De A à Z: (C)édric


De A à Z: (C)édric
Texte paru le 2005-09-19 par Patrice   Drapeau-qc.svg
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Copyright: © 2005 Patrice Boucher La série "De A à Z" fut la première série d'histoires érotiques à être publiée sur le babillard électronique de Gaynet Canada il y a plus de 13 ans déjà, bien avant que Gai-Éros ne voit le jour en 1998. Nous avons pu les récupérer sur de vieilles disquettes souples retrouvées dans nos boîtes d'archives. À l'époque, Patrice écrivait sous le pseudonyme "Marty B". Patrice a bien voulu revamper les textes et nous les présenter sur internet.
Template-Books.pngSérie : De A à Z

J'ai connu Cédric à l'université alors que je travaillais au journal étudiant. À la rentrée, on m'avait donné comme mission de suivre la vie d'un des joueurs vedettes de l'équipe de football universitaire tout au long d'une session. Le comité de préparation avait pensé qu'il serait bon de montrer aux gens combien de travail cela nécessite de poursuivre ses études à plein temps et d'avoir en plus une charge énorme d'entraînements et de parties pour ceux qui étaient dans le programme sportif.

Cédric était l'un des deux joueurs qui seraient suivis sur une base régulière. Il avait été contactés par le journal étudiant à la fin de la session dernière et il avait accepté d'emblée de participer à ce projet. C'était un grand gaillard de près de 1m90, 90 kg, les cheveux bruns coupés à la mode, des yeux noisettes au regard flou dans la vie de tous les jours mais qui devenaient vif les jours de match. Toutes mes copines en étaient follement amoureuses et tentaient de me persuader de les lui présenter; ce dont je m'abstenais bien entendu, ne voulant gâcher mon projet de journalisme en lui coupant des temps libres qu'il passerait plutôt avec ces nanas au lieu de moi.

Je l'ai donc rencontré la seconde journée des classes, entre deux cours, et nous avons ainsi pu convenir de l'horaire hebdomadaire des rencontres pour le projet selon notre horaire personnel. Je fus surpris d'apprendre qu'il avait aussi peu de temps libres pour lui! Nous avions donc convenu de l'horaire suivant:

— Lundi: de 11h à 13h pendant son heure de lunch.

— Mecredi: de 18h à 22h pendant son entraînement de foot.

— Jeudi: de 8h à 11h pendant un de ses cours théorique sur l'éducation physique que j'allais suivre toute la session avec lui.

— Vendredi: Match de foot (local ou sur la route), tout l'après-midi.

— Samedi: vers 18h, l'heure de fin était indéfinie, selon le temps que nous avions à consacrer.

Nous allions commencer dès la semaine suivante, afin de nous laisser le temps de préparer comme il faut notre session de cours parmi tout ça. Nous habitions tous les deux sur le campus, alors il serait aisé de se rencontrer, nous pouvions donc facilement nous accorder ce délai personnel. Je fis donc mon premier article sur notre première rencontre, des impressions qu'il m'avait laissées et de la difficulté que j'avais eu à me faufiler dans son horaire personnel. La rédaction était très fière de mon texte d'ailleurs et trouvait que ça faisait une bonne entrée en matière pour la suite.

Dès les premières semaines, nous nous sommes bien entendus. Heureusement, après tout, nous passions la majeure partie de nos temps libres ensemble pour compléter ce profil sportif du journal étudiant. L'une des premières choses qui me sauta aux yeux était sa rigueur! Jamais je n'avais vu personne prendre si à coeur son alimentation, son hygiène, ses entraînements, ses compétitions, ses cours. Tout ce à quoi il touchait devenait une série de choses et de comportements stricts, à un point tel où j'en vins à me questionner à savoir s'il y mettait autant d'énergie car je le suivais tout au long de la session. Il me rassura très vite... Il n'avait rien changé à ses habitudes et il avait toujours été aussi sévère avec lui-même; c'était d'ailleurs la principale raison pour laquelle il n'avait toujours personne dans sa vie car il faisait craquer tout le monde en moins de deux semaines en temps normal. C'est pourquoi il se consacrait tant aux sport-études.

J'avais au fil des semaines développé une certaine complicité avec Cédric. Nos rencontres fréquentes et nos longues discussions m'avaient permis d'apprendre plusieurs choses sur lui, principalement au niveau de sa vie personnelle: où il avait grandi, de quel milieu il venait, etc. Je savais maintenant pourquoi je n'avais pas croisé de membres de sa famille jusqu'ici, Cédric étant orphelin depuis l'âge de trois ans; il avait peu ou pas d'amis car son horaire chargé ne lui permettait pas d'accorder le temps nécessaire pour établir des amitiés franches; et surtout, moi qui m'était attendu à voir défiler les filles à son dortoir au fil des semaines, jamais ne l'avais-je vu une seule fois avec une nana à sa chambre, seulement lors des parties où il faisait le fanfaron avec les autres membres de l'équipe lorsque les groupies arrivaient pour voir les matches.

Je m'étais donc peu à peu introduit dans sa vie par la force des choses et je continuais ma série d'articles sur sa vie étudiante et sportive. Arrivé à mi-session, il était fort heureux d'avoir cette semaine de congé. Pour lui, un congé consistait à seulement deux heures d'entraînement par jour et la même quantité d'études dans ses matières où il avait pris un peu de retard. Pour ma part, c'était plutôt l'inverse: m'étant tellement appliqué à cette rubrique depuis le début de la session, j'avais malheureusement négligé quelques matières où j'avais des tonnes de travaux et d'études à rattraper. Néanmoins, Cédric m'avertit à la fin du match du vendredi après-midi avant la semaine de congé que nous prenions une pause ce samedi-ci en soirée car il désirait se payer une soirée de bon temps à ne rien faire d'autre que regarder des films en s'empiffrant de pizzas. Il m'invitait d'ailleurs à me joindre à lui si je le voulais bien, à la condition que l'on mette de côté les études, le sport et le journal étudiant. J'acceptai avec joie, malgré tout le travail que j'avais à faire. Une soirée de plus ou de moins ne serait pas la fin du monde!

Je me suis donc présenté chez lui à l'heure convenue le samedi en fin d'après-midi, vers les 17h. Quelques copains à lui, d'autres joueurs de l'équipe, étaient là et ils mangeaient déjà, goûtant l'une ou l'autre des trois pizzas sur la table. Plusieurs cartons de bières étaient dans la petite chambre et j'en fus presque sous le choc quand je vis Cédric en train d'en boire une. Jamais je ne l'avais vu consommer de l'alcool. Je me suis vite intégré au petit groupe en mangeant et buvant tout autant qu'eux. Je faisais partie du paysage de ces gars depuis le début de la session et ils me considéraient presque comme faisant partie de l'équipe désormais. La franche camaraderie que cela conférait était spéciale, les liens sont tissés serrés entre les joueurs des équipes sportives.

Quelques autres joueurs arrivèrent, d'autres repartaient, si bien que ce n'est qu'à 20h30 que Cédric et moi nous sommes retrouvés seuls, car les autres avaient décidé de sortir en ville. Je l'ai aidé à ranger quelques peu avant d'aller m'installer au salon avec un bière et un sac de chips. Cédric me suivait de près et s'affala dans le fauteuil près de moi et partit le vidéo. "Indiana Jones et la dernière croisade"! Je ne l'avais pas encore vu, ça tombait bien. Cédric me raconta qu'un de ses amis avait des quantités énormes de cassettes vidéos car il travaillait dans une vidéothèque et que les employés avaient le droit de prendre les films qui étaient en grand nombre après les trois premiers mois de location. Tout au long du film, je continuais de manger des croustilles et boire de la bière, un peu trop même. N'étant pas habitué à l'alcool, la pizza et les chips eurent tôt fait de me donner des nausées et pendant le générique du film, n'ayant pu me lever car j'étais un peu trop sonné, je dégobillais partout sur le canapé et sur moi. J'étais rouge de honte devant Cédric qui tentait par tous les moyens de m'aider à me diriger vers la salle de bain, en vain, car arrivés devant le bol des toilettes, j'avais déjà vomi tout de ce que mon estomac contenait!

Cédric me soutenait toujours par le torse pour me permettre de bouger. J'étais complètement paf! Il rabaissa le siège des toilettes et m'y fit asseoir. Il déposa la poubelle entre mes jambes et sortit. Il revint plus tard et je n'avais toujours pas bougé; heureusement, je n'avais pas vomi de nouveau non plus!

— Je suis... désolé... Cédric! parvins-je à articuler difficilement.

— Bah, ne t'en fais pas, tout est déjà nettoyé.

Et sans trop savoir pourquoi, je fondis en sanglots. Cédric me serra contre lui, maculant son chandail en me prenant dans ses bras. Je fus soudainement prit d'un éclat de rire profond. Je réalisais soudainement que c'était la première fois que j'étais saoul et je ne savais trop comment dealer avec les émotions qui me traversaient; parfois je voulais pleurer à chaudes larmes, parfois je voulais rire à m'en éclater la rate, et sans aucune raison par-dessus le marché!

— Je ne boirai plus... jamais! criai-je effrontément.

— Tsut, tsut, tsut... Maintenant, il faut que tu te laves, et moi aussi d'ailleurs... Tiens, tiens, de la pizza all-dressed! ajouta-t-il en riant aux éclats.

Je déposai mon doigt sur ses lèvres pour ne pas qu'il ajoute un seul mot. Au seul son du mot "pizza", j'en avais des nausées. Cédric comprit et se retourna pour alimenter la douche d'une eau mi-tiède, mi-chaude. Comme j'essayais de retirer mon pull sans y arriver, il m'aida doucement à me dévêtir. En temps normal, j'aurais été rouge de honte que quelqu'un m'aide à me déshabiller, mais depuis le temps que je suivais Cédric dans toutes les facettes de sa vie étudiante et sportive, même dans les douches après les entraînements et les matches, je me laissai faire sans me poser de question. Quand je fus finalement en caleçon, il me demanda de me relever, ce que je fus incapable de faire par moi-même.

— Désolé, je n'y arriverai pas... je prendrai... ma douche... demain matin.

— Oh pas question que tu dormes comme ça! Ça paraît que tu ne te sens pas toi! Allez! Je vais monter avec toi...

Et aussitôt dit, Cédric retirait à son tour ses vêtements. Entièrement nu, il m'aida à me relever et il fit glisser mon caleçon sur mes chevilles. Du bout du pied, m'agrippant à Cédric pour ne pas perdre l'équilibre, je réussis finalement à me débarrasser de mon dernier vêtement. Avec lenteur, il m'aida à passer la jambe par-dessus le rebord du bain et nous nous sommes ainsi retrouvés tous les deux sous le jet d'eau vivifiant. Cela me permit d'ailleurs de retrouver quelque peu mes esprits. C'est non sans difficultés que finalement nous avons réussi à nous laver; enfin, que Cédric réussit à nous laver car j'étais tout à fait incapable de faire quoi que ce soit d'autre que de conserver mon équilibre en me retenant sur les murs du coin. Nous sommes donc ressortis, Cédric m'a fait asseoir sur la toilette pendant qu'il s'essuyait et est ensuite venu m'éponger sur tout le corps.

— Bon ça y est! Dodo maintenant, tu en as grandement besoin.

— Tu es... gentil... Cédric.

— Ne t'en fais pas, y'a rien de cassé, personne n'est blessé... Demain, on rira de tout ceci, tu verras...

Accroché sur son épaule, Cédric me conduit doucement dans la chambre. Il y avait un grand lit et il défit les couvertures pour me permettre de me coucher. Je ne suis plus certain si ma mémoire me joue des tours, mais il me semble que Cédric m'a alors déposé un baiser sur le front en éteignant la lumière. Sur le coup, je n'y ai pas porté attention!

Je ne me souviens plus de rien jusqu'au lendemain matin. J'ai dû tomber comme une brique... Lorsque je m'éveillai aux petites heures du matin avec une énorme envie de pisser - il devait être près de 5h - j'ai tout d'abord paniqué car je réalisai que je ne savais pas où j'étais; je n'étais définitivement pas dans mon lit! Qui plus est, je m'éveillais calé contre le corps de quelqu'un qui avait son bras autour de mon torse. Vous imaginez ensuite la panique quand j'ai senti une barre raide de mon dos qui devait appartenir à ce quelqu'un (définitivement, on ne pouvait plus penser à une quelqu'une). Je tournai légèrement la tête pour finalement apercevoir du coin de l'œil qu'il s'agissait de Cédric. Gêné, je me rappelai finalement avoir été malade la veille, et me rappelai vaguement l'épisode de la douche. Je ne pus m'empêcher de rougir et j'ai senti mes joues s'irradier de chaleur quand je m'aperçus soudainement que l'état de mon ami Cédric s'était propagé à moi aussi. Je bandais!

J'en sursautai, ce qui eut pour effet d'éveiller Cédric, qui toujours à demi endormi, m'enserra encore plus fort contre son torse de son bras musclé, en déposant un petit baiser dans mon cou tout en me susurrant: "Tu sens tellement bon... j'aime ton odeur..." Son corps se frottait langoureusement contre le mien, son sexe rigide bien calé entre les deux globes de chair que formaient mes fesses. Des milliers de questions tourbillonnaient dans ma tête. Cédric était gai? Avions-nous fait quelque chose? Avait-il profité de mon état pour me faire faire des choses que je ne voulais pas? Tout à coup, je reçus une claque en plein visage quand une question banale se présenta à mon esprit: était-ce moi qui avait voulu que... Ma tête ne savait plus quoi penser, surtout que j'en avais perdu mon envie de pisser et que ma queue avait doublé de grosseur aux idées que Cédric et moi avions pu baiser ensemble. Moi qui n'avais jamais eu d'attirance pour les garçons, j'étais sous le choc.

Je me suis levé en vitesse, ce qui eût pour effet de réveiller complètement Cédric qui, le visage pourpre, retira son bras d'autour de moi et se retourna alors que je me sauvais aux toilettes. J'eus vite fait de me rhabiller et de quitter sa chambre.

Nous n'en avons jamais reparlé, et comme je ne me souviens plus de quoi que soit de cette nuit, aucune idée à savoir si nous avons fait quelque chose. Cependant, aussi bizarre que cela puisse paraître, quand j'y pense, ça me fait bander juste à l'idée que nous ayons pu se partager de la sorte l'un envers l'autre, une idée qui pourtant me dégoûte tout à fait quand je pense à un quelconque autre garçon...