Souvenirs d’un éromène (2)


Souvenirs d’un éromène (2)
Texte paru le 2015-01-29 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Darius ne se rhabilla pas non plus, il me fit entrer dans une autre pièce qui avait une table de massage au milieu. Il me pria de me coucher sur le ventre et commença à me masser. C'était la première fois que j'avais un tel traitement. Après un vingtaine de minutes, il me demanda de me retourner. J'étais maintenant totalement exposé à sa vue et à ses mains. Il frôla plusieurs fois mon sexe, voulait-il voir si j'aurais une érection ? Ce fut bien le cas et il eut l'air satisfait. Il me dit :

— C'est parfait, je vais pouvoir terminer mes mesures.

Il reprit le centimètre et mesura à nouveau mon pénis sous toutes les coutures. Il continua ensuite son massage avec des mouvements enveloppants. Il me demanda :

— Puis-je soulager ta tension ?

Je devinai la signification de cette question, mais j'eus une hésitation :

— Je ne sais pas, ne dois-je pas réserver ceci pour mon maître ?

— Ne t'en fais pas, tu es jeune, tu retrouveras rapidement des forces. Ne t'es-tu pas déjà branlé hier soir ?

Ainsi tout le monde était déjà au courant, les rumeurs circulaient vite dans cette maison. Je me laissai tenter :

— Je te fais confiance.

Je fermai les yeux, le masseur pris alors mon pénis dans sa main, me faisant découvrir des sensations nouvelles, bien plus agréables que lorsque je me masturbais moi-même, et j’eus un orgasme très intense.

La suite de la journée fut plus ennuyeuse. Après le petit déjeuner, je suivis l'enseignement de mon précepteur pendant plusieurs heures. J’étais impatient mais aussi inquiet de me retrouver seul avec Césarius. Le moment tant attendu arriva vers 15 heures. Je passai dans ma chambre, je me déshabillai et mis un peignoir de bain, comme Vilnius me l’avait suggéré. Je me rendis ensuite dans une partie de la maison où je n’étais encore jamais allé. La porte était fermée, au-dessus il y avait l’inscription : « Palais de l’Hédonisme ». Je sonnai. Mon maître vint m’ouvrir, il était aussi vêtu d’un peignoir de bain, avec les couleurs de l’arc-en-ciel. Il me souhaita la bienvenue :

— Bienvenue dans mon petit musée, mon Élève Sylvius.

Je réalisai alors que j’étais dans une salle entièrement remplie de vitrines. Des centaines de pénis étaient exposés, de toutes les tailles, la plupart sous forme de sculptures, mais aussi quelques peintures.

— C’est incroyable, dis-je. C’est vous Maître Césarius qui avez fait cette collection ?

— Pour être honnête, j’en ai hérité une partie d’un ami décédé, mais je la complète avec des commandes que je fais directement à des artistes. C’est une forme de mécénat. Tiens, regarde, j’ai reçu un paquet ce matin. L’artiste m’a dit avoir utilisé son propre corps pour faire cette œuvre.

Césarius sortit un pénis en bronze. Il me le mit dans les mains. La sculpture devait être légèrement plus grosse que la réalité, ou l’artiste était vraiment bien doté. Le membre était en érection, toutes les veines et veinules avaient été fidèlement reproduites. Je ne pus m’empêcher de les toucher pour en apprécier le relief. Mon maître me dit :

— Nous aurons le temps d’examiner chaque pièce. Maintenant continuons la visite.

Nous entrâmes dans la deuxième pièce, plus petite, mais qui avait aussi des vitrines. Je ne compris pas tout de suite qu’il s’agissait de jouets érotiques, de toutes les formes et couleurs. J’étais abasourdi. Je demandai :

— Devrais-je tous les essayer avant la fin de mon séjour ?

— Si tu le désires, mais tu devras faire des heures sup.

Je regardai une vitrine plus attentivement, mais je ne compris pas à quoi pouvaient servir certains de ces objets. Nous passâmes ensuite dans la troisième pièce, plus classique. D’un côté, il y avait un bar, de l’autre des chaises longues. Mon maître me dit :

— Prends une boisson. Couchons-nous un moment pour faire connaissance.

Je pris une boisson sans alcool au bar et me couchai à côté de mon maître. Il resta silencieux quelques minutes, puis me questionna :

— Mon Élève Sylvius, sais-tu pourquoi tu es ici ?

— À cause de la tradition, je pense.

— Oui, à cause de la tradition, même si elle a évolué depuis l’antiquité. Les éromènes sont plus âgés, ils peuvent ainsi mieux profiter de l’enseignement de leur éraste. Mais pourquoi avec moi plutôt qu’avec un autre ?

— Je ne sais pas, vous connaissez mon père ?

— De nom seulement, tout le monde sait qu’il est à la tête de cette grande entreprise pétrolière. C’est lui qui m’a contacté, je lui ai demandé des informations à ton sujet et il me les a envoyées.

— Et que disait-il ?

— Tu es bien curieux, Élève Sylvius.

— Excusez-moi, Maître Césarius.

— Ce n’est pas nécessaire de t’excuser. Nous pouvons discuter franchement. Essaie de trouver ce que ton père m’a dit.

— Il a décrit mon corps ?

— Non, ce n’est pas un critère de sélection. Être éraste n’est pas un privilège accordé à tout le monde, nous devons respecter des règles strictes. Nous ne devons pas choisir les éromènes en fonction de leur aspect physique. Il est beaucoup plus important de s’entendre sur le plan intellectuel ou sur des intérêts communs.

— J’ai bien une idée, mais je n’ose pas en parler.

— Dis-la, je ne m’en offusquerai pas si ce n’est pas juste.

— Il vous a dit qu’il pensait que j’étais homosexuel ?

— Oui, tu as raison, il m’a dit cela. Est-ce exact ?

— Je le pense, les filles ne m’intéressent vraiment pas. Et vous l’êtes aussi ?

— Bien sûr.

J’eus envie de sauter dans les bras de mon maître et de l’embrasser, mais je me retins. Il fallait que je garde une certaine distance avec lui. Je bafouillai :

— Merci, merci de me l’avoir dit. Mais comment mon père l’a-t-il deviné ? Je ne lui ai jamais dit.

— Je pense le savoir, mais je ne peux pas t’en parler maintenant. Peut-être lorsque je te connaîtrais mieux. Nous allons continuer la visite. Suis-moi.

Nous passâmes dans l’avant-dernière pièce. Il y avait un bassin au milieu, des saunas de différentes températures, un bain de vapeur et des douches autour. Césarius me dit :

— Tu peux venir n’importe quand ici, même sans moi. Mais tu pourras y rencontrer d’autres personnes, le masseur ou le précepteur, ou un esclave qui fait les nettoyages. Lorsque nous serons les deux, personne n’osera entrer sans y être invité. Veux-tu prendre un bain maintenant ?

— Non, une autre fois.

— Nous continuons, il y a encore deux portes. Celle de gauche est fermée à clef. Tu ne dois pas y pénétrer pour le moment.

— Pourquoi ? demandai-je un peu précipitamment.

— Je t’ai déjà dit que tu étais curieux, mais j’aime ça. Disons qu’il y a là-derrière des chambres un peu « spéciales ». Si tu es un bon élève, nous y ferons quelques cours. Mais entrons à droite pour commencer.

Une porte coulissante s’ouvrit. La chambre avait les murs recouverts de bois. Le fond était translucide, avec un éclairage blanc derrière. Par terre, un futon carré recouvert d’un drap bleu. Des coussins étaient posés dessus.

— Voilà, c’est ici que je ferai ton éducation sensuelle, Élève Sylvius. Ça te plaît ?

— Oui, c’est assez sobre, Maître Césarius.

— Bien, c’est parti, leçon numéro 1, le pénis. En as-tu déjà vu un, à part le tien ?

— Pas vraiment de près, à part celui de mon frère. Un jour nous étions…

— Passe-moi les détails. Aujourd’hui tu vas t’amuser avec le mien.

Mon maître ferma la porte, baissa l’intensité de l’éclairage et laissa tomber son peignoir par terre. Je vis son corps pour la première fois, je fus presque un peu déçu, il n’était pas un modèle de beauté antique, il avait la peau claire, son sexe circoncis n’était pas plus gros que le mien. Pour tout dire, je préférais le masseur. Il me dit :

— Voilà, tu peux aussi te déshabiller. Mais je te rappelle que rien n’est obligatoire, tu ne m’appartiens pas, si quelque chose te dérange, dis-le moi.

Mon maître se coucha sur le futon, il me demanda de m’asseoir en tailleur entre ses jambes écartées, puis les mis sur les miennes.

— Bien, me dit-il. Tu peux commencer.

— À faire quoi ? demandai-je naïvement.

— Je dois te faire un dessin ? Le masseur t’a fait la même chose ce matin.

Je commençais à me demander si la maison était pleine de caméras qui filmaient toutes mes activités. Je pris le sexe de mon maître dans ma main, c’était la première fois que je touchais celui de quelqu’un d’autre. Je le caressai comme je le faisais quand je me branlais. Ça n’eut pas l’air de lui faire beaucoup d’effet, son pénis restait flasque. Je lui demandai :

— Cela ne vous plaît pas ?

— C’est un peu trop, comment dirais-je, mécanique. Commence par prendre mon pénis dans ta main et mes testicules dans l’autre, une ou deux minutes, comme si tu voulais les réchauffer.

Je suivis ses conseils, son sexe se mit à durcir. Il me demanda ensuite d’aller chercher de l’huile dans une armoire et m’expliqua comment le masser de diverses manières, me corrigeant si je ne le faisais pas correctement. Je remarquai que mon travail avait porté ses fruits et je sentis intuitivement qu’il était bientôt prêt. Je le caressai de plus en plus vite et soudain il éjacula. Je restai immobile et je réalisai que j’avais fait jouir un homme pour la première fois. Etait-ce déjà la confirmation définitive de mon homosexualité ? Mon maître me félicita :

— Tu vois, tu as réussi, bienvenue au club. Il y a aussi des mouchoirs dans l’armoire.

Je le nettoyai du mieux que je pus. Je me demandai comment allait se passer la suite de cette première leçon, mais il me dit :

— C’est déjà fini pour aujourd’hui, nous avons une année à disposition, ne brusquons pas les choses. Et nous aurons une journée chargée demain.

— Que ferons-nous ?

— Tout d’abord nous irons chez le médecin, je veux m’assurer que tu restes en bonne santé. Tu parlais de tradition tout à l’heure, il y en a une que j'aime respecter. C'est une habitude que j’ai prise avec tous mes éromènes. Je désire que tu fasses une offrande au Dieu de l’Amour et de la Fertilité Cialus.

— Oui, je veux bien. Avez-vous un autel dans votre maison ?

— Je préfère que nous nous rendions au Temple demain. Nous prendrons l’avion.

— Prendre l’avion ? N’allons-nous pas au Temple le plus proche ?

— Non, nous allons au Temple Principal.

C’était tout simplement incroyable !

Je dois maintenant vous donner quelques explications. Nous avons beaucoup de Dieux différents, pour tous les domaines de la vie. Nous faisons une offrande ou une prière lorsque nous voulons qu’un Dieu nous aide dans l’une de nos entreprises. Certains Dieux sont marginaux et presque oubliés, d’autres très importants, comme le Dieu Cialus, si importants que tout le monde désire faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie au Temple Principal. Chaque ville a un Temple pour tous les Dieux, mais chaque Dieu n’a qu’un Temple Principal, où se trouvent les Prêtres et surtout les Gardiens du Temple, de jeunes gens vierges qui consacrent une année ou deux de leur vie à accueillir les pèlerins. Il faut donc réserver plusieurs mois ou même plusieurs années à l’avance pour obtenir l’autorisation de s’y rendre. C’est pour cela que c’était incroyable que mon maître puisse y aller avec chaque nouvel éromène.

Je ne sus que dire tellement j’étais étonné.

— Remets-toi, me dit Césarius en souriant.

— Mais je ne comprends pas, comment faites-vous pour obtenir ces autorisations ?

— Je connais un Prêtre à qui j’ai rendu quelques services quand j’étais jeune.

Je compris d’un coup.

— Vous avez été Gardien du Temple de Cialus ? demandai-je.

— Oui, j’ai eu cet honneur.

— Et quels services avez-vous rendu à ce Prêtre ?

— Tu es bien curieux, Élève Sylvius.

— Mais vous m’avez dit…

— Oui, je t’ai dit, mais là je ne désire pas en parler. Peut-être lors du dernier jour chez moi.

— Et quelle offrande allons-nous faire ? Je n’ai pas l’habitude de m’occuper d’argent, c’est un comptable qui s’en charge.

— Tu verras bien, n’oublie pas que c’est aussi le Dieu de la Fertilité.

Le soir, je dinai avec mon maître. Il m’informa qu’il ne parlerait jamais de sexe avec moi en dehors de son « Palais de l’Hédonisme ». Nous eûmes une conversation au sujet de l’actualité politique de notre pays, thème que je ne connaissais pas bien. Je demandai ensuite si je devais m’habiller spécialement pour la visite au Temple. Ce n’était pas nécessaire. J’envoyai un message à mon père pour lui demander quel montant je devrais verser pour l’offrande. Les offrandes en nature n’étaient plus usuelles. On transférait de l’argent avec une carte de crédit après avoir fait ses demandes aux Dieux. Mon père me répondit rapidement, il était aussi très étonné de ce pèlerinage au Temple Principal.

Le lendemain matin, un esclave me réveilla et me dit que le départ serait à 7h30, je devais me dépêcher de me préparer et de déjeuner. Je retrouvai mon maître sur le perron, nous montâmes dans la voiture. Nous nous rendîmes tout d’abord au cabinet du médecin. Césarius m’expliqua le but de cette visite :

— Nos laboratoires ont développé un vaccin combiné contre le sida et d’autres MST. Ce n’est encore qu’un vaccin expérimental, mais je désire t’en faire profiter. Ça t’évitera de mettre des préservatifs pendant toute ta vie.

— C’est sans danger ?

— Sans aucun danger, mais il n’est pas encore produit en grande quantité. Cela ne saurait tarder.

Je me rendis seul chez le médecin qui m’ausculta rapidement, puis me demande de baisser mon pantalon afin de faire la piqûre dans le derrière. Ce ne fut pas très agréable. Nous prîmes ensuite le chemin de l’aéroport, 45 minutes de route environ.

— Maître Césarius, demandai-je, avez-vous un avion privé ?

— Non, j’en loue un lorsque je fais un voyage.

Le vol dura une heure, une autre voiture nous attendait à destination et nous arrivâmes vers 11 heures au Temple. Contrairement aux autres Temples qui sont des bâtiments très imposants, celui de Cialus est creusé dans une montagne, comme une grotte. C’est certainement une analogie avec un sexe qui pénètre le corps du partenaire. J’avais encore rapidement cherché des informations sur mon ordinateur, mais je n’avais presque rien trouvé. Il est interdit de faire des photos dans un Temple et la tradition veut qu’on ne raconte pas ce genre de choses en public. La croyance est intime. Je ne savais donc pas comment la visite allait se dérouler.