Quand un jeune mec se donne

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Numéro 74

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 74
Date de parution originale: Janvier 1996

Date de publication/archivage: 2013-06-08

Auteur: Didier
Titre: Quand un jeune mec se donne
Rubrique: Draguer, c'est facile

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Ce texte a été lu 5983 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Que reste-t-il surtout de ce séjour à Strasbourg, il y a deux ans pour les fêtes de fin d’année? Sinon le doux visage de cet énième adolescent que je me suis “fait” en deux temps et trois mouvements contre un mur d’immeuble sordide derrière la gare ferroviaire?

Un célèbre guide m’avait permis de dénicher les toilettes du centre comme l'un des rares lieux de drague alsacien. J’y étais au plus tôt. Rapide reconnaissance; une quinzaine de flâneurs, des types assez mûrs ou complètement insignifiants, visiblement habitués des lieux. On y fait mine de téléphoner ou d’attendre quelqu’un d’autre pour passer à côté, au parking, et rentrer chez soi une fois les courses faites!

J’allume tout de go un garçon d’environ dix-huit ans, sans bouton ni duvet sur un menton autoritaire, assez chic, vif et nerveux. Un beau blouson de mouton sous des cheveux impeccablement coupés à la garçonne. Une frêle nuque rasée et deux mignonnes petites oreilles bien dessinées qui se décollent à peine, juste assez pour être hyper-sexy. Un coup d’œil bleu clair, myope peut-être. À la fois sérieux, sévère et troublé, à vous mettre mal à l’aise. Si lui me repère je n’en laisse rien paraître. Tout autour on fonce sur lui et chacun se met en orbite en un secret ballet.

Il ne se laisse pas convaincre, biaise et va réellement pisser. Puis ressort comme si de rien n’était; était-il vraiment concerné? En tout cas, s’il n’aime pas les mecs, inutile de l’ennuyer, le coup n’est pas sûr. Je risque de me fourvoyer comme les autres. D’ailleurs, le voilà qui remonte vers les boutiques. Je me surprends à me perdre dans sa démarche, ce déhanchement souple et léger qui rebondit élégamment. Là-haut, le voici qui sort en se retournant vers moi dans la cage d’escalier. Ah!

J’embraye en douceur, grimpe également et le suis distraitement dans les allées. Il se retourne trop; c’est manifeste je lui plais. Mais quoi? Il quitte déjà le centre commercial? Je fonce, assez sûr de moi:

— Où va-t-on?

— Je suis pressé.

— Ne t’inquiète pas, on fera vite.

— Non... on m’attend ailleurs.

— Tu connais un coin tranquille?

— Par ici ce n’est pas possible.

— Bon eh bien suis-moi.

Il a une belle voix, sans aucun accent, un peu anxieuse mais parfaitement décidée: nous savons ce que nous voulons l’un et l’autre. Je ne vais tout de même pas lâcher un si beau morceau.

Au hasard des tristes rues désertes en cette fin d’après-midi d’hiver, je parviens à m’introduire dans la cour d’une entreprise de charbons. Il m’y suit mais nous nous faisons accidentellement enfermer. Il me rejoint dans une encoignure de bureau contre un tonneau défoncé. Même taille tous les deux. J’ouvre mon manteau, sans hésiter il vient s’y blottir. Super-patin bien tranquille; il me palpe tout de suite entre les cuisses et, rassuré, bien à l’aise, se laisse violer la bouche que je remplis de mon mieux.

— J’aime bien les gens comme vous. Vous êtes bien.

— C’est toi qui es gentil, je suis sûr que tu es aussi impatient que mignon. Fais voir comme tu es!

On devine un monstre qui déforme sa braguette.

— Pourquoi ne pas rester?

Trop dangereux à son goût. On ressort en enjambant le portail. On perd du temps, on perd du temps...

Trois minutes après, en traversant une petite place pleine de gravats, il me montre du doigt, sans un mot, le mince couloir que forment deux murs mitoyens. Ce sera là. On s’y dirige en observant discrètement les alentours. Personne. Il s’y enfile seul tandis que je surveille à l’entrée d’éventuels rôdeurs. Pas de problème, je le suis. Un peu vers le fond, appuyé contre l’immeuble de briques, il a déjà ouvert son blouson et dégrafé sa ceinture tandis que je l’enserre et l’embrasse avec avidité. Il aime, semble-t-il, et se laisse totalement faire. C’est le pied. Ma main court sous son pull et caresse son torse fragile et doux. Sous ses côtes, du bout des doigts, on entend son coeur battre la chamade. Quelle différence d’avec son flegme apparent! Il avait bien caché son jeu, le petit Père Noël! Je lui pince les seins. Le voilà qui se cambre un peu plus. Pas bavard, le garçon.

Et, sans guère attendre, il ouvre mon loden, retrousse ma veste, déboutonne mon pantalon, le fait glisser sur mes cuisses et vient saisir fiévreusement la hampe de mon sexe partiellement dressé hors du caleçon. C’est là-dessus et nulle part ailleurs qu’il se jette bouche grande ouverte pour m’avaler sans fausse honte. Voilà ce qu’il voulait. Je durcis vite, mon pieu s’allonge, se déploie et grossit au fur et à mesure que ses lèvres humides le parcourent. Dessous il sait où se promener et titiller du bout de la langue le fil qui conduit loin derrière. Visiblement très satisfait de ce qu'il suce et fort enclin à bien le faire. Absolument aucune pudeur.

Enfin il se redresse. Je me remets à fouiller sa bouche avide et tiède qui recrache une buée argentée. D’une main il me tire vers lui et me guide vers son bassin. Je n’attendais que cela: sans rien y voir, professionnellement je le dessape, je fouille dans son slip et glisse les mains qui se réchauffent à son adorable pubis, puis autour d’un tronc monumental en décalottant sereinement un énorme gland hors de toute proportion avec l'anatomie de son tendre propriétaire. En voilà encore un admirablement monté! Quelle chance!

Je m’agenouille en-dessous de son nombril à peine moussu, colle mes mains à ses fesses et son gland irréel contre mes lèvres. Punaise, quelle taille! Une véritable ogive. Impossible d'avaler davantage. Je ne pourrai jamais lui rendre le plaisir qu'il vient de me faire, d'autant plus qu'il bande comme un âne. Ce n’est pas la volonté qui me manque mais bien les capacités. Même ma main n’en fait le tour comme il le faudrait. Tout autour, une bonne odeur de savon frais et même, peut-être, un soupçon de parfum – je crois reconnaître "Grey Flannel". Bien élevé, ce jeune homme! Retour debout, au sommet, pour le lui faire comprendre. Je me perds dans sa bouche, c’est royal! Il embrasse bien et, plus bas, ne perd pas son temps en nous branlant ensemble. En regardant comparativement, j’aurais vraiment de quoi être complexé par la taille de son sexe luisant.

Il s’en fout et ne pense qu’à jouir. À tour de rôle on quitte alors nos lèvres pour s’occuper du reste. Vraiment il s’y prend comme un chef, c'est un délice! J’en profite pour abuser de la situation, le forcer à rester à genoux et à pomper davantage. Ce n’est pas très sympa d’autant plus qu’il a déjà fait beaucoup d’efforts et prouve sa bonne volonté exemplaire. Bon coup pour bon coup, autant se faire plaisir. Une fois encore je m'occupe du bout de son énorme queue tendre et frémissante qui me fait baver et me remplit la gorge; pour lui aussi c’est le pied.

Ses vêtements le gênent. Il remonte plus encore son blouson tandis que je le débarrasse carrément du pantalon. Surprise, légère résistance. Il me fait comprendre qu’il ne veut guère aller plus loin et certainement pas là où moi je l’entends. À y faire, c’est lui qui préférerait probablement me baiser.

Retour à la verticale. Je lui dévore l’oreille: "Suce-moi encore!" Il s’exécute comme un enfant, se laisse complètement retrousser, s’accroupit une fois encore et ne semble guère réaliser que le préservatif que je prépare lui est destiné. Je profite de son hésitation pour dégager sa tête en lui tirant les cheveux. Au bout de son nez, il voit mon sexe se protéger au latex avant de s’engouffrer à nouveau entre ses fines incisives blanches. Trop tard pour lui.

Quelques instants plus tard, il se laisse retourner et, docilement, pénétrer en douceur. Deux fesses sublimes comme n’en ont que ces éphèbes du sport et du désir. Entre ces deux collines pâles, glabres et douces, une vallée qu’il n’est même pas besoin d’ausculter. Tout est accessible du premier coup d’œil. Ignition! Target! Mon foret s’immisce déjà dans la douce cible de chair. Même s’il n’est pas habitué, ce n’est pas la première fois. Peut-être se dit-il que c'est le prix à payer lorsqu’on est jeune et trop bien monté.

Au bout de deux-trois minutes, il s’y est fait, se décontracte et s’assouplit. Lorsqu’il tourne la tête ce sont mes lèvres et ma langue qu’il rencontre:

— Bouge un peu pour voir. C’est ça, remue ton cul! Empale-toi! Enfonce-toi, enfonce-toi encore!

Faute de pouvoir y goûter davantage, quoique toujours impressionné par ses dimensions, je suis contraint de négliger le monumental instrument qu’il masturbe tout seul de ses mains frêles et osseuses, apparemment avec plaisir puisqu’il s’emboutit de plus en plus sur mon sexe bienheureux. Perchés en haut de ses cuisses d’airain, son cul et mon pieu monopolisent toute mon attention. Mon pieu dans son cul qui commence à aller et venir. Mon gros pieu qui fore par petits coups son petit cul. C’est devenu sauvage et nettement moins net. Il y a de petits bruits qui fusent dans cet espace glauque, poussiéreux, froid et humide. Ça y est, il retrouve son plaisir et me laisse le bousculer. Nous sommes pressés. Je m’excite plus violemment et le saisit à pleines hanches pour le transpercer. Lui s’active sur son mât de jouissance. Nous nous approchons sensiblement ensemble du même but. À grands coups de reins, mes testicules cognent contre les siens. Comme c’est bon! À nous retenir ainsi quelques instants encore, il saisit sa douleur puisque je ressors et rentre à nouveau quasiment de toute ma longueur entre ses ravissantes fesses dures comme du métal. Lorsqu’il se retient, elles se contractent tant que l’on devine les os du bassin en leur concavité. Je voudrais lui faire autant de mal que de bien... Trop tard!

Il se vide d'abord. Dans son plaisir qui dure, je sais qu'il va se resserrer une fois encore autour de mon sexe. Effectivement la gaine de velours se contracte pour ma plus grande safisfaction: c'est au milieu des spasmes que je le pousse une dernière fois et le rejoins.

On se rhabille dix fois trop vite. Plus le temps de rien.

— Qui a un mouchoir?

— Tiens, en voilà un.

— Tu me donnes une adresse?

— Pas possible, j’habite chez mes parents.

— Tu as un mec?

— Oui, en quelque sorte. Il travaille à Besançon mais on se retrouve de temps à autre chez sa sœur qui est une voisine.

— Quel âge?

— Lui, ou moi?

— Vous deux.

— Moi dix-huit et lui vingt-huit.

— Je veux te revoir.

— Pas possible.

— Si je te laisse mes coordonnées, tu me téléphoneras? Tu viendrais me voir à Paris?

— Pourquoi pas, donnez toujours...

Il me voussoyait encore. Au fond de ses yeux bleus et une dernière fois entre ses lèvres, j’ai même cru entendre un soupçon de merci. C’est sur ce "toujours..." indéterminé et maladroit qu’il est parti dans la nuit, mon petit Père Noël.


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