Voyeur, exhib, et vice-versa

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Numéro 68

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 68
Date de parution originale: Janvier 1995

Date de publication/archivage: 2015-01-14

Auteur: Franck
Titre: Voyeur, exhib, et vice-versa
Rubrique: Je te mate, tu me mates...

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J’ai vingt-cinq ans. Je suis hétéro et et je ne pensais pas avoir à vous apporter mon témoignage. Mais une petite aventure vécue cet été me pousse à le faire. Divulguez ma lettre si vous le voulez.

Pour commencer: je suis voyeur. C’est pour ça que d’habitude je suis sur les plages naturistes en été. J’adore mater les filles hyper-canon qu’on peut trouver là. Leurs seins à l’air, bien balancés, c’est la folie quelquefois; et leurs petits minous, je ne vous dis pas! Quelquefois à l'arrière de ces plages, il y a des scènes bien chaudes. Je suis bien sûr le premier à venir me rincer l’œil. Je me rappelle d’une souris de trente-cinq balais en juillet de l’an dernier. Incroyable. Elle se faisait combler tous les orifices par deux hommes à la fois. Ensuite un troisième s’est joint. C’était beau et chaud. Toutefois, ces spectacles ont le tort d’être «publics». Ils sont consentis de part et d’autre: acteurs et spectateurs. Or, pour un voyeur, le plus excitant, ce sont les scènes «volées» à l’insu des protagonistes. Tout vrai voyeur comprendra ce que je veux dire.

Des problèmes de fric m’ont empêché d’aller sur le littoral, cet été. J’ai passé le mois d’août à la campagne, dans une maison écartée de tout au bord d’une petite rivière. C’est l’ex-maison de ma grand-mère. On peut se baigner au fond du clos d’où déjà on ne voit plus les murs. Dès le 15 août, il y a eu de l’inattendu. Deux hommes, jeunes, ont planté leur tente. Ils se sont installés juste en face, sur l’autre berge à l’extrémité du champ. Ils n’avaient même pas vu ma maison dans la frondaison. Le bruit de l’eau sur les galets les empêchait de m’entendre lorsque je m’approchais pour les espionner. Bien qu’ils fussent sur l’autre rive, il n’y avait pas besoin de jumelles. Une fois caché entre les massifs, je les avais à moins de trente mètres.

C’étaient des pédés, l’aîné, le brun, avait dans le trente ans. L’autre, le blond, avait à peu près mon âge. Il était fluet. L’autre, non. Ils se baignaient à poil, et la plupart du temps ça se terminait en partie de cul. Ils se provoquaient, ils chopaient la gaule et s’enlaçaient. Leurs bites gonflées et tendues ne les gênaient pas plus que ça. La gorge sèche, je matais leurs culs blancs qui ressortaient dans ce paysage aquatique un peu sombre. J’avais hâte de les voir se toucher, ce qui heureusement ne tardait jamais. La première fois ils se sont étreints debout, dans l’eau à mi-cuisses. Ils s’embrassaient. Ils se sont caressés et branlés. L’aîné s’est accroupi tout d’un coup et il a sucé son partenaire. Seule sa tête dépassait hors de l’eau dans cette opération. Pour se caler, l’autre écartait les cuisses. Il donnait des coups de bassin lents et voluptueux. L’aîné lui pompait le noeud d’une manière qui semblait extra. Je lui aurais bien foutu ma bite dans la bouche! J’avais les couilles chaudes et la queue raide à exploser. Le souffle court, je me touchais. J’étais dans un état de transe et de délectation qu’on ne connaît que dans ces situations.

Une autre fois: encore plus hard! Ils se sont niqués, on aurait dit qu’ils le faisaient pour moi. Ils étaient allongés derrière la tente, sur un matelas pneumatique. Ils étaient cachés à la vue de tous... sauf à la mienne puisqu’ils tranchaient à l’extrême bord du talus surplombant l’eau. Romain, l’aîné, était allongé dans le dos de Lionel. Ils me faisaient face. Ils étaient nus comme des vers, bien entendu. Lionel a soulevé la jambe. Son copain, par-derrière, l’empalait. Je voyais tout.

S’ils m’avaient offert le spectacle de leur défonce, ça n’aurait pas été mieux. Lionel ondulait de plaisir. Son copain le tenait aux hanches, autant pour le maîtriser que pour se caler en lui. Je me touchais la queue. Ça puisait à mort entre mes cuisses. Je n’avais jamais vu deux hommes s’enculer. Mais je n’aurais jamais pensé que deux types puissent me chauffer comme ça. Le zob de Romain avait l’air de rentrer bien à fond en Lionel, car ce dernier poussait des couinements à chaque coup de boutoir. J’ai sorti ma verge. Pour la première fois je me suis branlé au spectacle de deux hommes copulant ensemble, et non d’un couple hétéro en action...

Le tout dernier jour, il s’est passé autre chose. Je m’apprêtais à partir, à quitter la maison. Je suis descendu à la rivière, vers midi. Lionel était seul devant la tente, en plein soleil. Il se fait bronzer et se passait de la lotion solaire. Son copain devait être parti faire des courses. Lionel n’avait absolument rien sur lui, hormis la couche luisante qu’il étalait sur sa peau. Jouant les naturistes, moi aussi, je me suis débarrassé de mon caleçon de bain. Je suis entré dans l’eau, me baignant pour la première fois, ici l’eau est froide, et pour la première fois également en faisant du bruit afin de signaler ma présence. Je me suis rendu compte que je me mettais à bander irrépressiblement. C’était de jouer les exhibs, pour une fois, et c’était dans l’idée que j’allais exciter Lionel, sans doute. Ça n’a pas raté. J’ai feint celui qui se croit seul, et qui goûte un moment de paix et de sensualité en nageant à poil dans un coin désert. Un rayon de soleil entre les feuilles éclairait ma pine bandante et mes poils de couilles tout mouillés. Plein d’envies diverses me passaient par la tête. Je me doutais que Lionel me matait quelque part, alerté par le boucan que j’avais fait. Je me suis laissé aller en arrière et me suis touché. Je me suis frotté. Ma queue partait à la verticale, dressée. Mon gland dilaté durcissait. C’était génial! C’était très bon! J’ai soulevé les paupières et j’ai distingué Lionel debout, sur l’autre rive, en attente, en pleine ébullition. Il ne cherchait pas à se cacher. Il triquait à fond. La gorge étranglée, il avait l’air d’attendre que je lui fasse un signe. J’ai fait semblant de ne pas le voir. Il bandait aussi ferme que moi et se touchait en faisant tourner ostensiblement sa main sur sa verge dans un geste circulaire provocateur. Mais j’ai continué comme si j’étais seul. Je n’étais pas prêt pour une relation physique. J’avais seulement envie de me branler en réponse personnelle à tout ce que j’avais vu d’eux. Il est arrivé un moment où toute réserve mise de côté, je me suis frotté frénétiquement, de plus en plus vite. Je sentais que j’allais éjaculer sans tarder et que j’allais y prendre un plaisir extrême. Complètement allongé sur le dos, j’ai quand même pu voir que Lionel s’astiquait aussi avec ardeur, presque avec violence. J’ai écarté les cuisses, offert hypocritement mes burnes à sa vue et j’ai jailli à grandes giclées. Je ne sais pas pour lui mais pour moi, la jute est partie, et en jets qui m’ont atteint jusque sous le menton. Tourné sur le côté, je me suis essuyé aussitôt. J’ai renfilé mon short et j’ai déguerpi aussi vite que possible. Quelque chose me dit que Lionel, même s’il avait éjaculé dans sa main, n’allait pas en rester là. Mes affaires étant dans l’auto et toute la maison fermée, je n’ai eu qu’à démarrer et à fuir.

J’ai souvent imaginé Lionel et Romain investissant les lieux à la recherche du mec que l’un d’entre eux, au moins, avait vu se pignoler sur la rive. Je ne sais pas si ces séances assez spéciales m’ont préparé à une relation vraie avec un homme. Parfois il me semble que j’en ai envie, parfois non. En tout cas j’y pense plus qu’avant les vacances d’été. Si je me décide à sauter le pas, je vous raconterai...

Franck, 25 ans.