Réminiscences

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Numéro 1

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 1
Date de parution originale: Juin 1985

Date de publication/archivage: 2015-01-24

Auteur: Patrick
Titre: Réminiscences
Rubrique: Souvenirs

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C’est vers l’âge de douze ans que j’ai commencé à vivre mes premières expériences homosexuelles. On se retrouvait à deux ou à trois dans ma chambre ou chez mes amis et nous entamions alors nos jeux sexuels. À cette époque je dois avouer que cela n’allait pas très loin. On se masturbait ensemble, au pire nous nous frottions les uns aux autres, verge contre verge, jamais plus loin. Mais au fond de nous il y avait le désir inconscient de pénétrer l’autre sans trop savoir comment.

Ainsi un jour, je demandai à l’un de mes amis de s’allonger sur le ventre, ce qu’il fit d’ailleurs avec joie. Je me plaçai derrière lui et calai mon sexe entre ses fesses, le contact y était et cette expérience me montra alors que la jouissance était plus grande que lorsque je me branlais. Je jouis comme cela, ma queue coulissant dans son sillon mais il n’y eut pas de pénétration. Durant plusieurs années nous avons continué ainsi à nous satisfaire mutuellement jusqu’au jour où le désir d’aller plus loin se fit sentir.

Je fus le premier à désirer pratiquer la pénétration. Je me souviens bien de la scène ; mon ami André s’était allongé sur le ventre, il avait écarté ses fesses de ses mains et avec brutalité je me suis enfoncé en lui et je l’ai sodomisé avec violence malgré ses cris de douleur et de protestation. J’atteignis vite l’orgasme. Il se releva avec difficulté en me traitant de tous les noms, il avait effectivement très mal. Il exigea ensuite que je m’allonge à mon tour. Par précaution je m’enduisis l’anus de salive et j’attendis, pas très rassuré, le moment fatidique où je sentirais son gland buter contre mon anus. Il se glissa en moi, j’avais eu l’idée de me détendre et de relâcher mon sphincter.

Ce fut alors un délice que de découvrir cette nouvelle sensation, tout l’intérieur de mon corps était parcouru de mille picotements et une douce chaleur envahissait mes intestins. Je connus un orgasme très différent de ceux que j’éprouvais quand je me masturbais et c’est avec un immense bonheur que je sentis André se déverser en moi.

C’est à partir de ce jour-là que je perçus que j’étais différent de mes amis. Alors qu’eux envisageaient avec réticence l’idée de se faire enculer et ne fantasmaient que sur le fait de baiser des nanas, moi, par contre, mon seul désir était de sentir en moi le membre d’un type. Et c’est ainsi que dans mon quartier je devins le copain en qui on pouvait se décharger sans problème. À ma plus grande joie.

Je n’ai jamais refusé les propositions que l’on m’a faites. Peu importaient l’endroit et le moment. Il m’arrivait ainsi de me faire prendre successivement dans les cabinets du lycée par quatre ou cinq copains de classe pendant les intercours ou alors dans la cave de notre immeuble quand nous nous retrouvions pour vider des canettes de bière et écouter de la musique.

Patrick, 28 ans