Christophe, Rémy et Guillaume (2)


Christophe, Rémy et Guillaume (2)
Texte paru le 2017-12-31 par Hélain   Drapeau-fr.svg
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'''2. Samedi après-midi chez Rémy'''


Les jours suivants, les scènes de sexe photocopiées dans Azteca prirent progressivement toute la place dans nos conversations, en tout cas lorsque nous étions tous les trois, Rémy, Guillaume et moi. Par une sorte d’accord tacite, le partage de ces histoires de sexe qui servaient de support à nos masturbations nocturnes était resté un secret entre nous trois. Mais curieusement, deux de ces scènes n’étaient jamais évoquées.

Rémy, qui d’habitude était très respectueux de tout ce qu’il sentait sensible chez moi, mit un jour les pieds dans le plat :

— Dis-moi Christophe, tu es autorisé à sortir tout seul ?

— Hein ? Euh, ben c’est-à-dire que pas trop, en fait… Tu sais, ma mère est assez sévère et tout. Elle surveille de près mes fréquentations.

— Hey, te sens pas obligé de te justifier comme ça. Je voulais te proposer d’aller traîner en ville avec Guillaume et moi samedi, mais ça a l’air compliqué.

— Oh j’aimerais bien, mais je sais pas si…

— Attends on va faire plus simple. Si ma mère appelle la tienne pour t’inviter chez moi, la rassurer, dire à quelle heure ça se termine, blabla, qu’elle sera là pour surveiller tout ça… Ça le ferait ?

— Ben ma mère connaît pas la tienne, mais peut-être oui.

— Ma mère est avocate. Ça devrait aller comme référence non ? Comme ça on pourra pour une fois parler des heures tous les trois sans être interrompus tout le temps ou se demander si on peut dire ce qu’on veut parce qu’on peut nous entendre. Ça serait cool non ?

— Super cool oui.

— Alors on fait ça.

Tout s’organisa avec une simplicité surprenante. Ma mère était aussi surprise que ravie, à sa manière parfois un peu blessante : « Tu te mets à avoir des copains, et des fréquentables en plus, tout arrive. »

Le samedi après-midi arriva vite. Je devais déjeuner chez ma grand-mère, puis aller directement chez Rémy. Mon père passerait me récupérer en début de soirée après avoir fermé le magasin, c’était son week-end.

Je dormis le vendredi soir chez ma grand-mère, avec une sorte de petite angoisse dans le ventre pour l’après-midi du lendemain, dont j’avais pourtant très envie, mais qui représentait pour moi une sorte de continent inconnu. D’habitude, la manie de ma grand-mère de déjeuner à midi pile m’horripilait. Pour une fois j’étais plus pressé qu’elle de passer à table et plus encore d’en sortir. Mais je n’osais pas trop le montrer et j’attendis qu’elle ait réchauffé pour elle et Papi une tasse du café du matin pour oser partir, le cœur battant, vers l’après-midi chez Rémy.

Je me forçais à ne pas marcher trop vite, de peur d’arriver en sueur et de puer ensuite. Arrivé devant chez Rémy, je sonnais, le cœur battant, me répétant ce que j’avais prévu de dire à ses parents si c’était l’un d’entre eux qui venait ouvrir. Mais en fait ce fut Guillaume qui vint jusqu’à moi. En habitué de la maison, il était venu pour déjeuner avec la famille. « T’es là super tôt Chris, on n’a pas fini de manger. Entre avec moi, je crois que tu viens de gagner une part de gâteau au chocolat comme cadeau de bienvenue. »

Je me tirais mieux que je n’avais cru de cette fin de déjeuner avec les adultes. La mère de Rémy avait l’habitude que son fils unique invite des amis à la maison, Guillaume faisait lui carrément partie des meubles.

J’avais déjà admiré la grande maison d’architecte, son jardin petit mais entretenu par un professionnel. Mais je ne connaissais que le séjour, la cuisine et le bureau de sa mère qui donnait sur le jardin et où se trouvait la fameuse photocopieuse. Je n’avais pas encore vu le domaine de Rémy. Il n’avait pas à proprement parler de chambre, mais deux pièces avec une salle d’eau rien qu’à lui sous les toits, une grande chambre et une pièce qui lui servait à la fois de salle de jeux et de bureau. Je n’eus pas besoin d’exagérer mon admiration, je trouvais tout ce que je voyais très agréable et j’aurais bien aimé avoir autant d’espace et de choses à moi. Il y a avait un peu trop de choses en rapport avec le sport à mon goût, il flottait dans l’air comme une odeur de vestiaire, mélange de sueur et de baskets. Mais curieusement, je ne trouvais pas du tout cela désagréable, c’était même dans le contexte légèrement excitant.

Il y avait un grand clic-clac dans la salle de jeu, suffisamment large pour s’y installer confortablement à trois. Guillaume me dit qu’il y avait dormi pas mal de fois. Je me mis à ressentir comme une sorte de jalousie un peu absurde pour la relation de complicité évidente et ancienne qui existait entre eux. Je n’avais jamais rien connu de pareil dans ma propre vie. Mais en même temps j’étais content de la spontanéité avec laquelle ils me faisaient de la place dans leur duo.

Très vite la conversation roula sur les scènes de sexe photocopiées dans Azteca.

— Il y en a plusieurs dont on n’a jamais parlé, dis-je.

— Ah oui, répondit Rémy, lesquelles ?

— Et bien il y a celle ou le héros se soulage avec le garçon qui a été castré.

— Ah ouais, dit Guillaume, c’est un peu dégueu ça. Quand il met la bite entre les cuisses de l’autre et qu’il se frotte jusqu’à ce qu’il jouisse. C’est trop bizarre pour moi ce truc.

Rémy et moi prétendîmes en chœur ou presque que ce n’était pas notre préférée. Et ce fut Rémy qui continua :

— Il y la première aussi. Celle où le héros et ses potes sont de tour de garde et où ils font un concours de branlette.

— Ah ouais, dit Guillaume.

— À votre avis, me surpris-je à demander, ça existe vraiment ?

— Quoi donc ? dit Rémy.

— Ben les concours de branlette.

Rémy et Guillaume se regardèrent.

— Tu crois qu’on peut ? dit Rémy.

Guillaume me regarda d’un air inhabituellement sérieux.

— Ouais, répondit Guillaume, je crois qu’on peut.

— Ben en fait, commença Rémy, ça nous est déjà arrivé à Guillaume et moi. Oh pas plein fois, juste comme ça pour voir. On était curieux de voir comment ça marchait, de comparer. Mais bon, à deux quoi c’est pas hyper varié.

Partagé entre la surprise et l’excitation, je demandais :

— Mais comment ça se passe ? Je veux dire, ça vient pas dans la conversation comme ça d’un coup, non ?

Rémy eut un petit rire et m’expliqua :

— Oh tu sais c’est tout simple. Guillaume vient souvent dormir ici. Un soir que mes parents étaient sortis, on a regardé un film que mes parents ont planqué dans le salon, une cassette vidéo qui s’appelle Emmanuelle. On l’a maté tranquille en bas, mais quand on est monté, on était trop excité. Plus on en parlait moins on se calmait. Alors on s’est installés dans ce canap et on a fait ça chacun de notre côté. On était tellement chaud que ça n’a pas duré super trop longtemps. J’ai sorti une boîte de kleenex pour qu’on puisse nettoyer les dégâts.

— J’en ai utilisé quatre et lui trois, intervint Guillaume.

— Ouais c’était le premier concours. Guillaume a gagné. J’en ai gagné d’autres.

— Vous avez fait ça plein de fois alors ? demandais-je.

Guillaume et Rémy se regardèrent d’un air hésitant. Le silence s’installait un peu. Je le brisai :

— Eh les mecs c’est juste une question comme ça. Je veux dire, vous faites ce que vous voulez. Ça a l’air plus rigolo que de faire ça tout seul dans son coin.

— T’as jamais rien fait de ce genre ?

— Ben en fait pas vraiment. Si, une fois avec un de mes cousins, chacun de notre côté. On était en vacances depuis une semaine à partager le même grand lit chez mes grands parents paternels. Il a tenté de faire ça discret en croyant que je dormais. En fait je ne dormais pas. J’ai hésité puis j’ai fait comme lui. On a fait ça chacun de notre côté en silence et on n’en a pas parlé après.

— Mais vous vous l’êtes pas montrée ni rien ? dit Guillaume.

— Euh non.

— À part la tienne, combien t’a vu de bites dans ta vie ? demanda Rémy.

— Euh, je sais pas trop. Ça fait un moment je crois. À part en CM2 quand on allait à la piscine et qu’on se changeait tous ensemble. Mais du coup on était que des gamins. J’ai jamais vu la bite d’un autre mec avec des poils et tout ça.

— Ça te dirait qu’on se les montre ? demanda franchement Guillaume.

Depuis quelques minutes, je sentais les battements de mon cœur accélérer, le curieux nœud que j’avais oublié au fond de mon estomac se faisait de plus en plus présent. Et c’est d’une voix franchement plus très assurée que je répondis :

— Mais, ta mère peut monter, non ?

— Aucune chance, quand elle veut me parler elle se plante en bas de l’escalier et elle lève la voix. Elle ne monte jamais sans prévenir ou alors quand je ne suis pas là pour vérifier que je ne laisse pas trop de bordel. Elle est vachement respectueuse de mon intimité et tout ça.

— C’est cool de sa part.

— Je prends ça pour un oui alors.

Mon regard suppliant lui avoua ce que mes lèvres n’arrivaient pas à formuler.

— Détends-toi un peu, dit Guillaume, c’est rien qu’un moment cool entre potes et qui restera entre nous, pas vrai Rémy ?

— Garanti ! confirma Rémy.

Nous étions là, debout dans la salle de jeux, déjà excités mais avec l’air d’hésiter encore.

— Pas besoin d’être timide, Chris. Tu es forcément fait comme nous ou à peu près, reprit Guillaume.

— Oui, renchérit Rémy, une bite c’est une bite. Après c’est comme un nez ou une oreille, il y en a de toutes les tailles et de toutes les formes, mais on s’en fout, l’important c’est le plaisir qu’elle nous donne, non ?

— C’est sûr, dis-je.

— Au fait, dit Guillaume d’un ton rieur, tu l’as baptisée la tienne ?

— Hein ? Qu’est ce que tu veux dire ?

Baptiser, au collège, c’était repérer un mec avec des chaussures neuves et marcher dessus, de préférence avec des semelles sales et assez fort pour lui faire mal. Ça ne m’évoquait rien de positif. Rémy me rassura :

— Juste lui donner un nom. La mienne je l’appelle Pleureuse. Et celle de Guillaume…

— C’est Longue tige, compléta celui-ci.

— Non, je ne lui ai pas donné de nom. Longue tige, je vois l’idée, mais Pleureuse ?

— C’est parce que je mouille beaucoup dès que je bande. Tu vas voir.

Et il franchit l’étape suivante en enlevant ses deux baskets non lacées avec une aisance que je me sentais incapable d’imiter, tout comme la désinvolture avec laquelle il enleva son jean. Il y avait en lui une spontanéité du corps qui fit raidir au plus ferme l’érection qui s’était affirmée au fur et à mesure de la conversation.

Je découvris alors un slip mauve à l’élastique plus foncé, déformé par une érection qui me parut énorme pour un petit gars comme lui et dont la pointe avait déjà laissé une auréole sombre et humide sur le slip. Il enleva aussi sa veste en jean et se retrouva en tee-shirt. D’un signe de tête, il invita Guillaume à l’imiter, ce qu’il fit aussitôt, révélant un caleçon flottant, dont le fond était blanc, mais qui était imprimé des dizaines de fois par Taz, le personnage de cartoon inspiré du diable de Tasmanie. Le caleçon était un peu délavé. Comme il était lâche, il dissimulait la forme de l’érection de Guillaume mais la taille de la bosse me paraissait encore plus imposante que celle de Rémy.

Je m’assis sur le canapé pour enlever mes chaussures et mon pantalon, que je posais proprement plié sur une chaise. Je me retournais vers eux, mon slip vert à motif signé Pierre Cardin déformé par une érection qui me parut bien modeste comparé aux leurs.

— Cette fois tous en même temps, dit Rémy. Allez, à trois. Un, deux… trois.



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