Deux cousins (42)


Deux cousins (42)
Texte paru le 2022-04-07 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Chapitre 9 - Promotions


Samedi 15 août 1964, école de Hinterhoden, Grindelwald

Tous les parents des élèves de l’école avaient été invités pour la cérémonie des promotions, mais certains n’avaient pas pu venir car ils habitaient trop loin. Un hôtel de la station avait offert une nuitée à ceux qui passeraient la nuit à Grindelwald.

Outre les parents de Frédéric, étaient présents ceux de Roberto, son père dirigeait une PME de design dans la région milanaise ; Son Excellence l’ambassadeur du Japon et sa femme, parents d’Hiroshi ; la femme de Son Excellence l’ambassadeur d’Islande, mère de Þjóðvarður ; les parents de Matthis, son père était maire de Illkirch-Graffenstaden en Alsace. Ils profiteraient de ramener leurs rejetons à la maison.

Comme il restait des places libres, Frédéric avait demandé à son cousin Daniel de venir avec Dom ; Koen avait invité les parents de l’apprenti cuistot Stefan, le Prof. Dr. Latte n’ayant pas pu se libérer. Peter assurerait la partie musicale avec le pianiste Alexandre qui habitait près de la Suisse, à Pontarlier. Ils désiraient approfondir leur collaboration artistique, éventuellement une collaboration plus charnelle si Stefan n’était pas jaloux.

Les parents de Frédéric, Charles et Anne, arrivèrent déjà le matin. Ils avaient rendez-vous avec la directrice pour parler de leur fils qui voulait passer son bac à l’école de Hinterhoden en allemand.

— Votre fils a le niveau requis, confirma-t-elle, mais cela sera difficile.

— Je pourrai compter sur l’aide de Koen, dit Frédéric.

— Oui, votre… compagnon de chambre est un véritable génie, il parle allemand aussi bien que sa langue maternelle.

— Il va aussi suivre les cours de français. Je l’aiderai.

— C’est parfait, dit Charles. Tu es aussi d’accord, Anne ?

— Oui, si cela ne marche pas ce sera toujours possible pour Frédéric de revenir à Lausanne pour refaire l’année.

Charles signa donc le contrat d’écolage, contrat qui liait aussi Frédéric à Koen pour une année supplémentaire, pour autant que leurs relations restassent au beau fixe. On pouvait toujours changer de chambre en cours d’année en cas de scènes de ménage. Tous n’avaient pas le privilège de chambres à deux lits et devaient se contenter de dortoirs.

Charles devait parler ensuite avec la directrice des contributions qu’il versait à l’école, celle-ci pria Frédéric de sortir du bureau.

— Non, dit le père, Frédéric reste avec moi. Je dois le mettre au courant des affaires de ma fondation. Ma femme désire visiter l’école avec Koen.

La directrice eut l’air contrariée, mais elle n’eut pas d’autre choix que d’accepter. Elle proposa d’aller chercher du café et sortit avec Anne.

— J’aurais à te parler, dit Frédéric à son père, mais c’est compliqué. Je préférerais le faire un autre jour.

— Le week-end prochain ? Je pense que tu seras rentré des Pays-Bas.

— Oui, je reviens vendredi après-midi d’après le billet d’avion que m’a envoyé ta secrétaire.

— Nous serons seuls, ta mère va à un séminaire de méditation transcendantale avec tes sœurs. Je te propose de faire une randonnée, je m’empâte et tu dois être en pleine forme avec tout le sport que tu as fait ici.

— Bonne idée.

— Et pour l’aller, toujours le wagon-lit ?

— Oui, Koen, ou plutôt ses parents, tenaient absolument à faire ma connaissance et à m’offrir le voyage.

— Il a dû leur dire beaucoup de bien de toi ! s’exclama Charles.

— Je ne sais pas ce qu’il leur écrit, je ne pense pas qu’il leur a parlé de notre relation intime.

— Ils ont peut-être deviné, tu verras bien. Attention, son père est un homme politique, pas de faux-pas.

— En général c’est plutôt lui qui met les pieds dans le plat.

La directrice revint avec les cafés. La discussion fut rapide, les perspectives pour l’année scolaire étaient bonnes, toutes les places disponibles étaient réservées, signe que l’enseignement était excellent et que l’atmosphère de tolérance réciproque entre les nombreux élèves gays et les autres fonctionnait. Comme convenu, Charles avait augmenté la contribution de sa fondation afin d’engager du personnel supplémentaire, en particulier un infirmier pour s’occuper des bobos des élèves.

Charles signa le deuxième contrat de la matinée, une somme beaucoup plus importante.

Le dîner était servi dans le jardin pour les élèves et les invités déjà présents. C’étaient des sandwiches, un repas festif était prévu le soir. Daniel et son amie étaient eux-aussi arrivés. Après avoir pris un verre de vin blanc et trinqué avec les autres, il demanda à son cousin de s’éloigner pour lui parler.

— Qu’y a-t-il ? demanda Frédéric. Rien de grave, j’espère.

— Je ne sais pas, répondit Daniel, je crois que nous avons fait une bêtise au Tessin.

— Qu’avez-vous fait ?

— Nous avons fait l’amour avec des femmes.

— Oui, pour des homosexuels cela paraît être une bêtise, fit Frédéric en riant. Où est le problème, sinon ?

— Sans capote.

— Tu as chopé la chtouille ? Tu n’as qu’à aller consulter le Dr Tissot.

— Ce n’est pas ça, ce sont des lesbiennes, elles ne doivent pas être malades. Elles voulaient des enfants.

— Je vois. Félicitations ! Tu vas être père. Cherches-tu un parrain ?

— C’est trop tôt pour le savoir. Cela m’inquiète un peu. Je suis mineur et je ne sais pas comment mes parents vont réagir.

— Ne t’inquiète pas, dit Frédéric, j’en parlerai à mon père et il vous mettra en contact avec un avocat pour vous conseiller. S’il le faut on cachera ça à tes parents jusqu’à ta majorité.

— Merci. Tu es un ange.

Dom se rapprocha des cousins.

— De nouveau des conciliabules, fit-elle, ils ont toujours des secrets, ces deux.

— Euh… fit Daniel, je luis ai parlé de… nos deux amies du Tessin.

— Bon, tu ne peux pas tenir ta langue avec lui, je vais m’habituer. Qu’en penses-tu, Frédéric ?

— C’est votre vie privée, je n’ai pas à vous juger. Tu sais cependant que tu peux toujours compter sur nous en cas de difficultés. J’ai proposé à Daniel de parler à un avocat pour régler tous les problèmes juridiques.

— Oui, c’est bien. Je suis sûre qu’Yvette et Chloé seront d’accord. Mais n’en parle pas encore à Koen, sinon la Terre entière sera au courant.

— Et c’est lui qui voudra aussi un enfant, dit Daniel.

Le Néerlandais arriva à ce moment-là.

— Vous parliez de quoi ? demanda-t-il, je n’ai pas compris, je n’ai pas encore commencé mes cours de français.

— De ta queue, dit Frédéric, ils espèrent la voir quand Hiroshi refera son exposé devant les invités cet après-midi.

— Ce ne sera pas lui, Franz m’a révélé que c’est le mien qui a été choisi à l’unanimité du jury. Je cherche un volontaire.

La cérémonie des promotions débutait à 16 heures. En attendant le début, la directrice conduisit les invités au nouveau Musée de Grindelwald pour une visite guidée. Daniel et Dominique s’y rendirent, accompagnés des parents de Frédéric. Pendant ce temps, les élèves aidèrent à préparer la salle de bal et les tables pour le repas à l’extérieur sur la terrasse.

Pendant que Koen répétait sa conférence, Yanis, un fleuriste, entra dans la salle et l’interrompit pour installer sur la scène quelques arrangements floraux que Franz avait commandés. Le jeune homme regarda avec étonnement l’écran sur lequel était projeté la photo d’un pénis en érection.

— Je ferai un exposé tout à l’heure pour les promotions, expliqua Koen.

— À ce sujet ?

— Je pouvais choisir librement le thème et c’est ma spécialité.

— Ça a l’air intéressant ce que vous racontez.

— Je vous invite à ma conférence si vous êtes libre après 16 heures.

— Oui, le magasin sera fermé.

— Je cherche aussi un volontaire pour une démonstration pratique.

— Vous pensez à moi ? Et que devrais-je faire ? demanda le fleuriste en riant.

— Juste baisser vos pantalons et votre slip pour que je puisse donner des explications en montrant votre pénis et vos bourses.

— Vous êtes culotté de me demander ça !

— Désolé, ce n’était qu’une proposition.

— Cela ne me dérangerait pas, mais…

Franz avait entendu la conversation et les interrompit :

— Ton exposé restera théorique, Koen, pas de strip-tease cet après-midi.

— Pourquoi pas ? Cela pourrait intéresser les spectatrices.

— La directrice ne veut pas, elle a aussi invité le maire et un journaliste de la Jungfrau Zeitung, il y a déjà assez de ragots dans le village au sujet des mœurs dissolues des élèves.

— Bon, je comprends. Je pourrais quand même inviter ce charmant jeune homme ?

— Bien sûr, mais je te préviens, Yanis, je ne donne pas cher de ta vertu si tu restes avec eux après le souper.

— Tu le connais ? demanda Koen à Franz.

— Tout le monde connaît Yanis, tu devrais lire plus souvent la Jungfrau Zeitung, il a gagné le premier prix au concours de gymnastique de l’Oberland bernois. Et c’est le fils du maire, je ne sais pas s’il aurait aimé se faire tripoter le zizi devant son papa.

— En effet, dit Yanis, cela m’aurait dérangé. Sinon j’ai l’habitude de me doucher à poil après les entraînements. Quant à ma vertu… Merci pour l’invitation, je prends le risque. Ce n’est en tout cas pas avec une fille que je vais perdre mon pucelage ici.

Yanis termina l’installation des arrangements et s’en alla. Frédéric dit à Koen :

— Tu dragues les villageois à présent. Veux-tu déjà me larguer ?

— Pas du tout, c’était juste pour voir sa queue, elle doit être assez grosse. Et je pense qu’il est homosexuel, tous les fleuristes le sont.

— Affirmation pas très scientifique, je ne te reconnais plus. En plus il est sportif et tout le monde sait qu’aucun sportif ne l’est.

— Je n’ai pas encore de statistiques à ce sujet, il faut bien commencer par un bout.

Lorsque tout fut prêt, Franz envoya les élèves se doucher, mettre un slip et une chemise propres, ainsi qu’une cravate aux couleurs de l’école, élément de l’uniforme qu’ils devraient porter à la rentrée. Le photographe qui accompagnait le journaliste de la Jungfrau Zeitung était déjà arrivé, il demanda s’il pouvait faire des photos des garçons sous la douche. Franz acquiesça, à la condition de les montrer de dos dans le journal. Le photographe prit surtout des clichés de face pour sa collection personnelle et le journal publia une photo du maire durant son allocution car il y avait des élections en automne.

La cérémonie se déroula selon le scénario prévu : discours de bienvenue de la directrice ; discours du maire pour faire la promotion touristique de la commune (il remit un dossier complet aux invités) ; intermèdes musicaux de Peter et Alexandre qui eurent beaucoup de succès, plus que Koen qui suscita plutôt des sourires avec son exposé (Koen pensa que c’était parce qu’il n’avait pas pu montrer la bite de Yanis au public) ; enfin remise des diplômes qui n’en étaient pas, c’étaient seulement des attestations de la participation aux cours d’été.

Il y eut quand même un imprévu, le père de Frédéric prit la parole pour parler de sa fondation qui œuvrait dans l’ombre pour soutenir les personnes en difficulté à cause de leur orientation sexuelle. Il rappela aux élèves qu’ils pouvaient contacter en tout temps Franz, même après leur départ de l’école, il pourrait les mettre en rapport avec des associations dans leurs pays respectifs.

La cérémonie fut suivie d’un apéritif, puis du souper, il y avait du rôti à la broche et les fameuses tartes aux pommes de Stefan pour le dessert. Vers 22 heures, le temps avait fraîchi. Les invités quittèrent l’école pour aller dormir dans leur hôtel ou rentrer chez eux, à l’exception de Daniel, Dominique et de l’invité surprise Yanis. Quelques élèves avaient prévu de terminer la soirée dans un club.

— Tu nous accompagnes ? demanda Torsten à Koen.

— Non, répondit-il, je dois terminer mon premier article pour le magazine Der Ring au sujet de l’influence de la masturbation quotidienne sur la longueur des pénis chez les élèves des internats alpestres.

— Ouais, je comprends. Bon, on vous laisse. À demain.

Roberto, Matthis, Laurent, Vreni, Torsten et Kenneth s’en allèrent. Parmi les élèves, il restait Frédéric, Koen, Hiroshi, Laertes et Philippe, ceux qui étaient gays. Theo était rentré chez lui avec sa mère.

— Tu ne veux pas faire la fête le dernier soir ? s’étonna Frédéric. Tu auras toutes les vacances pour finir ton article.

— C’était une excuse, la vérité est que tu aurais gaspillé ton argent en m’offrant une bouteille de champagne hors de prix dans ce club juste pour voir une femme se déshabiller.

— Tu n’as pas tort. Franz, y a-t-il une boîte avec des hommes nus à Grindelwald ?

— Une boîte pour homosexuels ? Tu rêves ? Peut-être dans 100 ans. Vous devrez faire le boulot vous-même. D’ailleurs je crois que nos trois artistes Peter, Stefan et Alexandre ont une pièce comique à nous présenter.

— Et moi je pourrais terminer mon exposé avec Yanis, ajouta Koen.

— Suivez-moi, dit Franz, je vais vous monter un endroit de l’école que vous n’avez jamais vu.

Franz demanda aux personnes qui étaient restées de débarrasser les tables et de porter la vaisselle à la cuisine, puis il les mena au sous-sol de l’école, il ouvrit une porte fermée à clef. Une cave oblongue avait été aménagée, d’un côté il y avait des vitrines qui contenaient tous les trophées que Franz avait gagnés au cours de sa carrière de lutteur : des coupes, des médailles, des rubans ; de l’autre côté des photos des différentes compétitions et de la remise des prix ; au milieu une longue table avec des chaises de chaque côté ; enfin, au fond, une petite scène avec un piano droit.

— Génial, dit Laertes, mieux qu’une boîte de nuit, on pourra aussi faire du strip-tease.

— On compte sur toi pour montrer l’exemple, fit Frédéric.

— Vous avez gagné des taureaux ? demanda Philippe à Franz. Qu’en avez-vous fait ?

— Tu peux me tutoyer ce soir, nous sommes entre nous, répondit-il. Ils sont en pension chez différents paysans de la région et ils servent à la reproduction. Ils ne gaspillent pas leur semence dans des mouchoirs comme vous.

— Tu étais toujours entouré de demoiselles d’honneur pour la remise des prix, fit Koen. Tu n’aurais pas préféré des damoiseaux ?

— Désolé, Koen, ce n’est pas ce soir que je te dirai si je suis homosexuel ou pas. Ma vie privée ne regarde pas les élèves. On en reparlera quand tu auras eu ton bac.

— C’était juste pour mes statistiques. Je désire établir une corrélation entre l’échelle de Kinsey et la longueur des queues.

— Tu auras bientôt besoin de cartes perforées pour les gérer. Nous n’avons pas les moyens de nous payer un ordinateur IBM.

— Le père de Frédéric pourrait vous en offrir un. Je me chargerais de le programmer.

— Ne rêve pas. Mais tu pourrais louer du temps de calcul sur l’ordinateur de l’école polytechnique de Zurich.

— Je vais y réfléchir.

Franz avait prévu que certains élèves resteraient, il avait dit au cuisinier de descendre les restes de l’apéritif et du souper pour grignoter : du pain, de la viande froide et des fromages qu’avait apporté Peter. Il n’y avait plus de tarte aux pommes. Le père de Frédéric avait offert des vins vaudois, il restait un carton avec la cuvée spéciale « Le Faune en Rut » du Château de Vincelard. Franz déboucha deux bouteilles et remplit les verres.

Il montra ensuite le piano à Alexandre, s’excusant car il était désaccordé. La pianiste rectifia quelques cordes, puis dit que cela irait pour le duo comique de Peter et Stefan. Ceux-ci firent leur entrée dans la cave, l’un habillé en pâtre grec et l’autre en belle Hélène. Ils terminèrent leur chant en se déshabillant, comme ils l’avaient fait chez les architectes, et surtout en bandant, ce qui provoqua un immense éclat de rire et des applaudissements. Alexandre se retrouva également nu.

— Ça va t’inspirer pour tes récits érotiques, dit Frédéric à Philippe qui était assis à côté de lui.

— Peut-être, je préfère les belles histoires d’amour.

— Stefan et Peter sont amoureux.

— Je ne le savais pas.

— Et toi, si je peux me permettre de te poser cette question, tu as un amoureux ou une amoureuse ?

— Non, mais je ne désespère pas.

Koen intervint :

— Tu écris des récits érotiques ? Est-ce que je pourrais les lire ?

— Ils sont en français, tu ne comprendrais pas.

— Je vais l’apprendre, cela pourrait m’aider, je connais déjà quelques mots : la verge, la queue, la pine, le vit, les couilles, les roubignoles, le cul, le fion, bander, piner, baiser, enculer. (NDT En français dans le texte)

— Où as-tu appris tous ces mots ? s’étonna Frédéric.

— Un bouquin chez ton père.

— Fais gaffe, Philippe, si tu montres tes récits à Koen, dans deux mois il te dira lorsque tu oublies l’imparfait du subjonctif.

Peter et Stefan s’étaient rhabillés et tous trinquèrent. Franz demanda si quelqu’un voulait se produire. Laertes surprit tout le monde, il jouait aussi du piano, dans un tout autre style. Il interpréta quelques morceaux de jazz. Alex le félicita. Ensuite, ce fut Koen qui proposa quelque chose :

— Je pourrais terminer mon exposé avec Yanis.

— Attention, expliqua Franz au fleuriste, tu vas aussi finir à poil si tu acceptes.

— Il me semble que c’est la condition à remplir pour être admis dans ce cercle lorsque l’on n’est pas élève.

— Lorsqu’on est élève aussi, dit Frédéric, à poil dès le premier jour.

— Ce n’est pas obligatoire, je ne vais pas demander à Madame de se déshabiller, dit Franz en s’adressant à Dominique, je vous prie de les excuser, ils ne savent pas se tenir devant les dames.

— Cela ne me dérange pas du tout, fit-elle, je viens de terminer des vacances avec des hippies. Je m’attendais à tout en venant ici, après ce que nous a dit le cousin de mon ami.

Elle raconta en quelques mots leur séjour au Tessin, elle parla de Flavio, mais pas des lesbiennes. Koen eut l’air intéressé et proposa à Franz :

— On pourrait faire un voyage d’études à la rentrée dans ce camp au Tessin ?

— Tu devras aussi travailler, il me semble que tu as déjà assez pris de week-ends prolongés pour aller baisouiller à droite et à gauche.

— Tu as raison, je me concentrerai sur les élèves de l’école pour mes études. Mais j’aimerais bien étudier Yanis ce soir.

— Koen est incorrigible, dit Franz au fleuriste, à toi de voir s’il peut te tripoter le zizi.

— J’accepte, je doute fort que quelqu’un ne finisse pas la soirée à poil la queue au garde-à-vous, à part Madame, bien sûr.

— Tu pourrais être surpris, fit Frédéric, énigmatique.