La leçon d'escrime (2)

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La leçon d'escrime (2)
Texte paru le 2014-12-27 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : La leçon d'escrime

FX n’eut pas le temps de répondre, je posai ma main sur son entrejambe et je commençai à le caresser avec l’étoffe du peignoir. Je sentis immédiatement son sexe se redresser. Je défis alors le nœud de la ceinture et écartai les pans. Je pouvais de nouveau contempler son pénis érigé, cette fois de près. Il était à peu près de la même taille que le mien, le gland était bien dégagé et déjà luisant. J’hésitais, devais-je le masturber ou le sucer ? Non, ce serait un peu trop rapide, je finis de lui enlever le peignoir et le jetai par terre. FX reprit l’initiative. Il ouvrit aussi mon peignoir et l’enleva. Je vis que mon sexe était aussi bandé au maximum. Nous étions jeunes à cette époque…

Nous étions maintenant nus, toujours assis l’un à côté de l’autre sur le canapé de cuir. Nous restâmes quelques instants ainsi, nous examinant mutuellement, ne sachant pas comment continuer. FX me dit :

— Alors floris234, c’est toi l’auteur de récits érotiques, qu’auraient fait tes personnages dans cette situation ?

— J’aurais fait durer le plaisir et écrit plusieurs suites.

— Bon, nous avons toute la nuit devant nous, le temps de plusieurs suites. Vas-y.

Je me rapprochai alors de FX, effleurant son corps avec mes mains, puis je l’entourai de mes bras et mis mes lèvres contre les siennes. Nous nous embrassâmes pendant plusieurs minutes. Je sentais notre excitation monter, il fallait nous libérer. Je pris le pénis de FX dans ma main et le caressai, lui fit de même et nous jouîmes très rapidement, inondant nos ventres de sperme. FX me fit remarquer en riant que mes jets avaient été plus longs. Je lui demandai :

— Es-tu satisfait de la première suite ?

— Oui, mais tu pourrais faire mieux.

— Attends un moment, allons nous rafraîchir.

Nous prîmes une douche puis fîmes de nouveau quelques brasses dans la piscine. En ressortant, FX me demanda :

— Tu veux refaire des photos ?

— Comment, tu as vu ?

— Oui, je me suis réveillé pendant que tu étais à l’intérieur, puis j’ai fait semblant de dormir.

— Excuse-moi, dois-je supprimer les photos ?

— Non, mais ça me donne une idée. Je suis aussi un photographe amateur. Je vais chercher mon appareil.

FX revint avec un appareil très complexe. Il me fit prendre des poses à différent endroits autour de la piscine et fit d’innombrables photos. Je m’inquiétai :

— J’espère que tu ne vas pas les publier sur Docti.

— Si, bien sûr, sans mot de passe.

— Je ne te crois pas. Attends un peu.

Je me dirigeai vers lui pour le pousser dans la piscine. Il me retint en disant :

— Fais attention, j’ai mon appareil photo !

— Comme ça les photos seront détruites.

— Non, je plaisantais, bien sûr. Je te promets de ne pas les publier, croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer.

— Nous irons en enfer tous les deux après ce que nous avons fait.

— Pas certain, ce n’était qu’un péché véniel.

— Mais la suite sera un péché mortel, prends-tu le risque ?

— Pour toi, oui.

Nous éclatâmes de rire, FX posa son appareil et nous nous embrassâmes à nouveau.

Je sentais le membre de FX qui était de nouveau dressé, appuyé contre mon ventre, et je décidai de passer à la suite de notre dépucelage mutuel.

— Couche-toi sur une chaise longue, dis-je à FX. Je reviens tout de suite.

Je retournai dans la maison pour prendre les préservatifs. Il me sembla entendre un bruit, mais je ne vis personne, il y avait peut-être un chat.

Je ressortis, FX était maintenant couché. Je m’agenouillai devant lui, lui écartant légèrement les jambes, son sexe avait toujours une imposante érection. Je pris un préservatif dans la boîte et je le déroulai, je m’étais déjà entraîné à faire ce geste en solitaire. Ensuite, je pris le pénis dressé dans ma main droite, j’approchai mes lèvres de son gland et je commençai à en le lécher le tour, puis je m’enhardis et le mis dans ma bouche en entier. Au bout d’un moment, j’enfonçai la hampe de plus en plus loin, tout en restant très prudent, sentir ma bouche pleine était encore inhabituel. De ma main gauche, je fis quelques caresses légères sur ses testicules, ce qui le fit tressaillir. Je remarquai aux mouvements de son bassin qu’il était de plus en plus excité, il eut très vite un orgasme.

Le sexe de FX resta tendu pendant quelques minutes, j’enlevai le préservatif et lui demandai :

— Tu as aimé ?

— Pas mal pour un débutant, étais-ce bien la première fois ?

— Oui, je t’assure.

— Bon à moi de relever le défi, à ton tour de passer à la casserole.

Je me couchai alors dans la chaise longue, fermai les yeux et me concentrai sur les sensations. FX ne s’en tira pas mal non plus et ce fut très agréable.

Alors que nous prenions une douche pour nous rafraîchir, je vis soudain une silhouette à l’intérieur de la maison. Je dis à FX :

— Regarde, il y a quelqu’un qui nous mate !

— Qui c'est ? Ah ce n’est que Firmin le majordome, je lui avais pourtant donné congé.

— Il nous a vus ?

— Certainement, viens.

— Devons-nous nous couvrir ?

— Si tu veux, mais moi il m’a déjà vu nu, je me baigne à poil depuis mon enfance.

Nous rentrâmes sans prendre le temps de nous sécher, Firmin avait l’air confus.

— Monsieur, je suis désolé. Je ne savais pas, que, euh, l’invité de Monsieur était…

— Son amant ?

— Oui, c’est ça que je voulais dire.

— Et pourquoi êtes-vous revenu ?

— Je pensais que Monsieur aurait besoin de moi pour le dîner.

— Bon, puisque vous êtes là.

— Si je puis me permettre, si Monsieur avait aussi besoin de conseils, je pense que je pourrais l’aider.

— Que voulez-vous dire ?

— Rien, Monsieur, je vais préparer le dîner.

Le majordome s’en alla et nous laissa seuls, un peu désemparés par sa présence inattendue. FX me demanda :

— Qu’en penses-tu ?

— Il est revenu pour nous surveiller. Est-ce tes parents qui lui ont demandé ?

— Peut-être. Cela ne m’étonnerait pas, surtout de la part de ma mère. Mon père il s’en fout, il ne pense qu’à son travail.

— Et il va tout leur raconter ?

— Cela me simplifiera la vie, je n’aurai pas besoin de sortir du placard.

— Sortir du placard ?

— C’est une expression québécoise pour dire qu’on fait son coming out. Je pense plutôt que Firmin est aussi gay. En y repensant, il tourne souvent autour de la piscine lorsque je me baigne, toujours là pour me tendre un peignoir ou une serviette. Nous tirerons cela au clair avec lui après le repas.

Nous nous séchâmes, nous rhabillâmes, puis FX se rendit à la cuisine pour donner des instructions au majordome.

Une demi-heure plus tard, la table pour le dîner était prête à l'extérieur, une bouteille de champagne nous attendait au frais dans de la glace. FX dit à Firmin :

— Allez chercher aussi une coupe, ce soir vous avez congé, vous trinquez et mangez avec nous. Et enlevez votre cravate et votre veste, il fait trop chaud.

— Comme il plaira à Monsieur.

Firmin fit sauter le bouchon et remplit les trois coupes.

— Que fêtons-nous ce soir ? demandai-je.

— Notre dépucelage et notre amour bien sûr !

Nous trinquâmes et bûmes en silence. J'aurais préféré être seul avec FX, je trouvais la présence du domestique incongrue, mais j'étais quand même euphorique, et la nuit s'annonçait bien. Nous dînâmes, des salades et des fruits. Puis ce fut FX qui desservit et alla chercher des cafés. Il avait soudain l'air grave. Il dit :

— Pierre, ce qui va suivre n'était pas prévu, je ne savais pas que Firmin reviendrait.

— Je peux vous laisser seuls un moment, dis-je.

— Non tu seras mon témoin. Firmin, ce soir nous parlons d'homme à homme, pas de Monsieur ceci, Monsieur cela.

— D'accord, répondit le majordome.

— Pourquoi êtes-vous revenu ce soir alors que je vous avais donné congé, pour me surveiller ?

— Oui, c'est exact, mais aussi pour vous parler sans la présence de vos parents.

— Et c'est ma mère qui vous l'a demandé ?

— C'est aussi exact.

— Pourquoi ?

— Elle s'inquiète de votre manque d'intérêt pour les filles, elle pense au bal de l'opéra où elle veut vous présenter à une débutante.

FX éclata de rire :

— Moi, au bal de l'opéra ? Elle délire ma mère. Me déguiser en prince charmant pour faire valser une fille déguisée en princesse ? Que lui avez-vous dit ?

— Encore rien, je voulais vous demander d'abord votre avis. Je ne voulais pas lui dire que j'ai vu les photos que vous regardez habituellement sur votre ordi. Vous devriez l'éteindre ou le protéger par un mot de passe.

— Très bon conseil. Bien, dites-lui que j'ai invité Pierre, mais ne dites pas qu'il a dormi dans ma chambre.

— Je dors dans ta chambre ? demandai-je. Mais je n'ai pas pris mon pyjama.

— Si tu préfères vraiment un autre chambre, nous en avons assez. Bon Firmin, je n'en ai pas encore fini avec vous. Vous vouliez nous donner des conseils. Vous êtes gay ?

— Oui, plus exactement bisexuel, j'ai aussi couché avec des femmes.

— Et pourquoi nous donner des conseils ? Vous voulez participer à nos ébats ?

— Non, pas du tout, ce serait de…

Il ne termina pas sa phrase. FX demanda :

— Que vouliez-vous dire ?

— Je voulais dire que cela ne serait pas approprié, je suis trop âgé.

— Excusez-moi, mais cette idée de conseils m'a étonné.

— François Xavier, permettez moi de vous appeler par votre prénom, je vous connais bien, vous n'avez certainement pas pensé à tout. Je me suis permis de faire quelques achats cet après-midi, je les ai déposés dans votre chambre.

— Pourquoi cette sollicitude à mon égard ?

— Je n'ai jamais eu d'enfants, vous pourriez être mon fils, le fils que j'aurais tant aimé avoir.

Firmin ne put retenir une larme à ce moment. Il demanda ensuite :

— Puis-je me retirer maintenant ? J'ai assez abusé de votre temps.

À ce moment-là, alors que je regardais les deux hommes, quelque chose me frappa. Je dis :

— Un instant, FX, tu me permets de poser une question ? Je n'aimerais pas m'immiscer dans vos affaires de famille.

— C'est moi qui t'ai demandé de rester. Pose ta question.

— Monsieur Firmin, avez-vous été l'amant de la mère de mon ami ?

Le majordome ne répondit pas tout de suite, FX resta figé puis s’exclama :

— Je comprends maintenant, la visite médicale, c’était votre idée.

— Oui, répondit Firmin.

— Je vais t’expliquer Pierre. Il y deux mois, ma mère m’a demandé d’aller faire un bilan de santé chez un médecin que je ne connaissais pas. J’ai été étonné car ce n’était pas notre médecin de famille. Ma mère m’a dit qu’il était spécialisé pour donner des conseils aux ados et que j’aurais bientôt l’âge d’avoir des relations sexuelles, etc. J’ai accepté, je me suis rendu chez ce médecin. Il m’a prélevé de la salive, je lui ai demandé pourquoi, il m’a dit qu’on pouvait découvrir des maladies. En fait, c’était pour un test de paternité. C’est bien ça, Firmin ?

— Oui, c’est exact.

— Je vous laisse continuer.

— Oui, j’ai bien eu une liaison avec ta mère. Après son mariage, elle se sentait seule, son mari travaillait déjà 15 heures par jour, et elle n’avait pas encore d’enfant. Elle a pris comme amant le premier venu, et ce fut moi. Elle ne prenait évidemment pas la pilule et nous n’avons pas été assez prudents. Lorsqu’elle a été enceinte, notre relation a cessé. Tu es né et j’ai toujours pensé que tu étais mon fils. Je n’ai rien dit, je te voyais presque tous les jours et j’ai souvent donné des conseils à ta mère concernant ton éducation. Tu ne manquais de rien alors que je n’avais pas beaucoup d’argent. J’ai commencé à fréquenter des hommes, et je pensais que tu serais plus heureux dans une famille « normale ». Tu as grandi et j’ai décidé de te dire la vérité, tu es en âge de comprendre, mais je voulais être sûr. J’ai un ami médecin, et ça n’a pas été difficile de convaincre ta mère. Elle se fait tellement de souci au sujet de ton manque d’intérêt pour les filles, je lui ai dit que le médecin examinerait, euh, l’état de ta puberté.

— Oui, il l’a fait, ça m’a gêné.

— J’ai les résultats des tests de paternité, je peux te les montrer, je les ai faits authentifier par un huissier de justice. Nous pourrions aussi refaire une contre-expertise.

— Non, je vous crois. Si vous n’étiez pas mon père, vous n’auriez jamais osé me tutoyer. Mais dites-le-moi.

— François Xavier, je suis ton père.

Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et restèrent ainsi plusieurs minutes, ils pleuraient tous les deux. J’étais gêné d’assister à cette scène et je me mis aussi à pleurer. FX dit ensuite :

— Mon père, non le mari de ma mère, ne m’a jamais serré comme cela dans ses bras. Bien, fini le sentimentalisme. Que faisons-nous ?

— Prends le temps de te remettre de ce choc, répondit Firmin. Je vais te laisser seul avec ton ami. Je ne veux pas gâcher plus longtemps votre soirée.

— Ma mère le sait déjà ?

— Non, je n’ai pas osé lui dire.

— Partageons-nous le travail. Tu diras à ma mère que Pierre est venu et qu’il a dormi dans ma chambre. Je lui dirai que tu es mon père. D’accord ?

— Oui ça joue. Je vous laisse, on se revoit demain matin pour le petit déjeuner. Je souhaite à Monsieur et à Monsieur Pierre une excellente nuit d’amour.

Firmin nous donna à chacun un bisou et s’en alla.

Il commençait à faire froid dehors, nous rentrâmes et nous nous assîmes sur le canapé en cuir. Je demandai à FX :

— Ça va ? Ce doit être un terrible choc.

— Ce n’est pas vraiment une surprise. Je ne le savais pas, mais j’en avais l’intuition. C’est comme être gay, on le devine depuis l’enfance. Mais Firmin n’était qu’un domestique, j’ai été éduqué à garder la distance avec le personnel. Mais il était différent, il n’a jamais oublié de me donner un cadeau à mon anniversaire, alors que mon père n’y pensait même pas.

— Si tu n’as pas envie, nous pouvons renoncer à, comment dire, à nos câlins.

— Je ne pourrais quand même pas dormir. Viens, montons dans ma chambre.

FX avait un grand lit dans sa chambre, Firmin avait mis un sac un plastique dessus. FX regarda immédiatement son contenu :

— Une boîte de préservatifs, j’avais déjà, c’est ma mère qui l’avait déposée dans ma chambre, une deuxième boîte XXL, une troisième boîte small, il a prévu tous les cas. Ensuite du lubrifiant, je n’avais pas, bonne idée, de l’huile de massage, et ça, qu’est-ce que c’est ?

— Une poire à lavement je pense.

— C’est tout, que feraient tes héros de Docti avec tout ça ?

— Je les ferais essayer la sodomie, pour rester poli.

— Bien, je te laisse faire.

Nous nous déshabillâmes rapidement, montâmes sur le lit et nous caressâmes quelques instants, mais nous étions trop impatients. Pour sa première fois, je proposai à FX de se mettre à quatre pattes, même s’il ne pourrait pas me voir. Je pris le lubrifiant, lui écartai les fesses et je le préparai longuement à me recevoir. J’avais peur de lui faire mal. Je mis ensuite un préservatif sur mon sexe durci et j’enfonçai lentement mon gland, j’eus un peu de peine à ouvrir le passage, il était très contacté. Je lui demandai :

— Ça va ? Tu me dis si je te fais mal.

— Non, ça va.

J’étais un peu inquiet, car je voyais qu’il ne bandait pas. Mais je m’enhardis, le pénétrant de plus en plus profondément, et augmentai le rythme, sans toutefois exagérer. J’étais très excité et je ne pus me retenir très longtemps. Je me retirai et enlevai le préservatif, puis je pris un mouchoir sur la table de nuit pour me nettoyer. FX n’avait pas l’air dans son assiette. Nous nous couchâmes l’un à côté de l’autre, je pris sa main dans la mienne.

— Es-tu sûr que ça va ? demandai-je.

— Oui, excuse-moi, c’est l’émotion. Il m’arrive trop de choses aujourd’hui.

— Repose-toi. Nous avons tout le temps.

Nous restâmes de longues minutes silencieux. Soudain FX se redressa et me dit :

— C’est bon, la crise a passé. Mets-toi en position, c’est à mon tour.

Je me mis dans la même position que FX, c’est moi qui étais maintenant anxieux. Je fermai les yeux et me concentrai sur les sensations, le doigt qui caressait mon anus, puis pénétrait déjà à l’intérieur de mon corps, puis ce fut le sexe de mon camarade. Je pensai à ce moment-là : « Que le monde est bizarre, je devrais être en ce moment en train de baiser une jeune fille, et je suis avec un homme, en train de me faire enculer. » Les mouvements de plus en plus rapides me rappelèrent à réalité, je ne pouvais pas dire que j’y prenais vraiment du plaisir. C’était juste une sensation très inhabituelle. Je supposai que FX avait joui, il se retira.

Comme après la première fois, nous nous couchâmes la main dans la main. Et nous nous endormîmes…

Je me réveillai alors qu’il faisait encore nuit, je ne réalisai pas tout de suite où j’étais, lorsque je vis FX couché à côté de moi, nu. Il avait une érection. Un réveil indiquait qu’il était 5 heures. J’avais envie d’uriner, je me rappelai qu’il y avait une salle de bain dans la chambre, je m’y rendis pour vider ma vessie. Lorsque je ressortis, FX était aussi réveillé. Je lui dis :

— Excuse-moi de t’avoir dérangé.

— Non, reviens te coucher un moment. J’ai froid, je vais remettre la couette.

Je me recouchai et nous parlâmes pendant longtemps, de ce qui était arrivé la journée précédente, de nos familles respectives, de notre vie. Nous faisions connaissance.

À 6 heures, FX me dit qu’il voulait se lever et prendre une douche. Je proposai de l’accompagner, il trouva l’idée amusante. Cela réveilla nos sens et je vous laisse imaginer ce qu’il se passa ensuite.

À 8 heures, nous descendîmes prendre le petit déjeuner, le père de FX était revenu et l’avait préparé. Nous ne parlâmes pas des événements de la veille, ni même de notre soirée. FX et son père s’étaient toujours côtoyés, ils n’étaient pas des inconnus l’un pour l’autre.

Je n’avais pas envie de passer la journée chez FX, je n’aimais pas laisser ma mère seule le dimanche, alors qu’elle allait me préparer un bon repas. Mes parents avaient divorcé il y a longtemps. J’eus une idée, je demandai à FX :

— Et si tu venais déjeuner chez moi ? Il faudra aussi que ma mère s’habitue à me voir avec un garçon.

— N’est-ce pas un peu tôt ?

— Nous ne donnerons pas de détails, pour le moment, tu ne seras qu’un camarade de classe, elle sera impressionnée de recevoir le fils d’un banquier.

— Et Firmin ?

— N’oublie pas que je travaille aujourd’hui, répondit-il, je dois rester ici pour surveiller la maison.

— Bon, je suis d’accord. Tu habites loin, je vais commander un taxi.

— Nous pouvons prendre le tram.

— Je n’y avais pas pensé, ce sera la première fois pour moi.

— Tu n’utilises jamais les transports en commun ?

— Non, je vis dans un autre monde que toi en fait.

Je téléphonai à ma mère pour lui demander si elle avait assez à manger pour trois, elle m’assura que ça irait, elle avait de la viande au congélateur. Nous quittâmes la maison vers 9 heures. Nous devions changer de tram à la gare, FX en profita pour acheter un bouquet de fleurs pour ma mère, je n’y aurais pas pensé. J’habitais dans un immeuble de huit étages, dans un appartement au dernier étage. L’ascenseur était en panne, je m’excusai :

— FX, bienvenue dans le monde réel.

— Pas de souci, c’est bon pour la forme.

Je pense que FX était assez nerveux. J’ouvris la porte et nous entrâmes. Je fis la bise à ma mère puis je lui présentai mon camarade :

— François Xavier, le fils du propriétaire de la Banque Dupont & partenaires.

— Enchantée, répondit ma mère.

FX lui offrit le bouquet l’air gêné. Ma mère lui dit que cela n’aurait pas été nécessaire. Elle lui présenta aussi Yvette, une amie de longue date qu’elle avait invitée, pensant que je ne reviendrais pas déjeuner.

Je menai FX dans ma chambre.

— Voilà où je passe ma vie, un peu exigu comparé à ton antre.

— Écoute, pas besoin d’en rajouter. Si nous nous volons poursuivre notre relation, nous devrons surmonter nos différences.

— Tu as raison, qu’allons-nous faire ?

— Pourquoi pas quelques révisions de français jusqu’au déjeuner.

Cela ne m’enchantait pas, mais c’était nécessaire.

À midi, ma mère nous appela pour le repas. Elle était une excellente cuisinière et s’était surpassée pour recevoir mon nouvel ami. Il répéta plusieurs fois que c’était excellent, et ce n’était pas qu’une formule de politesse. Après le repas, elle nous invita à rester avec elle et son amie pour le boire le café et faire connaissance avec FX. Nous nous assîmes sur le canapé (encore un canapé). Nous ne savions pas que dire. Ma mère demanda :

— Alors François Xavier, je pense que tu vis dans une grande maison, quelle impression cela fait de se retrouver dans un petit appartement.

— Ne vous en faites pas. Je dois, euh, je dois m’y habituer. J’ai eu la chance de naître dans une famille riche, je sais bien que ce n’est pas le cas de tout le monde.

— Et quelle impression cela fait de tomber amoureux d’un habitant de ce petit appartement ?

Je crus que le ciel m’était tombé sur la tête. Je me demandais si j’avais bien compris.

— Que veux-tu dire maman, tombé amoureux ?

— Tu n’es pas amoureux de François Xavier ?

— Oui, tu as raison, mais comment l’as-tu deviné ? C’est…

— Oui c’est un homme, ce n’est pas habituel, mais cela ne m’étonne pas de toi.

— Tu savais que j’étais gay ?

— J'ai vu les photos que tu regardes habituellement sur ton ordinateur. Tu devrais l'éteindre ou le protéger par un mot de passe.

FX éclata de rire et me dit :

— 1 – 1, nous sommes à égalité.

— Et cela ne te dérange pas d’avoir un fils homosexuel ? demandai-je à ma mère.

— Et toi, cela ne te dérange pas d’avoir une mère homosexuelle ? me répondit-elle.

Le ciel me tombait sur la tête une deuxième fois.

— Toi, homosexuelle ?

— Oui, si j’ai divorcé avec ton père, c’est parce que j’ai découvert que j’étais lesbienne.

— Et tu as une amie ? C’est Yvette ?

— C’est exact.

— Incroyable, je n’y avais jamais pensé.

— Nous avons caché notre relation en ta présence. Cela me soulage, nous n’aurons plus besoin de jouer la comédie.

— Décidément, dit FX, c’est le week-end des révélations.

Nous racontâmes alors les péripéties du jour précédent et la découverte du véritable père de mon ami. Ma mère me dit alors :

— Excusez-moi de vous poser une question indiscrète, mais une mère est très curieuse. Vous n’êtes pas obligés d’y répondre.

— Tu veux savoir si nous avons déjà fait l’amour ?

Je me tournai vers FX, il acquiesça de la tête.

— Oui, dis-je, nous ne sommes plus vierges.

— J’avais mis une bouteille de champagne au frais à tout hasard. Je vais la chercher.

Le lundi soir, je n’arrivais pas à me concentrer sur mes devoirs, j’attendais avec impatience le message de FX, je contrôlais ma boîte toutes les cinq minutes. Vers 22 heures, je reçus enfin le mail, je vous en donne la copie :

J’ai hâte de te raconter la discussion avec ma mère. J’ai dîné seul avec elle, mon vrai père avait congé et mon faux père est en voyage d’affaires aux USA. Ma sœur était à un cours de je ne sais plus quoi. Après le dessert, j’allais me retirer dans ma chambre lorsque ma mère m’a dit :

— François Xavier, pourriez-vous rester quelques instants, j’ai à vous parler.

Quand ma mère m’appelle par mes prénoms au lieu de FX, c’est que c’est grave. Nous nous vouvoyons dans notre famille, que c’est ridicule !

— Bien sûr.

Nous sommes allés nous asseoir sur le canapé ou tout a commencé pour nous deux.

— Mon fils, avez-vous passé un bon week-end en notre absence ?

— Très bon, merci.

— Il paraît que vous avez invité un camarade ?

— Vous êtes bien renseignée, c’est exact, c’est Pierre, il a des difficultés avec le français, nous avons fait des révisions.

— Bonne idée, mais il serait resté pour la nuit ?

— Oui, nous avons regardé un film et il a raté le dernier tram.

— Vous auriez pu lui offrir un taxi, mais bon vous pouviez aussi l’inviter, cela ne me dérange pas, mais il aurait dormi dans votre chambre. Aucun lit des chambres d’amis n’a été utilisé.

— Ce n’est pas grave, j’ai bien dormi avec mon cousin.

— Oui, mais vous aviez 10 ans. Ne me prenez pas pour une idiote. Firmin a trouvé des préservatifs dans la poubelle de votre chambre.

— Bon, j’avoue, nous avons baisé ensemble, pardon, eu des relations sexuelles.

— François Xavier, je suis prête à vous pardonner ce péché de jeunesse, mais je ne veux pas que cela se reproduise. Je vous interdis d’inviter ce jeune homme et tout autre homme d’ailleurs.

— Ça tombe mal, je veux l’initier à l’escrime. Je l’ai déjà réinvité samedi prochain.

— Je vous prie de m’obéir, sinon j’en parlerai à votre père, et il ne sera pas content, il ne vous donnera plus d’argent de poche.

— Mon père ? Il le sait déjà.

— Comment ? Vous lui avec écrit pour lui dire que vous êtes… homosexuel ?

— Je parle de mon vrai père. Le majordome, Firmin, votre ancien amant.

C’était fait, je le lui avais dit. Elle a réagi immédiatement :

— Que vous a-t-il raconté, ce sont des mensonges. S’il persiste, je vais le licencier immédiatement.

— Ce ne sont pas des mensonges, j’ai les preuves, un test de paternité. Vous voulez le voir ?

— Un test de paternité ? Qui vous l’a fait ?

— Vous vous rappelez la visite médicale pour voir si j’étais apte à baiser, pardon à avoir des relations sexuelles avec une jeune fille de la bonne société, eh bien le médecin ne m’a pas seulement décalotté et palpé les couilles, pardon les testicules, mais il a aussi prélevé mon ADN.

Ma mère n’a plus rien dit pendant quelques minutes, j’avais peur quelle sanglote, mais elle a gardé son calme.

— Bon, vous avez gagné, mais pas un mot à votre père, enfin vous me comprenez. J’ai toujours pensé que vous étiez le fils de Firmin, mais par contre pas votre sœur, je n’avais plus d’amant.

— C’est ma demi-sœur maintenant. Et je pourrais inviter Pierre ?

Ma mère me serra alors dans ses bras et me dit :

— François Xavier, pardonne-moi le mal que je t’ai fait.

— Je te pardonne maman, si tu n’avais pas eu cette relation avec Firmin, je n’aurais jamais existé.

C’était la première fois que ma mère me tutoyait.

Je reprends mon récit. Le samedi suivant, je me rendis de nouveau chez FX pour ma deuxième leçon d’escrime. Le matin, nous fîmes des révisions. À midi, la famille était au complet pour le déjeuner. J’étais très mal à l’aise pendant le repas, l’ambiance n’était pas très chaleureuse. Je voyais le « père » de FX pour la première fois. Après le dessert, celui-ci dit à Firmin qui avait fait le service :

— Pourriez-vous rester là quelques instants, je pense que la conversation qui va suivre va vous intéresser.

— Comme Monsieur le désire.

Puis, s’adressant à FX, il lui demanda :

— Je suis très honoré d’avoir fait la connaissance de votre ami Pierre. Je pense que c’est votre amant ?

— Oui, on ne peut rien vous cacher.

Seule la sœur de FX poussa une exclamation :

— Qu’est-ce que ça veut dire, tu es homosexuel ?

— Et votre mère est d’accord ? continua le banquier. Elle avait d’autres perspectives pour votre avenir.

— Nous avons une discussion franche et elle a accepté mes arguments. Et vous, qu’en pensez-vous ?

— Rien, vous n’êtes pas mon fils, vous êtes libre de vivre comme vous le désirez. Et même si vous l’étiez, cela ne me dérangerait pas, je vous l’assure.

Tout le monde fut stupéfait.

— Vous savez que je ne suis pas votre fils ? demanda FX.

— C’est votre sœur qui a pensé qu’il s’était passé quelque chose ces derniers jours avec votre mère, une intuition. Elle voulait vous en parler et est allée dans votre chambre, mais vous n’y étiez pas. Elle a vu par hasard les tests de paternité qui étaient posés sur le bureau. Elle a été paniquée, elle voulait savoir si j’étais bien son père, elle m’a appelé au milieu d’une séance. Mais j’ai pu la rassurer, je suis bien son père.

— En êtes-vous sûr ?

— Il y a plusieurs années que je sais tout ceci. Je n’ai pas attendu que le médecin de Monsieur Firmin s’en occupe, j’avais contacté votre dentiste qui a fait des prélèvements d’ADN dans votre bouche et celle de votre sœur sans que vous vous en aperceviez.

— Et vous n’avez rien dit ?

— J’ai aussi ma part de responsabilité dans tout ce qui s’est passé, j’ai trop privilégié ma carrière au détriment de ma femme et de ma famille. Je propose à tous de ne rien changer, de garder ce secret entre nous, et de nous accommoder de cette nouvelle situation. Un de mes avocats pourra régulariser la situation sur le plan juridique le plus discrètement possible. Je n’aimerais pas que ces histoires soient à la une du prochain numéro de Closer, laissons cette place à notre président. Si quelqu'un s'oppose à cette solution, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais, selon la formule habituelle.

Personne ne dit rien, tous avaient l’air d’être soulagés par cette proposition. Je pense que personne n’osait s’opposer au père.

— C’est parfait, Pierre, je vous souhaite la bienvenue dans notre famille, même si ce n’est qu’une amourette de jeunesse avec FX.

Nous étions définitivement sortis du monde de l’enfance.