En abîme (02)


En abîme (02)
Texte paru le 2019-01-27 par Yosh Leclerc   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : En abîme


CHAPITRE I

Section 2

Il semblait pleuvoir à verse. Du moins Gaspard avait-il cette impression. De là où il se trouvait, il entendait vaguement comme une pluie battante. Et pourtant, rien ne permettait d’en être sûr. Le bandeau qui lui masquait les yeux ne laissait passer aucune lumière et Gaspard ne pouvait donc corroborer son impression auditive par une confirmation visuelle. Et ce bandeau, il ne pouvait l’enlever. Ses mains étaient attachées dans son dos par des menottes qui lui faisaient mal aux poignets. Gaspard essayait bien, en bougeant la tête, de déplacer le bandeau, mais, malgré des efforts répétés depuis un long moment déjà, le bandeau n’avait pas bougé. Il était solidement attaché dans la nuque de Gaspard et, de surcroît, solidaire du bâillon qu’il avait dans la bouche ou du collier en cuir qu’il avait au cou.

Depuis combien de temps Gaspard était-il là ? Il ne le savait pas vraiment. Ses souvenirs les plus récents étaient flous. Il lui semblait avoir dormi tellement fortement qu’il en avait encore l’esprit tout embrouillé. Il était assis. Enfin, il était sur ses fesses, le dos appuyant sur deux ou trois barres verticales, les jambes allongées. Était-il sur le sol ? Sur un lit ou une planche ? Il avait du mal à savoir ; son cerveau fonctionnait au ralenti. Gaspard resta sans bouger pendant un moment, essayant tout à la fois de tendre l’oreille pour mieux cerner sa situation et de se souvenir de ce qui s’était passé.

Petit à petit des souvenirs remontaient à la surface.


Section 3

— Qui veut une nouvelle part de pizza avant que l’on passe au dessert ? Il reste de la "Reine", de la "Napolitaine" et de la "Quatre fromages".

Plusieurs mains se levèrent. Chacun indiquait son choix et tout le monde put être servi selon ses goûts.

— Il reste aussi du "Valpolicella". Pour qui ?

Des verres se tendirent et furent rapidement remplis. Les vingt amis qui dînaient ce soir-là, avaient déjà englouti plusieurs bouteilles de ce rouge italien en complément de plusieurs verres d’"Américano maison" comme Constant se plaisait à le rappeler. Lorsque les Pizzas ne furent plus qu’un souvenir, Constant invita les convives à la cuisine pour qu’ils se servent de glaces ou de tiramisu. Il ne fallait pas tarder, le match allait commencer. C’était le "classico" PSG/OM que personne ne voulait rater même si, ici, loin de ces deux villes du foot, en pays d’ovalie, personne ne supportait plus l’un des deux clubs que l’autre. Le "classico" était l’occasion de se retrouver entre amis du même âge ou presque (trente ans), mais de toutes couleurs et de tous les sexes. Aucun n’était vraiment en couple qu’ils soient plutôt ou totalement hétéro, plutôt totalement homo ou totalement bi, ils aimaient surtout l’échangisme.

Après le match, tout le monde allait se retrouver au grenier. Constant l’avait aménagé pour des parties de sexe. 90 mètres carrés de matelas, coussins, fauteuils, bancs, tables et autres éléments pouvant servir pour s’amuser entre amateurs de jeux sexuels de tout ordre. Les limites étaient simples : pas de violence ; pas de crad (uro ; scato) pour ne pas devoir relaver tout le matériel à chaque fois. Pour le reste, chacun choisissait son plaisir du jour parmi les habitués ou les novices. Ces novices étaient rares dès lors qu’ils n’étaient acceptés que s’ils étaient "parrainés" par deux habitués au moins. Le groupe comptait une trentaine de membres et se réunissait chaque quinzaine. La maison de Constant permettait cela. Même en son absence, le grenier était accessible. On pouvait y entrer sans passer par la maison : du garage on pouvait gagner la terrasse du premier étage d’où un escalier extérieur métallique, invisible d’en bas, pouvait être déplié pour atteindre le grenier. Ils n’étaient pas toujours tous présents, mais, en moyenne, une dizaine au moins. Quatre ou cinq fois par an, une soirée regroupait plus de monde à l’occasion d’un événement festif, comme c’était le cas ce soir.

Il fallut attendre les tirs au but pour départager les équipes. Et ce contretemps paraissait ennuyer certains couples ou trinômes (voire plus) qui s’étaient déjà formés. Mais le principe était que tout le monde monte en même temps et la règle fut respectée. Au coup de sifflet final, ce fut pourtant, comme chaque fois, le départ immédiat pour le "Nirvana" selon le nom que les amis donnaient à ce grenier. Un quart d’heure plus tard, les ébats étaient déjà à leur paroxysme pour certains des participants.

Ce jour-là il y avait un "novice". Olivier avait été amené par Flavian et Jérôme. C’était un jeune noir de 25 ans, d’un mètre quatre-vingt-dix, avec des yeux profonds et brillants et un sourire d’ange. Dès la seconde mi-temps du match, il avait conquis la moitié des participants, hommes ou femmes. Inutile de dire que ses faveurs étaient fort recherchées dans le grenier. Heureusement, il avait une constitution qui lui permettait de donner du plaisir et d’en prendre plusieurs fois dans la même soirée. Cependant, même avec cette constitution robuste, il ne tarda pas à ne plus pouvoir faire autre chose que de la figuration. Malgré tout, Flavian s’approcha de lui et commença à le sucer. Le sexe d’Olivier reprit une belle vigueur, mais il était manifeste qu’il ne pourrait plus jouir. Pourtant Flavian y mettait beaucoup d’entrain. Il avait envie de profiter de ce nouvel ami, de s’empaler sur son sexe d’une taille impressionnante. Jérôme étant occupé par ailleurs, les deux garçons se réfugièrent dans un des angles du grenier, plus sombre, mais aussi plus calme, pour se sucer mutuellement, se mordiller les seins, se lécher le cul et s’embrasser goulument.

Olivier semblait le moins actif ; la fatigue, peut-être ? Au bout d’un moment, alors qu’il introduisait sa langue dans l’oreille de Flavian, il dit tout doucement :

— Tiens-moi les mains, solidement. À partir de là, je suis sûr que tu pourras me faire juter encore une fois.

Flavian allongea Olivier sur le matelas et s’assit à califourchon, les chevilles sur ses épaules et son cul presque au niveau de la bouche d’Olivier. Celui-ci entreprit de lui lécher l’anus ce qui décupla le plaisir de Flavian. Il attrapa les deux mains d’Olivier, se pencha vers son sexe et commença à le sucer. Olivier était déjà dur, mais il fallait encore ajouter du plaisir pour qu’une ultime jouissance puisse jaillir. Flavian s’employa donc à jouer du mieux possible avec le sexe de son partenaire, passant le bout de sa langue sur son méat, ne prenant dans sa bouche que son gland ou avalant son sexe entier en aspirant profondément comme pour créer le vide dans sa bouche. Rien n’y fit, il semblait qu’Olivier ne puisse plus atteindre l’extase. Alors, Flavian alla vers l’une des armoires du grenier. Il y prit un ruban en tissus et, revenu vers Olivier qui se branlait encore, attacha les mains de son partenaire dans son dos. Celui-ci se laissa faire. Mieux il dit tout bas.

— Sert fort, j’aime ça.

Cela conforta Flavian dans son entreprise. Il attacha solidement les poignets d’Olivier ensemble, puis tenant les bras de son partenaire au-dessus de sa tête, fixa le ruban à un anneau scellé dans l’une des jambes de force du toit. Il se remit alors à sucer Olivier avec passion. Un tel sexe méritait bien qu’on lui prodigue beaucoup d’attention. Olivier commença à retrouver un plaisir total… il gémissait et avait demandé déjà une fois à Flavian de ralentir ses efforts pour ne pas gâcher leurs sensations réciproques. Un peu après, ayant enfilé une capote sur le pieu de son partenaire, il s’assit à califourchon sur Olivier, s’empala sur son sexe et commença à se ramoner le cul. Quelques mouvements encore et pendant qu’il se branlait de la main droite et que sa main gauche pinçait les seins du beau black, celui-ci envoyait sa semence dans la capote dans un gémissement d’une intensité inégalée. Au même instant, Flavian déchargeait, parsemant de son sperme blanc le torse de son amant du jour. Tous les deux avaient pris leur pied de la meilleure des manières, une jouissance synchrone et totale.

Flavian se retira et vint s’allonger à côté d’Olivier. Il étala sa semence en caressant le corps de son ami et tout en l’embrassant sur la bouche. Puis, il le détacha.

— C’était bon merci.

— Merci à toi.

— Tu aimes être attaché ?

— Oui. Je suis un peu soumis. Et toi tu aimes dominer ?

— Oui. Cela me plait bien. Je le fais parfois avec Jérôme dans un sens ou dans l’autre. Je l’attache ou il m’attache. On va même parfois un peu plus loin… une bonne fessée pendant le plan ; des pinces aux seins et d’autres petits jeux comme cela. Tu voudrais essayer.

— Pourquoi pas. Je ne sais pas si cela me plairait, mais essayer, oui.

— OK pour un trio ?

— OK.

J’en parle à Jérôme et on se prévoit une soirée, chez lui, c’est plus facile, il a un grand lit et pas de voisins.

— OK, j’attends ton contact.

Les deux amis s’embrassèrent encore, se relevèrent et essayèrent de retrouver Jérôme. Il était manifestement trop occupé pour remarquer leur présence et ils décidèrent donc de le laisser tranquille. Tous les deux descendirent au salon, pour boire un verre pour y attendre leur chauffeur avant de repartir. Il fallait faire comme cela : ils étaient venus avec la camionnette de Jérôme et ils étaient trop loin de chez eux pour rentrer à pied.

Il leur fallut être patients. Jérôme ne descendit qu’une heure plus tard. Il arriva dans le salon en slip, son pantalon, sa chemise et ses baskets à la main. Il avait les cheveux en bataille et semblait encore totalement ailleurs. Il s’approcha de ses deux amis et, tandis qu’il se rhabillait, leur dit :

— Géant. Je me suis fait trois mecs un tout seul et une double sodo avec les deux autres… un délice. Bon, je bois un verre et on repart.

Tous les trois prirent un dernier Red Bull et, parfaitement réveillés, prirent congé de Constant avant de rejoindre la camionnette de Jérôme. Sur le trajet du retour, Flavian et Olivier racontèrent leurs exploits respectifs et leur baise commune. Jérôme acquiesça à leur envie de jouer un peu plus hard à l’occasion.

— OK, les mecs à la maison samedi prochain. On se fait une petite séance SM. Ramenez du matériel si vous en avez, je sortirai la collection de pinces à linge, de cordes et de sex toys.

Ils roulèrent encore trois quarts d’heure avant de regagner Montpellier. Jérôme déposa ses amis Place du Peyrou puis reparti aussitôt vers "Lapeyronie", le CHU de Montpellier, en buvant à nouveau un Red Bull emporté de chez Constant. Il lui fallait avoir les idées claires.