Possède-moi, mon amour

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Numéro 45

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 45
Date de parution originale: Février 1991

Date de publication/archivage: 2015-01-26

Auteur: Gérard
Titre: Possède-moi, mon amour
Rubrique: L'amour câlin

Note: Le magazine Lettres Gay ayant disparu, nous archivons sur Gai-Éros des textes y ayant été publiés au fil des ans, à titre d'archive, notre but premier étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 4783 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Note de Gai-Éros : Des inconsistances d'âges, d'actions et d'informations font partie de ce texte qui vous est présenté en version intégrale. Probablement que ce dernier a été modifié par les éditeurs du magazine car la première vignette est inconsistante avec un adolescent de 17 ans.


À dix-sept ans, je vais en vacances dans le Midi chez mon oncle. Mon cousin Jo a vingt-deux ans, je partage sa chambre, mais il ne s’intéresse guère à ce petit cousin que je suis ; évidemment nous avons cinq ans de différence, et puis il est très occupé par les filles.

Un après-midi, pendant la sieste, il s’allonge sur son lit, entièrement nu. Je n'ai jamais vu un sexe d'homme avec des poils ; je regarde de tous mes yeux. Il se touche et là, je suis subjugué par le volume, c’est énorme. Il me fait toucher, me demande de le branler, mais j’abandonne vite car ça me fatigue la main. Il veut que je continue, afin que je puisse voir quelque chose que je n’ai jamais vu. Je m'exécute, ça dure, ça dure... Enfin il se contracte, il serre ses cuisses, il respire fort, et jaillit une giclée blanche. J’en ai plein la main, sur le visage, dans les cheveux, sur le ventre de mon cousin. Je n’oublierai jamais le commentaire de Jo: "Tu vois, cette liqueur, c’est un bébé!"

Alors là, je vais en poser des questions, et j’ai droit à ma leçon de sciences naturelles. Le reste des vacances, Jo va m’initier à la pipe, il va même essayer de me prendre, mais j’ai trop mal ; il force, je menace de tout dire. Mais Jo va aussi me caresser, me prendre dans ses bras et m’embrasser, et ses baisers chauds, doux, profonds, c’est le paradis! Je ne crois pas que plus tard dans la vie, j'ai connu un tel bien-être.

Le temps a passé, j’ai grandi, et longtemps je lui en ai voulu, le tenant responsable de mon homosexualité. De temps en temps, j’avais des nouvelles de lui par la famille; il avait divorcé, s’était remarié et avait fait cinq enfants. Et puis, l’été dernier, un grand rassemblement familial a réuni une cinquantaine de personnes. Je retrouve des membres de ma famille pas vu depuis plus de trente ans, car j’ai aujourd’hui quarante-cinq ans.

Dès que je vois Jo, je le reconnais, il est toujours aussi beau, grand, superbaraqué (il joue encore au rugby), toujours ses grands yeux noirs, son sourire éclatant, sa peau mate, une moustache épaisse, poivre et sel, des cheveux fins fournis, bouclés. Il est sacrement bien entretenu. Il émane de lui de la sérénité, une vraie force tranquille le met bien dans sa peau, un charme fou! Me voilà encore accroché, après tant d’années, je suis troublé...

Vers la fin de l’après-midi, je vais me balader seul dans les rochers, vers la mer, et j’aperçois Jo qui lui aussi se promène. Je m’asseois, presque allongé sur le sol, le dos contre un rocher, et Jo m’ayant vu, vient lui aussi s’asseoir près de moi. On rit, on parle, on se souvient, il me raconte sa vie, ses trois mariages. Le dernier a l’air d’être le bon et il est fier de la réussite de ses enfants; il me demande où j’en suis. Je lui parle de moi, de mon goût pour les hommes et je lui dis que longtemps, je l’ai tenu pour responsable de cette attirance. Gentiment, il me dit que presque tous les adolescents ont ce genre d’expérience, mais que tout se termine à l’âge adulte, sauf pour ceux dont la vraie nature est d'être homo. Je suis dans ce cas et il me faut l'accepter sans complexes.

Jo a l'air de vouloir s’excuser du passé, il est attentionné, il passe son bras autour de mes épaules, je tremble, et sans même me rendre compte de ce que je fais, je me blottis contre sa poitrine. Les longs poils grisonnants caressent ma joue, je retrouve son odeur, je perds la tête, et tout en tirant sur sa chemisette pour la lui retirer, j’embrasse son cou, son visage, sa bouche, ses yeux. Il détourne la tête, je suce ses oreilles, et pendant ce temps mes mains ont défait sa ceinture, et baissé pantalon et slip à mi-cuisses ; je sens qu’il lutte... Je quitte son visage et je palpe son sexe au repos. Ses couilles sont grosses, pleines et pendantes, sa queue qui ne bande pas est longue, et j’entends sa voix grave dire: "Non, non, arrête, s’il te plaît!" Ma langue lèche ses couilles, je prends sa queue dans ma bouche, et très vite, je la sens durcir. Il continue à dire: "Je t’en prie, arrête!" Mais je le pompe avec ardeur, avec passion, avec toute mon expérience, je veux qu’il se souvienne.

Il a changé de discours et je suis ravi d’entendre maintenant des "oh! oui, oui, c’est bon!" Je quitte sa tige pour m'occuper des couilles qui commencent à se contracter et à remonter, et c’est lui qui me demande de ne plus arrêter. "Vas-y, tu vas me faire jouir!" Ma tête est maintenue par ses grosses mains, il gémit, il décline des ah! ah! ah! ah! sur tous les tons, et ma bouche se remplit d'un foutre amer et épais que j’avale. Je reste là sur son sexe, pendant qu’il récupère. De nouveau sa voix grave qui me dit: "Qu'est-ce qu’on vient de faire? Sais-tu que la dernière fois qu'un mec m’a fait une pipe, c’était il y a très longtemps, et c’était toi!"

Le lendemain, je lui propose de faire l'amour, je veux qu’il me possède, au moins une fois, mais il répond que nous devons être raisonnables, et il part se promener avec sa femme.

Le soir-même, je faisais ma valise, je suis allé lui dire au revoir dans sa chambre où il était seul et en maillot de bains. De le voir ainsi presque nu, je me suis presque jeté sur lui, et de mes mains tremblantes, j’ai caressé sa poitrine, son ventre ferme, mais ses grosses mains sont venues bloquer les miennes. Très doucement, tendrement, il a dit: "Tu fais bien de partir, mais je penserai à toi", il m’a embrassé et je suis parti.

Jo, souvent je pense à toi, Jo, mon amour.

Gérard, 45 ans.