Conte de fées et de sorciers


Conte de fées et de sorciers
Texte paru le 2002-11-01 par Urbain   Drapeau-fr.svg
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À notre époque, sur la terre, tous les hommes et toutes les femmes sont plus ou moins sorciers, cette situation est arrivée petit à petit après que les non-initiés eurent épousé des personnes au fait des secrets qui leurs permettaient de se singulariser autrefois.

Maintenant, à la longue, tous les enfants connaissent les trucs qui épataient, ou épouvantaient, autrefois, les humains normaux.


Ainsi, chaque ménage possède un lampe magique en terre cuite qui, lorsqu’on la frotte, permet à un génie de sortir. Beaucoup d’écoliers d’ailleurs utilise celui-ci pour faire leurs devoirs ou la vaisselle familiale lorsque les parents sont absent.

Lorsque j’eus 16 ans, le génie de la lampe de la maison était un gros bonhomme assez flemmard, il refusait de faire mes tâches ménagères prétextant qu’il était d’une caste de génie à laquelle il était interdit d’effectuer des travaux manuels.

Un jour qu’il m’avait trop énervé, je l’ai fait rentrer dans la lampe et de rage j’ai brisé celle-ci sur le sol.

Vous l’ignorez certainement mais une lampe à génie cassée devient inutilisable, j’ignore ce que devient l’hôte. Peut-être existe-t-il un bureau de placement pour génie en mal de demeure? Allez savoir?

Quand mes parents rentrèrent je leur racontais un mensonge pour expliquer les dégâts. Bien que briser une lampe volontairement soit interdit dans le Code de coutumes sorcières, papa et maman n’en firent pas une histoire, le gros génie familial n’était pas beaucoup estimé, papa gardait sur le cœur son refus de s’occuper du jardin et de tondre la pelouse alors que les voisins, eux, se la coulaient douce en regardant la télé pendant que leurs génies râtissaient les feuilles, labouraient ou bien lavaient la voiture.

On me chargea d’aller acheter une autre lampe à génie en me demandant de bien tester mon achat et ne pas me faire refiler un vieux produit contenant un génie détestable ou fainéant ou bien... horreur des horreurs... paillard, buveur, qui passe ses nuits au bistrot à peloter les sorcières un peu émêchées


Sur le chemin de la boutique, j’avais une idée pour mon choix. Idée qui, si mes parents l’avait connue, les auraient horrifiés.

La vendeuse me présenta tout d’abord ses vieux rossignols ébrêchés, elle tenta de me présenter les génies y habitant m’affirmant qu’ils étaient bourrés de qualité, je refusais et demandais à voir ce qui se faisait de plus récent. Des lampes neuves... possédant des habitants n’ayant aucune expérience.

L’air mécontent elle sortit des cartons de l’arrière-boutique:

— Vous savez des génies tout neuf, y savent rien faire, y sont tropjeunes... Un bon génie faut le laisser vieillir...

— Cela me conviendra très bien, je lui apprendrai le travail de la maison à ma façon puisque jusqu’à présent c’est moi qui m’en chargeais.

— Comme vous voudrez... Tenez, ce lot indique des génies de 18 ans, ça vous ira? Plus jeune on fait pas.

— Allez... Vendu... J’en prends un de ce carton.

— Vous l’aurez voulu, faudra tout lui faire voir car il débute, de plus vous aurez les frais d’habillement.

Elle emballa la lampe soigneusement et je payais. Sur le pas de la porte elle me cria:

— Et pis y a pas de garantie, si y vous convient pas vous vous débrouillerez pour le revendre vous-même. J’les reprends pas ceux de c’t’âge-là.

Je fixais le carton soigneusement sur l’arrière de mon scooter et me dirigeais vers ma demeure.


Parvenu à la maison je déballais la nouvelle lampe en faisant très attention. Je la transportais alors dans ma chambre et je la posais sur ma table de chevet. J’allais dans le placard où je cachais mes revues pornos gays que j’étalais sur le lit. Je me déshabillais complètement et, saisissant la lampe je commençais à la frotter.

Un petit nuage de poussière lumineuse sortit de l’ouverture, il se désolidarisa de la lampe et, petit à petit, se matérialisa, nu, en un superbe et jeune génie musclé qui retomba sur ses pieds:

— Tu as besoin de moi?... Maître... Quels sont tes souhaits...?

— Eh bien aujourd’hui, leçon numéro un.

— Oui Maître... Et quelle est cette leçon?

Je lui montrais une image de deux mecs en train de se sucer.

— Dis-moi génie de mon coeur, as-tu une grosse bite comme ça?

31 octobre 2002 - Urbain



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