El fuego (1)


El fuego (1)
Texte paru le 2003-08-29 par Charles   Drapeau-be.svg
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© 2003 — Tous droits réservés par Charles.


Quelle image auteur donne-t-il de lui à travers ses écrits?

Voilà bien la question! Certains d’entre-vous, chers lecteurs, m’ont sans doute imaginé «hard» à l’image de mes textes; d’autres n’ont pas été dupes et ont compris que j’étais un tendre aux fantasmes «hard» refoulés. Il est vrai que si mon imagination va bien au-delà de «ma» réalité, je n’en suis néanmoins pas au point zéro... Les rapports de soumission me passionnent et j’y ai tâté (à de nombreuses reprises). Mes fantasmes tournent autour de ce monde de rapport de forces où l’armée, les initiations père-fils (attention SVP, pas d’amalgame avec la pédophilie qui me dégoûte profondément), l’exhibitionnisme...

En fin de compte, j’ai trop peu souvent montré ma véritable personnalité. Je suis un tendre, un romantique qui s’enflamme pour un beau mâle (poilu de préférence) et qui rêve d’un amour immortel.

Désirant me révéler un peu plus dans mes textes, je commence aujourd’hui une nouvelle série de récits relative à mes vacances en Espagne... La Costa Blanca est réputée pour être un étalage de beautés des deux sexes. En vérité!

Chapitre 1

Une nuit se termine à Benidorm. Les derniers fêtards rentrent au bercail. Leur corps est fatigué par les trépidations de cette longue nuit, leur visage marqué et sans expression. Seuls ou par grappes, ils traversent la ville comme des errants, se dirigeant «on ne sait où» à l’appel du sommeil réparateur. J’attends le car qui va me conduire à l’aéroport d’Alicante et m’éloigner de cette cité des excès. Qui n’a pas vécu quelques jours à Benidorm ne peut comprendre!

Bercé par le va-et-vient des piétons et celui des voitures, mon esprit me projette huit jours en arrière... le jour de mon arrivée.

On ne choisit pas cette destination pour le repos mais pour les plaisirs qu’on peut y trouver. Avec mes 40 berges bien sonnées, je m’y rendais plein d’espoir... J’ai heureusement passé le temps des discothèques bruyantes où la quête reste le sexe. Je n’ai pas passé le temps de la quête du sexe! Conseillé par un guide mondialement connu et vendu en sex-shop, j’avais repéré quelques endroits éclectiques où le sexe-gay fait rage. J’étais bien décidé à tester et profiter des «services» alloués par l’endroit...

Benidorm est un feu d’artifice pour les sens. La vue est bien sûr la mieux servie. De jour comme de nuit, le spectacle vaut le détour pour tout gay normalement constitué. Les corps sont tellement beaux que ça en devient obscène. Conjugués à tous les temps du bronzage, fins ou râblés, ils offrent l’échantillonnage complet de la gente masculine en phase de séduction accélérée. Chacun y va de ses atouts: l’un est naturel, l’autre sophistiqué à l’excès. Rien n’est mis de côté! Tatouages et piercings agrémentent oreilles, tétons, muscles saillants. Cheveux courts, ras, longs, bouclés ou gominés soulignent des visages radieux aux regards foudroyants. Malheureusement (peut-être devrais-je dire heureusement!), tout n’est pas gay mais on devine que certains ne demanderaient pas mieux d’essayer. On se toise, on se mate et on compare. Les mecs sont des coqs prêts à toutes les folies pour se mettre en évidence... Le feu couve...

Difficile de rester de marbre lorsque, sur la plage, ils sont des dizaines à exhiber leur corps sublime. Mon boxer en lycra a souvent du mal à contenir mon érection et je m’oblige à rester couché sur le ventre.

Le premier jour sur la plage fait monter la pression. Un groupe de Portugais, génération friends, s’installe à mes côtés. Filles et garçons sont plaisants... et bruyants. Donc mon attention va souvent vers eux. Parmi ces trentenaires excités, il en est un qui me rend fou. Le mâle absolu! Son corps finement musclé et poilu n’est pas bronzé. Il en est à son premier jour de vacances. Il ôte T-shirt et short, dévoilant un maillot speedo noir bien garni. Il s’enduit de crème solaire tout en matant les jolies filles sur la plage. Deux filles s’occupent de son dos et ils rient beaucoup. S’il mate, moi, je ne suis pas en reste... Derrière mes lunettes-miroir, couché sur le ventre, je l’observe sans qu’il le sache. Il se couche un peu, offrant à mon regard sa croupe rebondie et un fin sillon de poil disparaissant dans sa raie culière. Puis, il se lève et adopte cette position pour offrir son corps aux rayons brûlants du soleil. Un peu de baignade et il revient se placer plus près de moi. À plusieurs reprises, il se retrouve seul tandis que ses copains nagent. J’enlève mes lunettes car je décide d’affronter son regard. Nous entamons un petit jeu de séduction qui m’enflamme et semble ne pas le laisser indifférent. Toujours debout, il se caresse le ventre, les tétons et remets souvent en place un service trois pièces qu’on pourrait croire de six tant il est gros. Il bande. Nos regards se croisent, s’évitent, se testent. Ça n’ira pas plus loin... mais qu’est-ce que c’était excitant!

Le premier soir, je reste calme. Sortie avec des amis hétéros et puis dodo. Comme nous ne logeons pas tous au même hôtel, mes amis et moi avions décidé d’un endroit où nous retrouver sur la plage. Le deuxième jour, je suis le premier au rendez-vous. Je m’installe sur une portion de plage calme. Lecture, walkman, bronzette, baignade. Un duo de mecs s’amène et s’installe à cinq mètres de ma serviette-éponge. Le plus âgé, très poilu et baraqué, attire vite mon attention. Il se recouvre de crème solaire. Il doit avoir mon âge ou un peu plus. L’autre est toujours en T-shirt et short; il déballe le parasol. Je suis très intrigué par ce couple atypique. Et c’est là que ma journée prend un autre sens! Le fils se retrouve en maillot bleu lagon. Ce garçon se révèle très séduisant. Un petit cul dodu et bien cambré sur deux jambes musclées et poilues. Une gueule de gamin sur un corps d’homme! Il se couche sur le ventre et commence à réviser des cours. Le vilain garçon doit avoir une seconde session. À quoi a-t-il donc passé son temps au lieu d’étudier? Une dame arrive - la mère - et c’est là que je comprends enfin la situation. Si j’étais moins obsédé, j’aurais pu comprendre tout de suite qu’il s’agissait d’un père et de son fils. Je suis aux aguets, attentif à ses moindres gestes... Il se lève pour aller à l’eau. Il revient, se fait dorer... Lorsque de jolies filles passent, je l’observe: pas de réaction vive. Je suis déçu en constatant qu’il reste aussi calme à la vue de jolis garçons. Mes amis arrivent et j’essaie d’être plus calme. Vers midi trente, lorsque nous quittons la plage, je suis en feu. Excité. Adieu, bel espagnol, je t’aimais bien tu sais...

Chapitre 2

Première soirée de sortie. Vers minuit trente, je quitte mes amis et fais mine d’aller me coucher (comme eux). Je n’ai qu’une envie: découvrir le gay Bénidorm nocturne. Ayant trouvé des adresses sur le net, je me lance (après avoir adopté une tenue ad’hoc: Tee-shirt blanc sur bermuda idem... et rien en-dessous). Je teste le Look, un bar gay réputé et, après un verre, je sors. C’est au «People», bar sympa et bien fréquenté, que je trouve mon bonheur. Dans le bar, je sirote un gin-tonic bien tassé. Ici, pour 5€, on n’est pas volé! La conso sert aussi de prix d’entrée.

Quelques beaux spécimens se toisent, timidement. Je vais en repérage au premier étage: la darkroom est vaste et il y a peu de monde. Une vidéo tout à fait à mon goût m’excite encore un peu plus. À droite, dans un coin, un bras m’attire. Corps à corps. Des lèvres m’embrassent le visage puis cherchent ma bouche. Embrasser est une chose que j’adore. Je ne peux concevoir le sexe sans embrasser. Vingt minutes de «tâte» et pelotage. Le mec est poilu. Je ne vous dis pas si ça me branche! Il parle espagnol et un peu français. Il se nomme Raul et a 42 ans. Bien foutu, viril et tout et tout. Notre corps à corps est très «hot». Je bande dur. Lui aussi. Il me murmure des choses sans doute très cochonnes à l’oreille mais je ne les comprends pas. Mais le résultat est là, ça m’excite! Bien vite, je me retrouve à poil dans un coin de la darkroom et lui n’en est pas loin (d’être à poil, vous avez compris!). Sa bouche est très active et me tire du plaisir du haut jusqu’en bas. J’ai envie de le sucer et de son côté il n’est pas contre. Loin s’en faut! Il me dit:

— Chupa... chupa...

Ben ça, je comprends et me voilà à genoux devant son engin royal. Pas hors norme la bite mais bien proportionnée et nature. Pas de parfum (berk!) ni d’odeur de «pas frais». Raul est clean! Je m’en occupe avec joie et ardeur!

Loin d’être un fana de la sodomie, il est des moments où j’en ai très envie. Devinez? Eh bien, oui, là, à genoux devant mon hidalgo, j’en crève... Je ne rêve que d’une chose: me faire limer par son beau chibre bien dur. Les mecs virils et pas hyper macho, moi, ça me branche... et me fait faire des folies. Quand je dis «folies», je me comprends! Je me relève la capote entre les doigts et je l’agite devant ses yeux rieurs. Il est partant. À partir de là, je le découvre sur un autre jour. Je saisis que pour lui l’acte auquel il se prépare n’est pas bestial. Il va me faire l’amour! Certes dans une immonde darkroom... mais avec beaucoup de tendresse...

Il m’embrasse longuement puis me retourne contre la paroi et continue à me bécoter le cou. J’ai des frissons. C’est génial! J’ai envie de hurler «Baise-moi!» mais je me retiens. Ce qu’il me fait là est trop bon. Ce mec est un esthète de l’amour. Ses mains sillonnent mon dos de la nuque aux reins... puis s’infiltrent entre mes fesses pour les écarter. Au bout de dix minutes, je suis au bord de la crise... Il me rend dingue. Enfin, un doigt me lubrifie avec du gel. Ça doit être du gel parce que c’est froid! Sa queue frappe mes lobes bien durs puis glisse dans la raie à la recherche du trou palpitant. Pas de coup de reins brutal et de «han» de bûcheron! Il s’insinue doucement en moi. J’adore. Il prend sa place et me laisse l’accueillir en douceur. Je fonds. Cette fois, ça y est. Il est en place et il me le fait savoir par un doux et long câlin dans la nuque. Je voudrais être dans son lit et échapper au regard des voyeurs. Moi, si exhib d’habitude, je n’ai qu’une envie: être à lui rien qu’à lui.

Je suis si bien. Je le sens en moi. Il commence à bouger. C’est léger comme mouvement mais efficace. Je gémis. Il me dit de me laisser aller (en français!) et accentue ses mouvements. Un type s’est approché. Il regarde mais ne touche pas. Raul doit être excité par l’arrivée du voyeur car il démarre au quart de tour. C’est parti... Il me lime en rythme en me tenant par la taille. Le type avance la main et caresse mes tétons dressés. Je ne vais tout de même pas me refuser ça! Il a compris que j’étais sensible de cet endroit. Il ne travaille les pointes et m’arrache des râles qui ameutent toute la darkroom. Nous sommes cernés par les voyeurs. Raul derrière et l’autre devant, je vais subir près de trente minutes de baise intense. Autour, ça branle, ça jouit et ça se tripote! Mon doux baiseur s’accroche à mes reins et se cambre. Il jouit dans la capote et dans mon cul. Je ne peux résister plus longtemps et avant qu’il décule, je largue ma purée. L’autre type me tapote l’épaule et s’en va. C’était trop bon...

— Je reviens ici demain... Toi aussi? me demande Raul.

— Oui.

Je me suis retourné pour lui répondre avec un grand sourire. Il me plaît énormément. Il pose ses lèvres sur les miennes puis m’aide à me rhabiller. Il est déjà 2 h 30 du matin mais je prends le temps de boire un verre avec lui. On parle un peu. En français, en anglais, en espagnol et même en italien. On rit. On se caresse. Mmmmmmm Raul!

À suivre...



Dernier courriel connu de l'auteur : dirtygayhairy@hotmail.com