Voisins de chambrée

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Numéro 1

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 1
Date de parution originale: Juin 1985

Date de publication/archivage: 2015-01-19

Auteur: Pierre-Yves
Titre: Voisins de chambrée
Rubrique: Souvenirs

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Ce texte a été lu 6934 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Je passais mes vacances d’été chez les parents d’un ami. À l’époque, nous étions militaires ensemble. Vingt ans, le bel âge, surtout pour courir les filles.

Ce soir-là, après une petite bringue, nous nous sommes couchés, faute de place, dans le même lit. Mon ami nu et moi en slip, par habitude. L’alcool aidant, je me suis vite endormi.

Plus tard, je me suis réveillé : je sentais une main qui me caressait les fesses, les couilles, la queue. Je me rendis compte que j’avais mon slip baissé et j’entendais Jean-Claude souffler de plus en plus fort. Chose étrange : je bandais. C’était ma première expérience avec un homme et ça me plaisait. Mais c’était insoutenable car je faisais semblant de dormir et je ne voulais pas lui faire de reproches, ni parler, ni bouger. Il fallait qu’il ne se doute de rien, ce qu’il devait se dire lui aussi. Je sentais mes tempes exploser, je devais être écarlate. Il me branlait et je voulais que ces instants soient éternels. Quand je sentis la jouissance proche, je me plaquai face au matelas pour qu’il s’arrête. Ce manège a recommencé dix, vingt... je ne sais combien de fois. Surtout ne pas jouir sinon tout s’arrête... Sa main écartait mes fesses, l’index faisait des va-et-vient, appuyant au fond de la raie pour trouver l’anus contracté et inviolé. Parfois, la pression du doigt me faisait mal. Ne rien dire : quel supplice !

Instant crucial : va-t-il l’enfoncer brutalement, à sec ou doucement ? Je sens que Jean-Claude savoure ces secondes. Il va toucher au but, ce qu’il espérait depuis si longtemps. Ne pas s’affoler et tout gâcher ! Comme pour l’aider, je me mets sur le côté, jambes repliées, fesses ouvertes, victime offerte, consentante. Il salive dans sa main, me mouille le trou du cul, l’index reprend sa place et s’enfonce lentement en tournant sur lui-même comme une vrille. J’ai la queue si raide qu’elle me fait mal. Maintenant, le doigt me branle, le sphincter est dilaté, un deuxième doigt se joint au premier. J’ai le cul en feu. Je voudrais qu’il mette les cinq doigts, la main, le bras... La tête me tourne. Je sens ses doigts qui me fouillent. Parfois, il les retire pour les sentir. Je sens moi-même l’odeur qui m’envahit, odeur forte et sensuelle. J’ai droit à une branlette anale infinie. J’entends ses râles.

Le salaud, il m’avait fait boire, je sais pourquoi. Mais il se trompe, je ne suis pas ivre. Il ouvre un tiroir. Que fait-il ? Le contact froid de la crème me fait sursauter car l’anus me brûle. Il l'étale autour du trou, en garnit le conduit anal. Ça me soulage. Je le sens s’accouder. Il pose sa queue dans mon sillon fessier, elle est raide et fraîche. Il va m’enculer, je redoute cet instant.

J’imagine sa bite, que j’ai vue sous la douche. Je serre les dents, grimace, ferme les yeux. Ça y est, le gland est passé ! Lent va-et-vient, mon ami grogne de plaisir. Le conduit est bien graissé et la queue entière est en moi. Je la sens remuer à l’intérieur. Maintenant, le mot «sodomie» a un sens. Mon cul n’est plus vierge, je me sens comme une pucelle déflorée.

J’ai envie de jouir mais je ne peux pas me branler. Un taureau en rut me viole. Il sort la queue du trou et me la replante d’un coup sec. J’adore ! Ça fait des «flocs, flocs» bruyants. Ça sent le cul, la sueur. Tempête sur le lit. Il me pince les bouts de seins. J’ai mal. Je resserre mon anus sur sa verge. Le pied ! Du délire ! Il parle : «J’ai ton cul... Prends ça... Baise... Salope, tu vas jouir... Je vais t’inonder de foutre...» L’instinct bestial a repris le dessus. Jean-Claude ne se contrôle plus. La respiration s’accélère, grognements. Qu’il en finisse, maintenant je souffre ! Je vais l’arrêter, je me retiens. La situation est délicate. Oui ! Je sens le sperme brûlant gicler. Il l'étale de sa main et s’allonge à mes côtés. Le sperme s’écoule de l’anus béant sur mes couilles, c’est froid. Et moi qui bande tellement ! Il ne va pas me laisser comme ça ?

Comme pour une prière, je me tourne sur le dos, lentement, puis sur le côté. Les draps collent à ma peau. Je sens mon dard, dressé fièrement vers lui. Ma main gauche se dirige vers mes fesses. L’index tâte ma corole ouverte : trois doigts y rentrent facilement, glissant dans le foutre gluant. Si je le pouvais, je me regarderais dans un miroir pour voir mon état après le dépucelage. Tout a été si rapide ! Ça va, je ne suis pas déchiré. La douleur s'estompe.

Ça y est, sa main a saisi ma hampe, énorme, raide, brûlante. J’ai les couilles gonflées. Fais vite ! délivre-moi ! Maintenant, il me suce, maladroit, ses dents m’irritent le gland encore un supplice, après le pal. Il s’accroupit sur moi. Non, pas ça ! Son anus essaie de gober mon gland. Mais ma queue est trop grosse. Essai infructueux. Jean-Claude se ravise et entreprend de me masturber. Enfin ! Je me cambre, mon sexe en offrande, tous mes muscles tendus. Il me pétrit les couilles qu’il soupèse, apprécie le volume. Il me frotte les poils, les tire. J’ai envie de crier : «Fais-moi gicler !» Il va me finir ! La mise à mort ! Le jeu a assez duré !

Il me branle avec fougue, dégageant bien le gland, sa main tapant sur mes couilles. Il me suce un sein. Parfois, il me touche le méat et le ventre pour voir si j’ai joui. Maintenant, mes fesses se serrent, mon corps se convulse, mes mâchoires tremblent. Je pousse un léger cri et la liqueur chaude gicle par saccades sur ma joue, mon ventre, mon bras. Je sens l’odeur salée. De sa main, il me l’étale sur la poitrine. J’ai envie de lui dire «Merci». Il me couvre du drap en m’embrassant la bite débandée et assouvie. On s’endort.

Réveil à neuf heures, tête lourde.

— Bien dormi ?

— Oui, comme une masse. Tiens, j’ai dormi sans slip ? C’est rare. Ce doit être ma cuite...

Sourire de mon ami.

Mais mon trou du cul me brûle et me dit que je n’ai pas rêvé.

Pierre-Yves, 29 ans