Phantasme

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Numéro 1

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 1
Date de parution originale: Juin 1985

Date de publication/archivage: 2015-01-19

Auteur: Didier
Titre: Phantasme
Rubrique: À plusieurs

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Marc était un bel adolescent dont l’unique passion était le sport. La gymnastique et l’escrime, qu’il pratiquait de préférence, avaient développé son corps de façon harmonieuse. Ses muscles fermes se dessinaient sous sa peau qui gardait toute l’année un peu du hâle de l’été.

Il était en troisième au collège de X... Bon élève, il était apprécié de tous ses professeurs, le professeur d’éducation physique surtout le connaissait pour son goût du sport et, lui faisant confiance, n’hésitait pas à lui prêter la clé du gymnase. C’est ainsi qu’un jour à quatre heures, Marc entra dans le gymnase pour étudier une figure à la barre fixe. Il avait commencé à se changer quand il entendit un léger bruit venant des douches. Il reboutonna son jean et torse et pieds nus déjà, il alla voir ce que c’était. Il découvrit un spectacle qui lui donna un haut-le-cœur : le grand Henri, le plus costaud de la classe que Marc n’appréciait guère, était là avec Jean-Loup. Ils se tenaient face à face, braguette ouverte et bite tendue, s’activant de la main. Henri vit Marc. Avec un sourire mauvais, il lui dit:

— Ça te dérange ?

— J’aime pas les branleurs, répondit Marc, mais j’en ai rien à foutre.

— Ah ! t’aimes pas les branleurs, ça va te coûter cher !

Et d’un bond il fut sur Marc. La lutte fut chaude, mais brève. Marc était de taille à ne pas se laisser faire, mais il ne put résister à la force de Henri à l’aide duquel s’était précipité Jean-Loup. Plaqué au sol sous Henri, Marc se débattait, essayant de libérer ses poignets, arquant les reins pour soulever Henri assis sur lui. Tous ses efforts étaient vains. Il s’arrêta pour reprendre des forces, haletant. Henri et lui se dévisageaient en silence. Brusquement Henri lança les deux bras de Marc derrière sa tête et dit à Jean-Loup de venir le tenir. Jean-Loup s’agenouilla sur les poignets, agrippa les épaules de Marc, pendant que Henri, pivotant, toujours assis sur le ventre de Marc, lui ouvrait son pantalon. Marc dont seules les jambes n’étaient pas immobilisées, tentait de prendre le cou de Henri en ciseau. Il dut se laisser déculotter. Son jean glissa jusqu’à ses cuisses, puis son slip. Il se débattait encore. Alors Henri retira la ceinture de Marc, lui saisit les jambes et lui attacha les pieds à un radiateur. Puis il se retourna, goguenard, et annonça : «Si t’aimes pas les branleurs, tu préfères peut-être les branlettes ? Tiens-le bien Jean-Loup, on va lui faire une belle fête.» Marc frémit. Il n’avait jamais pris part à ces jeux de garçons entre eux, et n’avait jamais eu d’éjections séminales, que celles involontaires de certaines nuits. Il ne pensait vraiment qu’au sport. Il tenta un dernier effort pour se libérer, constata son inutilité et attentif, à la fois résigné, haletait, la gorge nouée. Nu, livré à Henri, il ne pouvait que subir.

Henri prenait son temps. Il lui passa la main entre les cuisses. Marc frémit. Henri atteignit les couilles, les effleura. Marc se sentit raidir. Henri saisit à deux doigts cette queue qui gonflait, dénuda le gland, tira une ou deux fois en arrière, reprit les couilles, et attaqua le va-et-vient de la branlette. Il procédait avec lenteur, faisait durer les choses. Marc haletait. Il ne voulait pas jouir. Il sentait une brûlure emplir ses couilles, monter le long du vit, lui gagner tout le ventre ; au-dessus de lui il voyait la queue de Jean-Loup pointer, raide, hors de la braguette et Jean-Loup qui fixait le manège de Henri qui prenait toujours son temps, ramassait du bout du doigt le filet de liquide qui s’échappait du gland maintenant violacé, reprenait sa branlette pour l’arrêter quand il sentait frémir cette bite qui lui était livrée, qu’il prenait plaisir à faire jouir. Il se déculotta, et commença à se caresser les couilles. Il reprit les couilles de Marc ; un sentiment curieux de domination et de tendresse pour ce corps (qu’il trouva beau soudain) qui lui était livré, l’envahit ; il glissa un doigt entre les cuisses, le long du sillon, remonta, atteignit l’anus qu’il palpa. Marc se crispa. Henri retira son doigt, revint aux couilles, recommença la branlette en se branlant lui même. Et là, une giclée de sperme jaillit de Marc, dense, abondante, suivie d’une série précipitée d’autres giclées. Marc s’inondait lui-même le ventre, la poitrine, de ce liquide dont des gouttes lourdes atteignirent ses lèvres. Henri ne lui lâchait pas la bite.

Puis il tendit l’autre main, s’empara de la queue de Jean-Loup qui n’attendait que ça pour décharger à son tour à gros bouillon sur le visage et le cou de Marc, qui reçut presqu’aussitôt, du nez au nombril, le sperme d’Henri. Et Henri le branlait à nouveau, et il jouissait, il aimait ces brûlures dans son membre, son gland gonflé presque douloureux, ce goût dans sa bouche. Il gicla une deuxième fois. Henri ralentit son mouvement, laissa la queue se déraidir, lui détacha les pieds, et se leva. Jean-Loup le libéra à son tour. Marc, groggy, se mit debout. Le sperme ruisselait sur lui. Il sourit et dit bêtement: «Je crois que je vais prendre une douche...»

Un lecteur qui aime les fantasmes.

Didier, 35 ans.