De l'autre côté de la rue 04


De l'autre côté de la rue 04
Texte paru le 2020-06-28 par Charly Chast   Drapeau-fr.svg
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DE L'AUTRE CÔTÉ DE LA RUE 04



Deux bières… Trois bières… L'ambiance se détendait, je me sentais, je ne sais pas comment dire, libre. Libre, c'est ça, je me sentais libre. De plus, je ne buvais pas souvent, même pas une bière le soir ou en rentrant du boulot, aussi les quelques bières que François m'a proposées me montaient vite à la tête.

On n'avait jamais eu le temps d'avoir une discussion, une vraie discussion. J'apprenais qu'il n'était pas marié, que la fille que j'avais d'abord prise pour sa femme est une amie, c'est tout. Elle vit avec une colocataire à un pâté de maisons plus loin.

Je lui racontais ma vie plus longuement, Isabelle à l'âge de dix-sept ans puis, bientôt, le mariage. Lui, il travaille dans l'édition, il fait des traductions, c'est pour cela qu'il est si souvent chez lui, il travaille à domicile.

Ça me faisait un bien fou de me retrouver avec quelqu'un avec qui discuter sans avoir à m'inquiéter si Isabelle allait arriver, elle m'envoyait un message me disant que le voyage se passait bien, comme prévu. Le programme, toujours le programme, avec elle, tout est programmé.

Quand la sonnette de la porte a retenti, j'ai senti comme un désagrément de la part de François, c'était Adèle, la voisine que j'avais prise au début pour sa femme. Je n'ai pas entendu ce qu'ils se sont dit, mais j'ai vu Adèle entrer presque en force, balancer un coup de reins à François qui s'est retrouvé contre le mur et je l'ai distinctement entendu alors lui dire :

— Pousse-toi de là ou je te marche dessus ! Tu ne t'imagines pas qu'un homme peut m'arrêter !

On devinait qu’Isabelle n'était pas la seule à avoir un caractère très fort. Celle-là aussi, il ne fallait pas se mettre sur son chemin, mais… Elle avait l'air amusante. Contrairement à Isabelle, elle n'essayait pas d'imposer sa volonté, elle ne disait pas ce qu'on devait faire. Il suffisait de faire pareil avec elle pour que tout se passe bien. François et elle semblaient très proches, ils semblaient très amis ; mais pas amants.

Elle était taquine et tout de suite me mettait à l'aise. François, elle l'appelait Truc, c'était pour l'embêter de toute évidence. Il n'avait pas eu le temps de refermer la porte qu'elle était déjà installée à côté de moi, tout à fait à son aise, charmante, mais pas charmeuse contrairement à Isabelle qui est charmeuse, mais pas charmante. Elle avait entendu parler de moi et de ma femme. Tous les copains de "Truc" avaient entendu parler de moi et de ma femme.

François restait sur le même ton taquin, quand il revenait dans le salon il invitait son amie à s'installer alors qu'elle l'était déjà depuis un bon moment !

La suite devenait un peu surréaliste. Il lui proposait de prendre un verre, elle réclamait un petit Bordeaux. Il lui répondait qu'il n'avait plus de vin, elle en sortait une bouteille de son sac à main et envoyait François chercher un verre dans la cuisine.

Elle n'oubliait pas de préciser qu'il était à la bonne température…

— Eh oui, je passais par là par hasard, j'ai vu de la lumière, ça fait longtemps que j'ai pas vu mon copain Truc, si j'allais voir ce qu'il devient depuis hier soir.

Je ne me trompais pas sur leurs relations, ces deux-là s'entendaient très bien ; ils étaient de très bons amis et ne se taquinaient qu'avec tendresse. En tout cas, une chose était sûre, si Adèle à un caractère aussi fort qu'Isabelle, avec elle on rigolait bien. Ils me faisaient rire, et je sentais qu’Adèle appréciait de me voir ainsi avec un large sourire. C'est elle qui était venue nous proposer un gâteau le jour de notre arrivée. Je commençais à mieux comprendre, elle avait déjà rencontré Isabelle.

François m'inquiétait un peu ce soir-là, quand on sonnait de nouveau à la porte, il avait l'air ronchon, il devait sans doute être fatigué. C'était une amie, la colocataire d'Adèle, Sophia. Elle n'était pas venue les mains vides, elle avait un gros gâteau. En fait, c'est elle qui avait fait le gâteau qu'Adèle nous avait apporté.

Il y avait aussi Thierry qui suivait avec deux bouteilles de vin. C'était des cris de surprise. Ils sont étonnants les amis à François. En fait, il n'y avait là aucune surprise.

Adèle : Mais Sophia, comment as-tu su que j'étais là ? je n'avais pas prévu de m'arrêter.

Sophia : Mais je n'en savais rien ma chérie.

Puis en se retournant vers moi !

Sophia : Dans son SMS, elle m'a dit d'emmener un gâteau, j'en ai toujours un prêt d'avance, au cas où. Tu comprends pourquoi on n'a pas la taille fine de ta femme… Qui au passage n'a pas voulu de mon gâteau. Tu vas voir, je les fais très bien !

Elle disparaissait dans la cuisine et revenait avec des verres et des assiettes pour tout le monde. Ils étaient tous habitués à la maison et faisaient comme chez eux. Adèle faisait le service, Thierry ouvrait les bouteilles qu'il avait rapporté avant de s'installer dans le fauteuil en face de moi. Il est rigolo Thierry, il ne fait pas beaucoup de bruit, il écoutait tout ce qui se disait et surtout ce que je disais. Il avait l'air pendu à mes lèvres.

François avait l'air un peu dépassé par la situation, il devait sans doute être fatigué, car c'étaient ses amis qui étaient là et j'avais remarqué qu'il les recevait souvent. Il se faisait entendre en parlant plus fort que les autres.

François : Bon, les enfants si on commandait des pizzas avant qu'il ne soit trop tard !

Tout le monde lui répondait en criant "Ouéééé", j'en faisais de même, rapidement on choisissait chacun ce qu'on voulait, seule Adèle choisissait de se faire livrer une salade…

Sofia : Une salade ! ? … Ma pauvre chérie, tu espères encore perdre du poids ?

Adèle : Connasse, je fais ce que je veux d'abord. Et puis tu peux te moquer, c'est un peu de ta faute…

Sofia : Mais tu n'es pas obligée de manger tout ce que je cuisine !

Les pizzas arrivaient une demi-heure plus tard, l'ambiance était chaleureuse, ça me faisait un bien fou. Adèle avait sa salade, mais reprenait deux fois du gâteau… Et c'était tard dans la nuit que je me retirais en premier. Le lendemain, il y avait le boulot et à cette époque je n'étais pas habitué à traîner le soir.

François : Ça va ? Ça s'est bien passé ; bonne soirée ?

Moi : Super bonne soirée, je te remercie, c'était génial. Tu ne peux pas savoir ! J'aimerais bien qu'on remette ça un autre soir.

J'étais ému, ça me rappelait l'époque ou j'avais encore des amis. Avant que je ne rencontre…

François : C'est rien, on prend un verre, des copains passent, une pizza, le gâteau de Sofia, le régime loupé d'Adèle… Et voilà.

Moi : Avec Isa, ça ne se passe pas comme ça !

François : Tu ne peux pas te permettre ce genre de soirée ?

Moi : Elle programme tout, elle a tout programmé pour les quarante prochaines années, et ça ne sera pas facile de caser une soirée comme ça dans son emploi du temps, enfin après son retour.

François : Alors il faut en profiter avant son retour, tu passes quand tu veux !

Moi : Je ne voudrais pas déranger !

François : Tu ne déranges pas ! Et puis dis-toi qu’Adèle, elle ne se pose pas ce genre de question !

Je lui disais ce que je pensais de ses amis, combien je les trouvais super ; Adèle et Sophia avaient été particulièrement gentilles avec moi. Vraiment géniales.

Moi : Elles ont l'air très proches, elles sont parentes ?

François : On peut le voir ainsi ? En fait, elles sont mariées… Ensemble… Tu aurais vu la fête que c'était ce mariage !

Moi : Ensemble ? Tu veux dire que ?

François : Ouais !

Je le laissais là, je serais bien resté toute la nuit, je n'avais pas passé une soirée comme celle-là depuis tellement longtemps. En fait, je n'avais jamais passé une soirée comme celle-là !

En le quittant, j'avais envie de l'embrasser, de le prendre dans mes bras et de l'embrasser !

Amusé, je me disais dans ma tête… "Alors comme ça, les voisines…" Et Thierry, lui aussi, je suis sûr qu'il est gay, il m'a regardé pendant toute la soirée. J'étais amusé de la situation. Mais François ?

Je suis rentré chez moi, j'ai pris une douche rapide, et quand je sortais de la salle de bain, je voyais par la fenêtre que mes nouveaux amis rentraient eux aussi se coucher. J'avais bien mangé, c'est vrai que Sophia cuisine divinement, son gâteau était une merveille, c'est pas avec ça qu'Adèle va réussir son régime.

Dans ma tête, je me sentais bien. J'avais un grand lit pour moi tout seul. Elle n'était pas là et ne reviendrait pas avant deux semaines. J'avais de nouveaux amis, je revoyais leurs visages ; Adèle et sa femme Sophia, Thierry qui en pinçait pour moi, j'en étais sûr maintenant, et François…

François était devenu comme un rayon de soleil, il était le visage amical que je voyais tous les soirs quand je revenais du boulot. Il avait toujours le sourire, toujours un mot gentil et sa distraction m'amusait. Mais comment un ordinateur peut-il prendre l'eau ?

Je m'endormais rapidement.

Il faisait beau, un temps magnifique qui permet de faire un barbecue dans le jardin. Je me sentais bien, il y avait tous les gens que j'aime autour de moi, François, mon voisin. Thierry qui était venu avec son mari que je ne connaissais pas. Sur la table il y avait un énorme gâteau que je savais délicieux, juste à côté, un autre énorme gâteau que je savais lui aussi délicieux. Sophia et Adèle les avaient apportés.

Les saucisses grillaient, d'autres amis réguliers que je ne connaissais pas étaient venus aussi. Les entrecôtes avec leurs herbes aromatiques parfumaient le jardin. C'était une très belle journée d'été, de fin d'été, je ne sais pas, je ne sais plus. Je somnolais sous un parasol.

Nos invités étaient partis, je restais seul avec François, je le regardais, il faisait le tour de la piscine ; tiens, j'avais oublié qu'il y avait une piscine, il venait vers moi. Il est bien foutu mon voisin, il a une belle silhouette, il est musclé, il n'y a pas que son visage qui est beau, agréable à regarder. On voyait qu'il faisait du sport, ses épaules étaient larges, ses cuisses étaient épaisses et ses bras étaient forts.

Il s'asseyait sur le sol à côté de moi. Il me prenait la main, je la portais à mon visage et y déposais un baiser. Il me répondait par un sourire. Il a un très beau sourire, pas seulement amical…

Il me rendait alors mon baiser, mais cette fois-ci, c'était sur la bouche. Je sentais la douceur de ses lèvres, il y avait ce petit chatouillis, sa barbe naissante. Vous avez sans doute que les filles n'en ont pas, mais François, lui, en a, il a une petite barbe très régulière, bien que légère, et je me disais qu'il gagnerait à se laisser pousser la barbe. Même si comme il était là, il était trop sexy.

Je passais une main sur sa nuque et tirais son visage vers le mien. Je me souvenais alors qu'en fait ce n'était pas la première fois que j'étais attiré par un garçon, au milieu du second cycle d'études, il y avait dans mon groupe un garçon extraordinairement beau, je ne pouvais pas détourner mon regard de lui en sa présence, il a vraiment fallu que je prenne sur moi… Puis elle est arrivée, elle ne l'a jamais su, mais elle n'a pas fait le ménage seulement avec les filles, avec les garçons aussi. J'avais refoulé ce souvenir jusqu'à cette nuit-là !

Il glissait sa main dans ma chemise, sous ma chemise, et me caressait avec une grande douceur, je frissonnais, je frissonnais amoureusement. À mon tour, je lui ouvrais sa chemise et couvrais son torse de baisers, je goûtais à sa peau, mais j'en connaissais déjà le goût et je l'aimais.

Je me relevais, François s'allongeait sur le gazon, il retirait sa chemise, je retirais la mienne et m'allongeais sur lui ; sa peau était brûlante, douce, brûlante, mais ne brûlait pas. Je l'embrassais sur tout le corps, mes lèvres descendaient vers son ventre, son nombril. J'ouvrais sa ceinture, sa braguette, il ne portait pas de sous-vêtements, il n'en porte pas. Il bandait, sa queue était de la même taille que la mienne, je la prenais dans ma bouche.

Il soulevait son bassin pour m'aider à baisser son pantalon. Je lui caressais alors les cuisses, l'intérieur, l'extérieur de ses cuisses. Je lui caressais les couilles, il me caressait les cheveux et gémissait de plaisir pour m'encourager. J'étais avec François depuis… Je ne sais plus en fait, mais j'étais avec François et j'étais bien. Nous avions beaucoup d'amis même si je ne les connaissais pas tous…

Je glissais mes mains sous ses fesses, je devais le chatouiller, je le sentais qui rigolait. Là, avec lui je pouvais glisser un doigt entre ses fesses, il me laissait faire, il aimait bien lui. Je bandais à l'idée de l'enculer, car je savais que ça se terminerait comme ça, ensuite c'est lui qui me prendrait…

Je me relevais brusquement, me réveillais et restais un peu hagard sur mon lit, les yeux grand ouverts…

"Ben mince alors, François est amoureux de moi !"



A suivre…
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