit te gêner aussi! Autant s’en occuper tout de suite et on n’en parle plus!

Tout cela à mi-voix, histoire de ne pas réveiller ceux qui dormaient dans les autres guitounes. Il me laissa faire quand j’ai commencé à déboutonner la braguette du treillis, afin d’y trouver dans son nid de poils drus et frisés une belle teub qui ne demandait qu’à être flattée. Ma main en faisait juste le tour, et en longueur, elle faisait bien deux paumes en hauteur. J’ai glissé les doigts sous la hampe pour caresser les deux couilles velues qui allaient m’offrir leur bon jus. Il se laissait faire. J’ai approché mon visage du sien, mais il s’est détourné. J’espérais un pâlot, une pelle, une langue qui se serait nouée à la mienne, mais il se refusait ce simple plaisir. OK! Autant continuer la branlette, sans oublier de passer régulièrement le pouce sur le gland déjà tout humide. Il se pencha soudain de l’autre côté pour saisir son mouchoir et le poser en haut de sa tige. Il ne voulait pas qu’on se tache. Son corps se tendit, et j’ai vite deviné qu’il éjaculait. Mais il n’eût aucun geste envers moi. Il reboutonna son treillis, se tourna de l’autre côté et s'endormit.

Le lendemain, en reprenant la route, je me sentais mal dans mes pompes. On n’en a pas parlé durant tout le trajet. On s’est tous arrêté dans un bistrot pour avaler un café. Je me suis assis par hasard près de lui. Je sentis sa cuisse chaude se coller à la mienne. Ni une, ni deux! Je lui ai ai foutu la main au paquet! On verra bien s’il me bastonne. Je l'ai manipulé pendant qu’impassible, il parlait avec les autres qui étaient loin de se douter de ce qui se tramait sous la table... Nous avons quitté le bar sans qu’il ne prononce un mot. Arrivés dans la cabine du camion, loin des oreilles indiscrètes, il me dit:

Grosses giclées

— Pose ta main sur ma cuisse ou sur ma bite tant que tu voudras, mais ne compte pas sur moi pour te rendre la pareille. Ce soir, si tu veux me branler à nouveau, c’est OK!

Je vécus toute la journée dans cette attente. Le soir, au lieu de monter les tentes, les mecs décidèrent de coucher dans le foin d'une grange, et nous deux à l'arrière du camion sous une pile de couvrantes. Cette fois-ci, c’est en sous-vêtements qu’on s’est retrouvés l’un contre l’autre. J’ai commencé à caresser ses cuisses veloutées de poils, sa poitrine, mais il réagissait peu. Aussi, j’ai attaqué direct la pièce de résistance. Je me suis coulé contre lui jusqu’à être à hauteur de sa belle bite épaisse que j’ai embouchée tout en massant les deux couilles d'un fort volume. Il frémit soudain et me dit:

— Ouais, ça, c’est vachement bon! Je te dirai quand je vais jouir, comme ça, tu pourras te retirer!

Lorsqu’il atteignit le plaisir, il voulut des mains ôter ma tête pour m’éviter. Pas question, mon pote! J’ai résisté, et c’est dans ma gorge qu’il juta en grosses giclées chaudes.

— C’était super-bon, me dit-il, mais pourquoi tu ne t’es pas retiré quand je te l'ai dit?

Je lui répondis:

— C’est la première fois que j'avale! Je voulais trop ton foutre! J’avais tellement envie de toi si tu savais...

Il me prit dans ses bras et je fus surpris lorsqu'il me caressa la tête. Trois fois dans la nuit, je lui ai fait atteindre le septième ciel. Entre-temps, je sommeillais dans ses bras.

Le lendemain, nous retrouvions la caserne, et, huit jours plus tard, il rentrait chez lui. Je l'ai croisé dans la cour. Il me dit:

— Je te cherchais! Je voulais te dire que si j’étais de ton bord, je partirais vivre avec toi. T’es un gentil mec, mais prends garde à toi! Voilà un petit cadeau-souvenir. Chaque fois qu’une femme me taillera une pipe, je penserai à toi. Adieu et bonne chance!

Il me passa la main dans les cheveux, me secouant la tête d’un brusque geste d’amitié virile.

Dans le petit paquet, il y avait le porte-clef du camion qui avait hébergé nos amours.

Jérémie, 32 ans.