Pour une poignée de sperme

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Numéro 4

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres d'hommes – Numéro 4
Date de parution originale: 1989

Date de publication/archivage: 2014-08-21

Auteur: Max
Titre: Pour une poignée de sperme
Rubrique: Coups de cœur

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Quand on est homo et motard, c’est l’aventure garantie cousue d’or et de sperme. Suffit de se brancher et c’est parti. Grâce à ma bécane, je ne peux pas dire combien de coups j’ai tirés dans les coinstauds les plus improbables. J’avais l’impression d’avoir vécu les meilleurs moments de ma vie quand j’ai fait la rencontre de Fabien. Je l’appelle Fab, maintenant. Lui, c’était l’inverse de moi. C’était le genre intello et pas pédé pour un sou, enfin, qu’il disait.

On a lié connaissance autour de son engin. C’était pas comme moi une japonaise, mais une belle italienne Guzzi. Il en était fier comme un pou le mec Fab. Comme on habitait le même quartier, on n’avait pas de mal à échanger nos idées question carburation et piston. Mais, moi, très vite, j’avais une autre mécanique dans la tronche qui s’emballait. Il me plaisait. J’avais envie de me le mettre sous la queue. Je ne pouvais pas le regarder partir sans me fixer sur son beau cul rond. J’étais sûr que c’était un petit cul de pédé. Y’a des trucs qui ne trompent pas. Pourtant, il était marié. J’avais vu sa grosse. Elle était pas grosse mais c’est comme ça que j'appelle les donzelles tellement je les supporte pas. C’est viscéral. Je pouvais pas croire qu’il était amoureux de ce tas de chairs et qu’il pouvait jouir dans une moule. Rien que d’y penser ça me donnait envie de gerber. Je me suis dit que je devenais jaloux. En plus, j’avais plus envie de baiser avec un autre que lui. Bonjour l’obsession !

Et moi, quand je deviens obsédé, je suis pire qu’un morbak. J’ai commencé à le draguer, finement d’abord et de plus en plus lourdement ensuite. Un jour, je lui ai avoué que j’étais pédé. Il m’a posé un tas de questions qui m’ont laissé penser que s’il n’avait pas franchi le pas, il n’en était pas loin. Je lui ai donc filé Lettres d’Hommes à lire, c’était nouveau et c’était dans le ton que j’aimais. Il a tenu à me le rendre. Sur le coup, j’ai pas compris, c’est quand même pas le genre de canard qu’on collectionne.

Mais après, j’ai pigé. Il avait coché une lettre. C’était l’histoire d'un mec qui était marié et qui, un beau jour, avait basculé dans l’homosexualité. J’ai flambé de joie. Le lendemain, je lui proposais d’aller faire un tour sur sa belle italienne. Ah cette balade ! Unique... Je croyais tout connaître, tout savoir de la baise, mais en fait, j’avais loupé le meilleur. C’est le moment du flirt, le moment où on décide l’autre à sauter, où l’excitation arrive à convaincre. Je n’oublierai jamais. On a pris l’autoroute jusqu’à Fontainebleau.

On roulait à tout berzingue. J’avais les mains sur ses hanches. Ma queue collée à ses fesses commençait à se durcir. À Fontainebleau, on a pris la direction de Sens. C’était une nationale, je ne me souviens pas de son numéro, mais je me souviens qu’il y avait pas mal de voitures et de camions. C’était grisant. J’ai laissé glisser mes mains sur son ventre. Il a accéléré et, dans le mouvement, ses fesses se sont encore plus plaquées contre ma queue. J’ai eu comme une décharge électrique dans le corps. Je me suis mis à bander comme un bouc. J'ai laissé descendre mes deux mains vers son paquet. C’était ou tout perdre ou tout gagner. J’ai gagné. Il avait la trique. À travers mes gants fins, j’ai commencé à presser son paquet. C’était bon avec par dessus tout ça la vitesse qui m'empêchait presque de respirer. Plus je le pressais et plus il bandait. Et moi aussi.

À un moment donné, il a ralenti. Il devait y voir pas trop clair à force d’être excité. J’en ai profité pour enlever mes gants. Après, je lui ai ouvert la braguette. Il ne s’y attendait pas. J’ai cru qu’il allait éjaculer sous le coup de la surprise. Le pire, c’est qu’il y avait toujours plein de voitures dans les deux sens. On pouvait être surpris, ça m’a plu. C’était la première fois que je prenais autant de risques. J’en aurais éclaté de bonheur. J’ai commencé à le branler doucement, pendant que lui, il ralentissait de plus en plus. J’ai senti les veines de sa bite gonfler et palpiter. Il a encore ralenti et moi, j’ai accéléré les mouvements de mon poignet. J’ai senti qu’il allait jouir. Je me suis penché juste à temps pour voir gicler son foutre. Je me suis carrément écrasé contre lui, bloquant ma queue contre son cul. Je me suis branlé comme ça, tenant toujours sa bite qu’arrivait pas à débander. J’ai joui dans mon fute comme jamais je n’avais joui de ma vie. Comprenant que je reprenais mes esprits, Fab a accéléré et on est reparti à toute vitesse. N’ayant pas lâché sa bite, j’ai recommencé à le branler. Je crois qu'on s’est vidé de tout notre sperme pendant cette balade. J’étais sûr que le soir, il pourrait pas arroser sa grosse. J’étais sûr, mais j’ai dû me tromper.

Le lendemain, il m’a fui. Et, quelque temps après, il a déménagé. J’en garde un bon souvenir mais je ne regrette pas qu’il soit parti. Les mecs qui baisent à tous les râteliers, ça me fait gerber. N’empêche qu’il avait une sacrée pine...

Max