Aimer les hommes, c'est super

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Numéro 104

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 104
Date de parution originale: Janvier 2000

Date de publication/archivage: 2012-03-05

Auteur: Jacques
Titre: Aimer les hommes, c'est super
Rubrique: Premier mec: le grand frisson

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Votre revue pleine de beaux récits me donne envie de vous raconter ma première aventure avec un homme. Je me présente d’abord: brun aux cheveux courts, j’ai quarante-sept ans, j’habite la région de Nice, je mesure 1m71 pour 67 kilos et j’ai la réputation de savoir aimer les hommes comme il faut. J’aime l’amour, je crois que ça se sent quand on me croise. Tout ça grâce à une rencontre que j’ai faite il y a près de trente ans, quand ma vie a croisé celle d’un mec qui m’a tout appris.

Ce matin-là, je m’étais levé très tôt, j’avais décidé d’aller faire quelques longueurs sur une plage à un ou deux kilomètres de la maison de mes parents. J’avais vingt ans, aucune expérience, ni avec les filles ni avec les garçons. J’étais en maillot, allongé sur le sable, derrière un bosquet, je sentais qu’un peu de sueur commençait à perler sur ma peau sous l’effet des premiers rayons du soleil matinal.

Bien vite, comme souvent, je me débarrasse de mon maillot, comme j’en ai l’habitude, de toutes façons, personne ne vient à cet endroit à une heure pareille. Quand j’entends des pas, je ne sursaute même pas. Mais quand je sens, de façon très perceptible, que deux yeux se promènent sur moi, je lève la tête par réflexe, je me retourne vers mon sac sur lequel mon maillot sèche et je tente de protéger mon sexe.

- Il ne faut pas te cacher, me dit l’homme, tout le monde a droit de profiter du soleil. Surtout quand on est aussi beau, me dit-il.

Le rouge me monte aux joues et le fait sourire, bien sûr. Après quelques propos sur la beauté du site, il me demande si je sais que c’est un endroit un peu spécial. Je ne sais pas, non. Alors il m’explique que les nuits sont parfois animées, que des hommes se retrouvent entre eux, et que c’est assez sympa... De fil en aiguille, il sort lui aussi une serviette de son sac et me demande la permission de bronzer un peu à mes côtés. Il enlève un short de foot en coton épais et se met nu, allongé sur le ventre sur une grande serviette.

Son regard parcourt mon corps d’une façon très douce, sans fixer la moindre partie, sans plus rien dire. Moi je me délecte de la vue de ses fesses lourdes et légèrement velues, de ce corps d’homme un peu fait, je crois qu’il doit avoir dans les quarante ans. Il fait un instant mine de s’assoupir et sa main large vient se poser sur mon cou, l’attrapant comme un trophée, avec un mélange bien dosé de force et de tendresse. Je n’ai pas encore l’impression que tout va basculer, je crois que je me dis encore qu’embrasser un garçon ne va pas m’engager outre mesure. J’ai pourtant terriblement honte de sentir une vague de chaleur courir sur mon corps quand sa langue prend délicatement possession de ma bouche. Dieu! que son baiser est profond! Nos langues font connaissance avec de plus en plus d’ardeur, je sens que je vais, et bien plus vite que je ne le crois, dépasser un peu les bornes de cette stupide pudeur où je me suis reclus.

Quand ses doigts encerclent mes tétons, mes yeux se posent sur cette main qui explore et pince, et je vois son sexe épais et gonflé qui pointe, sans être encore totalement en érection. Je tente alors, dans une dérobade bien inutile, d’arrêter là, je me recule, je parle trop vite (et si mal!) de ce qu’il ne faut pas faire. Il détourne les yeux en s’éloignant un peu de moi, je me rallonge et je l’écoute.

Sa voix se mêle aux ressac des vagues, il me rassure, me dit que c’est à moi de décider, qu’il ne va pas me forcer. De plus en plus doucement, il me parle de lui, remonte le temps et se souvient du jour où il découvert que deux hommes pouvaient s’aimer, combien il avait souffert de se sentir différent.

Puis c’était fini, il se sentait comme les autres. Ses mots font leur chemin dans ma tête d’ado, mon regard vient et revient glisser sur ses jambes de mâle, entre ses cuisses? Ses couilles semblent douces comme des fruits. Je suis toujours inondé d’une chaleur qui me brûle le ventre, et sans me contrôler, je viens poser ma main sur son cou semé de quelques rides. Il gémit, je sens mon sexe devenir plus gros, je ne contrôle plus rien. Son sourire n’est pas celui d'un vainqueur.

D’ailleurs je crois pouvoir me souvenir qu’il a dû passer bien du temps entre sa première tentative et mon approche, au moins une petite heure. Mon sourire qui lui dit oui le fait presque rire, mais pour me faire oublier ma gêne, il me serre contre lui. Je crois que mon cœur est prêt à exploser, quand il me fixe dans les yeux avant d’approcher ses lèvres de ma queue tendue.

Je baisse la tête pour confirmer l’évidence, sans dire un mot. Sa langue commence à darder sur mon gland mal décalotté, ses mains passent en frôlant sur tout mon corps avant de venir saisir mes tétons durcis. Sous la chaude tendresse de sa langue, par sa bouche avalant ma bite, je me mets à gémir en frissonnant sous le soleil. Mon propre désir me fait trembler, ma tête se remplit d’étoiles, je ne parviens pas à retenir plus longtemps mon éjaculation, et je le vois aspirer mon sperme avec délectation. Je songe presqu’à partir, je sais que j’ai été trop rapide, mais il glisse son ventre tiède et velu contre le mien et revient m’embrasser.

Tout en lui est toujours aussi doux. Je l’écoute me proposer d'aller derrière les cabanes des pêcheurs, à cette heure il peut y avoir quelques passants sur la dune. Je le suis comme dans un rêve, tout me semble tellement loin de la bestialité que j’avais, par ignorance, associé aux rapports entre hommes! À peine cachés, je reçois la caresse de ses doigts sur ma queue qui en redemande, puis sa bouche encore. Je m’enhardis à le caresser, et avec une audace qui m’épate moi-même, je viens à mon tour goûter à son engin, sans trace de peur, comme si j’en avais sucé déjà des kilomètres. Quand j’ai senti sa main sur mes fesses, j’ai d’abord été très crispé, puis ses effleurements m’ont détendu, à grand renfort de salive. Il a mis un bon moment avant de me pénétrer. Je peux dire aujourd’hui que j’ai même été surpris de ma sensation: plutôt quelque chose d’inhabituel que de douloureux. Peu à peu, il est allé plus loin, plus fort, m’amenant au bord de l’éjaculation sans même me toucher. Avec une patience infinie, il a fait jouer son gland entre mes fesses serrées, avant d’exploser à son tour. Je me souviens aujourd’hui des mots idiots prononcés avec ma deuxième giclée. Je lui ai expliqué que j’avais perdu la tête et que je ne recommencerais pas. Il m’a souri et m’a dit “à très bientôt”, dans un sourire complice et tendre.


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