Une pipe 4 étoiles

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Numéro 24

Texte d'archive:


Archivé de: Nous – Numéro 24
Date de parution originale: inconnue

Date de publication/archivage: 2014-08-07

Auteur: inconnu
Titre: Une pipe 4 étoiles
Rubrique:

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Serge était odieux! Après lui avoir fait deux sucettes dignes d’un diabétique en manque, je me voyais refuser l’entrée de son cul! Tout ça sous des prétextes que je ne qualifierai pas de fumeux!

— T’as qu’à déplacer ta graisse chez Albert! M’avait répondu Serge du fond de sa salle de bain où il se lavait la queue.

J’entendais le robinet couler dans le lavabo et j’imaginais Serge debout, à poil, face à la faïence, qui plongeait sa trique molassonne dans de l’eau savonneuse parfumée au benjoin. Je voyais devant mes yeux les grumeaux filandreux que devaient faire à la surface du liquide ses dernières petites giclées de foutre. J’entrai dans la salle de bain.

— Dis donc, Serge! T’es pas un peu culotté de...

— Non... Me répondit-il en souriant, écartant ses fesses pour me confirmer qu’à cet instant il était effectivement loin d’être culotté.

Je ne ris pas. Quoi! C’était pas le moment de jouer avec mes nerfs! Je suis un type sensible, moi! Alors si je me trompe en faisant la causette, c’est pas la peine d’excitouiller ma queue par des écarts de gambettes poilues. J’avais une de ces envies de lui transformer son cul en praline fourrée! Serge était plus vieux que moi mais ça ne se voyait pas. L’embonpoint de ses quarante ans lui gommait les rides. Partout où des sillons de vieillesse avaient tendance à apparaître, l’ingurgitation d’un chocolat au lait-noisette suffisait à regonfler ses fissures, à bouffir la moindre de ses crevasses. C’était son lifting à lui, avec dépôt de brevet et tout le truc. Pour ne pas devenir vieux, il fallait bouffer, engraisser. "C’est bien connu que les gros paraissent plus jeunes..." Disait-il fréquemment quand je lui reprochais le volume de son abdomen. Sous sa tignasse teinte au henné, il paraissait dix ans de moins. Il avait donc raison quelque part. De plus, quand Serge s’allongeait à mes côtés, les similitudes de son anatomie avec une jarre pleine à ras bord d’huile d’olive m’excitait comme ce n’était pas permis. On l’aurai cru tout droit sorti de la fable d’Ali-Baba et les quarante voleurs. D’une main, il déposait sa bedaine sur le matelas comme le font parfois les femmes enceintes. Serge suait en permanence et ce n’était pas de l’eau. Il suintait de partout et c’était ce partout qui me faisait rester auprès de lui. Quand je l’enculais, la vaseline était déjà comprise dans le prix. Son anus, quand Serge était en chaleur, sécrétait une curieuse transpiration faite de graisse liquide et d’eau salée. J’y entrais chaque fois comme dans du beurre. Souvent je me disais que les agriculteurs en manque qui saillent eux-mêmes leur troupeau de vaches piquées aux hormones, devaient éprouver une identique sensation, celle de plonger leur dard dans une assiette de saindoux qu’on a oubliée sur le radiateur. Pourtant, Serge n’était pas de mauvaise humeur.

— Simplement, je ne veux pas ce soir! J’ai des hémorroïdes... Me rugit-il de la salle de bain.

— Des excuses tout ça, Serge! Quoi? T’attends un autre suppositoire cette nuit? Du genre qui n’aime pas être second sur la liste, qui n’aime pas fourguer sa marchandise dans le jus du précédent fournisseur? Hein? Alors, déballe...

Serge se retourna. Il faisait peine à voir. Le large pli de son ventre qui dessinait un croissant à la base de sa panse (le chocolat ne put jamais effacer cette plissure là!) cachait presque entièrement sa queue. Seule la partie de ses couilles qui caressait l’intérieur de ses cuisses était visible. Il rougissait légèrement.

— Ah ça non! Je te jure que non... Ça fait des mois que tu possèdes un contrat d’exclusivité avec mon cul, tu le sais bien, je te suis fidèle...

Et c’était reparti! Monsieur Serge citait ses classiques. C’était probablement son air de Néron adipeux qui lui inspirait de telles envolées historiques, qui à mélanger les serviettes et les torchons de son éducation gréco-latine. Il me regardait, mais pas dans les yeux. Il contemplait ma queue.

— Je ne veux pas que tu m ’encules mais, si tu veux bien, je me paierais bien une bonne crème à la glace! Ça t’intéresse?

Il savait que j’étais toujours preneur quand il s’agissait de prendre ma queue pour un café Liégeois ou un Banana Split. Les yeux gourmands, il posa sa graisse sur le bord de la baignoire. J’avançai vers lui et à chaque pas, ma queue grandissait de quelques centimètres. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact car, avec les quatre mètres qui nous séparaient, mon piston aurait atteint la taille un tantinet surfaite de cinquante-quatre centimètres. Lorsque le bout de mon gland eut rejoint son objectif, les lèvres de Serge s’entrouvrirent et ses yeux se fermèrent. On eut dit à le voir ainsi qu’il avait la parfaite mimique de la bonne fourchette qui goûte un plat nouveau, en palpe la saveur les paupières closes, et les rouvre en clamant à son entourage novice: ”Vraiment, c’est exquis! Chère amie, goûtez, je vous en prie...” Mais Serge n’était pas du genre à partager. Il avait parfois, quand je découchais, des crises de colère aiguë et dans ces moments-là aussi, il donnait l’illusion d’un affamé à qui on a volé sa pitance. Serge était le meilleur pompeur que je connaisse. Il avait une façon toute "guide gastronomique" de me tailler une pipe. Il était le seul dont je fus jamais sûr qu’il appréciait réellement ce que je lui administrais comme becquée.

Il était toujours assis et comme à son habitude, il passa l’une de ses mains dans la raie de mon cul. Son index boudiné eut tôt fait de m’écarter les fesses comme un fox terrier reniflant la présence d’un gibier se mettrait à creuser la terre. Je poussai un petit cri. Tout son doigt était lové dans mon anus et jouait mixer-soupe avec la paroi soyeuse de mes sphincters. Je voyais ses grosses joues se dégonfler puis se regonfler à chaque sucée. Il attendait déjà la venue de mon jus comme un poupon hurle après sa phosphatine. Son autre main me caressait les bourses avec l’air expert de celui qui s’y connaît en viande de boucherie et va choisir le meilleur morceau. Je sentais ma bite aspirée, gobée, évidée par son organe buccal. Il me pompait comme s’il suçait un os à moelle.

Toutes ces variations culinaires, il faut que je le révèle, étaient ce qui m’excitait le plus dans l’impression que me donnait la stature molle et imposante de mon amant. Serge était une espèce de Luculus de la sucette, le Bocuse de la pipe, le fin gourmet par excellence. Et à l’avance, tandis que je jouais des reins pour mieux ressentir les mouvements de son index plongé dans mon rectum, je savais comme il boirait ma substance, ferait claquer sa langue comme un taste-vin, se gargariserait la gorge de mon foutre, tâterait d’une légère pression de la langue sur le palais la consistance de mon sperme, s’en imprégnerait les bajoues, faisant circuler ma morve dans sa bouche dans toutes les directions possibles et finirait par dire, sentencieux, ses yeux lourds plongés dans les miens, quelque chose comme: ”Didier Lavoie, 1987, probablement début février, peut-être le 19..." Puis repartirait d’un grand rire sarcastique qui me permettrait de voir dans sa bouche grande ouverte encore quelques filaments gluants de mon blanc d’oeuf.

Je lui fourguai tout mon jus dans la bouche comme c’était prévu. Après avoir dit à peu près ce que j’avais prédit, Serge retira son doigt de ma violette, sans doute de peur qu’il y prenne d’une manière ou d’une autre racine, se le mit au nez, le huma avec délicatesse puis l’essuya soigneusement dans une serviette de bain toute proche. C’était exact que lorsqu’il me plongeait ses phalanges dans le cul, la première sensation était irrémédiablement celle d’un paysan plantant ses poireaux ou d’un jardinier amateur qui met ses bulbes de tulipe en terre. À la manière dont Serge avait reniflé son doigt inquisiteur, je devinais ce qui suivrait.

— Didier, je vais te lécher le cul, mais avant tout, il me faudra éjaculer dans ta croupe. Je pressens que ce soir, cette léchade nécessite un accommodement tout particulier. Une marinade d’une demi-heure de mon sperme dans le bas de tes intestins sera la bienvenue. Ce soir, oui, je me lécherai les babines au goûter de ton petit con viril. Je vais m’en mettre jusque là de ton minestrone anal!

En disant cela, Serge avait fait un geste du tranchant de la main, équivoque, qui pouvait aussi bien vouloir dire qu’il se farcirait jusqu’à l’oesophage de son propre foutre que de me faire une bien étrange menace de mort. C’était drôle. Ce trépignement à l’avance d’une bonne assiettée de foutre, cette impatience toute enfantine à la perspective d’un zakouski spermatique.

— Viens, mon enfant, viens sur mes genoux, oui, c’est cela, assieds-toi comme ça, par derrière... Attention, je vais t'enculer...

Serge avait une bite dont la dimension en période érectile était en parfaite concordance avec celle de son immense panse. Une verge solide, massue, un rien empâtée, mais d’une extrême douceur. Avec, qui l’ornait en son bout, un gland qui ressemblait à ces superbes champignons des sous-bois que l’on appelle amanites phalloïdes, sauf que la couleur rose y dominait et que le liquide qui en sourdait n’avait vraiment rien de vénéneux. Je dus m’incliner en avant pour ne pas lui écraser le ventre. Doucement, je m’enfonçai autour de sa tige turgescente. Une fièvre m’envahit, un feu dévorant et brûlant. Ce fut comme si une immense tour Eiffel me labourait le ventre et je ne compris jamais comment il se fit qu’un enfin somme toute d’assez modeste taille pouvait chambarder aussi radicalement le comportement de ma personne quand il me pénétrait. Ce devait être qu’il y avait des parties du corps, essentiellement ses orifices et ses proéminences, particulièrement attentives au lyrisme anatomique. Je me dis que cela fonctionnait à l’exact opposé du cors au pied, dont la douleur pourtant extrêmement locale, envahissait l’ensemble du territoire corporel.

Assis, je remuai du cul autour de sa tige. Dans mon dos, le souffle de la respiration encombrée de Serge était comme un zéphyr. Il haletait et son ventre tressautant me caressait à chaque soubresaut toute l’échine, d’un geste mou et indolent. J’étais comme littéralement enrobé dans la graisse enveloppante de mon amant. Le bonbon englué dans son cellophane turquoise. J’allais et je venais comme dans la chanson. Avec toutes les fantaisies culinaires auxquelles m’avait habitué Serge, je me faisais l’effet d’un maigre poulet rôti qui tourne sur son axe de métal. Et j’imaginais Serge dans mon dos qui salivait d’impatience, attendant que je fusse à point pour me mordre les cuisses.

— Oh! Didier! Tu m’excites, mon chéri! Enfonce-toi jusqu’à la garde! Oui, c’est cela! Serre ton cul maintenant... Oh! J’adore quand tu m’écrases le bulbe comme ça! On dirait que tu extirpes l’eau d’une éponge! Tu es prêt à recevoir ma décharge de bouillon? Tu te tais! Parle... Excite-moi! Petit salaud!

C’était toujours comme ça quand Serge était proche de l’orgasme. Il fallait que je l’injurie. J’adorais cela. C’était ma manière de décharger aussi. Il m’arrivait parfois de gicler rien qu’en le traitant de tous les noms. Je voyais sur mon bas-ventre les grandes mains grasses et laiteuses de Serge qui s’activaient sur ma queue comme si elles pétrissaient une pâte farineuse. Les bagues qui ornaient ses doigts, toutes dorées, se frottaient à mes couilles et je vis mes testicules soudain parées d’or ainsi que les oreilles des femmes africaines. Serge me branlait et une main était tendue en réceptacle sous mon gland qui allait bientôt lui cracher sa glu. Je savais que Serge porterait le précieux liquide à ses lèvres et se lécherait la paume de la main jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucune trace.

— Je vais te tartiner ta biscotte, gros plein de soupe! Arrose-moi le cul de ton foutre, tête de lard! Immonde poussah rosé! Serge, tu ressembles à un gros tas de pudding jaunâtre avec deux raisins de corinthe à la place des yeux! Bave ambulante...

Je ne savais pas quoi lui inventer encore. Les pires insultes avaient toutes été épuisées. Néanmoins Serge rugit dans mon dos.

— Oui, Didier, mon petit chéri, je vais te gicler dans l’anus, te coaguler tes sphincters, arroser ton steak de ma sauce de viande, te juter dans le cul, petit salopiaud... Oh! Ça y est! Je jouis...

Je me calai sur lui, pressant de tout mon poids pour épouser les spasmes de sa queue. À ce moment j’avais l’étrange sensation d’être la roulade de jambon de la recette dans laquelle vient se fourrer le mythique et fondant chicon braisé...