Histoire de venir debout


Histoire de venir debout
Texte paru le 2005-12-28 par GLeir   Drapeau-qc.svg
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  • Vol. 4, no. 1
  • Date : Mars-Avril 1997

Je suis assis sur une des banquettes du wagon de la classe économique. Mon journal intime sur les genoux, la plume à la main, je fixe plus l'extérieur que je n'écris.

Au moins il fait beau, très beau. Aucun nuage dans le ciel et le soleil décline tranquillement vers l'ouest. Il est environ 19 heures et je devrais arriver à bon port vers les 20 heures. Mon «bon port» c'est le village «Saints-Innocents». Même si la plupart des gens parle du village des Saints-Innocents, il ne faut pas croire qu'il s'agisse des habitants mêmes. L'heureux hasard, s'il en est, est qu'on a donné ce nom à ce village parce qu'il fut inauguré le jour de la fête des Saints-Innocents, trois mois après qu'un prospecteur ait trouvé un filon d'or au pied de la montagne à côté de laquelle se trouve justement le collège où je m'en vais.

On vient d'arrêter au village de Saint-Sylvestre. Je me sens dans une ambiance étrange. Une espèce d'euphorie, un état d'âme bizarre qui n'est pas désagréable. Tout me semble irréel tout en étant très présent. C'est comme un film ou encore un rêve très clair. J'ai quitté la métropole vers les 18 heures et je n'ai pas soupé. D'ailleurs je n'ai même pas faim. On quitte Saint-Sylvestre; bien enfoncé dans ma banquette, je regarde le paysage qui se remet à défiler. Je me demande si j'ai hâte ou non d'arriver à «Saints-Innocents». Je crois qu'en réalité cela me laisse ni chaud ni froid.

Quatre jeunes gens traversent le wagon en se bousculant, tout en parlant très fort et en riant. Ils sont en uniforme, probablement celui du collège: veston marine, pantalon gris et cravate rayée rouge et marine. Ça leur va bien. Qu'ils sont beaux dans leur petit costume de collégien. Assez pour faire germer dans l'esprit des pensées... Ça me rappelle mon ancien collège que j'ai dû quitter, enfin, après arrangements. Le directeur disciplinaire avait fait preuve de grande compréhension tout en étant intransigeant. En fait, le surveillant d'étage m'avait surpris avec le plus grand ami que je n'ai jamais eu, et ce, dans une situation assez inconfortable, dans la salle d'eau du dortoir, alors que les lumières était depuis longtemps éteintes.

Marc. Il s'appelait Marc et était déjà maître-nageur. On s'était rencontré en début d'année et tout de suite j'ai senti quelque chose de plus entre lui et moi, quelque chose qu'on ne ressent pas, même avec des gens qu'on finit par bien aimer. J'en étais tout à l'envers, ce qui se traduisait par une gêne excessive. Je crois que Marc contrôlait mieux ses émotions. Lui, il n'était pas gêné du tout, mais avait cette attitude exhubérante qui entraîne les plus timides qui n'osent pas s'éclater, et qui dérange les autres.

À maintes reprises, mon confesseur et directeur de conscience me mettait en garde contre cette fréquentation. «Il vous entraînera dans des histoires de mauvais goût», me disait-il, après quoi il insistait pour savoir si j'avais été impur, seul ou avec quelqu'un d'autre. «Seul, oui mon père, mais avec d'autre, jamais!» Ne faut-il vraiment jamais dire «jamais»?

J'ai succombé une première fois après le cours d'éducation physique. Je n'étais pas le type très très sportif et je brûlais vite mon énergie. Donc, après ce cours, je traînais toujours. On revenait de la piste d'athlétisme à côté du collège et qui faisait la queue? Moi. Qui était le dernier à prendre sa douche, à se sécher, à s'habiller et à sortir du vestiaire? Moi. Mais cette fois-là on m'attendait. Marc m'attendait. Alors nous nous sommes retrouvés dans la douche, seul, tous les deux. Comme je devais être rouge; j'étais tellement gêné, d'autant plus que Marc était toute une pièce. Bien barraqué, autant de corps que de sexe, il était impressionnant. Grand sexe non circoncis d'un diamètre assez volumineux en arrière duquel logeait un scrotum gonflé par deux énormes testicules.

Déjà, malgré ma gêne, je commençais à sentir des pulsions cardiaques au bas de mon ventre. Et comme il me demandait de lui savonner le dos d'une façon si innocente, comme si c'était tout naturel, on entendit le surveillant des installations sportives presser les retardataires dans le vestiaire. Tous les deux, Marc et moi, avons fermé prestement chacun notre douche et avons empoigné notre serviette pour commencer à nous sécher. Le surveillant entra dans les douches et nous semonça. Il ne nous restait que dix minutes pour foutre le camp sinon on nous embarrait dans le vestiaire. Le surveillant disparut.

Nous nous regardâmes Marc et moi et nous nous sommes esclaffés. Il fallait nous voir, debout tout les deux, nus, dans les douches, tenant nos serviettes devant nous comme d'énormes bavettes. Une fois nos rires estompés, on se fixa des yeux, l'air soudainement sérieux. Marc laissa tomber sa bavette qui s'arrêta dans sa chute au milieu de son corps comme si elle était tombée sur un crochet. Mes yeux s'aggrandirent et ma bouche s'ouvrit. J'en étais ébahi. Marc se remit à rire, enleva sa serviette et, comme un magicien retirant un foulard pour laisser voir le résultat d'un tour de magie, il laissa apparaître son énorme sexe dans une érection magistrale. Déjà une goutte à la fente de son gland faisait son apparition. Cela m'excita follement et la première chose que je sus est que j'étais en érection moi aussi. Je laissai tomber également ma serviette et nous nous approchâmes l'un de l'autre.

Nos corps se collèrent et nos bouches se rejoignirent pour se délecter l'une et l'autre dans une gourmandise digne d'un péché capital. Marc se baissa un peu et se mis à me mordiller et lécher les seins. Qu'il était cochon! Mon corps vibrait et suait sans bon sens. C'était très différent de la branlette. Ma première expérience sexuelle avec quelqu'un d'autre me troublait et me remplissait d'extase en même temps.

Marc se mit en petit bonhomme et absorba mon pénis dans sa bouche tout en me caressant les fesses ainsi que les testicules. Cette invraisemblable sensation me faisait presque perdre connaissance. Plus il y allait d'un mouvement de va-et-vient et plus les sensations se faisaient intenses. Il me caressait les jambes, l'entre-cuisses et serrait de temps en temps dans sa main mon scrotum tout en le tirant vers le bas. Soudainement je sentis monter en moi une grande tension, presque trop agréable, et je ne pus m'empêcher de râler. J'allais éjaculer. Marc accentua son activité buccale et faisait courir plus rapidement mais toujours avec douceur, sa main droite, pendant qu'avec la gauche il masturbait son énorme mailloche entre ses deux jambes. Au summum de ma jouissance, je repoussai sa tête et pendant qu'il continuait à me masturber et à se mastuber, nous exécutâmes de violentes décharges de sperme, moi lui arrosant le visage et lui maculant le plancher.

Une porte claqua quelque part dans le vestiaire. On se précipita à nos casiers en quatrième vitesse et on s'habilla tout aussi vite. Le surveillant nous vit et sur un ton inquisiteur nous dit: «Encore là? Dehors! Je ferme tout.» Et pour une autre fois, Marc et moi, nous nous sommes regardés, les yeux brillants, un sourire au coin de la bouche. Peut-être se disait-il comme moi, à quand la prochaine fois? Moi, en tout cas, je me le disais tout bas, tout bas...