Pour une école du caractère

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Pour une école du caractère
par Clarent      (2021-05-13)


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Premier jour de cours.


Dans ce petit dortoir de 4 étudiants de la Highland School for Boys, annexe montagne de la célèbre « High Institute Hole Stanley” (Institut supérieur Hole Stanley) ce matin automnal, Baptiste de Vayon (dont le patronyme signifie en patois « le petit de la marmotte ») sort d’une hibernation ou plus justement d’estivation que provoquent les périodes les plus sèches de l'été, pour la marmotte, et pour Baptiste c’est cette torpeur passagère, qui revient chaque nuit au plus chaud du creux de son lit !

Baptiste se réveille, il a ouvert imperceptiblement ses paupières après une nuit calme de sommeil. La lumière du jour nouveau qui va éclairer la reprise des cours, lui fit faire une grimace. Il se lève promptement, ôte son haut de pyjashort rayé pour se diriger vers la douche sans être perturbé par l’érection matinale proverbiale, sous son short souple et large qui ne dissimule pas l’aiguille des heures dressée dans le cadran de ce réveil !

Sa verge tendue, chaude et douce, toute de velours, s’abstiendra pour l’instant de caresses bienfaitrices, elle dessine un arc intense tendu vers l’avenir ! La masturbation bien menée m’a-t-on dit un jour qui demande un peu de temps, vaut mieux qu’un coït interrompu ! Est-ce pour cette raison que parmi vous certains ont rêvé de lieux insolites, contraires à la coutume, pour s’adonner, la culotte baissée, à ces jeux que la morale dans ces lieux réprouve ?

Dans son collège, que Baptiste a intégré il y a deux ans pour une prépa musclée, il entame avec assurance une troisième année d’étude. Il s’est fait à ce passage du lycée type Jules Ferry à cette école d’inspiration anglaise, marquée par les traditions : acceptation de l’autorité des ainées, même si parfois elle est cinglante, régime des punitions corporelles discrètement de rigueur. Il sait que les exercices du corps nu ou revêtu d’un uniforme sont à l’honneur. La propreté, l’hygiène, le loisir, le jeu, le plein air, les exercices pieux, plutôt réduits au strict nécessaire, lui sont devenus un univers familier ! Le sérieux n’empêche pas quelques débordements orgiaques ! Liberté et contrainte dialoguent ; il parle de ‘librétrainte’ ! Pour tout dire l’école de Baptiste est d’avantage école du caractère que de l’intelligence.

Au retour de la douche, protégé par une unique serviette nouée autour de la taille, Baptiste, s’apprête à revêtir son uniforme, non pas un habit élémentaire mais symbolique qui décline les couleurs et les valeurs de son école et offre une quête d’égalité.


Veille de rentrée


Cette recherche égalitaire, avait commencé la veille, dès le soir de la rentrée pour Morwan le nouveau qui a dû passer par le moment initial où le nouveau doit se mettre nu intégral devant toute sa chambrée, qui l’accueille pour l’année.

Hier au soir, dès son arrivée, il serra la main de Baptiste, nommé ‘headmaster’, Ulrich Scheinder, châtain clair, yeux lumineux corps sculpté de sportif, toujours prêt ! Et Dimitri Hartz, à la peau claire, peu musclé, pilosité en attente, timide, affublé de ses légendaires lunettes rondes, et d’un sourire métallique provoqué par son appareil dentaire pour rectifier l'alignement de ses dents, lui le perfectionniste, jusqu’à en être très ennuyeux. Le petit nouveau a dû ouvrir son sac qui a été inspecté de fond en comble par les ainées. Tout ce qui est interdit a été mis de côté, (nourriture, boisson, cigarettes et tout ce qui se fume, revue porno etc.…) Puis il a dû vider ses poches, laisser les ainés visiter son portefeuille, et enfin se rendre à la douche uniquement revêtue de son caleçon, tenant ses affaires de toilettes à la main. Il a été accompagné par ses trois ainés attentifs à l’hygiène, curieux et excités de découvrir intégralement leur nouveau compagnon.

Au retour de sa douche en solo, sous le regard des gars, serviette nouée à la ceinture Baptiste l’interpelle. « Morwan veux-tu vraiment devenir l’un des nôtre ? Morwan acquiesça car c’était ce à quoi il se préparait depuis des semaines, il n’allait pas renoncer si vite, même si quelques interrogations se lisaient sur son visage. Baptiste, cette année s’était vu confié l’explication et la mise en conformité du nouveau dès sa chambre attribuée. Il s’approcha et brusquement lui enleva la serviette, Morwan était à nouveau nu comme Jésus sur la croix, non seulement gêné mais mortifié, humilié, crucifié, pire encore que tout à l’heure à la douche sous le regard des ainés ! Baptiste lui signifia que ce n’était qu’un moment à passer. Spécifiant que d’une manière ou d’une autre tous un jour y étaient passés ! Ne stresse pas tu vas bientôt revêtir l’uniforme « H » celui de « Highland School for Boys. »

Baptiste allait alors s’employer à justifier le bienfondé de l’uniforme qui l’avait tant contrarié au début de sa première année. Depuis il s’y était fait. Le porter est un moyen pour « Highland School for Boys » d’effacer les différences entre les élèves afin de renforcer la cohésion du groupe.

Baptiste s’était particulièrement appliqué à faire se dépouiller de ses fringues personnelles, le nouvel arrivant, sans ménagement. Il avait rêvé d’emprunter une chaise d’arbitre de tennis autant pour exposer que pour donner de la hauteur au petit nouveau. La hauteur était excessive pour la chambre. Il opta alors pour une chaise d’arbitre de volley, plus basse. Si elle ne rime pas avec pénis elle saura exposer aux yeux de tous, le petit nouveau, debout sur la plateforme, poignets et chevilles attachées, assurant l’écart nécessaire à exacerber le point de vue ! Une fois installé ainsi, Baptiste nous présenta l’étudiant par un retentissant : « Voici Monsieur Marwan Zaafi il va devoir intégrer les rituels de la chambrée. » Tous applaudirent !

Baptiste s’adressa alors à Morwan perché et attaché nu sur la plateforme : « D’ici on te contemple Morwan ! Chacun bénéficiait de cet instant en contre plongée sur le jeune homme nu aux attributs bien en avant !

Baptiste reprit : « Dimitri tu as googlisé son prénom, qu’as-tu appris ? »

Dimitri expliqua : « Morwan veut dire "bienveillant" et "généreux" et dérive de silex ! »

Baptiste reprit la parole : « On comprend que la bienveillance soit contrariée en cette position, inconfortable pour toi, Monsieur Morwan Zaafi. Par contre ta générosité que nous ne soupçonnions pas quand tu étais habillé, s’affiche maintenant avec audace et sans pudeur ! Il ne nous restera qu’à vérifier, le moment venu, si c’est vrai que Morwan veut aussi dire « silex » le précurseur du sabre au clair, sorti de son fourreau et visible de tous. Les sourires de la chambrée laissaient imaginer un autre moment de l’intégration. « Maintenant — poursuivit Baptiste — tu vas pouvoir comprendre le rituel du matin. »

Baptiste interpella vigoureusement Ulrich Scheinder à peine plus âgé que Morwan, ici depuis un an. Il lui enjoint de prendre dans son placard son uniforme et aussi de sortir celui de Morwan et le poser sur son lit ! Il dit : « Démonstration du lever : exécution. »

Ulrich eu un voile passager qui rosit son front et se mit sur le champ à se dévêtir totalement. Enlevant également sa montre de son poignet, repliant parfaitement tous ses vêtements qui mit dans le placard, dissimulant maladroitement son sexe qui avait pris de l’ampleur, sûrement dans la contemplation du supplicié sur sa plateforme. Comme chaque soir, chacun se dénude entièrement pour revêtir la tenue de nuit, chaque matin chacun se découvre intégralement à nouveau, avant de passer chaque pièce de son uniforme, destructeur des différences. L’uniforme va recouvrir les corps aux formes, couleurs, apparences, si différentes. On a beau dire « Tous à poil ! Vous êtes tous faits pareil ! » cela n’empêche pas le détecteur de mensonge de réagir illico : il suffit d’être attentif à des êtres nus pour plonger dans une variété subtile et dense. Ulrich entièrement nu à son tour, commence à passer sa chemise blanche, tous les matins elle est changée. Puis il met un slip blanc lui aussi changé tous les jours. Il revêt son pantalon beige et boucle la ceinture tressée en cuir marron. Il ne lui reste plus qu’à nouer sa cravate, aux rayures rouge, blanc, bleu, un geste dont il est maintenant passé maitre ! Lorsqu’il sortira de sa chambre rangée, le lit impeccablement fait tout sera dans l’ordre. S’il n’est pas de corvée de nettoyage il saisira sa veste qui arbore fièrement le « H » brodé de son école.

C’est ce que venait de faire Baptiste ce matin de rentrée avant de se rendre à la salle à manger pour un petit déjeuner copieux ! Puis la journée courut au fil du jour : cours, sport, détente, études, retrouvailles. Comme la plupart des matins tout commencera dans le grand amphi, tous étudiants confondus, par ¼ d’heure mêlé de religieux et de morale expliquant aussi bien le savoir vivre, un point du règlement, un rappel plus direct au règlement, ou quelques points de morales religieuses ou sexuelle. L’éducation globale !


Puis vint le premier soir.


Vint le temps où les étudiants se posent, n’ayant pas encore beaucoup de travaux à réaliser, ils ont le temps de ruminer l’intensité des premières heures à l’internat. Chacun rentre en lui-même, faisant abstraction de l’environnement. C’est un moment « bulle. » Baptiste n’échappe pas à cette retraite sanitaire, certes il en a déjà connu des rentrées, mais une comme celle-là, pas encore. Alors dans ce calme de retrait ses pensées se fixent sur les événements des dernières 24h. Les retrouvailles des copains, la rencontre avec ce Morwan qui l’a impressionné. Il se demande comment il aurait réagi deux ans plus tôt arrivants à Highland School for Boys, s’il avait été juché sur une passerelle à la volée !

Parfois, penser c’est bander. Il sent son sexe qui se rappelle à lui. Il passe sa main en son entrejambe, il détache sa ceinture, glisse la main, l’excitation redouble, les images de la veille défilent. L’appel est trop fort, sous sa table il ouvre son pantalon dégage son chibre dressé, son gland était maintenant en émergence avant sûrement d’être en éruption. Il jette un œil alentour, dans la salle d’étude, chacun est dans ses pensées, ses rêves, peut-être aussi ses cauchemars. Qui est jeté dans un livre, qui, stylo en main, écrit. Baptiste n’en peut plus il entame une de ces masturbations source d’un intense plaisir. Il y eut une période, au début de cette activité manuelle, où cela lui procurait gêne et culpabilité. Aujourd’hui c’est devenu pour lui une masturbation assumée. Alors il se laisse aller !