De l'autre côté de la rue 02


De l'autre côté de la rue 02
Texte paru le 2020-06-28 par Charly Chast   Drapeau-fr.svg
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DE L'AUTRE COTE DE LA RUE 02



Quand j'ouvrais les yeux, j'étais parfaitement détendu, parfaitement reposé. À côté de moi, Isabelle se réveillait également, elle commençait à avoir quelques réactions. J'ouvrais les yeux au moment où je la sentais se relever.

Elle s'étirait longuement puis passait amoureusement une main sur mon torse. Elle se blottissait contre moi, tout contre. Je sentais la chaleur de la poitrine contre la mienne et rapidement je bandais. Elle glissait sa main plus bas sur mon ventre, descendait encore et ne s'arrêtait que quand elle touchait la base de mon sexe, la main posée à plat sur mon bas ventre, ma queue fièrement relevée par-dessus, elle me souriait en me regardant dans les yeux et s'allongeait sur moi.

La veille, nous avions bien travaillé, la maison était presque rangée, il n'y avait rien à faire, c'est sans doute pour cette raison qu'Isabelle se détendait un peu. C'était presque inespéré, mais j'en profitais. Avec Isabelle, il faut toujours savoir profiter d'une opportunité.

Je la prenais dans mes bras, la couvrais de baisers. J'aurais bien aimé me laisser aller un peu plus, l'embrasser sur tout le corps, me glisser entre ses cuisses, l'embrasser sur ses seins, son ventre, et plus bas encore… Mais avec Isabelle, il faut toujours rester très classique et les acrobaties de ce genre ne plaisaient pas à Isabelle. Je restais très classique.

Les baisers, c'est sur la bouche, les caresses, c'est un peu sur la poitrine et dans le dos, sur le ventre à la rigueur, mais trop bas… Je lui caressais doucement les fesses en prenant bien soin de ne pas glisser un doigt entre. Ce n'est pas classique !

Elle était particulièrement câline ce matin-là. Aurions-nous décidé de faire un premier enfant, le garçon comme prévu ?

Elle s'était totalement allongée sur moi, sa poitrine s'écrasait contre mon torse. Elle le faisait exprès, l'extrémité de ses seins me chatouillait mes tétons, je bandais ferme, elle se glissait sur moi et s'enfonçait sur moi. Elle était en position dominante, me souriait. C'est elle qui avait décidé, c'est elle qui décide toujours de toute façon…

Je l'enlaçais fermement, la serrais dans mes bras et l'embrassais avec tendresse. Elle se donnait entièrement à moi. C'est pas tous les jours que j'ai une telle chance, j'en profitais. D'habitude, c'est elle qui prend la direction de tout, et là, pour une fois, elle se donnait…

C'est alors que j'ai eu une panne, je veux dire une panne sexuelle. Brusquement, je réalisais qu’en fait, elle était juste en train de se faire faire un enfant. J'étais là pour la féconder, rien de plus. Brusquement, je débandais !

C'est vrai ça, je ne voulais pas avoir d'enfant, moi, enfin pas tout de suite. Et puis elle aurait pu m'en parler… Mais Isabelle ne parle pas, elle décide et agit.

J'avais envie de hurler…

Isabelle : Tu n'as pas l'air en forme, mon amour, qu'est-ce qui t'arrive ?

Elle insistait, c'était bien ça, ma panne semblait la contrarier au plus haut niveau. Normalement, elle avait encore quelques jours pour parvenir à ses fins. Une femme n'est véritablement féconde, enfin ne peut véritablement être fécondée, que pendant quelques jours pendant son cycle. J'ai tout de suite su quand cette période a pris fin. Du jour au lendemain, elle est redevenue plus froide, comme à son habitude. Mais elle était tellement belle !

Je ne pouvais plus la toucher pendant plusieurs semaines, au niveau du sexe c'était… Zéro… Déjà que c'était pas tous les soirs la folie érotique, elle semblait me faire payer ma panne.

Je reprenais le cours de ma vie, boulot, boulot, boulot, avec sa régularité du métronome. Mon voisin me faisait rire, il était souvent dans son jardin au moment où j'arrivais à la maison. Il doit être du genre distrait.

Il a vraiment l'air sympa, mais il est distrait, je l'ai vu l'autre semaine, il a tondu son gazon deux fois en quatre jours… Il était marrant, il avait un grand sourire en poussant sa tondeuse, il m'a salué. Il lui arrive aussi de sortir la poubelle le mauvais jour.

Je le vois tous les soirs quand je rentre du boulot, c'est devenu une habitude, le plus souvent il est à sa fenêtre sur son ordinateur. Apparemment, il aime travailler en regardant dehors, son bureau est installé juste devant sa fenêtre. Souvent, je le vois quand je regarde vers sa maison. Je ne sais pas ce qu'il fait comme boulot, il doit travailler à domicile, il faudra que je lui demande un jour. Un jour où on pourra parler…

J'aimerais bien faire sa connaissance un peu plus, mais il y a Isabelle, je ne sais pas comment elle fait, à chaque fois que je tente d'entrer en contact avec quelqu'un, elle apparaît sans prévenir. Ce doit être un sixième sens. Ça devient agaçant par moment. Je suis fou amoureux d'elle, mais j'aimerais bien, de temps en temps ; juste de temps en temps…

Avec le voisin, on parvenait… de temps en temps… à échanger quelques mots…

— Ça va toi, aujourd'hui ? …

— Tu ne devrais pas tondre ton gazon aujourd'hui, il pleut…

Ou encore...

— C'est pas le jour pour les poubelles…

En plus, il est rigolo, je ne sais pas ce qu'il m'a raconté un jour où je l'ai vu au supermarché. Il était venu acheter un ordinateur, l'ancien avait pris l'eau. On pourrait m'expliquer ce que ça veut dire ça ? Comment un ordinateur peut-il prendre l'eau ? Ces appareils ne sont pas prévus pour marcher sous la douche ou dans la baignoire.

On a un peu discuté au supermarché, il m'a parlé d'Isabelle, je lui ai un peu parlé de nous, depuis quand je connais Isabelle, depuis quand on est ensemble.

J'ai fait très attention à ce qu’Isabelle ne nous surprenne pas, elle n'aime pas que je parle avec des inconnus. Remarquez, elle n'aime pas non plus que je parle avec des gens connus, mes amis, ceux que j'avais dans le passé, ou encore le voisin… Il n'y a aucune chance pour qu'on invite François à la maison.

Je lui ai parlé de tout et de rien, il avait compris comment je vivais, comment nous vivions, Isabelle et moi. Isabelle a été ma première copine, la seule fille avec qui je suis sorti, la seule fille avec qui j'ai eu des relations intimes. Pourtant, quand j'étais plus jeune, au lycée, les filles me tournaient autour, jusqu'au jour où Isabelle est arrivée et a fait le ménage.

Je me souviens même lui avoir dit que ce devait être plus cool d'être célibataire.

Je ne sais pas comment j'ai pu lui raconter ça, mais il l'avait un peu deviné. Isabelle n'est pas très facile à vivre. Il ne m'a pas dit de mal d'elle, il n'a pas intérêt. Mais c'est vrai, il avait raison, elle n'est pas très chaleureuse avec les gens qu'on ne connaît pas. Et elle ne lie pas facilement le contact avec les gens, les voisins par exemple.

Finalement, Isabelle est réapparue derrière une gondole, j'ai salué mon voisin, elle ne nous avait pas vus.

Il n'a pas traîné pour disparaître je ne sais où, il ne voulait pas être vu par Isabelle. Elle revenait et critiquait le boucher qui n'était pas assez rapide, pas assez précis, il n'avait pas coupé la viande comme elle le voulait.

Isabelle : On n'arrive décidément jamais à se faire servir comme il faut !

Moi : Quelque chose ne va pas, mon amour ?

Isabelle : Le boucher, il est bon à rien, je lui avais demandé des tranches fines !

Moi : Tu aurais sans doute mieux fait de les couper toi-même.

Je lui avais dit cette dernière phrase sur un ton agacé. Elle l'a remarqué et n'a pas apprécié.

Isabelle : Tu te moques de moi maintenant ?

Isabelle : Et puis ne m'appelle pas mon amour !

Encore une fois elle était froide et désagréable. J'étais fou amoureux d'elle, mais par moment je me demandais comment je faisais pour la supporter. Il n'était pas rare qu'elle me parle sur un ton sec.

La tendresse que j'avais connue d'elle et que nous avions partagée à l'époque où nous commencions à sortir ensemble me semblait tellement loin par moment qu'il me semblait que ça n'avait été qu'un rêve.

Elle était tellement belle !

Elle ne me souriait plus, enfin plus souvent. Quand on recevait sa famille, elle devenait une hôtesse d’exception. Elle était alors attentive, attentionnée, souriante. Ces jours-là, je la retrouvais souriante.

Elle était tellement élégante !

Ces jours-là, je ne la reconnaissais pas. Agréable, même avec moi. Elle passait entre nos invités, s'assurait que tout allait bien, que personne ne manquait de rien. Elle d'habitude autoritaire qui aime se faire servir devenait discrète et assurait le service avec une efficacité incroyable.

J'aurais aimé que ces jours-là soient plus nombreux, plus fréquents. Elle se déplaçait avec douceur et fluidité. Elle était tellement merveilleuse dans cette robe qui savait si délicieusement montrer ce qu'il y avait de plus beau en elle… Sa silhouette !

À la maison, nous arrivions tôt. Les courses étaient rapidement rangées à leur place. J'entreprenais de prendre Isabelle par la main. Je la tirais vers moi…

Isabelle : Mais qu'est-ce qui t'arrive ?

Moi : Tu sais ma chérie, il y a bien longtemps qu'on ne s'est pas retrouvés…

Isabelle : Pas retrouvés ? Mais enfin, on est tous les jours ensemble !

Moi : Tu sais bien de quoi je veux parler. On est toujours ensemble, mais…

Isabelle : Écoute Alexandre ! Je suis très fatiguée ce soir… Après souper, je vais me coucher sans tarder.

Le souper terminé, elle montait se coucher, je rangeais la table, faisais la vaisselle, rangeais proprement la cuisine. Je montais à mon tour, je n'avais même pas envie de regarder la télé ou de traîner.

Elle dormait déjà, elle devait en effet être très fatiguée. Son visage était doux, plus doux que dans la journée. Elle avait un léger sourire qui, un instant, me faisait penser à la Joconde, c'était ma Joconde. Je restais là à la porte de la chambre à l'admirer. J'avais tellement envie de la prendre dans mes bras et de lui faire l'amour.

J'avais tellement envie de douceur, de tendresse ? Je voulais un câlin !

Finalement, je prenais une douche froide.

Au début, je me sentais saisi par l'eau froide. Ensuite, je me frictionnais vigoureusement, je me savonnais. Je coupais l'eau et je me savonnais. Rapidement, je bandais. Je me frictionnais la queue avec du savon et je frissonnais de plaisir. J'étais fou de désir, dans la chambre à côté il y avait une fille magnifique, belle comme un ange, sexy comme un démon… Mais froide comme un glaçon !

Je passais ma main sur mon gland, d'abord avec douceur puis avec plus de force. Je faisais une pause, je ne voulais pas conclure trop vite, puis je recommençais. Je respirais fort, lentement, mais fort, je remplissais bien mes poumons, refermais ma main sur mon sexe, le massais plus fort, faisais durer le plaisir. Ce n'est pas de cela que j'avais envie, j'avais besoin d'autre chose.

Le contact d'une peau sur la mienne, contre ma main. La peau humaine est toujours douce au contact. Le contact des lèvres sur ma peau, je me souvenais des baisers que me donnait Isabelle à l'époque où nous nous sommes rencontrés, à l'époque où elle faisait ce qu'il fallait faire pour me séduire.

Depuis, tant de choses ont changé, elle a fait le vide autour de moi, je n'ai plus d'amis.

J'avais besoin d'un peu plus de délire dans le sexe. Plus jeune, mes copains se vantaient de leurs conquêtes, moi, j'étais moins dégourdi. Tout le monde me disait que j'étais de loin le plus craquant, le plus sexy, le plus beau…

Je me regardais dans le miroir, c'est vrai que je ne suis pas trop moche, je me trouve même plutôt mignon, un instant je me disais "Si j'étais une fille, je serais amoureuse d'un mec aussi bien foutu" . C'est pas des conneries, je vous jure, je vous montrerais bien une photo, mais… Je fais du sport et je suis musclé et bien proportionné. Je le vois souvent dans le regard des filles que je croise, à chaque fois qu'une fille me regarde, pour être précis, un petit truc dans le regard et un large sourire qui quelquefois ne cache pas qu'il se voudrait charmeur.

Je me demande pourquoi je suis incapable d'aborder une fille, et finalement il faut bien reconnaître, moi, les filles, en fait je ne les regarde pas. J'ai tout ce qu'il faut à la maison, Isabelle est tellement belle.

Mais ce que je voulais maintenant, ce qui me manquait de plus en plus c'était un peu plus de délire sexuel, enfin… un peut plus… juste un peu… juste un tout petit peu !

J'étais perdu dans mes pensées, mes mains parcouraient mon corps, ce n'était plus seulement pour me laver, c'était devenu des caresses que je m'accordais pour le plaisir. Je me frictionnais la queue de plus en plus vite, en refermant la main fermement, avec force ou avec douceur. Je sentais un plaisir monter tout doucement au travers de ma queue.

Brusquement, ma respiration devenait irrégulière, je tremblais, je me contractais et je jouissais, j'éjaculais, au travers de la salle de bain… Un jet de plus d'un mètre. J'étais essoufflé, je me sentais mieux, mais ce qui me troublait c'est qu'au moment où j'ai joui, c'est un visage amical, que j'ai eu comme un flash devant les yeux, un visage souriant, toujours souriant et sympathique…

Le visage de mon voisin François !

Je restais là sans bouger quelques instants en me demandant ce qui s'était passé. J'aurais dû voir le visage d'Isabelle, mais non !

C'était le visage de mon voisin qui était apparu et ce n'était pas la première fois !

Je rouvrais l'eau et me rinçais. Je reprenais mes esprits, toujours un peu perplexe. C'est vrai que François a un visage très sympathique, il a toujours le sourire, il a l'air…

Je l'aime bien finalement, mais c'est pas lui que j'aime et au moment où je jouis sexuellement, c'est pas son visage qui devrait apparaître devant mes yeux.

Je me séchais et revenais vers la chambre, en passant devant la fenêtre, il y avait du monde qui entrait chez mon voisin. Il reçoit du monde lui ! J'aurais bien aimé avoir une vie sociale moi aussi, ça aussi ça me manquait. J'aurais bien aimé faire partie de ce groupe et moi aussi avoir des amis, ce n'est qu'à deux pas de chez moi, une route puis un jardin à traverser, mais c'est pourtant si loin !

Il y a des moments comme ce soir là où je me sens seul. Dans la chambre à deux pas, dans le lit, dort une créature de rêve, une beauté rare, une beauté comme il y en a peu. Mais c'est aussi une beauté froide qu'il ne faut pas toucher, qui ne se laisse pas toucher.

Je me suis glissé dans le lit en faisant bien attention à ne pas la réveiller. J'ai mal dormi cette nuit-là !



À suivre…
N'hésitez surtout pas à me laisser un commentaire et à me retrouver sur Twitter… @CharlyChast