Deux gars à la belle étoile

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Numéro 113

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 113
Date de parution originale: Août 2001

Date de publication/archivage: 2017-07-31

Auteur: Didier
Titre: Deux gars à la belle étoile
Rubrique: Vacances à la dure

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Ce texte a été lu 4010 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Finalement, Fred a beau être mon cousin germain, je ne le connais pas plus que ça. C'est un beau mec, maintenant, bien charpenté, solide, campé sur de belles cuisses et jambes épaisses. Je m'en suis rendu compte vraiment cet après-midi alors qu'il marchait devant moi. Le désir de son corps m'a surpris d'un coup. Avant, je n’y pensais pas. parce qu'il était de ma famille ; je ne voulais rien voir. On s'entend bien tous les deux.

Je ne peux pas m'endormir. La campagne est silencieuse, comme les étoiles, là-haut, qui scintillent. Je me tourne vers lui. Je regarde sa nuque. Je trique. Il va falloir que je me branle. Fred respire doucement, profondément. Nous étions crevés de fatigue. Il dort. Moi, j'ai une folle envie de lui. Je m'approche de lui, je colle mon sac contre le sien. Peu à peu. j'épouse son corps, comme deux couverts qui s'emboîtent. S'il n'y avait les deux épaisseurs de tissu, ma bite serait plaquée contre son cul. J'ai envie de passer un bras autour de ses épaules. J'aimerais m’endormir, le visage niché contre sa nuque.

C'est à ce moment-là qu'il se retourne vers moi dans son sommeil. J'ai envie de toi, Fred, comme il y a longtemps que ça ne m'est plus arrivé! L'appel de mon désir a dû être puissant, comme si je l'avais crié. Les yeux de Fred s’ouvrent soudain et surprennent mon regard.

— Tu ne dors pas?

— Non! Peut-être que c’est d’avoir perdu l'habitude de dormir à la belle étoile. Ou bien parce que l’harmonie, c'est peut-être ça, finalement. Fred, je ne sais pas quoi te dire, j’aurais trop peur que tu le prennes mal! Allez, on essaye de dormir? Demain, la journée sera dure.

Je me retourne de l'autre côté. Je ferme les yeux. C'est à ce moment que je sens la main de Fred peser sur mon épaule.

— Tu me prends donc pour idiot! me dit-il. Tu crois que je ne sais pas qui tu es, et de quelle manière tu m'as regardé ce soir! Maintenant, réponds à cette question: comment fais-je, moi, pour savoir que t'es homo, alors que personne ne le sait dans la famille?

La réponse me vient tout de suite aux lèvres:

— Parce que toi aussi?

— Et voilà!

On s'est aimés, à ne plus pouvoir éjaculer. Sauf qu'on n'a pas baisé, parce que j'ai dû avouer à Fred que j'étais aussi séropositif, et qu’on n'avait pas de préservatifs. Mais tout était là, je vous le jure: les baisers passionnés, les étreintes à s’étouffer, les 69 endiablés.

La première fois, Fred a craché sur ma poitrine, agenouillé au-dessus de moi comme une ombre de la nuit. La quatrième et dernière fois, alors que j'étais couché à plat ventre sur mon duvet, et qu'il se limait la bite, couché sur moi, entre mes fesses. Il me répéta plusieurs fois:

— Tu ne perds rien pour attendre, mon salaud! Tu l'auras bientôt DANS ton cul! Et toi, tu te vengeras et tu dépucèleras mon anus toujours vierge!

On s'est aimés jusqu'à ce que nos bites respectives n'arrivent plus à bander.

Puis on a fait des deux sacs de couchage, un seul, et on s'est endormis dans les bras l'un de l'autre. Depuis, nous sommes amants.

Olivier, 31 ans.