Film pour sapeur-pompier

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Numéro 108

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 108
Date de parution originale: Septembre 2000

Date de publication/archivage: 2013-05-22

Auteur: Thibaut
Titre: Film pour sapeur-pompier
Rubrique: Plans, trips et scénars

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Je suis grand et costaud, et j'ai vingt-huit ans. Je m’appelle Thibaut et, en plus de ma profession, j’exerce une activité qui fait fantasmer beaucoup de gays: je suis pompier volontaire dans le sud de la France. L’été, on ne chôme pas, et le danger est bien réel... Mon père l’était, voilà, et j’aime bien.

Mais c’est moi que ça fait fantasmer. Ou plutôt, c’est le capitaine qui nous dirige – un pro, lui – qui m'allume la boite à rêves, depuis quatre ans déjà. Il a cinquante ans, il est encore plus grand et plus costaud que moi, des vrais muscles gagnés à la sueur des épreuves du feu, il a les cheveux rasés et déjà blancs, des traits burinés. Il dégage une virilité, une autorité qui me scient et me font triquer. Mais il est hétéro, marié, des enfants, des petits-enfants. Alors, quand je me branle, ou le soir juste avant de m'endormir, je m'invente des scénarios dans ma tête incorrigible. Je suis fort et viril, mais aussi romantique...

Mon préféré, le voici. Bernard, mon capitaine, s’est blessé. Il est seul au milieu des pins qui flambent. Il ne peut plus se relever. Il va mourir brûlé vif. Mais je suis là, bien sûr! C’est moi qui vais le sauver, au péril de ma vie. Je suis sapeur-pompier, ne l’oubliez pas! Nous sommes cernés par les flammes, asphyxiés par la fumée âcre. Il me supplie de m’enfuir, de me sauver, et de le laisser à son destin. Je ne l’écoute pas: je le charge sur mon dos et je m'élance au travers du brasier. "Je te sauverai, mon beau capitaine!" Naturellement je le sauve, mais le prix à payer sera élevé: je resterai handicapé à vie. Après, mon scénario catastrophe comporte une multitude de variations – je suis cité à l’ordre du mérite dans mon fauteuil roulant, Bernard pleure en me regardant, et d’autres idioties pour mauvais téléfilms. Au bout du compte, mon capitaine, submergé par la force et l’abnégation de mon amour, finit par craquer, et il tombe dans mes bras encore valides. Je m’endors toujours avant la fin du film.

Quand je me branle, il y a une suite à l’histoire, plus corsée, celle-là. Bernard m’embrasse, écrase ses grosses lèvres de mâle contre les miennes, il me serre entre ses bras musclés, sa langue envahit ma bouche. On est en uniforme, en tenue F1. Ma bite est tellement dure que j’ai l’impression que la braguette va céder. Et cette impression de sentir toute contre mon bas-ventre la grosse bite tout aussi dure de Bernard me fait chavirer de bonheur. Moi qui m’agenouille et qui le suce. Bernard qui me rend la politesse. Ses couilles, grosses et poilues, sa lance humide dans ma gorge. Bernard qui me chuchote à l’oreille qu’il a une dingue envie de m'enculer. Bernard qui m’encule à grands coups, tous deux torse nu, le fute aux chevilles, moi arc-bouté à un arbre, jambes écartées. Et je jouis, en attendant de le revoir, pour de vrai, lors de la prochaine intervention.

Ça vous fait rire? Moi pas. On ne choisit pas l’homme qu’on aime. Vu le métier dangereux qu’on fait, peut-être que mon scénario deviendra réalité.


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