Pochade pour la Saint-Valentin


Pochade pour la Saint-Valentin
Texte paru le 2021-02-14 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Je me présente, je suis l’ange Cupidon, plutôt l’un des millions d’anges Cupidon, nous ne pouvons nous occuper que d’un seul couple à la fois et nous ne travaillons qu’un jour par année, à la Saint-Valentin. Vous allez me demander ce que nous faisons le reste du temps, je vais vous révéler que nous avons un sexe et que nous savons nous en servir. Je préfère les anges qui ont le même que moi entre les jambes, ce que vous appelez vulgairement une bite, bref, je suis un ange gay.

Quelques jours avant la fête, nous pouvons consulter notre smartphone pour découvrir le couple que nous a attribué GAFA. La tâche semble assez complexe cette année :

Baptiste, lycéen, premier de classe, physique de rêve, cheveux roux, petite bite, timide, puceau.

Logan, lycéen dans la même classe, cancre, physique quelconque, noiraud, grosse bite, dragueur impénitent qui a couché avec la moitié des filles de la classe sans en emballer aucune.

Je prépare mon plan, il me faut un comparse, ce sera donc Léo qui est assis à côté de Logan, au fond de la classe, à côté du radiateur. Je lui décoche une flèche dans les fesses pour le réveiller.

— Aïe ! crie-t-il.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demande Logan.

— On m’a piqué le cul.

— Je ne vois rien, un insecte ?

— Monsieur Léo, dit la professeur, au lieu de vous agiter, pourriez-vous répéter ce que je viens de dire ?

— Euh…

— C’est bien ce que je pensais, cela vous fera deux heures de colle.

Baptiste lève la main :

— Moi, Madame, je peux répéter : dans n'importe quelle théorie récursivement axiomatisable, cohérente et capable de « formaliser l'arithmétique », on peut construire un énoncé arithmétique qui ne peut être ni démontré ni réfuté dans cette théorie.

— Très bien, Monsieur Baptiste, cela vous fera un bon point, mais vous pourriez laisser répondre vos camarades de temps en temps.

À la pause, Léo dit à Logan :

— Quel fayot ce Baptiste, tu crois que c’est un pédé ?

— Pour sûr. En tout cas, je pense qu’il est puceau, il ne doit même pas savoir que sa teub sert à autre chose qu’à pisser.

Léo n’ose pas avouer qu’il est aussi vierge.

— Je vais me venger, dit-il. Tu es d’accord de m’aider ?

— Bien sûr.

— Voilà, tu vas l’inviter à dîner pour la Saint-Valentin en lui disant que tu l’aimes et tu le feras avouer qu’il est pédé, ensuite on te rejoindra au resto avec d’autres potes pour lui dire que c’était une plaisanterie et se moquer de lui.

— Bonne idée. Le McDo ? Ça va ? Je n’ai pas beaucoup de fric.

— Il n’y aura plus de place ailleurs ce soir-là. On t’aidera à payer.

Logan déclare donc son amour à Baptiste et l’invite. Ce dernier est fort surpris, mais il accepte. Ils se retrouvent le soir de la Saint-Valentin devant le McDo à 19 heures. Au lieu d’entrer dans le restaurant, Baptiste dit à Logan :

— Suis-moi, on va ailleurs.

— Mais…

Un tram arrive, ils montent. Logan est désemparé, il se rassure en se disant qu’il pourra communiquer la nouvelle adresse à Léo. Baptiste explique :

— Mon oncle tient un resto, il nous a déniché une place libre en cuisine pour le menu aphrodisiaque.

— Comment sait-il que nous devions dîner ensemble ?

— Ma mère le lui a dit.

— Tu en parlé à ta mère ? Elle sait que tu es gay ?

— Je ne cache rien à ma mère.

Logan ne sait plus que faire. Il panique et décide de tout avouer.

— Je suis confus, il faut que je te dise quelque chose.

— Que cette invitation n’était pas sérieuse ? Je le savais, je ne suis pas aussi con que tu le penses et pas le premier de classe pour rien.

— Alors, pourquoi as-tu accepté ?

— Tel est pris qui croyait prendre.

— OK, on arrête là, je m’excuse. J’avise mes potes que le plan a foiré et on reste bons amis ?

— OK, on reste bons amis.

— On descend du tram et on rentre ? demande Logan.

L’histoire pourrait s’arrêter là, mais c’est à mon tour d’entrer en scène. Je décoche mes flèches dans les fesses des lycéens.

— Aïe ! crient-ils en chœur.

— On m’a piqué le cul, dit Logan.

— Moi aussi, dit Baptiste. Ce doit être un insecte. Non, on ne rentre pas, c’est sérieux, mon oncle a un resto et il nous invite.

— On croira que je suis gay si je mange avec toi le menu aphrodisiaque.

— Toutes les filles avec lesquelles tu as couchées disent derrière ton dos que tu es nul au lit et que tu es un pédé.

Logan éclate en sanglots :

— C’est vrai, je suis gay, je t’aime Baptiste !

— Je t’aime Logan !

Ils tombent dans les bras l’un de l’autre et s’embrassent. Je leur décoche encore une flèche dans la bite en prévision de la nuit qui suivra le dîner. Ils vont bander toute la soirée, tant pis, je n’ai pas que ça à faire, Cupidon fête aussi la Saint-Valentin avec son Cupidon.