Impromptus : Après... (2)


Impromptus : Après... (2)
Texte paru le 2014-03-11 par Coolmark   Drapeau-fr.svg
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Après... (2)

Quand je m’étais réveillé, ils étaient en train de s’occuper de moi. Enfin, surtout de ma queue en fait. Quelle heure était-il ? Comment m’étais-je encore retrouvé dans leur lit ? Je ne me rappelais plus de rien, et ne savais même pas si j’avais bandé tout seul ou sous leurs coups de langue. Émerger était très difficile.

– Hé, les gars ! Vous faites quoi là ? Je suis pas gay, vous le savez bien.

– T’en es vraiment bien sûr ?…

J’étais pétrifié, incapable de répondre à cette question directe. De toute façon, je ne connaissais pas la réponse. J’avais baissé les yeux, ils s’étaient arrêtés et, avant qu’ils ne me reprennent dans leurs bras, j'eus le temps de voir que mon sexe n’avait jamais été aussi gonflé. Ils durent percevoir mon trouble.

– Tu sais que tu es vachement bien monté ? dit Matt, admiratif.

– Non, je sais pas, j’ai jamais pu comparer…

– Ben, c’est l’occasion.

Sans attendre ma réponse, ils ôtèrent leurs boxers. Sous mon nez, s’affichaient deux bites en totale érection, ce que je n’avais pas encore remarqué, trop replié sur moi-même. Celle de Matt était longue et plutôt fine, celle d’Olivier un peu plus courte mais plus épaisse. Ça correspondait d’ailleurs très bien à leurs corpulences respectives.

– Alors, t’en penses quoi ?

– Vous êtes très beaux tous les deux.

– Mais toi aussi mon grand. Tu peux les toucher si tu veux.

Ça me tentait, mais si je le faisais, qu’allaient-ils penser de moi ? Je m’étais senti rougir, ce qu’ils constatèrent.

– T’inquiète pas, on va pas te juger.

– Et ça nous ferait plaisir, ajouta Olivier.

Sans plus dire un mot, je les avais timidement pris en main tous les deux en même temps. Leur peau était douce et chaude et je commençai à les masturber doucement pour voir s’ils réagissaient comme moi dans mes plaisirs solitaires. Des gouttes brillantes perlaient au bout du gland. Je regardai leurs visages qui m’observaient avec bienveillance.

– Ça vous plaît ?

– D’après toi ? … T’es pas aveugle…

– Non, je vois bien, mais je suis surpris. Je pensais que vous étiez, comment dire, exclusifs.

– Bon, OK, alors attends. On va poursuivre la conversation au salon en buvant un truc. Je pense qu’on va en avoir pour un moment pour t’expliquer les choses.

Nous nous étions retrouvés assis tous les trois, à poil. Ils étaient tellement à l’aise avec leur nudité que ma pudeur avait disparu comme par enchantement. Je pense que leurs compliments sur mon anatomie y étaient pour beaucoup. Je me sentais bizarrement de mieux en mieux dans mon corps.

– J’ai pris une bouteille de Pineau des Charentes, dit Olivier, ça vous ira ?

– Oui, très bon choix. Tu nous sers ?

Les verres remplis, et après avoir trinqué, Matt reprit la parole. Sans qu’aucun ne soit efféminé, c’était bien lui qui dominait dans leur couple.

– Bon, reprenons où nous en étions. Pour l’exclusivité, la réponse est simple, pas toujours. Dans notre contrat moral, nous nous sommes autorisés d’avoir quelques extras, mais ensemble de préférence.

– D’accord, je savais pas. J’imaginais qu’un couple, même homo, était fidèle.

– Nous le sommes, au niveau sentimental. Mais si un mec nous plaît à tous les deux…

– Et ce serait le cas ?… Avec moi ?

J’étais stupéfait, tout un tas de questions se bousculaient dans ma tête.

– Aurélien, dès qu’on t’a rencontré, nous avons craqué pour toi.

Ainsi donc, j’aurais moi aussi le pouvoir d’exciter d’autres mecs ?

– Ah bon ? Pourquoi n'avoir rien dit, alors ?

– T’avais seize ans et c’était à toi seul de découvrir ton orientation sexuelle. Il n’était pas question pour nous de t’influencer.

– Je vais ajouter une chose, dit Olivier. Nous avons toujours su que tu aimais les hommes.

– Comment ça ?

– On avait perçu que tu avais des problèmes avec ton identité, tes attirances, ton indécision… Tu étais aussi un peu timide, coincé, renfermé… C’est compliqué à expliquer, on l’avait senti et nous en avions beaucoup parlé avec Matt. Sans nous concerter, nous pensions la même chose.

J’étais consterné. Moi, pédé ? Heureusement que mes parents n’étaient plus là pour le savoir. Ma mère aurait probablement accepté et mon père m'aurait foutu à la porte. Et moi qui ne m’étais jamais posé cette question.

– Vous savez, je suis quand même attiré par les filles, tentai-je.

– Tu es peut-être bi ?

– J’en sais rien du tout.

– Y a pas trente-six moyens, il suffit d’essayer.

Matt, étrangement silencieux depuis un moment, se contentait de remplir nos verres en cas de besoin. Olivier s’exprimait davantage et ça me faisait plaisir de constater leur complicité et leur respect mutuel. J’avais le sentiment que les rapports de force n’existaient pas entre eux, que leur relation était réellement sentimentale et paisible.

J’étais assez décontenancé, trop de choses m’assaillaient et j’avais du mal à prendre du recul.

– Tu dis plus rien, ça va ?

– Oui, sauf que je ne sais pas qui je suis, sinon perdu.

– Nous t’épaulerons, intervint Matt, justement en passant un bras sur moi.

– Merci, j’ai besoin de votre aide, je ne sais plus vers qui me tourner, à part vous. Ça m’éviterait surtout d’aller voir un psy.

– Bon sang Aurélien ! T’as pas encore compris qu’on fera tout ce qu’on peut pour toi.

– Il me faut un tout petit peu de temps, je crois… Dites, j’ai une question…

Après un moment de silence, je repris.

– Comment avez-vous su, pour vous ?

– Nous y voilà… Notre adolescence ressemble beaucoup à ce que tu nous as confié, c’est pour ça qu’on te comprend bien. Olivier et moi avons vécu des relations hétéros, mais pas très satisfaisantes. Par la suite, on s’était posé des questions, jusqu’au jour où nous avons eu le courage de tester avec des garçons. Et là, ce fut la révélation, nous étions gays.

– Ah ? … Tu veux dire sexuellement ?

– Affectivement aussi. Et contrairement à certaines idées reçues, les homos ne passent pas tout leur temps à baiser, les sentiments sont présents.

Olivier nous rejoignit sur la banquette, j’étais réellement bien entouré.

Je me suis surpris à les enlacer à mon tour. C’était la première fois que je caressais des corps d’hommes, même un corps tout court. J’étais encore puceau à mon âge, et j'en avais un peu honte. Quand j’étais au lycée, les copains se moquaient carrément de moi. Eux se vantaient sans pudeur de leurs nombreuses conquêtes féminines, ils ne pensaient qu’au sexe. Belle image de l’amour… J’étais cependant un peu jaloux, je les observais discrètement, surtout dans les vestiaires et à la piscine. Ils n’avaient rien de plus que moi. Physiquement, j’étais grand et, grâce à la natation que je n’avais jamais arrêtée, musclé, long et fin.

Durant toute ma scolarité, j’avais subi la pression de mon père qui voulait que je fasse de belles études, en plus du sport, pour obtenir une bonne situation. D’ailleurs, il fut difficile à convaincre lorsque j’avais choisi cette filière. Il considérait qu’un IUT n’était pas suffisant, et aurait voulu que je fasse une prépa ou au moins une école d’ingénieurs.

Et là, en présence maintenant de mes deux amis, je constatais que les filles qui m’avaient tourné autour, cherchant à sortir avec moi, disant que j’étais mignon, qu’elles ne comprenaient pas de me voir toujours sans une petite amie, ne m’intéressaient pas réellement. J’avais envie de franchir le pas et découvrir les rapports sexuels, mais besoin de sentiments. Au quotidien, j’avais l’exemple de mes parents, toujours amoureux après vingt ans de mariage. D’ailleurs, après la disparition de ma mère, lui n’avait pas voulu se trouver une autre femme. Il se consacrait totalement à son travail et à moi.

– Dis donc, t’as l’air bien pensif…

– Hein ? Euh, oui…

Nos corps étaient toujours en contact. Ça me rassurait, me troublait et me plaisait… Je crois que j’aurais surtout aimé prendre mon père dans mes bras pour qu’il comprenne à quel point je l’aimais et l’aime toujours. Il était trop tard désormais. Pourquoi faut-il attendre que nos proches meurent pour leur dire et montrer qu’on les aime ?

– Tu sais quoi ? demanda Olivier, je connais un moyen de te détendre.

– Ah bon ! Tu sais ressusciter les morts ? J’ai demandé cyniquement, tellement la douleur remontait à la surface sans prévenir.

– Évidemment non, mais un bon bain parfumé devrait te faire du bien. Allez, viens. Et tu vas parler, tu as besoin de soulager ta peine… Nous sommes là aussi pour ça. Comprends que tu es TOI, un être à part entière, pas qu’un orphelin. Après, Olivier pourrait te faire un massage, si ça te dit.

– Ben oui, ça me tente.

Je me rendais compte à quel point je ne connaissais que bien peu de choses de la vie. Mais ça allait changer, bien plus que je ne l’aurais imaginé.

– Alors on y va.

Ce bain chaud et plein de mousse me détendit effectivement. Tous les deux, assis à côté, continuaient à me parler de choses et d’autres, je commençais à me laisser aller totalement, les émotions s’estompaient.

– Alors, ce massage, t’es décidé ?

– Je sais pas, jamais fait.

– T’a pas envie d’essayer ?

– Euh si, pourquoi pas ?

– Juste un détail. En tant que nageur, ton corps est rasé, sauf ton sexe et tes fesses…

– Et alors ?

– Pour que tu profites pleinement du massage, ce serait mieux que tu n’aies plus du tout de poils. Tu veux bien ?

– Je sais pas trop… Oh, après tout, pourquoi pas ?

Et c’est ainsi que je me retrouvai aussi nu qu’à ma naissance, Olivier ayant terminé de me raser avec du gel. C’était si doux que j’en bandais. Qu’allaient-ils donc encore penser de moi ? Mais ils ne firent aucune réflexion. Je remarquai cependant qu’ils se souriaient par moments.

– Voilà, t’es paré pour ta séance de détente.

Ils me séchèrent soigneusement avant de m’emmener jusqu’à la chambre, juste avec une serviette autour de la taille.