Amour débutant (1)


Amour débutant (1)
Texte paru le 2003-08-16 par Jalbert   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Amour débutant

Je me nomme Thomas et il y a maintenant environ dix ans que j'ai découvert l'amour avec Damien. Nous avons été les premiers l'un pour l'autre, nous ne nous sommes plus quittés depuis. Devant l'hostilité croissante de notre entourage, nous avons dû quitter la région, nous vivons actuellement heureux, ensemble dans notre petit appartement, nous nous aimons comme au premier jour dont vous trouverez le récit ci-dessous. J'ai dû le tronçonner en plusieurs parties, et voici la première.

Première partie

J'avais seize ans et cette année-là j'avais décidé de trouver des moyens de me faire un peu d'argent de poche. Les vacances de Pâques venaient de commencer, le printemps était déjà chaud. C'est alors que Sylvie, notre voisine de la maison à droite de la nôtre, me proposa de faire un baby-sitting d'une soirée et d'une nuit. Je sautai sur l'occasion. Très rassurant pour un début, car en cas de problème je pouvais compter sur mes parents tout près. De plus, pas de mauvaise surprise, je connaissais bien leur fils qui avait treize ans, nous prenions le même bus pour nous rendre au collège. Ce n'était plus un bébé.

Comme convenu, Sylvie et son mari vinrent sonner samedi soir vers vingt heures. J'étais prêt, j'avais revêtu mon pantalon gris préféré, un polo noir sur mon maillot de corps. Pendant que son mari saluait mon père et ma mère, elle me prit à part dans l'entrée pour me faire ses dernières recommandations : comme celle de ne pas nous coucher trop tard, de ne pas hésiter à être ferme avec Damien, son fils, et de veiller à ce qu'il ne néglige pas sa toilette. Mes chaussons à la main, je sortis de chez moi en même temps qu'eux, ils montèrent dans leur voiture en me souhaitant une agréable soirée, alors que de mon côté j'entrais dans leur domicile. Ils ne reviendraient pas avant le lendemain vers 10h00.

À mon entrée, Damien n'avait pas bougé du canapé sur lequel il était littéralement vautré. Assis juste au bord, rejeté en arrière, presque allongé, les épaules contre le dossier. Il portait une large culotte courte beige, type étudiant américain, qui lui venait un peu au dessus des genoux et une chemise marron à manches longues sur le devant de laquelle étaient sérigraphiés des idéogrammes chinois, on devinait un maillot de corps blanc en dessous. Il me sourit et m'invita à m'asseoir à ses côtés.

Damien était un joli garçon, très mignon avec des traits très fins. Ses yeux étaient d'un bleu foncé intense et, comme moi il avait les cheveux courts et châtain clair. Sa voix qui n'avait pas encore mué, avait le même léger accent que ses parents. Ils avaient emménagé il y avait maintenant un peu plus d'un an, en provenance de la région de Limoges. Ce garçon, au regard attirant, m'avait plu tout de suite et, dès le début j'ai accepté avec enthousiasme de l'accompagner au collège. Je le regardais mieux depuis quelques mois, il approchait doucement de l'adolescence et son corps commençait à se transformer, je ne pouvais m'empêcher, quand je l'accompagnais dans le bus, de lorgner furtivement vers sa braguette, essayant de deviner ses formes qui la gonflaient légèrement. Depuis quelques temps, il m'arrivait de me branler la nuit en pensant à lui. Je devenais de plus en plus sensible à son charme naturel. Bref j'étais amoureux. Mais je pensais qu'il était encore bien jeune pour comprendre et, surtout j'avais peur de le braquer et qu'il m'humilie en divulguant mes goûts, mon homosexualité.

Je savais, depuis ma douzième année à peu près, que c'étaient les garçons qui m'attiraient, mais la crainte d'être montré du doigt, d'être écarté par mes camarades (les réflexions parfois violentes sur les pédés ne m'encourageaient pas dans ce sens), sans compter une mauvaise réaction de mes parents, ne m'avaient jusqu'à présent condamné qu'au plaisir solitaire en fantasmant sur certains de mes copains et, depuis quelque temps sur Damien, quand je me rendis compte qu'il grandissait.

Cette demande de baby-sitting m'avait enchanté. Côtoyer Damien toute une soirée et toute une nuit m'excitait au plus haut point. Nous n'avions jamais eu l'occasion d'un tête à tête complètement libre, sûr de ne pas être dérangés. Bien que j'avais exclu tout geste déplacé, j'avais l'impatient espoir d'avoir la possibilité de le contempler en petite tenue : ne devais-je pas veiller à ce qu'il fasse bien sa toilette ?

Damien, vautré dans le canapé regardait la télévision ; dès que je fus assis il m'annonça :

— C'est une cassette sur les coraux dans la Mer Rouge, ça ne te dérange pas Thomas ?

— Non pas du tout, je ne savais pas que tu t'intéressais à ça, tu as déjà fait de la plongée ?

— Non mais j'adorerais, je m'entraîne à rester en apnée chaque fois que je vais à la piscine.

Mon cœur se mit à battre alors que je l'imaginais en slip de bain, je me promis de lui proposer de l'accompagner la prochaine fois. Puis je repris la conversation :

— Et tu restes longtemps sous l'eau ?

— Un peu plus de deux minutes.

— C'est vrai ? m'exclamai-je admiratif, moi qui ne pouvais pas rester la tête dans l'eau quelques secondes sans paniquer.

— Je te le prouverai tout à l'heure, si tu veux.

Je le regardai étonné et poursuivis sans soupçonner la suite de sa proposition :

— Tu veux aller à la piscine à cette heure ?

— Mais non Thomas, dans la baignoire, quand je prendrai mon bain, je mettrai la tête sous l'eau et tu chronométreras.

Je restai sans voix, le souffle coupé, mon cœur s'affola de plus belle, je n'osai croire ce que j'avais entendu, Damien me proposait de le voir dans sa baignoire, nu peut-être. Je jetai un regard rapide dans sa direction, mais comme si de rien était, il regardait son émission tout en conversant. Complètement troublé, je portai mon regard vers l'écran et dans un souffle à peine audible, je lui dis :

— D'accord, si tu veux.

Alors je devinai qu'il avait tourné la tête vers moi, je faisais un effort surhumain pour paraître absorbé par la Mer Rouge, ma gorge se serrait, et voilà que maintenant mon sexe faisait des siennes, un début d'érection se manifestait, heureusement bloqué dans mon slip, donc à l'abri du regard de Damien.

— Faut pas que ça t'embête, me dit-t-il.

Adorable garçon ! Son innocence m'émut. Mais cette invitation était-elle vraiment innocente ? Je ne savais plus ou j'en étais, je le regardai à mon tour et rétorquai, peut-être un peu trop vivement :

— Mais non, mais non, pas du tout.

J'avais failli ajouter, "au contraire", mais je me mordis les lèvres à temps. Il m'adressa un sourire d'ange auquel je répondis spontanément, puis il reporta son attention sur l'écran de télévision. Avait-il souri de la rougeur qui avait dû envahir mon visage ? J'étais sur les nerfs, mal à l'aise.

Je n'avais pas imaginé que ce baby-sitting aurait été si éprouvant. Les idées et les espoirs les plus fous traversaient ma tête. Le silence s'installa, troublé simplement par les commentaires du reportage. Je me calai alors plus confortablement dans le canapé et m'appuyant en partie sur le bras, je pris une position légèrement tournée vers Damien. Je pouvais ainsi l'observer à loisir et, je le croyais, discrètement. Il était toujours dans la même position, à moitié couché sur le dos, les jambes à angle droit.

Elles furent d'abord l'objet de mon observation. Imberbes, joliment galbées elles ne se faisaient voir que jusque un peu au dessus du genoux avant de s'enfoncer dans les larges jambes de la culotte. Je continuai l'ascension de mon regard jusqu'à la braguette. Et, comme hypnotisé, je fixais ce passage qui m'était interdit. La légère bosse habituelle laissait deviner ce que peut-être j'allais pouvoir admirer de plus près tout à l'heure si le jeune garçon tenait sa proposition.

Plongé dans ma contemplation, je n'avais pas remarqué que Damien avait posé son regard sur moi. Je ne m'en aperçus que lorsque je vis que la bosse sous la braguette augmentait sensiblement. Un peu surpris, je jetai un regard vers le visage de Damien, il me regardait. Nos yeux se croisèrent un instant, affolés aussi bien l'un que l'autre, je sentis mon visage chauffer sous un même rougissement que celui qui illuminait le visage du jeune garçon. Dans un mouvement vif, il se redressa pour s'asseoir plus normalement. Je crois que l'insistance de mon regard sur son bas-ventre avait provoqué une érection. Je me sentais gêné de mon indélicatesse et surtout inquiet de ce qu'il pouvait penser de moi.

Je pense que nous étions aussi intimidés l'un que l'autre, mais j'étais le "grand", avais-je le droit de l'entraîner dans un chemin qui n'était peut-être pas le sien. Et je me faisais peut-être des idées. J'avais sans doute gâché l'occasion de le voir dans sa baignoire. Après cet incident, il se méfiera de moi, car il doit penser maintenant que je suis pédé. Pourvu qu'il n'en parle à personne.

Plongé dans mes pensées houleuses, je regardais sans le voir l'écran du téléviseur, Damien également. Combien de temps cela a-t-il duré ? Je ne saurais le dire. J'avais la gorge serrée, presque envie de vomir. J'avais envie de fuir, de rentrer chez moi, tant pis pour les sous, après tout, à treize ans il était assez grand pour se garder tout seul.

Un mouvement brusque me sortit de ma torpeur, Damien s'était penché en avant pour atteindre la télécommande posée sur la table basse devant nous. Il éteignit le téléviseur, seule une lampe d'ambiance placée derrière nous éclairait le salon. Le jeune garçon s'éclaircit la gorge et demanda :

— Au fait, ma mère ne t'a pas dit où tu couchais ce soir ?

— Si, ici... répondis-je un peu soulagé du ton très aimable de Damien.

— D'accord, mais elle ne t'a pas montré où ?

Mon angoisse était partie, le jeune garçon ne semblait pas m'en vouloir, la conversation était tout à fait naturelle.

— Non, mais elle m'a dit que c'était dans une chambre qui communique avec la tienne et que tu me montrerais.

— Exact ! On monte ?

Surpris je regardai ma montre, certes Sylvie m'avait demandé que je veille à ce que son fils ne se couche pas trop tard, mais là ! Il n'était que vingt et une heures trente et nous n'avions pas été au bout du film.

— Tu ne veux pas voir la fin du documentaire ?

— J'ai plus envie, je regarderai demain. Je ne sais pas ce que j'ai, je suis énervé.

— Tu veux que je te laisse, après tout je peux très bien aller m'asseoir à la table là-bas et lire une revue...

Il sursauta presque à mon offre, il me regarda avec un air que je ne lui connaissais pas, comme un genre d'affolement parcourut ses beaux yeux bleus. Il bredouilla :

— Non, reste là... je suis content... d'être seul avec toi.

Je me sentis défaillir, que voulait-il dire ? Les mots avaient-ils le même sens pour lui que pour moi ? Je crois que ni l'un ni l'autre n'osait exprimer ce qu'il désirait, l'un parce qu'il ne savait pas encore, l'autre parce qu'il n'osait pas, face à la jeunesse de son hôte. Notre inexpérience réciproque était paralysante. Sans vraiment réfléchir je rétorquai en rougissant :

— Moi aussi je suis heureux d'être là, avec toi.

L'atmosphère se détendit d'un coup. Damien se leva brusquement et déclara, jovial, en me tirant par la main pour me lever du canapé :

— Viens, je vais te montrer ta chambre...

Et sans lâcher ma main, il m'entraîna presque en courant au premier étage. Nos chaussons en restèrent plantés au pied du canapé. Un petit couloir distribuait les pièces du premier étage. Au fond, deux portes côte à côte, c'est là que me menait Damien. Il s'arrêta devant les portes, lâcha ma main pour ouvrir d'un geste leste, les deux portes simultanément et déclara :

— À gauche Thomas, à droite Damien.

Puis il pénétra dans sa chambre, je fis de même dans celle qui m'était destinée. Le clair de lune donnait une lumière blafarde par la fenêtre, au fond à gauche j'apercevais le lit, je trouvais l'interrupteur en tâtonnant. Je jetais un regard circulaire, les draps du lit étaient tirés, comme à l'hôtel. Une lampe de chevet trônait à la tête du lit. Une chaise de bois clair complétait le mobilier. Enfin, une porte à droite face au lit. Alors que je m'approchais de la porte, celle-ci s'entrouvrit brusquement. Le visage hilare de Damien apparut. Devant mon sursaut de surprise, il plastronna :

— N'aie pas peur, ce n'est que moi, il n'y a pas de fantôme ici.

Il ouvrit la porte en grand et dit :

— Tu vois, nos chambres sont mitoyennes, on peut laisser ouvert si tu veux mieux me surveiller.

Cela dit avec une certaine malice dans les yeux. Ravi, j'eus envie de déposer un baiser sur son front. Je me retins de justesse.

— Viens voir ma chambre, me dit-il en s'effaçant pour me laisser passer.

La pièce était semblable à celle que je devais occuper mais inversée. Elle était meublée en plus d'un bureau bien rangé, et d'une armoire de bois clair. Revenu dans sa chambre, il ferma tout d'abord les rideaux de manière à nous isoler totalement de l'extérieur. Puis il s'assit au bord de son lit, face à moi. Ainsi placé je pouvais mieux voir le début de ses cuisses qui disparaissaient dans les jambes larges de la culotte. Je sentais que je me troublais devant le spectacle de ses deux jambes sans aucun poil, délicatement musclées.

Un certain silence s'est installé. Je jetai un regard rapide vers le visage de Damien, il semblait grave avec ses yeux bleus interrogateurs. Puis, comme attirés irrésistiblement, les miens revinrent sur ses cuisses cachées. Alors, le jeune garçon écarta un peu les jambes, je pouvais maintenant distinguer le bas de la braguette et aussi les dessous des cuisses qui se cachaient, hélas bien avant d'atteindre son sous-vêtement. Je sentais une intense chaleur monter en moi, je n'osais plus bouger. J'étais là, debout face à lui, comme paralysé sauf mon sexe que je sentais grossir, serré dans un slip qui serait bientôt trop étroit.

Je me doutais que mon excitation devait devenir visible, est-ce que mon jeune vis-à-vis la remarquait ? Je jetais un coup d’œil vers son visage, horreur, ses yeux étaient fixés sur mon bas-ventre. Il leva les siens vers moi et rougit. Puis il se laissa aller en arrière. Il prit alors appui sur ses bras en arrière de son corps, écarta encore un peu plus les jambes. Ainsi placé, presque allongé sur le dos, il offrait à mon regard toute son excitation de garçon, sa braguette était soulevée, il me semblait même y décerner des petits à-coups vers le haut. Je n'en pouvais plus, mon cœur sautait dans ma poitrine. Mes mains tremblaient, tout mon corps tremblait de désir, c'était la première fois que j'étais dans un tel état, je sentais que je n'avais jamais été aussi près de satisfaire mes envies, celles de toucher pour la première fois un garçon, et quel garçon ! Il est si beau.

Damien semblait encore plus tendu, pour lui c'était une découverte totale qui l'attendait, il ne savait pas encore quoi. Il soupçonnait que cette soirée allait être pour lui un grand jour. Sa tension était principalement de l'anxiété car il ne savait pas vraiment ce qu'il désirait. J'étais toujours debout, face à lui, l'un et l'autre le pantalon tendu par nos sexes en érection coincés dans les sous-vêtements. Je n'osais pas bouger, c'est le jeune garçon qui se décida le premier.

— Ne reste pas planté comme ça, viens te mettre à côté de moi, dit-il d'un ton faussement enjoué.

Puis il se laissa complètement aller en arrière pour s'allonger sur le dos. Je m'arrachai avec peine de l'exhibition qu'il m'offrait et m'allongeai à mon tour sur le dos à son côté. Nous ne pouvions plus voir le spectacle de nos entrejambes.

Nous étions ainsi côte à côte, silencieux, nos jeunes corps en feu, bouillonnant de désir mais n'osant pas franchir le pas. Puis subitement, je pris conscience que c'était lui qui avait jusqu'ici pris les initiatives. Je me sentais en reste. Je pensais alors que c'était maintenant à moi. Je n'avais plus de doute, en me demandant de me mettre là, Damien attendait quelque chose. Je ne savais pas quoi faire, puis l'illumination vint, je me raclais la gorge :

— Tu sais, tout à l'heure quand tu es apparu en ouvrant la porte, j'ai... j'ai eu envie de t'embrasser.

— Pourquoi tu ne l'as pas fait ?

— J'ai pas osé...

Je sentis sa tête bouger, je tournai la mienne vers lui, nos visages étaient très proches, un sourire d'ange éclairait ses grands yeux. J'approchai mon visage et déposai un rapide baiser sur ses lèvres puis repris ma position initiale. Il souriait toujours, alors je refis le même geste, mais cette fois il entrouvrit légèrement la bouche. Alors je laissai mes lèvres sur les siennes, poussai un peu ma langue entre ses lèvres, presque immédiatement sa langue vint rejoindre la mienne. Nous nous écartâmes un peu et j'en profitai pour lui avouer :

— Tu sais, je n'ai jamais embrassé personne, tu es le premier.

Il me répondit en souriant :

— Moi aussi, je sais pas réellement comment on fait.

— C'est pas grave, on apprendra ensemble, tu veux bien ?

Il ne répondit pas à ma question, il approcha simplement ses lèvres des miennes, nous sommes restés ainsi un moment en extase, bouche contre bouche, langue contre langue. Je n'en pouvais plus, mon sexe me faisait mal dans son étroite prison, je suis certain qu'il devait en être de même pour mon jeune compagnon.

Puis nous nous sommes un peu écartés l'un de l'autre. Je trouvai la main de Damien posée entre nous, je la saisis doucement. Ses doigts se replièrent sur les miens. Je poussai vers sa cuisse, il ne résista pas. Mon cœur battait encore plus vite au contact de l'étoffe de sa culotte.

— Ça fait mal ? demanda-t-il d'une toute petite voix enfantine.

— Quoi qui fait mal ?

— Tu sais, je ne connais rien du tout, c'est la première fois...

— Tu ne te branles pas ? coupai-je.

— Non... mais t'as pas répondu, insista-t-il.

— Ne t'inquiète pas, c'est tout le contraire, tu ne peux encore même pas imaginer si tu ne te branles pas encore. Je te jure que je ne te ferai aucun mal, je t'aime trop pour ça.

— Moi aussi, je t'aime, depuis la première fois que je t'ai vu, mais je ne savais pas ce que ça signifiait.

Après un court silence, quelque chose qui me tenait à cœur me revint :

— Tu ne voulais pas que je chronomètre ton apnée ?

— Plus tard, ça ne presse pas.

Le silence s'installa de nouveau, seul peut-être le tumulte de nos cœurs résonnait dans la pièce. Je lâchai la main de Damien et posai la mienne sur sa cuisse. Je le sentis frémir sous la toile mais il ne bougea pas. Je poussai doucement ma main vers son entrejambe, je stoppai lorsque le bout de mes doigts butèrent contre la bosse que faisait son sexe. Il sursauta légèrement. Je tournai la tête vers lui, il fit de même, je lui souris, il me rendit un sourire inquiet. Alors je lui demandai :

— Je continue ?

— Oui, me répondit-il dans un souffle.

Alors les yeux dans les yeux, je repris ma progression. Je posai délicatement la main sur la braguette, je sentis son sexe vibrer en dessous, mon sang bouillonnait, j'en tremblais, j'avais l'impression de rêver. Mais la réalité de ses lèvres qui venaient se coller sur les miennes était bien réelle. Je cherchai maladroitement la glissière, enfin j'ouvris lentement sa braguette. Son jeune sexe poussa avec de vigoureux à-coups le tissu de son slip contre mes doigts. Je crus devenir fou de désir, c'était la première fois que je touchais un autre sexe que le mien qui, lui, à ce moment me faisait de plus en plus mal. Je retirai mes lèvres et demandai :

— Ça va ? Ton sexe ne te fait pas mal ?

— Si, mais c'est parce qu'il n'a pas assez de place.

Puis il ajouta soudain, conscient de la situation :

— Toi aussi Thomas, tu dois avoir mal.

— Ça, tu peux le dire...

J'avais à peine fini ma phrase que je sentis sa main que j'avais libérée se plaquer contre ma cuisse. Je levai un peu mon bras pour lui laisser le passage et j'en profitai pour glisser la mienne dans l'ouverture de sa culotte. Je sentais sous mes doigts, au travers du slip, son sexe qui s'agitait et qui semblait chercher un passage. Je tressaillis : une main venait de se poser sur ma braguette. Tout occupé avec le sexe de Damien, je n'avais pas prêté attention à la progression de ce dernier sur ma cuisse. J'étais surtout loin de penser que le garçon était aussi désireux que moi de découvrir nos sexes respectifs.

— C'est gros ! souffla-t-il.

— Le tien sera bientôt pareil, ou peut-être plus.

Il me coupa :

— T'as mesuré ?

— Non.

— Moi non plus, on pourra le faire si tu veux.

— Pourquoi pas.

Pendant cette conversation, j'étais remonté jusqu'à la ceinture que je défis avec plus de dextérité que je n'avais eue pour ouvrir sa braguette. J'avais plus de mal pour déboutonner la culotte, surtout que pendant ce temps, je sentais que Damien avait des difficultés avec la glissière de ma braguette. Alors je vins à son aide avec ma main libre. Aussitôt sa main s'engouffra dans l'ouverture. Cela me fit un drôle d'effet, c'était la première fois qu'une autre main que la mienne touchait mon sexe. Maintenant je savais aussi ce que Damien avait ressenti lorsque j'ai fait pareil.

J'avais enfin réussi à déboutonner complètement sa culotte, je cherchai un passage sous la ceinture de son slip, je sentai son ventre se contracter. Il suspendit son exploration dans mon pantalon. Je sentis la ceinture du slip se soulever, le garçon, de son autre main me facilitait le passage. Je pénétrai dans l'ouverture, mes doigts rencontrèrent l'objet de mes rêves les plus osés. Je tenais pour la toute première fois un autre sexe de garçon. Il était très dur, bouillant et frémissant, finalement sa dimension, bien qu'inférieure au mien, était tout à fait convenable pour un garçon de son âge. Ce qui me fit bizarre, c'était la douceur de la peau avec cette quasi absence de pilosité. Je poussai plus loin dans le slip pour atteindre ses testicules que je fis rouler délicatement sous mes doigts. Il se mit à gémir. Je tournai alors la tête vers lui, son visage était toujours tourné vers moi, mais les yeux fermés, il soupirait d'aise. Je retirai ma main et posai mes lèvres sur les siennes. Il revint à lui brusquement :

— Excuse-moi Thomas, je t'ai laissé tomber... mais c'était si bon !

— Tu es plus à l'aise maintenant, tu n'as plus mal ? demandai-je.

— Ça va mieux, mais sans doute pas pour toi...

Tout en parlant, maintenant moins gêné par mon bras qui passait auparavant par-dessus le sien, il entreprit de continuer de libérer mon sexe de son carcan vestimentaire. Sa main retrouva rapidement l'ouverture de ma braguette, je sentis ses doigts glisser sur mon sexe au travers de l'étoffe de mon slip, il s'enfonça ainsi jusqu'aux testicules. Je fermais les yeux, je me retenais pour ne pas gémir de bonheur. Puis je sentis qu'il remontait, il imitait ce que je lui avais fait. Il déboutonna sans difficulté mon pantalon, il était plus habile que moi sur ce coup. Sa main sur mon ventre me fit tressaillir, je me contractai, tout comme lui tout à l'heure. Je fis aussi comme lui, je soulevai la ceinture de mon slip et, oh soulagement, mon sexe libéré fit un bond vers mon ventre. Il rencontra au passage la main de Damien qui s'écria surpris :

— Ouh là !

Mais il l'attrapa au vol et je frissonnai de tout mon corps quand ses doigts se refermèrent sur ma hampe. Je n'en pouvais plus. Cette fois, je ne pus retenir mes gémissements qui s'amplifièrent lorsque, lâchant mon sexe, Damien posa délicatement le plat de sa main sur mes testicules.

— C'est plein de poils ! s'exclama le garçon en déposant un baiser sur mes lèvres.

Il retira la main, et ses magnifiques yeux bleus brillaient de bonheur. Il demanda de sa voix fluette :

— Tu m'apprendras pour se branler ?

— Mais bien sûr, c'est rien ce que nous avons fait là.

— C'est vrai que c'était vachement agréable, mais je bande toujours à fond.

— Moi aussi, je vais maintenant te faire jouir...

— Ça fait quoi ?

— Un extrême plaisir qui te soulagera, c'est difficile à expliquer.

Il se redressa sur un coude, me regarda au fond des yeux et m'annonça impatient :

— Alors allons-y...

— Tu n'as plus peur ? demandai-je en souriant.

— J'ai seulement un peu le trac, mais j'ai confiance en toi, tu as la main douce.






Dernier courriel connu de l'auteur : p_jalbert@hotmail.fr