Échanges nordiques (05)


Échanges nordiques (05)
Texte paru le 2018-10-09 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
Publié par l'auteur sur l'archive wiki de Gai-Éros.

MMM.jpg/ MM.jpg

Cet auteur vous présente 329 texte(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 4016 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© 2018 — Tous droits réservés par Jules1291.


Template-Books.pngSérie : Échanges nordiques


Nous étions enlacés, nos membres érigés l’un contre l’autre. À ce moment-là, la porte s’ouvrit et quelqu’un entra, je sursautai, j’étais de dos et je ne voyais pas qui était arrivé. Eino me rassura rapidement :

— Ne crains rien, c’est Väinämö.

Je me retournai, tout en mettant ma main devant mon sexe qui s’était recroquevillé. Eino, lui, bandait toujours. Il salua le nouvel arrivant, un géant de deux mètres de haut, recouvert d’un manteau de peaux de bêtes, il avait une barbe blanche.

— C’est le Père Noël ? ne pus-je m’empêcher de demander.

— Oui et non, il se prend pour le Père Noël, il sort son habit rouge en décembre.

Eino demanda au géant de refermer la porte. Celui-ci ne parlait pas anglais et mon ami devait tout me traduire à mesure.

— Tu es en pleine forme ! fit remarquer Väinämö. C’est ton nouvel ami ?

— Oui, répondit Eino, un Français.

Väinämö m’écrasa la main en me la serrant, puis dit :

— J’ai vu de la fumée et j’ai pensé t’apporter l’apéritif.

Il sortit une bouteille de la poche de son manteau.

— En France, dit Eino, on boit les digestifs après le repas. Un peu de savoir-vivre, s’il te plaît.

Eino rajouta en anglais :

— Sa boisson est imbuvable, je trouve toujours une excuse pour ne pas trinquer avec lui.

— Tu peux m’en dire plus sur lui ? demandai-je.

— Il vit toute l’année dans une cabane au bord d’un lac, près d’ici. Il a un handicap mental, il est cependant inoffensif. Lorsque j’étais jeune, tous les enfants avaient peur de lui. Moi, j’ai osé me lier d’amitié avec lui. Cela ne plaisait pas trop à mes parents.

— Ça ne te dérange pas d’être à poil devant lui ?

— En été, je suis tout le temps nu ici, et lui aussi. On se connaît bien.

Eino s’adressa ensuite au géant, il lui parla longuement. Celui-ci finit par sortir, l’air dépité.

— Que lui as-tu dit ? questionnai-je.

— Qu’aujourd’hui je suis avec toi et que nous avons envie de baiser, et que je le reverrai un autre jour.

Une question me brûlait les lèvres, mais je n’osai pas la poser. Eino devina et prit les devants :

— Tu aimerais savoir si je me suis déjà branlé en sa présence ?

— Tu n’es pas obligé de me le dire.

— Oui, j’ai eu pitié de lui et je l’ai fait, je lui avais cependant précisé que cela se terminerait le jour où j’aurais un ami, et ce jour est arrivé. J’avais confiance en lui.

— Merci de me l’avoir dit.

— Il ne doit pas y avoir de secrets entre nous.

Eino ferma quand même la porte à clef.

Nous reprenons nos caresses là où nous les avions interrompues lors de l’intrusion de l’homme des bois.

Do you fuck me? me demande Eino.

— Si tu le désires, réponds-je.

— Évidemment que je le désire, dummy.

Cela me fait penser que j’aurais dû acheter un livre répertoriant les meilleures positions, mon ami semble avoir son idée là-dessus, il se met à quatre pattes sur le lit, une levrette classique. Un petit vertige, cette fois c’est à mon tour, je vais chercher le lubrifiant et les préservatifs, je m’agenouille derrière Eino.

— Tu es bien ? lui demandé-je.

— Parfait, tu peux commencer.

Je lui écarte ses fesses pour bien dégager l’entrée. C’est la première fois que je peux examiner de près cet endroit du corps d’habitude caché et je prends tout mon temps pour le faire, il me paraît frais comme un sou neuf. Je regarde également ses testicules qui pendent entre ses jambes, assez bas car il fait maintenant chaud dans la cabane. Je ne peux pas résister, je les prends dans une main et enserre le haut de l’autre, un frémissement parcourt le corps de mon ami.

— Tu n’aimes pas ? fais-je.

— Mais si, t’inquiète.

Je prends le flacon de lubrifiant, enduis mon doigt et le passe dans le sillon de bas en haut, puis je m’arrête à la rosette que je masse délicatement. Je remets du gel et enfonce lentement mon doigt dans l’ouverture, tout en observant les réactions d’Eino. Il est plus crispé que tout à l’heure. Je lui caresse la bite de l’autre main pour le détendre. Il s’habitue à mon doigt, je le ressors, et essaie d’en introduire deux, ce qui ne pose pas de problème.

— Vas-y, je suis prêt, dit le Finlandais.

Je n’ai pas l’impression d’être prêt, mais il faut y aller. Heureusement je bande et je déroule rapidement un préservatif sur mon pénis. Je rectifie ma position pour être à la bonne hauteur, et je m’introduis dans l’intimité d’un autre homme pour la première fois. Le temps est comme suspendu, j’ai l’impression d’être dans un film au ralenti. Nouvel éblouissement, nouveau petit vertige. Je reviens à la réalité et débute des va-et-vient. Eino ne réagit pas, il est statique.

— Ça va ? demandé-je.

— Oui, je te dirai si ça va pas.

Je mets mes mains sur le bassin de mon ami qui commence à onduler, nos mouvements deviennent plus naturels, ils doivent être inscrits dans nos gènes depuis l’aube de l’humanité. Je sens cependant une gêne chez mon ami au bout d’un moment ; comme je ne suis pas encore prêt à jouir, je me retire, c’est assez pour un début. Eino se retourne et se couche sur le dos, les jambes relevées. J’enlève le préservatif et termine à la main, je finis par éjaculer, inondant le ventre de mon ami.

— Alors, fais-je. Tes impressions ?

— Je sais pas, j’étais trop nerveux, je réfléchissais trop.

— C’est normal, nous le referons, ça ira mieux.

— Tu as raison.

— Reste tranquille et détends-toi.

Eino a une demi-molle, son gland est à moitié décalotté, je le prends dans ma main et fais coulisser le prépuce plusieurs fois. Je serre à nouveau le haut de ses bourses et je caresse le bas. Il gémit, il semble bien apprécier. Sa bite est très dure, il ne faut pas longtemps pour qu’il jouisse, mélangeant sa semence à la mienne sur son ventre.

I love you, my dear Frenchy! me dit Eino.

I love you too, my dear…

Je ne trouve pas le nom anglais pour « Finlandais », je termine :

my dear lover!

L’amour… étais-je vraiment amoureux d’Eino ? Oui, dus-je admettre. Je ne savais pas si cet amour résisterait à la distance qui nous séparait. Un long baiser mit fin à cette matinée à la cabane. Nous sortîmes un moment sur la petite terrasse devant la cabane afin d’aérer, nos ébats avaient laissé des odeurs de sperme et de transpiration. Le temps était splendide, le soleil, très bas sur l’horizon, brillait et j’en oubliais presque le froid glacial. Nous étions toujours nus.

— Tu aimes cette nature sauvage ? me demanda Eino.

— Magnifique, il me manque cependant la chaleur du sud. Es-tu déjà venu en France ?

— Non, nous sommes toujours restés en Scandinavie pour nos vacances.

— Je viens d’avoir une idée, je t’invite pour passer la fin de l’année chez moi. Tu es libre ?

— Euh, oui. Mais je désire fêter Noël avec ma famille, c’est une tradition.

— Pas de souci, tu pourras venir le 26 décembre.

— Et tes parents seront d’accord ?

— Je ne leur ai pas demandé. Sinon on inventera une excuse, on dira que tu viens faire des repérages pour l’échange. Je fais partie du comité d’organisation. Il y a quand même un problème, je ne peux pas t’offrir le billet d’avion.

— Je m’en occupe, je reçois en général de l’argent à Noël. Et je pourrais aller à Paris puis prendre le TGV, ce doit être moins cher que le vol jusqu’à Bordeaux.

— Merveilleux. Et tu pourrais aussi visiter Paris avant.

— Avec toi, j’espère. N’y a-t-il pas un quartier qui s’appelle Le Marais ?

Je me demandai ce qui m’avait pris de l’inviter. Je ne savais pas comment mes parents allaient réagir. Tant pis, j’allais bien devoir leur avouer que j’étais gay et que j’avais un ami finlandais.

Nous rentrâmes dans la cabane pour déjeuner. Nous avions du pain, de la viande séchée de renne, des œufs durs, du fromage et des fruits, ainsi que de la bière.

— Il ne faut pas trop en boire, me dit Eino.

— Pourquoi ?

— Cela empêche de bander.

Je haussai les épaules.

— Il y a encore quelque chose de prévu cet après-midi ? demandai-je.

— Un sixty-nine ? Nous avons jusqu’à deux heures, après il faudra nous rendre à la gare pour ne pas rater le train.

— D’accord pour le sixty-nine.

Après le repas, Eino fit à nouveau fondre de la neige pour le café, puis il pianota longuement sur son smartphone.

— C’est bon, me dit-il. J’ai réservé le billet d’avion. J’arriverai le 26 à Paris et je repartirai le 2.

— Tu as déjà réservé ? Tu as une carte de crédit ?

— Je suis majeur. Bon, ce sont quand même mes parents qui me virent de l’argent chaque mois, mais je gère tout moi-même.

Je n’en étais pas encore là, c’étaient toujours ma mère qui payait mes factures.

Nous ne nous étions toujours pas rhabillés, nous fûmes rapidement couchés sur le lit dans la bonne position, sans préliminaires. Je pris le pénis de mon ami dans ma bouche, tandis que lui s’occupait du mien. J’essayai de varier mes caresses, titillant alternativement le gland, le frein ou la hampe, guettant ses réactions. Je remarquai qu’il m’imitait et synchronisait ses mouvements avec le miens. Ce petit jeu dura longtemps, nous n’étions pas pressés de finir, cela contrastait avec mes branlettes habituelles souvent trop frénétiques. La tension devint trop forte et nous jouîmes presque ensemble.

Nous couchâmes un moment sur le dos, main dans la main, sans rien nous dire. Eino n’avait pas remis de bûche dans le poêle et la température baissait lentement, ce qui nous incita à nous rhabiller et à quitter la cabane. Le soleil allait bientôt se coucher.

Nous croisâmes Väinämö sur le chemin du retour et Eino discuta quelques instants avec lui.

— Qu’est-ce qu’il t’a dit ? questionnai-je.

— Il m’a fait des vœux pour notre bonheur et il m’a demandé de l’inviter à notre mariage. Il m’a promis de ne plus jamais m’importuner, mais désire rester mon ami.

— Il pense déjà à notre mariage ! Nous avons encore le temps.

— Je lui ai dit que je l’inviterai, et je tiendrai ma promesse, même si nous nous marions en France.

Eino avait un air très grave en parlant de mariage. Je réalisai que, pour lui, ce n’était pas simplement une amourette de vacances, c’était pour la vie. Cela me fit peur.