Souvenirs d’un éromène (1)


Souvenirs d’un éromène (1)
Texte paru le 2015-01-26 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Je savais bien que ce jour viendrait, mais je fus quand même surpris.

C’était l’été, mon précepteur avait les vacances. Mon père ne voulait pas que je traînasse au lit le matin. Mon esclave personnel Cyprien vint me réveiller comme d’habitude à 7 heures.

— Bonjour Maître Sylvius, me dit-il. Le soleil est levé depuis longtemps.

— Bonjour esclave Cyprien, je n’ai pas assez dormi. Je suis resté tard devant mon ordinateur.

— Tant pis, vous connaissez les ordres de votre père.

— Qu’y a-t-il au programme aujourd’hui ?

— Votre père vous attend sans faute à 11 heures dans son bureau, habillé de votre toge d’apparat. Vous savez pourquoi ?

— Oui.

Comment mon père avait-il deviné que j’étais prêt ? Avais-je laissé des signes ? C’étaient peut-être les mouchoirs maculés qui avaient intrigué une lavandière.

Vers 10 heures, je pris un long bain. Mon esclave me lava, me sécha, puis enduisit mon corps d’huile, y compris mon pénis. Contrairement à mon habitude, je ne bandais pas pendant ce temps.

— Mon maître Sylvius n’a pas l’air en forme ce matin, me dit Cyprien.

— On serait inquiet pour moins que ça. Et toi, me suivras-tu ? Je pourrais t’affranchir.

— Vous savez, ma femme et mes enfants m’ont quitté, je vous suivrai encore quelques temps.

— Merci.

Je mis ma toge d’apparat blanche, sans rien dessous, avec l’écharpe aux couleurs de ma famille : bleu et jaune. Je me rendis dans le bureau accompagné de mon esclave. Mon père se leva et m’embrassa.

— Mon fils, sais-tu pourquoi je t’ai convoqué ?

— Je le pense, vous estimez que j’ai atteint l’âge adulte et que je pourrais être initié.

— Tu as raison. Ton esclave Cyprien m’a décrit ton corps et ses réactions. Et tu en connais les conséquences ?

— Je vais devoir quitter la maison pour aller vivre une année chez un éraste ?

— On ne peut rien te cacher. Ton éraste est là, je vais te le présenter.

Nous passâmes dans la pièce attenante au bureau de mon père. Un homme attendait, je fus assez étonné, je pensais qu'il serait déjà âgé, mais il n’avait qu’une dizaine d’années de plus que moi. Mon père dit :

— Monsieur, voici mon fils Sylvius que je vous demande d’éduquer. Sylvius, voici ton nouveau maître, Césarius.

— Bonjour Maître Césarius, dis-je.

J’avais déjà appris comment on devait s’adresser à son éraste. Celui-ci me dit :

— Bonjour Élève Sylvius, je suis très honoré que ton père te confie à moi.

Mon père dit :

— Monsieur, nous allons nous assurer que Sylvius est prêt à recevoir votre enseignement.

— Je vous fais confiance, répondit mon nouveau maître, nous pouvons nous dispenser de cette formalité.

— Non, continua mon père, je tiens à respecter la tradition.

Je pensai que mon père était simplement curieux, cela faisait longtemps qu’il ne m’avait plus vu nu. Il appela mon esclave :

— Monsieur désire ?

— Veuillez enlever la toge de mon fils.

J'étais assez gêné, j'avais bien l'habitude d'être nu lors du bain, mais là, devant mon père et cet inconnu, c'était autre chose. Je n'eus pas le temps de réfléchir plus longtemps, mon esclave ôta ma toge. Mon pénis ne se présentait pas son meilleur jour, ce n'était pas grave. Les hommes avec un gros sexe n'étaient pas bien vus. Mon nouveau maître vint s'agenouiller devant moi. C'était un signe de respect. Je devais lui obéir, mais il ne devait pas abuser de la situation. On lui aurait immédiatement interdit d'exercer la fonction d'éraste. Il n’y avait rien de secret dans cette relation entre les érastes et les éromènes, cela se pratiquait depuis de nombreux siècles, même si c’était réservé aux familles les plus riches. Tout était parfaitement codifié et réglementé. Césarius vérifia rapidement que j'avais des poils pubiens, que mon gland se décalottait facilement et que j'avais bien deux testicules, puis il me demanda de me retourner et contrôla mon anus. Il dit à mon père que tout était en ordre, celui-ci demanda à Cyprien de me rhabiller, puis me dit :

— Sylvius, tu peux te rendre dans ta chambre et faire préparer une valise avec des affaires pour quelques jours. Je pense que ton esclave personnel te suivra plus tard avec le reste des malles, je lui en ai déjà parlé. Je vais régler les détails administratifs avec Monsieur Césarius. Nous nous reverrons au déjeuner.

— Bien, mon père. À plus tard, Maître Césarius.

Je sortis de la pièce. Je croisai mon petit frère Ilarius qui me demanda :

— Alors, raconte.

— Tu es bien curieux.

— Il t’a fait quoi ?

— Tu le sais déjà, sinon attends, ce sera bientôt ton tour.

— Moi, j’aimerais mieux me faire initier par une femme. Et toi ?

— Tu es vraiment trop curieux.

— Je vais m’ennuyer quand tu ne seras plus là.

— Je reviendrai souvent, je te le promets.

Dans ma chambre, j'enlevai ma toge et je mis des habits modernes, un boxer, une chemise et un pantalon. En général, on portait les habits traditionnels seulement lors d'événements particuliers.

Après le déjeuner, ce furent les adieux avec ma famille, tous laissèrent couler une larme furtive. Je montai dans la voiture de mon maître, à l’arrière, il avait évidemment un chauffeur. J’étais intimidé, je ne disais rien. Mon maître me demanda soudain :

— Élève Sylvius, que ressens-tu en ce moment ?

— Euh, rien.

— Es-tu inquiet ?

— Un peu, Maître Césarius.

— De quoi ? As-tu peur d’avoir une relation avec un homme ?

En fait je n’avais pas du tout peur. Pour moi, cela paraissait même naturel, alors que pour d’autres hommes ce devait être une épreuve difficile.

— Non, je n’ai pas peur, répondis-je.

— Je pense que nous nous entendrons bien.

Nous avions un trajet de deux heures environ jusqu’à la demeure de mon nouveau maître. Il me donna d’autres détails au sujet de la vie quotidienne :

— Tu seras réveillé à six heures par un esclave.

Ça commençait mal, une heure plus tôt que chez moi.

— Tu te rendras à la salle de sport pour t’entraîner jusqu’à sept heures. Mon masseur, qui est aussi mon entraîneur, t’indiquera les exercices à faire. Ensuite, tu prendras un bain, puis tu auras un massage.

Je ne faisais pas assez de sport non plus, j’étais un peu trop gros. Ce ne seraient pas des vacances.

— À huit heures petit déjeuner, ensuite les cours avec le précepteur, déjeuner, puis de nouveau des cours jusqu’à quinze heures.

Je n’allais pas non plus échapper à l’école.

— Ensuite nous passerons le reste de la journée ensemble. Cela te convient, Élève Sylvius ?

— Je pense que je n’ai pas le choix, Maître Césarius.

— Encore une chose, l’entraîneur et le précepteur ont toute ma confiance, ils sont aussi là pour parfaire ton éducation. Obéis-leur comme à moi-même, même si leurs demandes sont parfois un peu bizarres.

— Bien, Maître Césarius.

— As-tu d’autres questions ?

— Travaillez-vous pendant la journée ?

— Pas vraiment, j’ai une très grosse fortune, je me consacre au mécénat, et puis à mes chers éromènes. Je fais parfois des missions diplomatiques à l’étranger, ce sera une occasion pour toi de voyager et de découvrir d’autres pays.

— Oserais-je vous demander si vous avez une famille, une femme, des enfants ?

— Tu oses me poser n’importe quelle question ; non, je n’en ai pas. Je ne pourrais pas te donner beaucoup de conseils pour les relations avec les femmes, mais je ne pense pas que cela te manquera.

Je méditais le reste du trajet. Moi non plus, je ne me voyais pas vivre avec une femme. Il me semblait bien que mon éraste aimait mieux les hommes. Mon père l’avait-il choisi pour cela ? Avait-il deviné mes préférences ? Nous arrivâmes à la maison de mon maître. Elle était immense, dans un style architectural très moderne, elle était située au bord d’un lac, avec une plage privée. Césarius me dit :

— Je vais te laisser t’installer. Nous commencerons l’enseignement seulement demain, le dîner est à 19 heures. À ce soir.

Un esclave prit ma valise, puis me fit visiter toute la maison et me conduisit à ma chambre, c’était plutôt un petit appartement, avec deux pièces, une salle de bains privée et un balcon avec vue sur le lac. Il me laissa seul. Il y avait tous les appareils électroniques habituels, écran géant, console de jeu, ordinateur, etc, mais je n’avais pas envie de les utiliser. J’enlevai mes habits, ne laissant que mon sous-vêtement, et je me couchai sur le grand lit. Cette journée avait été assez épuisante. Je venais de quitter ma famille pour la première fois, j’étais au début d’une nouvelle étape de ma vie. Je me caressai le torse. C’était le dernier jour où j’étais encore maître de mon corps, dès le lendemain, il allait appartenir à quelqu’un d’autre, à mon maître, qui me dirait ce que je devrais faire ou ne pas faire. Je baissai un peu mon boxer, dégageant mon pénis et laissant l’élastique comprimer légèrement mes testicules. J’eus immédiatement une érection, je me masturbai pendant quelques minutes et j’éjaculai sur mon ventre.

À ce moment-là, je réalisai qu’un homme me regardait depuis l’entrée de ma chambre. L’homme était grand, maigre, avait mis un complet noir. Il me fit penser à un croque-mort. Je restais immobile, ne sachant pas que faire. Il se présenta :

— Bonjour, je pense que tu es Sylvius.

— Je suis vraiment confus, Monsieur...

— Je suis ton précepteur, je m’appelle Vilnius. C’est de ma faute, j’aurais dû frapper plus fort avant d'entrer, tu ne m’as pas entendu. Attends.

L’homme ouvrit un tiroir où l'esclave avait mis mes affaires, prit un mouchoir en soie, s’assit sur le bord du lit, face à moi, et essuya le sperme sur mon ventre et sur mon pénis. Il remonta ensuite mon boxer.

— Ce petit incident est oublié. Ne t’en fais pas, ton maître désire que nous formions une grande famille, n’ayons pas de gêne entre nous. N'aie pas peur d'assumer ta sexualité quelle qu'elle soit et de l'exprimer librement. Personne ne te jugera. 

Il me demanda ensuite où j’en étais dans mes études. Il prit congé en me disant :

— À demain pour ton premier cours.

Il sortit de la chambre. Allait-il tout raconter à mon maître ? Je dînai en tête-à-tête avec celui-ci. Il ne fit aucune allusion à la visite du précepteur. Je lui parlai de ma famille. Après le repas, mon maître me dit de passer la soirée dans mon appartement et de me coucher tôt. Je suivis son conseil, mais j’eus de la peine à m’endormir. J'en profite donc pour vous parler de mon pays qui, je pense, ne vous est pas familier. Nous ne sommes pas très bien vus par la communauté internationale à cause de nos anciennes coutumes comme l'esclavage, le polythéisme ou nos mœurs sexuelles assez libres. Nous voyageons peu à l'étranger et les touristes sont peu nombreux à venir chez nous malgré la beauté de nos paysages. Nous sommes cependant pacifistes, nous n'avons jamais fait la guerre depuis des siècles. Et vous n'ignorez pas que nos ressources naturelles très importantes, comme le pétrole, nous donnent de l’importance. Les autres nations sont obligées de nous respecter. Mon père est d'ailleurs directeur d'une société pétrolière, ce qui explique la richesse de notre famille et la possibilité pour moi de suivre cette éducation particulière et d'avoir eu des esclaves pour me servir dès ma naissance. Je dois quand même dire que personne n'est pauvre dans mon pays, tout le monde vit bien, même très bien, chacun a un travail. Le pays a l'apparence d'une démocratie, mais c'est une dictature. Le pouvoir est partagé entre les dirigeants d'une manière totalement opaque. J'ai relevé que mon éraste était chargé de missions diplomatiques, ce qui signifiait qu'il avait des relations dans les cercles du gouvernement. Cela m'intéressait, d'une part parce que je pourrais faire des voyages à l'étranger avec lui, et d'autre part car j'en apprendrais peut-être un peu plus sur le pouvoir, en plus de mon éducation sexuelle.

Le lendemain matin, un esclave vint me réveiller à six heures en ouvrant les rideaux, le soleil inonda la chambre. Mes habits étaient déjà prêts : un slip blanc, un short bleu, un tee-shirt jaune et des baskets. Je dormais nu, je me levai, m'habillai et descendis à la salle de sport. Le masseur m’attendait, je fus étonné : il était très jeune, 20 ans environ. Il avait mis un survêtement blanc. Il me salua :

— Ah bonjour Sylvius, tu es ponctuel.

— Bonjour Monsieur.

— Je m’appelle Darius. Pas de langage formel entre nous, nous pouvons nous tutoyer, ça ne me dérange pas, je ne suis pas beaucoup plus vieux que toi.

— Merci. Ce n’est pas habituel.

— Bon, alors enlève ton tee-shirt.

— Euh, pourquoi ?

— Pour que je puisse examiner ta musculature. Je dois déterminer le programme de ton entraînement.

Je me mis à torse nu. Darius prit un centimètre de couturière et me mesura le ventre, le torse, puis les muscles des bras, les cuisses.

— Tu es trop gros, heureusement que tu es venu ici, nous allons corriger ceci ces prochains mois. Viens avec moi.

Je le suivis, il me mena dans un local avec un lit, me fit coucher dessus. Il me plaça des électrodes sur le corps pour faire des enregistrements. J’étais étonné de tous les équipements qu’avait mon maître, en plus de tous les appareils d’entraînement et de musculation possibles. Le masseur me dit :

— L’appareil a enregistré les paramètres de ton corps, nous referons régulièrement des contrôles pour voir si tu progresses.

— J’espère que je vais maigrir.

— Ton maître Césarius m’a encore chargé de faire une mesure assez particulière.

Sans me prévenir, le masseur me baissa mon short et mon slip, il me mesura la longueur du pénis, sa circonférence, puis il l’étira, le mesura à nouveau. Il dit ensuite :

— On verra si tu progresses aussi ici.

— Je pensais que l'on préférait les petits sexes.

— C'est la doctrine officielle. Dans la réalité, c'est parfois fort différent... Enfin, nous verrons bien plus tard.

Je commençai alors l’entraînement en réfléchissant à ma situation. Je venais de réaliser que je n'aurais pas seulement l'éducation de mon éraste, mais aussi celle du masseur et du précepteur. Il n'était peut-être pas venu par hasard dans ma chambre le jour d'avant. Quelles étaient leurs relations avec mon maître ? Comment les rôles seraient-ils répartis ?

Après 45 minutes, j’étais déjà épuisé. Darius me dit :

— Bon ce sera tout pour aujourd’hui. Suis-moi.

Nous entrâmes dans une autre salle. Il y avait des douches. Le masseur se déshabilla. J’hésitais. Il me dit :

— Qu’est-ce que tu attends, je ne vais pas appeler un esclave pour te déshabiller.

J’enlevai mes habits. Je ne pouvais m’empêcher d’admirer le corps de Darius. Il était bronzé, musclé et avait une longue bite. Nous prîmes notre douche puis nous nous séchâmes. J’allais me rhabiller, je pensai soudain que je n’avais pas d’habits propres. Je dis au masseur :

— Il faudrait appeler quelqu’un, je n’ai pas d’habits de rechange.

— As-tu déjà oublié que c’est l’heure du massage ?

— Et je vais rester nu ?

— Bien sûr.