Vive les Halles

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Numéro 1

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 1
Date de parution originale: Juin 1985

Date de publication/archivage: 2015-01-24

Auteur: Jean-Luc
Titre: Vive les Halles
Rubrique: Domination

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Ce texte a été lu 4766 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)



C’était l’été dernier. Je n’avais pas rencontré de garçon depuis plusieurs jours et j’étais bien décidé, cet après-midi là, à trouver chaussure à mon pied.

Dans cet état d’esprit je suis allé boire un café à la terrasse du «xxx», dans les Halles, où j’avais déjà fait pas mal de rencontres. La clientèle de ce bar correspond assez bien au genre de garçon que j’aime : jeune, un peu minet, pas fofolle, clean. Bref !

Assis, j’observais les allées et venues mais mon regard n’accrochait personne. Les consommateurs passaient à côté de moi comme si je n’existais pas. Je commençais à me désespérer quand un type blond, assez baraqué, s’est penché vers moi :

— Auriez-vous du feu s’il vous plaît ?

Sa voix était chaude, douce et m’excita immédiatement. En allumant sa cigarette je me suis mis à l’observer de plus près. Quand nos yeux se sont croisés j’ai compris qu’il avait envie de moi. J’ai voulu l’inviter à boire un verre mais je me suis mis à bafouiller lamentablement. Il m’a souri à nouveau puis en guise d’adieu m’a chuchoté :

— Suis moi.

Il s’éloignait déjà sur la place et j’ai eu peur de le perdre. J’ai vite réglé mon café et je me suis mis à le suivre. Ma tête bourdonnait, je ne savais ce qui m’arrivait. C’était la première fois que je suivais ainsi un garçon sans le connaître. Bien sûr j’avais une folle envie de contact physique et le garçon me plaisait a priori mais j’étais mal à l’aise. Quelque chose dans la façon dont il m’avait parlé m’avait fait un drôle d’effet. Il ne m’avait pas laissé le choix et il semblait si sûr de lui que je ne m’étais même pas posé de questions. Je le suivais mécaniquement, poussé par mon désir. Le garçon se retourna et quand il me vit derrière lui j’ai vu un sourire curieux traverser son visage. J’ai failli tout laisser tomber et j’ai eu un peu peur. Je ne suis pas du tout pervers dans mes rapports, je déteste la violence et je ne sais pas pourquoi mais j’ai senti que ce garçon n’était pas comme les autres. Et pourtant je l’ai suivi dans une demi-conscience.

Il est entré dans une cour d’immeuble et je l’ai aperçu qui montait un escalier de bois. L’endroit était vétuste, assez sale et cela ajouta à mon angoisse. En montant à mon tour, j’ai senti mes jambes trembler. J’avais peur, très peur et sans me l’expliquer je me suis mis à bander. J’étais excité et terrorisé, une impression que je n’ai jamais retrouvée depuis ce jour-là. Au second étage une porte était ouverte. Je suis entré dans l’appartement. Il m’attendait et souriait toujours. Il a fermé la porte et s’est approché de moi sans que son sourire ne le quitte. J’étais planté dans le couloir et de plus en plus mal à l’aise.

Quand il s’est décidé à parler je me suis senti soulagé. Et pourtant ce qu’il me disait aurait pu m’inquiéter :

— Alors ! On tremble ? Fallait pas me suivre ! Allez, déshabille-toi vite que je puisse admirer ton petit cul.

Il avait posé une main suggestive sur le haut de mes fesses tout en m’assénant ses propos. Je bandais toujours et je suis sûr qu’il s’en était aperçu. Mais j’avais toujours peur, j’étais comme fasciné par cet homme autoritaire. Je me suis même senti coupable, et le voir prendre la situation en main m’a soulagé.

Je me suis déshabillé devant lui, dans le couloir. Il fumait et semblait ne me prêter que peu d’attention. Cependant quand j’ai baissé mon slip, il s’est exclamé :

— Oh ! Mais elle bande la petite, elle n’a pas si peur que ça !

Il m’avait attrapé la queue et s’était mis à me branler assez fort, j’en avais presque mal. J’ai poussé un cri mais cela a dû l’exciter car il a pris mes couilles dans son autre main et me les a malaxées avant de les écraser sur sa paume. J’ai failli m’évanouir. Lui rigolait en me traitant de fillette et d’autres adjectifs peu glorieux. J'ai ramassé mes vêtements et j’ai voulu fuir mais la porte était verrouillée. J’étais terrorisé. Il m’a attrapé par le bras et m’a embrassé tendrement en me disant que j’allais découvrir de nouveaux plaisirs.

Dans sa chambre il s’est déshabillé à son tour. Il était très beau et sa queue durcie et tendue m’a fait envie. Je me suis baissé pour le sucer mais il m’a repoussé d’un geste brusque.

— Attends ! C’est moi qui décide ici !

Je me suis étendu sur le lit, il m’a rejoint presque aussitôt. Son corps chaud me faisait bander mais il ne faisait pas le moindre geste et je n’ai pas osé bouger pendant un long moment. Il s’est levé et est allé chercher quelque chose dans son armoire. Je l’ai vu revenir avec des ceintures de cuir et j’ai compris qu’il allait m’attacher. J’avais vu cela dans des revues mais je n’avais jamais eu envie d’essayer. Et je ne pouvais plus reculer. Il m’a étendu sur le ventre et m’a attaché les poignets à la barre du lit. Mes pieds, eux, ont été attachés sur les côtés du lit. C’était très inconfortable et paniquant mais je ne voulais plus laisser voir ma peur par crainte de trop l’énerver. D’ailleurs nous n’avons plus parlé jusqu’à la fin.

Il m’a passé des pommades sur le dos pour me détendre, puis s’est occupé de mon bouton rose. Ses doigts enduits de gel allaient et venaient en moi et je bandais comme un fou. J’avais envie maintenant qu’il me prenne, qu’il plante sa queue entre mes fesses et que je le sente monter et descendre. Il en avait envie aussi car c’est ce qu’il a fait.

Sa queue était très grosse et j’ai crié quand il m’a forcé. Ce cri l’a excité car il s’est mis à me défoncer de toutes ses forces. J’avais chaud, je transpirais, je voulais qu’il arrête mais il continuait à m’enfiler son dard épais. Entre mes hoquets j’ai essayé de lui dire d’arrêter mais il ne me répondait pas. Je n’avais jamais été défoncé avec une telle force. Je ne sentais plus mon corps, j’étais une masse informe et docile, remplie de plaisir.

Il a voulu me branler en même temps mais j’avais déjà éjaculé et cela l’a contrarié. II m’a donc branlé quand même. C’était trop, je n’en pouvais plus, j’avais mal et pourtant je me suis mis a rebander. Ses doigts humides glissaient le long de ma verge avec une technique irréprochable et comme il me défonçait en même temps j’avais l’impression d’éjaculer sans arrêt. Enfin il a poussé un cri et s’est écrasé sur moi encore secoué des derniers spasmes. J’ai senti le sperme couler de mon anus en feu. J’étais bien, j’avais joui comme un fou.

Il m’a libéré, m’a pris dans ses bras et embrassé longtemps avant de m’indiquer la salle de bains. Je me suis lavé et j’ai regardé dans la glace mon derrière. Je ne pouvais pas y toucher. J’allais garder le souvenir de cette rencontre plusieurs jours.

Voilà. Mon histoire est simple. Le contexte un peu curieux m’a appris des jouissances que je ne soupçonnais pas. J’ai eu envie de recommencer mais je n’ai jamais trouvé de partenaire consentant. Je ne désespère cependant pas.

Jean-Luc, 34 ans.