Bonnes giclouses sur les bottes

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Numéro 118

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 118
Date de parution originale: Juin 2002

Date de publication/archivage: 2015-02-17

Auteur: Philippe
Titre: Bonnes giclouses sur les bottes
Rubrique: Cuirs, bottes ou slibards?

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Je m’en souviens très bien. Nous habitions en face de la caserne de pompiers de Levallois-Perret. Quand mon père, en rentrant du boulot, avait envie de s’envoyer un demi, je le suivais. J’avais cinq, six ans. Des pompiers venaient, en uniforme. Et moi, petit garçon timide, j’allais toucher leurs bottes. Ça les faisait rire. Ils ne savaient pas que, déjà, je commençais à devenir fétichiste, et que mon choix sexuel était déjà tout tracé : j’étais homo !

Aujourd'hui, j’ai quarante-cinq ans. Je suis mince, musclé là où il faut, les cheveux poivre et sel, mais ras, et j’aime toujours aussi fort les bottes des hommes. Ou plutôt, j’aime les hommes qui portent des bottes. C’est une nuance importante. Tant que le mâle n’a pas ses grands panards dedans, bien au chaud, les bottes sont des objets ; elles dorment. Je ne peux pas me contenter d’elles seules même si j’en possède au moins quarante paires de toutes sortes, depuis les bottes de gendarme aux cuissardes d'égouttier. Accepter mon homosexualité n’a pas été chose facile pour moi. De me savoir en plus attiré par des travers sexuels si étranges n’a fait qu’aggraver les choses : je me suis vraiment pris pour un monstre durant toute mon adolescence. Et puis, j’ai fini par comprendre que c’était vraiment courant, comme certains hommes hétéros fantasment sur les talons aiguilles et les culottes en dentelle. Moi, j’aimais les bottes, les grosses bottes, parce que c’était ce qu’il y avait de plus masculin. Je suis fou des hommes, ceux qui sont très virils, les ouvriers, les mécanos, les maçons, les agriculteurs. Et puis tous les uniformes, les pompiers, bien sûr, qui, en plus d’être beaux, sont des êtres profondément généreux ; je les admire. Les gendarmes, les militaires, les motards. Dès que je me suis trouvé à vivre seul, à me lancer dans la vie, et à m’apercevoir qu'il existait un monde gay «spécialisé!» cuir et caoutchouc, des gens plus ou moins attirés par les mêmes choses que moi, je me suis libéré. J’y suis allé à fond, en enculant bien profond mes vieilles culpabilités.

Le coup qui m’a peut-être le plus marqué, c’est cette partouze entre pompiers, des vrais, de Paris, quelques CRS, organisée par des hauts pontes de l’administration. Ce fut une soirée démente, et hyper-privée. Si leur hiérarchie apprenait, même encore aujourd’hui que l'un de leurs soldats était gay, ce serait terrible. Je passe sur la manière secrète dont ça s’est fait, mais j’ai dû passer pour un vrai pompier. Il faut dire qu’il y avait longtemps que j’avais tout l’uniforme, jusqu’aux grades de sergent, la casquette, la tenue F1, jusqu’aux chaussettes réglementaires. J’étais allé jusqu’à lire le Manuel du Sapeur-Pompier ! Très vite, ça a chauffé sec. Les bites ont surgi des treillis, des pantalons marine. Pleins de bites ! On devait être une bonne douzaine. Des mecs beaux, d’autres pas beaux, mais je m’en foutais ! Et des bottes, et des rangers. Des couples ont commencé par se former, des trios, changeant de partenaires sans arrêt Je ne vais pas vous décrire une partouze ! On mate, on participe, on s’exhibe, c’est ça qu’est bon. Pendant qu’on suce à fond un mec, on se prend un beau manche dans le cul, et on peut même tripoter des paires de roustons pleines de jus. Après on permute, etc. À un moment, je me suis retrouvé à lécher consciencieusement les grosses bottes d’un pompier qui se faisait pomper par un autre. Le goût du cuir, l’odeur du cuir, l’idée des pieds prisonniers à l’intérieur, leur odeur forte, tout ça me foutait dans un état d’excitation grave. Et là, pendant que je décrassais à la langue les semelles fortement crantées, un type a commencé à me travailler le cul aux doigts. J’ai senti qu’on me lubrifiait l’orifïce. On m’a branlé le fion à quatre doigts. Je m’ouvrais comme la pire des salopes. J'entourais les bottes de mes deux bras, follement amoureux, comme un gars qui enlace sa meuf. Et puis l’autre m’a enculé, il me l'a enfoncé bien à fond. Et son morceau a glissé en moi comme dans du beurre. Parfois, je regardais ce qui se passait au-dessus de moi, la bouche surmontée d’une grosse moustache, un CRS à faciès de brute, qui avalait goulûment la pine de celui dont j’idolâtrais les bottes. Et puis autour de moi, les gars en train de s’enculer à trois, quatre, un vrai petit train. Un autre se faisait goder à toute allure, et ça faisait un bruit tellement excitant. Une véritable orgie, où entre deux enculades, on buvait la bière ou l’alcool à même les bouteilles. Le salon, très bourge, puait le poppers, la sueur et le foutre. Le contraste était très étrange. Pour moi, le moment le plus hardos, c’est quand j’ai demandé à tous les gars bottés de me marcher dessus, de poser la semelle de leurs grosses bottes de mâles sur ma gueule, de m’écraser la bite et les couilles, de me branler de la semelle. J’avais un gode profondément enfoncé dans mes entrailles, et je tirais comme un malade sur mes pinces à seins. Un des mecs s’est branlé la teub au-dessus de moi. Quand j’ai vu le foutre surgir du gland turgescent, quand j’ai senti la sauce me tomber dessus, sur le poitrail, sur le menton, j’ai joui, mais j’ai joui!! J’ai cru que ça ne s’arrêterait plus. J’ai gueulé, et j’ai dû dire quelque chose comme «Je vous aime, les mâles !» C’est ainsi que, plus tard, grâce à un des pompiers, j’ai pu visiter la caserne Masséna, ce grand machin en béton, et surtout, l’atelier où l’on ressemelait les bottes de toutes les casernes de la BSPP. J’en aurais craché dans mon fute !

Il n’y a pas eu que ça d’extraordinaire dans ma vie de fétichiste dépravé. Très vite, après les belles bottes en cuir, pompiers, armée allemande, cavalières en cuir lustré, je suis passé aux bottes de caoutchouc. Les noires, de chantier, les bottes de chasse, et les cuissardes, j’avais de plus en plus de connaissances qui partageaient mes goûts. Tout y est passé : les plans maître-esclave, où j'ai été tour à tour master et slave, à botter le cul d’un mec en le traitant de sale porc, à me faire larver, à ramper et à me faire humilier, à poil dans mes épaisses cuissardes de caoutchouc noir. Quel putain de super-pied j’ai pu prendre ! Il y a eu l’époque extrémiste avec les fists en série, les pratiques SM. Pour moi, il n’y avait rien de plus excitant qu’un mec aux traits très virils, pas forcément beau, en cuir, en latex ou en unif, avec la queue étranglée dans un étui pénien formé de multiples petites lanières, et les couilles étirées par le poids d'une paire de rangers. J’en ai sucé, léché, bouffé des bottes, de toutes sortes, jusqu'à même m’enfiler la moitié d’une santiag taille 45 dans le fion tout en me faisant ramoner la glotte par un super-braquemart bien juteux.

Après est venu le cycle de la boue. J’ai fréquenté les chantiers, la nuit, les quais d’Austerlitz entre les gravières et les silos. J’adorais dégueulasser mes bottes dans les flaques de boue. Un type, assez gros, crâne rasé, genre skinhead, m’a vu. Il a sorti sa teub, ça avait l’air de l’exciter grave. Il est venu me rejoindre dans la flaque. On s’est branlés, exhibé nos bites congestionnées, les pieds dans la boue. Lui, il avait des rangeos. Et puis, tout en s’astiquant, en se tirant méchamment les tétons, en se doigtant le trou de balles, on a commencé à se dégueulasser lentement. La boue était très blanche. Plus on s’en recouvrait les bottes et le froc, plus on s’excitaient. C’est là qu’il m’a poussé dans la flaque. J’étais en vieux treillis. Il m'a enculé comme ça, alors qu’on pataugeait dans la boue, qu’on étaient couverts de boue. Le méga-pied que j’ai pu me prendre... Il a joui avant moi, il s’est relevé, m'a craché dessus et m’a pissé dessus. J’ai joui comme si je m’atomisais.

Aujourd’hui, je me suis un peu calmé. Je suis devenu plus romantique. J’aimerais simplement vivre tous les jours avec un gars que j’aime et que j’admire et qui partage mes goûts. Qu’on s’endorme enlacés, heureux de partager nos odeurs de mecs, avec, de chaque côté du lit, nos paires de bottes respectives.

Philippe, 45 ans, Paris