I love you, moi aussi!

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Numéro 104

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 104
Date de parution originale: Janvier 2000

Date de publication/archivage: 2012-10-03

Auteur: Pascal
Titre: I love you, moi aussi!
Rubrique: Nous deux

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Ce texte a été lu 4857 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


On cherche toujours le grand amour, et quand on va draguer dans un bar, on rencontre aussi des mecs qui disent la même chose. Mais, en réalité, après avoir baisé, plus personne n’a envie de se revoir. C’est chacun pour soi, chacun chez soi. J’ai trente ans, et douze ans de relations derrière moi. Je me suis tapé tous les types de mecs imaginables, et je n’ai jamais rencontré l’amour de ma vie. J’ai bien vécu deux ou trois mois (au mieux!) avec un homme, mais ça n’a jamais collé, je sais pourquoi: je trouve que les mecs font l’amour toujours pareil. Si on baise plus de cinq fois ensemble, je crois déjà tout savoir et je commence à m’emmerder. Une semaine plus tard, c’est moi qui n’ai même plus envie d’eux, ni physiquement, ni intellectuellement. Et, surtout, je ne suis jamais tombé amoureux.

J’ai donc attendu jusqu’à mon anniversaire, un peu déprimé de fêter mes trente ans encore “célibataire”, et en ayant bien peu d’espoir que cela change. Mais mes deux ou trois meilleurs amis (avec qui, je précise, je ne baise plus depuis longtemps), m’ont fait un curieux cadeau... qui a changé ma vie. Ne pas encore avoir connu l’amour fou à trente ans est impardonnable, mais il suffira à Pascal d’un cadeau un peu spécial...

Le “cadeau” s’appelle Gérald, il a vingt-huit ans, il est blond cendré, les cheveux ondulés mais pas frisés, le visage ovale, très doux, un port de tête de danseur, des yeux noisette très lumineux, et un corps magnifique. Ni trop gros, ni trop maigre, d’une incroyable souplesse. Et puis, surtout, ce qu’on voit en premier, ce sont ses mains. Des mains immenses, toujours en mouvement, d’une douceur de peau de bite (je ne vois rien d’autre de plus doux!).

Le soir de mon anniversaire, mes copains m’ont dit: “On a un cadeau pour toi. Tu le connais déjà de vue, mais tu ne l’as jamais rencontré. Il nous a dit que tu lui plaisais beaucoup. Mais voilà, on a corsé l’affaire pour que ça soit plus drôle. Tu ne dois pas lui parler. Pas un mot Tu dois lui faire comprendre que tu le désires, que t’as envie de baiser avec lui, mais sans rien dire. Lui non plus, il ne dira rien, ni oui, ni non, et ce, jusqu’à demain matin. Et puis après, tu nous raconteras!“

Mes copains me connaissent bien et savent que ce genre de challenge m’excite au plus au point. Je connaissais effectivement Gérald de vue, et ce mec me faisait un certain effet. Il a quand même fallu attendre la fin de la soirée pour le voir faire son apparition. Je ne sais pas si c’était pour moi, mais il était vraiment splendide. Je me suis approché de lui. Il a fait semblant de ne pas m’entendre. Je lui ai dit deux ou trois mots, il m’a souri sans rien dire en me mettant juste son index devant la bouche. J’avais déjà oublié notre pari! Je me suis mis à rire et j’ai vu le sourire de Gérald, un sourire si beau que j’en ai eu le souffle coupé... et une fameuse érection. Ça ne commençait pas trop mal! Ses mains se sont posées sur mon bras, puis sont remontées vers les épaules, puis sur le cou. On aurait dit un effleurement, quelque chose d’aérien. J’ai relevé un peu la tête, et la main a continué à me caresser le cou, la pomme d’Adam. J’ai commencé à comprendre qu’on allait bien s’entendre, tous les deux, avec ou sans paroles, je suis un tendre et j’aime les caresses comme ça. je me suis rapproché de lui, nos corps se touchaient presque. Nous étions quasi déjà dans le domaine de l’indécence, même avec des copains autour de nous. J’ai dit: “On va chez moi?” Gérald a secoué la tête et m’a mis un doigt sur la bouche. Je ne savais pas quoi faire. J’ai été chercher mes affaires, dit salut à mes copains un peu gênés, et j’ai tenté d’expliquer à Gérald que je m’en allais. Puis je l’ai pris par la main, et je l’ai attiré vers la porte. Il souriait. Il a pris ses affaires et nous sommes sortis. Nous étions encore sur le palier quand nos lèvres se sont trouvées. Nous nous sommes embrassés fougueusement, tout en passant nos mains sur nos fesses, pressant l’un contre l’autre nos queues bandées, nos ventres. Quelqu’un qui montait nous a dérangés et j’ai entraîné mon amant dehors. Il m’a suivi jusque chez moi, sans rien dire, mais j’avais l’impression de tout comprendre dans ses yeux, ses mains. Tout me parlait. En arrivant, pourtant, je lui ai dit: “Tu me plais vraiment. Les copains ne sont plus là, si tu veux, on se parle?” Mais, à nouveau, Gérald m’a dit non en secouant la tête. Tant pis, on n’a pas besoin de paroles pour baiser. Surtout avec lui. Je me suis laissé faire. Il m’a déshabillé lentement, toujours avec ses grandes mains douces, et a commencé à me caresser la pointe des seins, le ventre, le creux des cuisses, les couilles, avant d’arriver à ma queue. Il a donné des petits coups de langue sur le gland avant de l’engloutir entre ses lèvres et me tailler la meilleure pipe de ma vie. Je me suis retiré juste à temps pour jouir. Les yeux de Gérald riaient en me voyant gueuler que c’était bon. J’allais m’attaquer à sa queue quand il a fait non de la tête. Il a pointé son index vers mes fesses, et m’a fait une description si drôle d’une défonce, juste avec ses mains et des mimiques, que j’ai éclaté de rire. Ce mec me plaisait vraiment. Et avant même qu’il ne m’encule, j’ai compris que j’étais en train de tomber amoureux de lui. Il a poussé son sexe contre mon anus et, avec deux doigts hyper-lubrifiés, il m’a bien massé la rosette jusqu’à ce que sa bite s’enfonce dans mon cul, sans avoir à pousser. Je me suis fait baiser en beauté, Gérald alternant des va-et-vient rapides et forts, à d’autres d’une exaspérante lenteur. Le désir est monté par vagues, je bandais à nouveau. J’avais l’impression que c’était la première fois que je me faisais mettre. Avec ses mains, Gérald me caressait le dos, la nuque, les bras, toujours en effleurant ma peau, et ça m’a rendu dingue. Nous avons adopté un rythme plus soutenu et je sentais mon amant gémir dans mon dos, poussant des grognements de plaisir.

Nous avons baisé deux fois de suite, et je n’étais pas rassasié. Il savait varier les plaisirs, le poids de ses mains, de son corps. J’avais l’impression qu’on me caressait partout C’était la félicité! J’avais attendu tant d’années avant de connaître ça! Nous nous sommes endormis l’un contre l’autre, bouche contre bouche. Je lui ai murmuré “je t’aime”, mais il n’a pas entendu. En me réveillant, je l’ai regardé dormir et j’ai craqué devant ce corps si beau, si souple. Je l’ai caressé doucement.

Il ne disait rien. J’ai mis un préservatif et j’ai glissé ma queue entre ses jambes. Je me suis masturbé comme ça jusqu’à jouir. Aux gémissements de Gérald, j’ai compris qu’il trouvait ça bon. Je me suis rendormi. Quand j’ai rouvert les yeux, Gérald me regardait et j’ai lu dans ses yeux quelque chose qui ressemblait à de l’amour. Je lui ai dit: “On peut parler maintenant non?” Et il m’a répondu... en anglais avec un fort accent américain. J’étais estomaqué. Je ne parle pas un mot d’anglais et j’ai horreur des Yankees en général... Les copains m’avaient bien eu ! J’ai repensé à cette nuit, et Gérald, loin d’avoir épuisé tout désir en moi, en laissait plein en suspens, pour de longues nuits en perspective...

Gérald est de San Diego, au sud de L.A., et est amoureux de la France... et de moi aussi, accessoirement. Maintenant je me suis mis à l’anglais; je sais plein de gros mots très sexuels (ne me demandez pas dans quelle position je les apprends!). Et puis je sais aussi dire “I love you”... Mais ça n’est pas vraiment utile, parce que Gérald et moi, finalement, dès le départ, nous avons très bien su nous le dire sans prononcer un seul mot.


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