On jouit ensemble

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Numéro 54

Texte d'archive:


Archivé de: Gay Relations – Numéro 54
Date de parution originale: c. 2004

Date de publication/archivage: 2018-01-23

Auteur: Jean-Yves
Titre: On jouit ensemble
Rubrique:

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Ce texte a été lu 3466 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


J’habitais avec mes parents, dans le même immeuble que Joël. Depuis toujours, nous étions voisins de palier. Il a vingt ans de plus que moi, un beau physique, grand, blond aux cheveux taillés en brosse. Tout enfant, j’éprouvais une grande admiration pour lui. Mon attirance pour les hommes se manifestait déjà. Il habitait avec sa vieille mère et j'allais souvent chez lui. Il m'affectionnait beaucoup.

Souvent, il me prenait sur ses genoux et me serrait dans ses bras en me récitant des poèmes de son cru. Les précoces et timides attouchements que je pratiquais sur ma verge ne m'apportaient pas encore d'érection. Les premières se sont manifestées quand je m'asseyais sur ses genoux et que je coinçais mon sexe très fort entre mes cuisses. Comme s'il devinait ce que je ressentais, son étreinte se faisait plus forte pour me serrer dans ses bras. Mais, jamais au cours de cette période, il n'a eu envers moi de geste ou d'attouchement déplacés. À peine s'il gratifiait mes joues de quelques baisers. J'étais déjà sous son charme, et je voyais en lui mon idéal masculin, le protecteur responsable et tendre que j'aimerais pour la vie.

Je venais de fêter mes vingt-et-un ans lorsque la vie nous a séparés, me voyant dans l'obligation d'aller à Paris terminer mes études. C'est le soir de mon départ que, pour la première fois, en m'enlaçant, il a baisé longuement mes lèvres tout en glissant une main sous ma chemise pour caresser la nudité de ma poitrine tandis que l'autre main épousait étroitement l'une de mes fesses. Je me suis presque pâmé tant j'étais ému. Et, dans le train qui m'emmenait loin de lui, j'ai pleuré longuement en regardant sa photo. Deux ans d'éloignement et quelques liaisons avec des amies et des amis étudiants, ne me l'ont pas fait oublier.

Dès mon retour, j'ai sonné à son appartement et c'est lui qui est venu

m'ouvrir. Il est resté un bon moment à me regarder en me complimentant sur le beau mec que j'étais devenu. J'ai senti le désir renaître au plus profond de mon corps dès que je l'ai vu. Il m'a fait entrer, et ce n'est qu'un bon moment après que nos lèvres se sont unies. Nous étions seuls, car sa vieille mère, devenue impotente, avait préféré aller se reposer dans une maison de retraite.

C'est la première fois que nous avons fait l'amour. Blotti entre ses bras, il m'a conduit dans sa chambre pour me déshabiller avant de m'allonger sur le lit. Avec beaucoup de tendresse, il a commencé à couvrir mon corps de baisers, descendant au creux de mon ventre et sur ma verge où sa bouche s'est attardée. C'était bon et je soupirais d'aise. Je sentais son corps puissant et viril pesant sur moi. Des frissons d'impatience me parcouraient, désireux qu'il aille plus loin dans ses caresses. Comme il me souriait – un peu gêné, semblait-il – j'ai déboutonné sa braguette en lui demandant de se déshabiller aussi. Il s'est dénudé en un tour de main et s'est allongé près de moi. J'ai cru rêver en voyant sa verge. Une vraie matraque. Longue, noueuse, grosse, le grand décalotte et rouge vif, elle se dressait déjà pleine de promesses. Après l'avoir admirée un moment, je l'ai embouchée. Il n'a rien fait pour m'en empêcher et s'est abandonné à ma fellation tout en me caressant les cheveux avec tendresse.

Lorsqu'il a senti que l'éjaculation venait, il s'est retiré d'entre mes lèvres. Il a pris un préservatif et l'a enfilé sur son sexe. Quoique ma verge aussi soit au mieux de sa forme, j'ai compris que c'est moi qui allait avoir la primeur de la sodomie. Il m'a attiré sur lui pour que je le chevauche, et la raideur de son pieu entre mes fesses m'a déjà apporté un ineffable plaisir. Quand il a commencé à me pénétrer, j'ai ressenti une terrible brûlure et, bien que n'étant plus puceau, je me suis demandé si mon anus était assez souple pour résister à une telle dilatation. À petits coups de reins, Joël s'enfonçait dans mes entrailles et faisait monter en moi une formidable jouissance. Un spasme fantastique m'a secoué quand il a giclé au fond de ma gaine anale une abondante décharge qui m'a fait hurler d'extase. Il s'est couché sur le côté, m’a serré contre lui, et m'a tenu longtemps ainsi, ses bras repliés sur ma poitrine, ses jambes coulées entre mes cuisses et sa virilité toujours emmanchée en moi.

Peu de temps après, il m'a fait embaucher en qualité de conseiller juridique dans son entreprise et en dépit de la réprobation de mes parents, nous vivons ensemble. Nous sommes heureux. Il ne m'a jamais demandé de le sodomiser et je n'en éprouve ni le désir ni le besoin. La dilatation de mon anus est telle qu'il me pénètre maintenant presque sans douleur. C'est rare si nous ne jouissons pas simultanément. Et c'est parfait là aussi.

Jean-Yves, 24 ans.