Deux frères à la salle de sport (04)


Deux frères à la salle de sport (04)
Texte paru le 2022-07-19 par Linya Jr.   Drapeau-fr.svg
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Ding… tiens, un nouveau texto de Mathéo. J’ai pris mon téléphone et j’ai lu le message : « Salut Thom, est-ce que tu sais à quelle heure commencera le recrutement des nouveaux pompiers volontaires demain ? Mat. » Je lui ai répondu « 16h, et attention, aucun retard ne sera accepté. Le capitaine est très à cheval sur la ponctualité. Bises. Thom. »

J’ai reposé mon téléphone sur la table basse et je me suis étendu dans le canapé familial. Il n’y avait personne à la maison ce soir-là : mes parents étaient partis en thalasso pour le weekend. Cela faisait à présent neuf mois que j’avais terminé mes études, avec des résultats tout à fait convenables sans être exceptionnels. J’aurais bien aimé rester dans la ville qui avait connu mes folles années estudiantines, mais impossible d’y trouver du travail de manière pérenne dans mon domaine, et trois mois plus tard, c’est le cœur lourd, et le portefeuille léger, que j’ai dû me résigner à retourner vivre chez mes parents, le temps de trouver un emploi et de reprendre, définitivement cette fois-ci, mon envol.

Mon retour récent au domicile parental, après mes études, me faisait l’effet d’une régression, et je le vivais assez mal. Bien sûr, c’est toujours agréable quand on revient quelques jours chez ses parents : ta mère te fait tous tes plats préférés, ton père te propose de jardiner avec lui ou d’écouter ses vieux vinyles de Yes, de Led Zep ou de Pink Floyd en buvant une bière bien fraîche… Mais passées les deux premières semaines, les inconvénients d’une vie en famille refont surface : ta mère te demande d’être présent à la maison parce qu’une obscure cousine par alliance vient prendre le café avec elle le lendemain et que ça fait quinze ans qu’elle ne t’a pas vu, ton père te reproche d’être rentré à trois heures du matin et de l’avoir réveillé, etc. J’avais besoin d’espace, j’avais besoin de repos, j’avais besoin d’une vie à moi. Un soir, à table, mon père et moi nous sommes proprement engueulés à propos d’une histoire dérisoire :

— Franchement, Thomas, ça commence à bien faire ! Ta mère et moi, on en a marre de ton comportement d’ado ! Tu n’es pas à l’hôtel ici, tu es sous notre toit, il y a des règles dans cette maison, et tu dois les resp…
— Sérieux, Papa ? Tout ça pour une paire de chaussettes qui traînait sur la moquette de ma chambre ?
— C’est ta mère qui fait le ménage, c’est un manque total de respect !
— Allô, Papa, j’ai 26 ans, je te signale ! Je suis un adulte, je suis suffisamment grand pour ranger ma chambre tout seul, ce n’est pas à Maman de le faire ! Maman, c’est très gentil à toi, mais tu sais, je peux m’en occuper…
— Je sais bien, mon lapin, m’a-t-elle répondu, mais ça me fait plaisir.
— Non mais tu n’as pas honte d’abuser de la gentillesse de ta mère ? a ajouté mon père, haussant encore le ton. Tu es revenu ici, nourri, logé, blanchi, pour glander toute la journée… trouve-toi un travail au lieu de ne rien glander !
— Mais tu crois quoi ? ai-je crié. Tu crois que ça me fait plaisir de revenir ici et d’être traité comme un gamin au lieu de vivre ma vie comme je l’entends ? Tu crois que j’aime ça, ne pas avoir de taf et dépendre de Maman et toi ?
— Tu passes ta vie dans ta chambre sur ton ordinateur…
— Pour chercher du boulot, enfin ! Je passe des heures à envoyer des CV, à répondre à des annonces, à faire des entretiens en visio… c’est pas par plaisir que je reste dans ma chambre !

Le ton est encore monté d’un cran, des noms d’oiseaux ont fusé, ma mère a éclaté en sanglots et s’est réfugiée dans sa chambre. Lorsque la porte a claqué, mon père et moi nous sommes tus. Nous nous sommes regardés en chiens de faïence pendant un bon quart d’heure, chacun reprochant à l’autre la situation dans laquelle nous étions à présent. Lorsque ma mère est revenue à table, les yeux rougis, des traces de rimmel le long de son visage, elle a pris la parole d’une voix tremblante mais déterminée :

— Bon, tous les deux, vous commencez sérieusement à m’énerver ! Serge, ton fils n’a plus quinze ans, c’est un adulte, il vit une vie d’adulte, il n’est pas là pour se tourner les pouces et crois-moi, je le vois au quotidien, il se démène pour trouver un travail comme tu n’as pas idée ! Thomas, je comprends que la promiscuité et le retour à la maison soient difficiles, je sais que tu veux vivre ta vie, mais il faut aussi que tu y mettes du tien…
— Tiens, tu vois, même ta mère est d’accord avec moi ! a lancé mon père.
— Ça suffit, Serge ! Donc je propose la chose suivante : ton père et moi, nous te laisserons régulièrement la maison à toi tout seul. On partira en weekend de temps en temps, ça nous changera les idées. On te fait confiance pour t’occuper de la maison et pour ne pas y mettre le feu. D’accord ?
— D’accord, ai-je acquiescé tandis que mon père me fusillait du regard.
— Bon, maintenant, ton père a aussi raison : tu passes beaucoup de temps à la maison. Pourquoi est-ce que tu ne reprendrais pas les activités que tu pratiquais avant ? Je sais bien que tu n’y es pas allé depuis un bon moment, mais si tu redevenais pompier volontaire ? Je suis certaine que le capitaine te reprendrait sans problème. Et puis sors, prends l’air, fais-toi de nouveaux amis, ne pense pas qu’à ta recherche d’emploi… tu vas bien finir par trouver.

Ma mère, cette sainte femme. Si elle n’existait pas, on aurait eu du mal à l’inventer. Et elle n’avait pas tort : cette promiscuité me pesait, et pas seulement en ce qui concerne le quotidien avec mes parents, mais aussi au regard de ma vie sentimentale. Alex et moi avions rompu peu de temps après que j’ai obtenu mon diplôme, et c’est aussi un peu pour m’éloigner d’elle que j’avais décidé de revenir chez mes parents. Mais depuis mon retour, il m’était difficile d’avoir à nouveau une vie privée : je me voyais mal inviter une fille pour qu’on couche ensemble, avec mes parents dans le salon qui regardent les infos régionales… Et encore moins un mec ! Mes parents ne savaient pas que j’étais bisexuel : c’était une facette de ma sexualité que j’avais pu explorer à loisir pendant mes deux années de master loin du domicile familial, mais dont je ne leur avais jamais parlé, par pudeur, et peut-être aussi un peu par gêne.

Autant dire que les semaines qui ont suivi cette décision maternelle avaient été pour moi comme une renaissance. J’avais repris contact avec le capitaine Dumontier, qui était ravi de me voir reprendre du service. Il m’avait dit que j’avais pris un peu de « rembourrage » pendant mes études, mais qu’un peu de sport en salle me permettrait vite de retrouver ma silhouette. Et côté nouvelles rencontres, je n’ai pas été en reste, car entre les meufs de Tinder, les mecs de Grindr et les rencontres fortuites à la salle de sport, j’étais, du moins dans ce domaine, de retour dans la vie active (quoique pas toujours actif).

Seul dans le canapé, mon esprit s’égarait, et je pensais à nouveau à ce massage torride avec Enzo la veille au sauna, et à la partie de baise qui s’en était suivie avec son frère Mathéo, dont le regard ténébreux me transperçait à chaque fois avec la même vigueur que son membre démesuré. Je revoyais la scène, Enzo pris en sandwich, nos muscles luisants de sueur se contractant dans l’atmosphère torride du sauna, les gémissements de l’ado sous les coups de trique conjoints de son frère aîné et de moi-même… Ma queue se mit au garde-à-vous, et inconsciemment, je commençais à la caresser, faisant glisser le prépuce entre mes doigts qui, doucement, s’imprégnaient du liquide séminal qui suintait au bout de mon gland. N’y tenant plus, je me suis allongé sur le canapé, j’ai viré mon caleçon et j’ai empoigné ma queue fermement pour atteindre l’extase.

J’étais à mi-chemin, ma main gauche soupesant affectueusement mes couilles qu’elle faisaient rouler pour faire monter la sauce, quand mon téléphone s’est mis à vibrer. C’était Enzo qui m’appelait en visio sur Whatsapp. J’ai hésité : décrocher ou pas ? Puis la voix de la raison a pris le dessus, étant pour une fois d’accord avec la voix de la passion : une branlette en visio, n’était-ce pas un moment des plus agréables à passer ? J’ai donc posé mon téléphone sur la table basse, je me suis placé face à lui, cuisses écartées, queue bien visible, et j’ai décroché.

— Salut Enzo, regarde l’effet que tu me fais, petit coquin ! lui ai-je lancé en agitant mes 17 cm en pleine érection devant l’écran.
— Wow ! Ah ouais, j’adore ! Dis-moi, y a une belle vue chez toi… faudra que je vienne un de ces jours !
— Ha ha ! Avec grand plaisir. Mais je rêve où tu es torse nu ?
— Tu ne rêves pas. Il faut croire que les grands esprits se rencontrent… a-t-il dit en baissant son téléphone, faisant apparaître sur mon écran son membre viril, lui aussi objet d’une séance de plaisir solitaire.
— Miam, j’en ai l’eau à la bouche… lui ai-je répondu en me pourléchant les lèvres. Ne me dis pas que tu m’appelles pour me proposer une cam ?
— Non, à la base, c’était pour te remercier encore une fois, m’a-t-il expliqué tandis que je me pinçais les tétons de la main gauche, l’autre s’agitant vigoureusement au niveau du bas-ventre. Je ne pensais pas être prêt à franchir le cap et entrer chez les pompiers volontaires, et là, ça va être le cas !
— Ouh là, ne va pas trop vite en besogne !
— Mais non, t’inquiète, je ne vais pas juter tout de suite…
— Non, je ne te parle pas de ça ! lui ai-je dit en ricanant. Tu n’es pas encore sélectionné, il y a encore des tests d’effort physique et un entretien individuel pour vérifier ta motivation. Tu penses que tu en seras capable ?
— Pour ce qui est de mes capacités physiques et de ma motivation, tu en as déjà eu un sacré aperçu, non ? m’a-t-il répondu avec un clin d’œil.
— Ha ha ! Écoute, tout ce que je sais, c’est que dem…

Merde, le bruit de la clé dans la serrure : mes parents étaient de retour de weekend et j’étais à poil au milieu du salon, en train de me branler face caméra avec un ado rencontré à la salle de sport ! J’ai aussitôt bondi du canapé, j’ai chopé mon téléphone et j’ai couru à travers la maison, nu comme un ver, en pleine érection, montant quatre à quatre les marches de l’escalier menant à ma chambre. Une fois arrivé dans ma chambre, j’ai raconté à Enzo ce qui s’était passé, ce qui l’a fait beaucoup rire.

— Tu vois, Enzo, il faut avoir des réflexes comme ça si tu veux devenir pompier volontaire : quelques secondes perdues et ça peut être désastreux en intervention !
— D’accord, chef ! D’ailleurs, je crois qu’on a une intervention à finir…

Je me suis allongé sur mon lit, téléphone posé sur ma table de chevet, ma queue là encore bien en évidence. Je pouvais voir sur mon écran Enzo dans une position similaire dans sa chambre, une main sur sa queue, trois doigts de l’autre profondément enfoncés dans son anus. Sa capacité à encaisser côté recto m’étonnera toujours… Tout en me caressant, je me remémorais notre baise de la veille, ses gémissements incontrôlés quand je le massais, qui faisaient écho à ceux qu’il poussait là, au téléphone, pendant qu’il se branlait frénétiquement. Au bout de quelques secondes, dans un râle inhabituel, une quantité relativement impressionnante de sperme a giclé de ma queue, tandis qu’Enzo arrosait copieusement ses abdos puissants de foutre crémeux. Je me suis effondré, complètement K.O. Une minute après, le temps de reprendre mes esprits, je me suis redressé. Enzo avait raccroché mais il m’avait envoyé un message : « Feu au cul éteint. Intervention terminée. À demain, mon caporal ! »

Je me suis rapidement essuyé, j’ai enfilé un caleçon et un tee-shirt, et je suis retourné dans le salon. Mes parents m’attendaient. Après que je leur ai demandé comment s’était passé leur weekend, mon père est allé prendre une douche. Ma mère s’est approchée de moi et m’a dit :

— Tu sais, je sais bien ce que tu faisais dans ta chambre…
— Pardon ?
— Allons, j’ai beau avoir 55 ans, je ne suis pas sotte ! Je t’ai entendu…
— Ah ? Mais… mais… ai-je commencé à bégayer.
— Ah mais ne t’en fais pas, tu as droit à ton intimité ! Simplement, évite de laisser traîner ton pantalon et ton boxer dans le salon… Heureusement que j’ai pu les ramasser avant que ton père ne rentre avec les valises. On a évité une scène !

Ma mère, vous disais-je. Si elle n’existait pas, on aurait eu du mal à l’inventer.

Le lendemain, après une matinée somme toute assez banale de recherche d’emploi, je suis arrivé à la caserne vers 15h30 pour finaliser les dernières étapes de la session de recrutement avec l’adjudant-chef Berthier. Le sous-officier, un jeune trentenaire aux cheveux bruns coupés en brosse et aux yeux vert émeraude, plus petit que moi mais particulièrement bien bâti, m’a accueilli un grand sourire aux lèvres :

— Bonjour, première classe Lesueur ! Merci encore d’être venu.
— À vos ordres, mon adjudant.
— Non, j’apprécie, vraiment. C’est la première fois que je dois superviser une session de recrutement. Le capitaine Dumontier aurait dû être là, mais il a une réunion importante à la préfecture, à laquelle il ne peut se soustraire… Bon, heureusement que vous avez de l’expérience en tant que pompier volontaire !
— Ne vous inquiétez pas, mon adjudant, on va y arriver, tous les deux.
— De mon côté, m’a-t-il expliqué, j’ai préparé le test d’effort physique. Que du classique, des pompes, des tractions, des squats… Plus une course d’obstacles avec équipement, histoire de voir comment ils se débrouilleront sur le terrain.
— Super ! Pour ce qui est de l’entretien, je vous propose de nous répartir les aspirants. Ils sont douze, ça devrait être assez rapide. J’ai préparé une liste de questions et une grille d’évaluation pour nous. Qu’en pensez-vous ?
— Parfait, tout est en ordre !

L’horloge de l’église voisine a frappé quatre coups. C’était l’heure.