The boy next door

Drapeau-fr.svg Lettres Gay

LG57.jpg


Numéro 57

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 57
Date de parution originale: Février 1993

Date de publication/archivage: 2014-07-11

Auteur: Régis
Titre: The boy next door
Rubrique: Voisins, voisins, ça baise à l'aise

Note: Le magazine Lettres Gay ayant disparu, nous archivons sur Gai-Éros des textes y ayant été publiés au fil des ans, à titre d'archive, notre but premier étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 2985 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


LG123.jpg
Ce texte est également paru dans le Lettres Gay #123 en avril 2003.

La première fois que j’ai entendu la voix de Patrice, c’était lors d’une engueulade avec ses vieux. “Putain, vous me faites chier!” suivi d’un: “On parle pas comme ça à sa mère, fous le camp d’ici!” Ce genre de scène idiote qu’on entend dans les mauvais films, et dans les cités ouvrières quand les murs ne sont pas très épais. Quand j’ai entendu la porte claquer, j’ai regardé par la fenêtre. Ici, c’est une petite ville du nord et tout se sait. J’ai vu passer Patrice et il a tourné la tête vers moi. Je lui ai souri et il est rentré chez lui un peu plus tard. Cela faisait plus de six mois que je le regardais aller et venir. Il ressemble à l’acteur espagnol Antonio Banderas. Ici, j’ai déjà entendu des gens l’appeler le Rital, parce que sa peau est mate. Les gens sont racistes... Et puis j’ai entendu sa voix coléreuse et cela m’a encore plus excité. Je n'avais qu’une envie, qu’il s'arrête devant ma porte, qu’il entre et qu’il se foute une bonne fois pour toute de ce que peuvent dire les gens! Parce que les gens disent parfois, dans mon dos (mais comment ne pas entendre!) que je suis un pédé. Moi, je rigole doucement. Bien sûr que je suis un pédé, fier de l’être, et toujours amoureux fou de petits mecs qui ne me regardent même pas.

Lorsque Patrice est passé le soir devant ma fenêtre, en rentrant, il a tourné la tête. Je lui ai souri. J’ai vu qu’il hésitait. Je lui ai fait un signe de la main. J’ai vu qu’il hésitait encore plus et puis il est rentre chez lui. Et moi, j’ai recommencé à l’attendre. Me prenant la bite entre les doigts, pour me faire gicler, en pensant à son corps d’adolescent, sa petite gueule bien brune, ses yeux sombres. Je me demandais: connaît-il quelque chose de la vie, quelque chose de l’amour? Je rêvais de tout lui apprendre.

Les engueulades ont repris quelques jours plus tard. J’écoutais, l'oreille contre le mur et le coeur-battant, mon sexe gonflé à mort dans mon froc. Et chaque fois que je regardais par la fenêtre, chaque fois que Patrice passait, il me souriait. Alors, j’ai fini par comprendre que c’était une question de jours et qu’un jour, il entrerait chez moi. Et un soir, en passant devant la maison, d’un geste à peine perceptible, j’ai vu qu’il glissait un petit mot vers la fenêtre. Je me suis jeté dessus: “J’aimerais vous parler.” Me parler! Suivait une adresse, un lieu-dit, un peu plus loin. Il faisait froid et je me suis habillé chaudement. Je me suis branlé deux fois avant de partir, sans arriver à faire disparaître cette excitation dingue. Nous nous sommes retrouvés. Il semblait encore étonné de sa propre audace. J’essayais de ne rien laisser paraître de mon excitation. Quelle chance, ce froid! Je lui ai proposé de monter dans ma voiture. Je l’ai à peine frôlé. J’ai senti que ce petit mec timide était plutôt bien monté et qu’il bandait ferme.

Et c’est lui qui s’est approché de moi. C’est lui qui a posé sa main contre mon ventre. J’ai fermé les yeux. Sa main était froide, peu experte, mais je la sentais avide et nerveuse. Et je me suis laissé faire. Moi qui avais pensé des dizaines de fois à ce jour-là, moi le grand initiateur des “plaisirs sodomites”, je me suis laissé faire, puisque ce jeune et bel homme prenait des initiatives. Ma bite est apparue, sortie du pantalon. Elle disparut bien vite entre deux doigts enduits de salive, puis entre deux lèvres pulpeuses et brûlantes. J’ai tout essayé pour me retenir de jouir. Mais je n’ai pas pu. J’ai juste eu le temps de lui murmurer que c’était bon. Il ôta ses lèvres de ma queue, et une giclée de sperme coula sur sa joue et son menton. Je pris la tête de Patrice entre mes mains, léchant mon propre sperme sur sa peau. Je pris ses lèvres entre les miennes, mordillant suçant et enfonçant ma langue entre ses dents. Un baiser fougueux qui dura longtemps. Je ne quittais pas sa bouche, ma main gauche cherchant son bas-ventre. Il y avait une forêt de poils entourant une bite de bonne dimension, dont la raideur ne laissait pas à désirer! Et ce fut à mon tour de sucer ce petit gars. Il gémissait comme un chiot. Je sentais tout son corps qui vibrait sous ma langue. J’ai exploré les moindres replis, les couilles bien pleines et resserrées, j’aurais voulu glisser ma langue plus loin, mais nous n’étions pas très à l'aise (ma voiture, c’est une Kadett!). Patrice non plus n’a pas pu se retenir de jouir.

— J’ai joui trop vite, m’a-t-il dit tout de suite, comme pour s’excuser, pourtant, je m’étais déjà branlé avant de venir, mais...

Je l’ai senti rougir. Je lui ai dit:

— Moi aussi je me suis branlé avant de venir. Et je me branle depuis longtemps quand je te vois passer devant ma fenêtre.

Il y a eu un moment de trouble.

— J'ai envie de faire l’amour. Tu peux venir chez moi?

Signe négatif de la tête.

— Tu as peur?

Il s’est mis à rire.

— De toi, non! Mais des autres, oui!

Il était déjà tard. Je lui ai donné rendez-vous pour le lendemain, un samedi soir, au même endroit. La journée du samedi a été un calvaire. Mais le soir est enfin arrivé.

J'ai retrouvé Patrice. Un frôlement de ses cheveux, de ses lèvres sur ma nuque, avec toujours ce je-ne-sais-quoi, ce mélange d’effronterie et de timidité qui me faisait encore plus craquer. Je l’ai emmené dans une autre ville, plus loin. À l’hôtel, nous nous sommes retrouvés tous les deux dans la chambre, face à face, debout l’un devant l’autre. Nous avons la même taille. J’ai passé ma main dans ses cheveux. Nos respirations étaient rapides, presque déjà saccadées. J’étais fou de désir. Je sentais que Patrice était dans le même état que moi. Peut-être même encore pire, parce que pour lui, tout ce qui a suivi, il me l’a dit plus tard, c’était la première fois. J’ai doucement fait glisser son pull, ouvert sa chemise, d'où a suivi un torse brun abondamment poilu. Cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti cette ivresse brutale. J'avais envie de posséder ce type tout entier, de glisser ma queue au plus profond de ses entrailles. Je voulais l’entendre hurler. Je voulais sentir son corps s’offrir. Je devinais que Patrice n’avait jamais couché avec un homme. Je ne voulais pas brusquer les choses. Je l’ai déshabillé entièrement. Plus ma main descendait et glissait entre ses cuisses, plus je sentais qu’il s’abandonnait mais qu’en même temps, il se crispait. Je me suis déshabillé. Nous nous sommes allongés sur le lit. Je l’ai laissé venir contre moi, se frotter contre mon corps. Bientôt, nous avons été en nage et son corps se tendit au-dessus du mien. Ses lèvres enserrèrent ma queue pour la sucer et je l’ai laissé faire. Puis nous avons roulé, toujours enlacés. Je me suis retrouvé sur lui. Ma bite, bien lubrifiée et vite mise sous préservatif, s’est glissée toute seule entre les fesses de Patrice. J'ai commencé mon va-et-vient. J’essayais de frotter l’anus pour le lubrifier aussi et pour exciter Patrice un maximum. Il n’a pas résisté longtemps. Il m’a dit:

— Viens, viens!

Je ne l’ai pas enculé tout de suite. J’ai léché ce petit trou vierge un bon moment en pénétrant ma langue le plus loin possible. Les bords fermes de l'anus se sont un peu dilatés. Patrice me supplia de l'enculer. J’ai écarté ses fesses, admirant cette raie brune que la salive rendait presque brillante. Ma queue se lova contre l'anus. Je mordis la nuque de mon amant. Il cria, et je l’ai sodomisé dans le même mouvement. Ma queue, très à l'étroit dans ce boyau vierge, s’immobilisa. Patrice ne disait plus rien. J’entendais son souffle devenir rauque. J’attendis un peu avant de faire le moindre mouvement. Puis nos deux corps se sont trouvés en harmonie. Patrice faisait onduler son cul de telle manière que je n’avais presque pas à bouger. C’est moi qui me suis mis à crier comme un homme qui se fait baiser. Je suis devenu fou de plaisir. Ma bite enfoncée au plus profond, je me suis mis à défoncer ce petit cul sans retenue, les cris de Patrice m’encourageant sans cesse à aller plus loin, plus fort, plus vite. Je sentais ma bite prête à exploser, prise en étau dans ce cul encore très serré. Je n’en pouvais plus. J’ai laissé mon foutre jaillir de ma queue. Patrice a joui dans ce dernier mouvement plus brusque que les précédents. J’ai cru que nous allions crever de plaisir. Je ne me sentais pas encore satisfait. Je n’avais qu’une envie: recommencer, recommencer. J’ai murmuré: “Antonio!” Alors Patrice m’a regardé et m’a dit froidement:

— Je ne m’appelle pas Antonio!

Je lui ai expliqué qu’il ressemblait à un acteur que j’aimais bien. Alors il s’est mis à rire. Et puis nous nous sommes embrassés et il m’a murmuré:

— J’ai encore envie de toi.

Il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour rebander. Et j’ai pu me replonger encore dans ce corps juvénile.

D’un amant inexpérimenté est sorti au bout de cette soirée un homme prêt à toutes les audaces, tous les plaisirs, toutes les folies. En attendant, je l’ai ramené sagement avant minuit chez ses parents.

Patrice est majeur. À la fin de l’année, il aura fini son apprentissage (il travaille dans un garage). Il m’a dit qu’il rêvait de partir à Paris, pour pouvoir vivre sa vie avec moi. Et je crois que moi qui suis né ici, je vais partir avec lui, parce que je l’aime et puis c’est tout!

Régis, 29 ans