Pas de deux (07)


Pas de deux (07)
Texte paru le 2014-05-04 par Louis Alexander   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Pas de deux

— Alexander, tend ta jambe, voilà c’est mieux comme ça. Maintenant passez en quatrième et on recommence, demi-plié,... Louise, le regard s’il te plait.

Cela faisait maintenant 15 minutes que nous avions commencé notre cours de danse du mercredi après-midi et ce que l’on pouvait dire, c’est que nous avions démarré fort. Après deux semaines plutôt tranquilles, notre professeur avait décidé de passer à la vitesse supérieure.

— Maintenant je veux vraiment voir des gestes parfaits, et je ne veux surtout plus voir de pieds qui partent dans n’importe quelles directions quand vous faites vos dégagés ou vos ronds de jambes. C’est inadmissible pour des personnes de votre niveau. Laurenn, tu fais n’importe quoi depuis le début alors concentre toi, j’ai connu beaucoup mieux venant de ta part.

Nous avons donc enchaîné durant les 30 minutes suivantes exercices sur exercices jusqu’à donner entière satisfaction, enfin pas pour tout le monde.

— Colin, Alexander, Mathilde, Laura et Sarah, c’était parfait je vous félicite. Lucas, c’est pas mal pour un premier cours avec nous mais je suis sûr que tu peux faire beaucoup mieux que ça. Laurenn c’était mieux, Tania et Mélanie aussi. Par contre les autres, si c’est pour me faire ce que vous venez de me faire, ce n’est pas la peine de revenir mercredi prochain, vous pouvez toutes vous réinscrire dans le cours inférieur.

Cette phrase avait jeté un froid et le reste du cours se déroula dans une ambiance un peu plus tendu que d’habitude. Heureusement Colin, Laurenn et moi étions d’un bon niveau par rapport à celles qui venaient d’être décriées.


À un quart d’heure de la fin du cours, nous avons eu la surprise de voir débarquer Léa et Medhi, main dans la main, après leur séance de cinéma mais aussi Enzo et Thomas qui venaient voir nos prouesses en pirouettes et entrechats. Ils sont restés en retraits pour ne pas déranger la fin de notre cours. Au vu de leurs têtes, je pense que nous avons dû les impressionner. Il est vrai que l’exercice était difficile et le fait de sentir des regards posés sur nous nous aidaient encore plus à nous surpasser. Mise à part quelques-uns qui avait l’air un peu plus déstabilisé comme Lucas et Mélanie.

Mélanie était une jolie blonde de notre âge à moi et Colin. D'ailleurs ces deux-là se connaissent très bien puisqu'ils sont dans la même classe. En tout cas, Thomas ne la lâchait pas du regard. C’est d’ailleurs ce qui devait la déstabiliser. Lucas, quant à lui, était le nouveau du cours de samedi dernier dont je vous avais parlé. Il devait aussi avoir dans nos âges au vu de son physique, plutôt très avantageux d’ailleurs. Ces cheveux châtains, mi-long contrastaient avec de très jolis yeux verts. Je n’en savais pas beaucoup plus sur lui, notamment parce qu’il avait l’air très timide.

— Alexander, peux-tu montrer à Lucas comment placer la tête pour les pirouettes, car j’ai vu pas mal d’erreur là.

Je m’exécutais donc et montrais à Lucas ma technique devant lui sous les explications de notre professeur.

— Maintenant Lucas et Alexander mettez-vous face à face et tenez-vous par la taille. Lucas je veux que quand tu tournes ton regard tu ne lâches pas celui d’Alexander. Voilà c’est bien, encore une fois.

Tous les regards étaient posés sur nous. Le pauvre Lucas ne savait plus où se mettre mais parvint quand même à réussir parfaitement l’exercice… la première fois. Car au moment de recommencer, il perdit l’équilibre et ne put se retenir de tomber sur moi. Je le rattrapais comme je pus en glissant mes mains sur ses jolies fesses moulées à perfection dans son collant gris, afin d’amortir sa chute. Lucas encore plus gêné se confondit en excuses :

— Je suis vraiment désolé.

— Tu n’as pas à être désolé, tu t’es pas fait mal au moins ?

— Non ça va merci.

En me relevant, mon sexe se frotta conte ses fesses, ce qui déclencha en moi un début d'érection que je parvins tout de même à dissimuler. Lucas, quant à lui, était rouge comme une tomate, et en regardant son entrejambe, j'avais l'impression que celui-ci avait légèrement gonflé aussi.

— Bon on va arrêter là pour aujourd'hui, à la semaine prochaine, lança la prof. Alexander, Colin, Laurenn, Mathilde, Laura et Sarah, vous pouvez venir me voir s’il vous plait.

— Oui Madame.

— Bon voilà, je voudrais vous inscrire au concours d’entrée au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris. Je pense que vous pourriez avoir le niveau requis et les auditions sont en janvier. Par contre cela nécessitera une préparation plus intense, donc parlez-en à vos parents si cela vous intéresse bien entendu.


Enchantés par cette annonce, nous avons rejoints nos amis qui nous attendaient devant l’entrée. Je ne manquai pas de faire un clin d’œil amical à Léa qui tenait toujours la main de son tout nouveau petit copain. Ces deux derniers et Thomas nous félicitèrent pour notre excellent niveau à tous les trois. Enzo lui trouva encore un moyen de se démarquer et toujours aussi direct nous demanda :

— Vous mettez quoi sous votre collant, sérieux on voit tout, je ne sais pas mais vous avez vu le cul que ça vous fait, et puis devant ce n’est pas mieux.

— Tu mates Alexander et Colin toi maintenant, répondit Léa du tac au tac en rigolant.

— Non, mais non, mais sérieux quand même.

— Moi je crois plutôt que c’est Lucas qui lui a tapé dans l’œil, le taquina Thomas

— Hein, quoi ? C’est… Pourquoi tu dis ça ? Toi de toute façon, tu n’as pas arrêté de regarder Mélanie.

— Oh les zigotos c’est pas un peu fini votre cinéma, si vous voulez Laurenn arrange le coup entre Mélanie et Thomas et moi et Colin on se charge de Lucas et Enzo.

— Non mais arrêtez, j’ai pas dit que je ne voulais pas sortir avec Lucas. Enfin non... J’ai pas dit que je ne voulais pas... Oh et puis vous commencez à m’emmerdez avec vos histoires s’énerva Enzo. Je vous attends dehors.


Sur le chemin du retour, alors qu’il passait devant la porte des vestiaires celles-ci s’ouvrit et vint le percuter. Derrière la porte se trouvait Lucas qui était parti en vitesse dans les vestiaires chercher sa feuille d’inscription pour la redonner au professeur de danse. Quand il entendit le boum, il eut un léger sursaut. Enzo, avait eu le réflexe de se protéger le visage avec ses mains et de ce fait, avait été déséquilibré par le choc. Il se retrouva au sol sur les fesses. Il commença à grogner contre le ou la responsable de sa chute :

— Tu ne peux pas faire attention quand tu ouvres la porte, non mais c’est vrai, j’aurai….

Quand il aperçut que le responsable était Lucas, il s’arrêta net dans son engueulade.

— Je, je suis désolé, je ne t’ai pas fait trop mal, lui demanda Lucas très embêté par la situation.

— Non ça va merci, j’ai eu le réflexe de me protéger le visage, par contre je veux bien que tu m’aides à me relever, reprit Enzo qui avait complètement changé de ton.

Lucas lui tendit la main avec le sourire et l’aida à se relever. Une fois debout, les deux garçons restèrent quelques secondes à se regarder dans les yeux sans ne rien dire. Finalement le plus à l’aise des deux pris la parole :

— Moi c’est Enzo et toi c’est Lucas c’est ça ?

— Oui, mais comment tu le sais ?

— J’ai entendu la prof pendant la fin du cours. En tout cas tu danses très bien.

— Merci. T’es un ami d’Alexander et Colin ?

— Oui, enfin je connais plus Alexander, on est dans le même lycée.

— Ok... Je dois y aller il faut que j’aille voir notre professeur pour lui donner des papiers.

— D'accord Lucas, je suis très content d’avoir fait ta connaissance.

— Moi aussi Enzo.

Enzo accompagna du regard Lucas, en détaillant minutieusement sa silhouette vue de dos. Ses fines jambes musclées dessinées par sa tenue de danseur, ses fesses légèrement rebondies, sa nuque à moitié recouverte par ses cheveux... C’est la première fois qu’Enzo se sentait attiré par un garçon, c’est d’ailleurs la première fois qu’il se sentait attiré par une personne tout court. Mais ce soir, c'est en pensant à Lucas, qu'il éjaculera.

La question de son orientation sexuelle, il ne se l’était jamais posé, il était surement hétérosexuel comme la majorité des gens. Sauf que depuis qu’il était petit, avec son caractère inimitable, on ne cessait de lui répéter qu'il n'était pas comme la majorité des gens. Enzo, comme son nom l’indique, était d’origine Italienne par son père. Physiquement, il était assez grand avec son mètre quatre-vingt cinq. Ses yeux noirs allaient de pair avec ses cheveux coupés assez court. Depuis son enfance, il ne faisait jamais rien comme tout le monde. Alors que petits, ses camarades passaient leur temps devant les jeux vidéo ou à jouer au ballon, lui préférait lire et passer son temps à observer les phénomènes de la nature. Nombreux étaient les insectes qui avaient eu la joie d’être disséqué sur son bureau. Pour que leur fils ne soit pas isolé, ses parents l’avait inscrit à de nombreuses activités : football, handball, basket, judo... sans succès. La seule activité, avec ses cours de piano, qu’Enzo pratiquait et pratique toujours avec intérêt était le Tennis. Pour quelles raisons, il ne se l’expliquait pas, il aimait juste taper dans la balle en se demandant à chaque fois où celle-ci atterrirait.

Bref Enzo, alla attendre ses amis dehors. Il fut d’abord rejoins par Thomas, Léa et Medhi, puis par Laurenn, Alexander et Colin. Ils restèrent un moment à discuter dehors. Thomas et Enzo avaient discrètement les yeux braqués sur l’entrée de l’école de danse, attendant les sorties respectives de Mélanie et Lucas. C’est ce dernier qui franchit la porte en premier. Son regard chercha directement à voir si Enzo était encore dans le coin. Il fut très heureux de voir que c’était le cas et qu’en plus celui-ci lui adressait un magnifique sourire très amical. S’il n’avait pas été aussi timide et si sa mère n’était pas là à l’attendre en voiture, il aurait surement été retourné lui parler.

Ce fut au tour de Mélanie de franchir la porte, sous le regard très intéressé de Thomas. Afin de rigoler un peu et la connaissant très bien Laurenn l’appela pour qu’elle les rejoigne.


— Mélanie, tu connais Alexander et Colin mais je ne t’ai pas présenté mes amis du Lycée.

— Oui, pourtant ce n’est pas faute de m’en parler.

— Donc voici Léa, Medhi, Enzo.

— Enchanté.

— Et lui c’est Thomas, je le connais depuis que je suis toute petite.

— Enchanté Thomas.

— Moi aussi, s’empressa-t-il de lui répondre.

— Au fait ça te dirait de venir avec Moi et Thomas au cinéma samedi après-midi, on avait prévu d’aller voir un film.

— Oui pourquoi pas, répondit la jolie blonde.

— Je ne savais pas que vous alliez voir un film, repris Enzo qui était bien le seul à n’avoir rien compris, je suis partant aussi.

— Je croyais que tu avais un match de Tennis, insista Laurenn.

— Non, c’est le samedi... aie mais tu me fais mal, reprit Enzo qui venait de se prendre un coup de coude de Léa. C’est à ce moment-là qu’il finit par comprendre.

— Ah oui, c’est vrai c’est déjà samedi prochain, je ne pensais pas déjà. Bah non finalement je ne peux pas.


Après cette arrangement de rendez-vous, nous avons chacun rejoins notre domicile. Sauf Colin qui est venu passer la soirée à la maison. Nous avons commencé par prendre une longue douche durant laquelle le savon a glissé plus d'une fois à terre. C'était difficile d'être discret et nous nous retenions pour ne pas gémir trop fort, surtout après avoir pilonné Colin pendant plusieurs minutes avant que je ne me décharge en lui. Et quand les rôles furent inversés, ce fut la même histoire. Nous avons ensuite regardé un film puis nous avons dîné en compagnie de mes parents et de mon frère.

C’est la mère de Colin qui est venu le chercher vers 21h00. Je crois que je ne vous l’avais pas dit mais Colin vit avec sa mère, son frère et sa soeur, depuis maintenant 7 ans, c’est-à-dire depuis le jour où son père est partit avec une autre femme. Il n’a plus revu ce dernier depuis ce jour. Sa maman, avec qui il est également très complice, était bien entendu au courant pour notre relation. Elle resta une bonne heure à discuter avec ma mère et profita de l’occasion pour m’inviter à passer le weekend avec Colin chez eux. Ce qui ne posa évidemment aucun problème.




Le lendemain était une journée très chargée. D'autant plus qu’en prévision du concours d’entrée au Conservatoire, j’avais un cours de danse supplémentaire, le jeudi soir. Entre français, mathématiques et histoire, je ne vis pas la matinée passer. Comme tous les jeudis, je déjeunais avec Colin. Maintenant qu’il connaissait mes amis, nous avons mangés tous ensemble à la cafétéria du lycée. Thomas en profita pour lui demander des nouvelles de Mélanie, qui était dans la classe de Colin :

— Elle va très bien ta Mélanie, et elle m’a parlé de toi ce matin.

— C’est-à-dire ?

— Elle m’a demandé si tu étais célibataire et si je pensais qu’elle te plaisait.

— C’est vrai ?

— Non.

— Tu fais chier Colin.

— Je sais mais tu aurais dû voir ta tête.

— Elle ne t’a pas parlé de moi alors ?

— Si mais elle m’a juste demandé si je te connaissais bien.

— Et ?

— Et je lui ai répondu que pas trop mais que tu me semblais être quelqu'un de bien.

— Quelqu'un de bien ok, c’est toujours ça.

— Je crois que tu aurais du préciser quelqu'un de bien mais obsédé par sa poitrine, reprit Enzo en rigolant.

— Oh toi occupe-toi de ton cul, ou plutôt de celui de Lucas.

Voyant son visage se décomposer, Thomas demanda sérieusement à Enzo :

— Il te plait Lucas ?

— Non, je... enfin je ne suis pas gay, je suis hétéro, je mais...

— Mais quoi ?

— Je ne sais pas.

— Enzo, on s’en tape si t’es gay ou bi, reprit Thomas. Je te connais bien et je t’ai bien vu, tu le matais comme moi je matais la poitrine de Mélanie ou comme Colin regarde Alexander.

À ce moment précis Enzo se leva furieux et quitta la table. Poussé par Laurenn et Léa, Thomas partit à sa poursuite. Les deux jeunes hommes revinrent 15 minutes plus tard, le sourire aux lèvres. Nous n’avons pas demandé ce qu’ils s’étaient dit mais il semblait que l’affaire avait été réglée. Après cet incident, le reste du repas se déroula dans la bonne humeur. Il était maintenant l’heure de retourner en cours et Colin m’abandonna auprès de mes amis. Alors que nous attendions devant la salle de cours, Enzo est venu me parler :

— Alexander, je peux te demander un service ?

— Oui, ce que tu veux.

— Enfin, ce n’est pas évident à demander.

— Ne t’inquiète pas pour ça.

— Voilà, tu penses que tu pourrais savoir si j’ai mes chances avec Lucas.

— Je ne te promets rien mais je peux toujours essayer de savoir s’il a des préférences semblables aux tiennes.

— Merci mais comment tu comptes t’y prendre ?

— Je ne sais pas encore, mais si tu veux, tu n’as qu’à passer samedi midi à la fin de notre cours.

— Ok je vous attendrai dehors alors.

— Pas de souci Enzo.

— Merci Alexander, c’est super sympa de ta part.

— De rien, si je peux faire agence matrimoniale, ça me va. Mais si ce n’est pas trop indiscret, de quoi avez-vous parlé avec Thomas pour que tu changes d’avis comme ça ?

— Il m’a juste fait prendre conscience que ce dont j’avais vraiment envie, c’était de sortir avec Lucas et même s’il s’avère que c’est un mec.


Après cette petite discussion avec Enzo, qui était repartit rejoindre sa classe, je retournai parler à Léa et Medhi. Je ne leur dit rien sur la petite conversation que j’avais eu avec Enzo, car si cela devait se savoir, je pense que cela devrait être fait par Enzo lui-même.

Le reste de la journée fut d’un ennui profond ponctué cependant de quelques petits fou-rires avec mes amis. La journée se termina difficilement par mon cours de préparation d’entrée au conservatoire. En plus de moi, Colin, Laurenn, Mathilde, Laura et Sarah, quatre autres personnes s’entraînaient avec nous, deux filles et deux garçons plus âgés, dont un était le petit copain de Laura. Nous avons beaucoup souffert mais cela m’a permis de voir que si je comptais un jour accéder à un niveau professionnel, il me restait beaucoup de travail à accomplir.

L’examen était dans 4 mois donc nous n’avions pas de temps à perdre. Bien entendu, initialement je n’avais pas dans l’optique d’intégrer le conservatoire mais comme le professeur m’avait dit que j’avais vraiment le potentiel pour, j’étais maintenant vraiment motivé pour y arriver, tout comme Colin d’ailleurs.

Je suis rentré complètement crevé à la maison. Mes parents qui étaient déjà très fiers de moi, feraient vraiment tout leur possible pour que j’y parvienne. C’est vrai que mes très bons résultats scolaires les confortaient en ce sens. Bref, ma fatigue était tellement intense qu’à peine avais-je mangé, je suis parti me coucher.


A suivre