Vive les backrooms

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Numéro 4

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 4
Date de parution originale: Septembre 1985

Date de publication/archivage: 2014-08-16

Auteur: Frédéric
Titre: Vive les backrooms
Rubrique: Rencontres

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Ce texte a été lu 3253 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


J’ai rencontré Jacques dans un bar. Un sourire. J’avais remarqué le tatouage sur son bras gauche, il était baraqué comme je les aime. Le backroom nous tendait les bras. J’y suis descendu le premier. Il m’a suivi.

Dans la pénombre, je l’ai attiré vers moi. Il n’avait pas l’air très à l’aise et je me suis demandé ce qui se passait. En fait, il m’a avoué plus tard qu’il n’aimait pas trop ce genre d’endroit mais qu’il m’avait suivi parce que je l’avais vraiment excité. Sans dire un mot, il m’a déshabillé lentement : mon pantalon d’abord puis mon polo. Je ne m’étais jamais déshabillé entièrement dans un backroom et ça m’a fait tout drôle. J’avais vraiment le sentiment d'être à la merci de toutes les queues qui passeraient à portée. Je bandais déjà comme un canonnier quand ses mains m’ont attrapé à travers mon slip. Il s’est alors collé contre moi pour me faire sentir que sa queue était elle aussi en état de marche. Ça m’a excité de sentir ce corps puissant dans mon dos. Je frissonnais déjà à l’idée de ce qui allait se passer.

Autour de nous, j’ai aperçu des formes. Certaines remuaient au rythme des gémissements. J’avais vraiment envie que tout aille vite, très vite. Jacques a descendu mon slip tout en se laissant glisser le long de mon corps. Il m’embrassait doucement en me léchant de temps en temps. Sa langue était forte, un peu râpeuse. Elle s’est posée sur ma queue pendant que ses doigts tiraient la peau pour découvrir le gland. J’ai remué le bassin pour lui faire comprendre que je voulais qu’il enfonce ma queue dans sa bouche. Ses lèvres m’ont enserré avec une force terrible. Ma queue était prisonnière de sa bouche et il me serrait de plus en plus fort. On ne m’avait jamais sucé comme cela, juste en me tenant prisonnier, sans va-et-vient. À l’intérieur de sa bouche, sa langue remuait pour être partout et je ne peux même pas dire quels endroits il touchait. Il était partout, vif, efficace, délicieux.

Pendant qu’il m’excitait comme ça, il avait passé une main sur mes fesses et j’ai senti son doigt humide qui cherchait son anus. Je me suis détendu malgré l’envie que j’avais d'éjaculer et j’ai légèrement déserré les cuisses. Son doigt glissait entre mes fesses, s’arrêtait juste à l’entrée, tournait autour dans une caresse frustrante puis venait toucher la base de mes couilles. Je n’ai pas résisté et j’ai murmuré :

— Vas-y ! Défonce-moi pendant que je jouis !

Il ne pouvait pas me répondre mais il m’a enfoncé encore plus dans sa bouche. L’étau est devenu violent, il m’aspirait puis relâchait sa succion pour aussitôt aspirer encore plus fort. J’ai senti ma queue se gonfler d’une façon inhabituelle. Je crois que c’est à cause de ce mouvement de succion. C’était fantastique, mes jambes flageolaient, ma tête tournait et je me retenais de toutes mes forces pour jouir le plus tard possible.

Son doigt s’est immobilisé et j’ai senti qu’il s’enfonçait en moi. J’étais tellement prêt qu’il a pu en enfoncer un deuxième sans que j’oppose la moindre résistance. J’étais dans un état complètement fou. Ses doigts me massaient doucement, me procurant la même impression que si j’avais éjaculé. C’était comme un orgasme sans fin. Je me suis cambré pour mieux le sentir encore. Il m’a alors attrapé les fesses de l’autre main, puis j’ai senti qu’il venait m’écarter pour permettre à l’autre main de se glisser presque entière en moi. Là, j’ai senti le passage. Mais la douleur n’a pas duré et je me suis retrouvé suspendu, entre deux états, avec ces doigts qui me fouillaient l’intérieur pendant que sa bouche continuait à m’aspirer.

J’ai dû me tenir au mur pour ne pas perdre l’équilibre au moment où j’ai joui. Le sperme s'est libéré en me brûlant sur son passage. Tout bougeait, nos corps étaient pris d’une sorte de frénésie. Jacques me suçait encore et j’ai essayé de le repousser, je n’en pouvais plus. Il m’a lâché enfin et je me suis assis auprès de lui. Dans le noir, j’ai trouvé sa queue. Elle était gluante et j’ai compris qu’il avait joui lui aussi, sans même avoir besoin d’être touché. Je me suis baissé pour le sucer délicatement.

Plus tard, dans le bar, je l’ai observé encore pendant qu’il me parlait. Son corps puissant me donnait envie d’autre chose, d’une relation plus complète. Je lui ai demandé de passer la nuit avec moi. Il m’a suivi dans mon studio. Voilà. C’est sans doute très classique mais, pour moi, la soirée avec Jacques a été l’une de mes plus belles aventures et aussi, l’une des plus excitantes,

Frédéric, 27 ans