Soirée d'anniversaire

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Numéro 1

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 1
Date de parution originale: Juin 1985

Date de publication/archivage: 2015-01-20

Auteur: Boris
Titre: Soirée d'anniversaire
Rubrique: Souvenirs

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C’est Bernard lui-même qui vint ouvrir la porte.

— Bonsoir Bernard, lui lançai-je, et joyeux anniversaire ! Je lui tendis le cadeau que j’avais amené. Il ouvrit de grands yeux tellement sa surprise était grande.

— Boris ! Tu t’es déplacé pour moi. C’est le plus beau présent que tu pouvais me faire.

J’avais en effet pris l’avion le matin à Casablanca car je tenais absolument à être présent à cette soirée.

— Rentre Boris. C’est fou le nombre d’amis qui ont répondu à mon invitation, il faut que je te présente.

Bernard avait préparé cette soirée depuis des mois. Il avait invité tous ses amis, et Dieu sait combien il en a, disséminés un peu partout. Nous sommes entrés dans un living qui aurait pu contenir un court de tennis et je constatai qu’effectivement il y avait beaucoup de monde. Bernard s’est dirigé vers la sono, a diminué le son et a demandé un instant le silence.

— Mes chers amis, je vous présente Boris, qui nous arrive en droite ligne de Casablanca. Je tiens à vous préciser d’autre part qu’il est l’un de mes amants préférés.

Sacré Bernard, pensai-je, il n’en rate jamais une pour mettre les gens mal à l’aise. Je voguai ensuite d’un groupe à l’autre, échangeai des banalités, retrouvai de vieux amis que j’avais perdus de vue depuis pas mal de temps, me renseignai sur les derniers potins parisiens. Je quittai un instant toute cette charmante assemblée et je me rendis sur le balcon pour prendre un peu l’air. Un souffle chaud me frappa le visage, je rêvassai un moment, admirant la capitale. Je sentis une présence derrière moi, je me tournai et fus frappé de stupeur par la beauté et la grâce du jeune homme qui me tendait une coupe de champagne. Il était entièrement vêtu de blanc, ce qui mettait en valeur son bronzage ; ses yeux d’un bleu d’azur étaient le reflet certain d’un esprit espiègle, ses cheveux blanchis par le soleil étaient coiffés en arrière en de douces vagues ondoyantes.

— Je m’appelle Chris, me dit-il et je dois vous faire un aveu. Je suis jaloux de vous. Je suis d’ailleurs jaloux de tous les amants de Bernard, car figurez-vous que je suis son ami actuel.

Je levai mon verre et lui proposai de trinquer à l’amour.

— Moi, je préfère trinquer à nous deux, et à cette nuit que nous pouvons passer ensemble, si vous le désirez.

— Je ne tiens pas à gâcher la soirée d’anniversaire de Bernard, ai-je répliqué. Il est pour moi beaucoup plus qu’un ami.

— N’ayez aucune crainte à ce sujet, je lui ai parlé de mes désirs et il se fait une joie de savoir que vous me plaisez.

— Eh bien, j’avoue de mon côté que vous ne m’êtes pas indifférent.

Était-ce la douceur de cette nuit d’août, l’ambiance générale, l’effet du champagne ou simplement le désir que j’avais de cet homme, mais en disant cela je me sentis tout excité. Mon estomac se noua légèrement et mon sexe tressaillit. Chris posa son verre sur le rebord du balcon et faisant ce geste, sa main frôla mon bras. Je tressaillis à ce contact et j’en eus la chair de poule. Chris me proposa de le suivre dans sa chambre, qui donnait sur le balcon, je m’en félicitai car nous n’avions pas à traverser le living. Une lumière tamisée éclairait faiblement la pièce et un lit rond trônait en son milieu.

Chris s’approcha derrière moi, me posa les mains sur les épaules, se colla tout contre moi et je sentis son membre durci se frotter sur mes fesses. Je me tournais alors, nos bouches se sont rencontrées et nos langues ont fait connaissance. Tendre et doux baiser, j’ai tout de suite aimé sa manière d’embrasser ainsi que le goût de sa salive. Nos corps s’étaient plaqués l’un à l’autre, j’en étais très ému ; mon cœur s’était mis à battre à tout rompre, mes mains se sont hasardées dans son dos, nos bas-ventres roulaient, se pressaient, se comprimaient en une folle danse et je sentis mon sexe se gonfler de désir. Chris entreprit de me devêtir, très langoureusement et sans hâte. Il ôta ma chemise, et ce faisant, ses lèvres glissèrent dans mon cou, s’attardèrent un instant dans le creux de mon épaule et descendirent un peu plus bas à la rencontre de mes seins. Je lui dégrafai la ceinture, ouvrit son pantalon et mes doigts glissèrent alors dans son slip. Je libérai son sexe et son contact m’électrisa. Je le pris à pleine main, la peau était douce et chaude, calmement je le décalottai. Je me laissai glisser à ses pieds, je tenais toujours sa queue dans le creux de ma main et la dirigeai vers ma bouche. Je la couvris de baisers rapides, elle était belle, pas énorme mais de bonne taille.

J’entrouvris mes lèvres et Chris, d’un mouvement lent, s’introduisit dans ma bouche. Il avait pris ma tête entre ses mains et régulièrement la faisait avancer et reculer. Très vite il me demanda de me déshabiller entièrement et nous nous sommes retrouvés tête-bèche sur l’immense lit. Ses doigts me massaient les couilles, allaient et venaient le long de ma hampe, puis sa langue les remplaça. Son sexe était maintenant entièrement dans ma bouche, avec avidité je le pompai, tentant d’aspirer sa jouissance. Elle vint en saccades et me remplit le fond de la gorge. J’avalai avec délice son sperme tout en continuant à le sucer légèrement. Chris bougea et se mit à quatre pattes, me tendant son postérieur tout en écartant ses fesses. Ma queue dure frottait contre son anus, cela devait lui plaire car il gémit doucement. Il me demanda plusieurs fois de l’enculer. Je n’étais pas pressé et j’entrepris de lui lécher son trou qui commençait à se distendre légèrement. J’y enfournai ma langue, Chris haletait de plus en plus vite et une nouvelle fois il me supplia de venir en lui. Je le pénétrai très doucement, et d’un seul mouvement je m’enfonçai au plus profond de ses entrailles. Chaque fois que je revenais en arrière il levait bien haut sa croupe et resserrait son sphincter quand je revenais en lui. J’ai senti soudainement ma jouissance venir de très loin. Mon orgasme n’était pas encore là mais je sus que j’allais vite jouir. Je lui pris les fesses à pleines mains, j’accélérai mon mouvement de va-et-vient et le culbutai plus brutalement. La montée du plaisir m’arracha un cri, Chris se mit alors à gigoter son derrière de droite à gauche.

La musique venant de la pièce d’à côté me ramena à la réalité. Prestement je me suis vêtu, Chris par contre était resté allongé la tête enfouie dans le couvre-lit. Je sortis de la chambre, fermai la porte et rejoignis les autres invités. En passant dans le salon je rencontrai Bernard qui me fit un sourire complice.

Boris, 52 ans