IndoBoys (6)


IndoBoys (6)
Texte paru le 2005-01-26 par Seshat   
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Template-Books.pngSérie : IndoBoys

CHAPITRE VIII

Nicola se glissa doucement dans la chambre de Boris, encore endormi. Les rayons du soleil commençaient tout juste à se glisser à travers les persiennes. Nicola se coucha sans bruit près de Boris et déposa un baiser dans le creux de son cou. Boris ouvrit les yeux puis les referma, la lumière du jour lui déclenchant un fort mal de tête. Il grogna et enfonça son visage dans son oreiller. Nicola fronça les sourcils et lui arracha le-dit oreiller pour ensuite lui donner quelques coups avec. «Aaaargh... Putain de bonjour, Nico!», gémit Boris. Il se retourna, jouant de ses bras pour se protéger des coups de Nicola. «Nico, arrête! J'ai mal à la tête merdeeeuh!» Nicola se mit à rire. «C'est ça quand on se défonce à la bière japonaise...» Il se glissa sous les couvertures, tout habillé, et se pressa affectueusement contre Boris. «Ouais, mon seul réconfort, c'est que pour Oli ça doit être deux fois pire...», murmura Boris, se frottant les yeux. En plus de la douleur, une nausée infecte s'annonçait. Nicola sourit. «On verra bien. Il est sûrement pas encore réveillé... J'arrive plus à dormir quand je suis pas avec toi, alors je suis revenu plus tôt.»

Le guitariste posa sa main sur la tête qui reposait sur sa poitrine. «Moi, j'ai dormi comme un mort et ça a pas été suffisant on dirait... Putain, combien de bières est-ce que j'ai bu pour me sentir mal à ce point-là?» «Mmm... À en juger par le tas de canettes qui traîne sur le plan de travail dans la cuisine, je dirais six ou sept... Enfin, je sais pas combien Oli en a pris de son côté...» Boris essayait de compter, mais la douleur l'en empêchait. «C'était sûrement plus que ça, comptant avec celles du salon... Et le pire, c'est que ça a failli n'aboutir à rien.» Nicola leva la tête vers lui. «Ah bon? Et il t'a dit quoi en fin de compte?» «Ben presque rien. C'est un sale morveux à faire craquer celui-là... Mais j'ai réussi à lui faire avouer qu'il se branle en nous écoutant baiser.» Nicola ne put s'empêcher de sourire. «Et c'est tout? Il a rien dit d'autre?» Boris soupira. «Il est amoureux de toi, Nico.» La tête de Nicola retomba sur la poitrine de Boris. «Ah merde, j'en étais sûr...» «Ouais, va falloir ménager tout ça avec lui... Mais là compte pas sur moi, j'ai du sommeil à rattraper...» «Lâcheur... Bon, j'ai pas trop envie que ça traîne tout ça. Je vais aller lui parler.» «Ouais, faut voir dans quel état il est aussi le pauvre... Vas-y et ramène-moi un truc contre les maux de tête tant que tu y es s'il te plaît...» «D'accord», fit Nicola en se levant. Puis il se ravisa et revint se coller contre Boris. «Hé, donne-moi un bisou pour la chance.» Boris grogna mais tira la tête de son amant vers la sienne pour un court baiser. «Allez, va sauver ton ami...» «J'y cours.»

Il laissa Boris à son mal de tête et alla se poster devant la chambre d'Oli, se demandant comment diable aborder le sujet. Il frappa doucement à la porte. «Oui?» «C'est Nicola, je peux entrer?» Un court silence. «Oui.» Nicola ouvrit la porte et découvrit son ami assis à son bureau avec son ordinateur portable, l'air tout à fait normal. «Putain... T'as une sacrée bonne mine pour quelqu'un qui se réveille d'une soirée de beuverie...» Oli sourit. «En fait, j'ai été malade une bonne partie de la nuit, puis j'ai pris un de ces trucs et ça va bien mieux», expliqua-t-il en montrant à Nicola un petit flacon. «Tu me le passes? Je vais l'apporter à Boris tout à l'heure, il est malade comme un chien...» «Ouais, bien sûr», dit Oli, baissant le regard quand Nicola s'approcha pour prendre le flacon. «Merci...»

Il s'assit sur le lit, promenant son regard sur la décoration des murs. «Vous vous êtes amusés hier au moins?» «On a juste regardé le foot et bu trop de bière, typique soirée entre mecs, quoi.» Nicola se mordit la lèvre et hocha la tête. «Tu te souviens de la soirée au complet, l'alcool a pas trop fait de ravages?» Oli se gratta la tête. «Je me souviens qu'on a raconté des tas de conneries aussi... Tu connais Boris.» «Oui...», fit Nicola, baissant les yeux. «Et quand tu lui as dit que tu m'aimais, c'était une connerie?» Oli resta silencieux pour un moment. «Non, Nicola. C'était pas une connerie. C'était la vérité», dit-il enfin à voix basse. Nicola se mordit la lèvre encore plus fort. «Et... C'est pour ça que tu nous fais la gueule depuis le début?» Oli soupira. «Oui, c'était pour ça. J'ai réagit comme un con et je m'en excuse... Nicola, j'ai bien réfléchi cette nuit, et je crois que je vais rentrer à Paris...» Nicola le regarda. «Hum... Ça serait peut-être mieux, oui...», dit-il tout bas, presque à regret. «Je ramènerai une copie de ce qu'on a fait ici pour continuer à bosser, et puis je reviendrai plus tard avec les autres gars...» «Entendu... Tu comptes partir quand?» «Je comptais prendre le vol de nuit ce soir même.» «OK... Et comment tu vas expliquer aux autres pourquoi tu es revenu?» «Je leur dirai rien, t'inquiètes. Je dirai que le Japon est trop bizarre pour moi, c'est tout.» «Bon, très bien...», fit Nicola, réprimant un soupir.

Il se leva. «Hum... Je suis désolé que ça ait tourné comme ça, j'ai jamais voulu que...» Oli se leva aussi. «Non, non. C'est ma faute, je vous ai rendu la situation difficile.» «De toute façon, les secrets, c'est jamais bon. Je commence à le réaliser.» «Ils créent des tensions dures à vivre...» Nicola baissa les yeux. «Oui... Euh... Ça va peut-être te sembler ridicule, mais... Tu permets que je te prenne dans mes bras? Je pense pas qu'on se revoie très longtemps d'ici ce soir, j'ai plusieurs emplettes à faire, alors...» Oli hocha la tête, souriant, et alla calmement vers lui pour l'entourer de ses bras. «J'espère qu'un jour on pourra se parler comme avant, mon ami...», murmura-t-il. «J'espère aussi...»

Nicola se sentait profondément déprimé. Il avait fait du mal à Oli sans même s'en apercevoir et il s'en voulait, quoiqu'il savait très bien qu'il ne pouvait pas faire grand-chose. Son cœur appartenait à quelqu'un d'autre, il n'y pouvait rien... Il se demandait quoi faire pour soulager un peu son ami... Puis il eut une idée. Il se sépara un peu de lui et pressa ses lèvres contre les siennes, sans réfléchir à comment Oli réagirait.

Oli sentit son cœur s'arrêter pendant une seconde, puis il s'abandonna au désir qu'il avait nié pendant tellement longtemps mais qui l'avait justement fait rêver de ça: un baiser tendre et chaud de Nicola, ses mains serrant son corps, un moment comme figé dans le temps... Même si c'était le seul, le dernier baiser, Oli voulait en profiter jusqu'au bout... «Eh ben c'est joli tout ça!» La voix rauque de Boris retentit dans la petite chambre. Oli et Nicola s'éloignèrent l'un de l'autre avec un sursaut. Boris se tenait debout sur le seuil, sa sale tête aggravée par son expression énervée.

«Vous ne perdez pas de temps!» «Euh... C'est pas du tout ce que tu crois», lui assura Nicola. «Tu crois donc que je suis idiot au point de te croire? Je sais très bien ce qui se passe ici.» «Ce n'est pas ce que tu penses, je te jure! Enfin quoi, tu sais très bien que ce n'est pas mon genre de...» «Je connais très bien ton genre. Arrête ton char Nicola, tes belles paroles ne vont pas te sauver cette fois.» Nicola ferma les yeux. «Putain de merde...» «J'aurais dû y penser plus tôt... Les deux pédés refoulés, attendant juste la bonne occasion...» «Les deux pédés refoulés? Tu donneras des leçons aux autres quand tu sauras si tu préfères peloter des seins ou sucer des bites!» «Mieux vaut être bi plutôt qu'être un sale menteur dans ton genre, connard.» Nicola soupira. «Oh et puis va te faire foutre, si tu ne me fais même pas confiance, je vois pas ce que je fais avec toi enfoiré.» Il lui lança le flacon de médicament en pleine gueule et sortit en lui jetant un regard noir.

Boris fixa du regard la porte par laquelle Nicola était sorti. Il resta immobile alors que le son de la porte d'entrée se fermant violemment résonna dans toute la maison. Puis il tourna lentement la tête dans la direction d'Oli, ses yeux remplis de haine, et quitta ensuite la chambre. Oli resta sans voix, choqué par ce qui venait d'arriver et terrifié par le regard de Boris. Il s'assit sur son lit et quand il retrouva finalement ses esprits, il se rendit compte qu'il était beaucoup plus tard que ce qu'il pensait; il avait raté son avion. Ne sachant quoi faire d'autre, il décida d'aller se chercher du saké à la cuisine. Il en avait sacrément besoin... Il se servit et s'assit sur le canapé du salon, essayant de relaxer.

Puis il entendit Boris dans leur studio improvisé qui gratouillait un air triste de blues sur sa guitare... Plongé dans l'obscurité du salon, Oli ressentait tout le malaise de la situation comme s'il était palpable. Le sons de la guitare de Boris l'inquiétaient... Il jouait toujours des airs qui tenaient vaguement d'Oasis ou de la britpop. Mais les notes qu'il jouait, elles étaient lourdes, torturées. Oli avait du mal à croire qu'il avait causé autant de problèmes... Il en avait marre d'y penser.

Brusquement, il se leva et alla fouiller dans sa valise, ramenant un CD de Marilyn Manson qu'il mit dans le lecteur du salon. Il poussa le son à fond, les vibrations agressives de la guitare électrique de Manson prenant largement le pas sur le grattement aérien des doigts de Boris sur la sienne. «Sometimes I feel I've got to run away...», chantait Marilyn, la voix tranchante. Il aurait dû se sauver lui aussi, pensa Oli. Tout laisser tomber avant d'avoir des sentiments confus comme ça, avant de découvrir qu'il aimait... Plutôt que de finir sa pensée, Oli avala d'un trait son saké avec la ferme intention de noyer son malheur le mien possible.

La voix de Boris le réveilla de sa torpeur. «Eh bien, que c'est joyeux tout ça!» Le guitariste entra dans le salon, un sourire bizarre aux lèvres, une bouteille de Jack Daniels bien entamée dans la main gauche. Il s'arrêta à côté de la chaîne, buvant un trait puis écoutant un moment la chanson. «Alors lui, il a tout compris: baise les membres de ton groupe sur scène, comme ça tout est clair et tout le monde s'amuse.» Oli le regarda un peu de travers. «Ouais, mais tu vois où ça l'a mené...» «Au moins, il n'a jamais eu d'emmerdes comme les nôtres, lui», dit Boris en souriant. «Il est marié également je te rappelle... Et puis je doute qu'il aurait voulu se taper ses musiciens hors-scène de toute façon.» «Je suppose qu'on finit tous par s'assagir, malgré nous», commenta son ami d'un air pensif. Après une longue gorgée de whisky, il reprit: «C'est pour ça que le rock et l'alcool ça se consomme sans modération, tant qu'on peut! Tu me passes le saké?» Oli considéra le pichet posé devant lui sur la table. «Euh... Dans ton cas, pour ce soir, tu devrais peut-être déjà te contenter de ton whisky, Boris...»

Celui-ci se pencha pour attraper le pichet. «Allez, pourquoi tu serais le seul à avoir le droit de t'amuser ce soir?» «Comme tu veux, je suis pas ta mère», fit Oli. «C'est juste que je me disais que Nicola serait pas super content de te retrouver dans cet état à son retour.» Une ombre passa dans les yeux du guitariste. «Qu'est-ce que j'en ai à foutre de ce que va penser Nicola?» Oli regretta déjà d'avoir mentionné le nom de Nicola devant Boris étant donné les circonstances, mais il ne put s'empêcher de lui répondre: «Ben... Tu l'aimes, non?» «J'ai supporté assez longtemps ses faux airs innocents et ses sautes d'humeur... Dorénavant, je prends du bon temps, no strings attached.» Les yeux de Boris fixaient intensément ceux d'Oli alors qu'il lui tendait sa bouteille. «Je vois...», fit Oli en prenant la bouteille de whisky. Il prit une longue gorgée et rendit la flasque à Boris.

«Tu vas recommencer à faire la fête non-stop, alors?» «C'est clair, faut que je me dépoussière là, on dirait que j'étais mort ces derniers mois. J'ai surtout besoin de voir de nouvelles têtes... Et de nouveaux culs.» Olivier tiqua mais ne fit aucun commentaire sur les propos de Boris. «Quoi? Je sais que t'en as besoin toi aussi. Même plus que moi.» «Besoin de quoi? De voir de nouveaux culs?», demanda Oli en riant. «Ben ouais, je sais pas comment tu peux tenir plus d'un mois à sec comme ça, putain...» «Toujours fidèle au poste peu importe l'heure!», fit Oli en esquissant un mouvement explicite du poignet. Boris éclata de rire. «Mais ça te fait une humeur pas possible à force. Non, non, t'as besoin de tirer un coup pour vrai mon petit Olivier!» Il sourit. «T'as peut-être pas tort... Trouve-moi une gentille et jolie fille et ça pourrait déjà m'aider.» «Faut-il que ça soit une fille? Les japonaises sont plutôt coincées.» «Mouais... Bah, j'ai attendu un an, je mourrai pas de quelques mois de plus à me contenter de me branler...»

Boris haussa un sourcil et s'approcha de quelques pas. «Toujours aussi romantique, toi. Il y a de meilleures solutions, tu sais.» «Ah ouais?» Boris termina la bouteille d'un trait puis ouvrit les bras, un sourire canaille aux lèvres. «Ben je suis pas une fille, mais je peux être gentil, et selon les sondages, on me juge plutôt joli.» Oli se mit à rire. «T'es pas sérieux, là?» Boris roula des yeux. «Non, Oli. C'est bien sûr la blague pédé de la semaine.» Il tâta ses poches. «Putain, il me faut mes clopes», murmura-t-il, partant ensuite vers sa chambre. Oli haussa les épaules. Il avait très bien compris ce que Boris lui proposait, mais il avait préféré jouer les innocents... Il finit son pichet de saké puis se leva. Il alla éteindre la musique et suivit Boris.

La chambre de celui-ci était vide. Après un rapide coup d'œil dans la sienne, Oli monta les escaliers. Il entra dans la chambre de Nicola, éclairée seulement par la petite lampe de chevet. Il trouva Boris debout à la fenêtre, soufflant la fumée vers la nuit qui tombait dehors. En l'apercevant, le guitariste lui tendit sa cigarette. «T'en veux?» Oli la prit et aspira un bon coup. «Merci.» Boris le regarda. Alors qu'Oli lui rendait sa cigarette, il se pencha, collant ses lèvres contre sa bouche entrouverte. Oli sursauta mais ne put se résoudre à le repousser. Boris disait vrai, il en avait terriblement besoin et maintenant qu'il tenait l'opportunité, il ne pouvait pas ne pas la saisir...

Les doigts de Boris attrapèrent l'arrière de son jeans, tirant son corps contre le sien alors qu'il commençait à explorer sa bouche de sa langue. «Tu vois que je suis sérieux», fit Boris en s'éloignant. «Tu penses vraiment que c'est une bonne idée?» «Oli, toi t'en as besoin, moi j'en ai envie. T'en doutes vraiment?» Celui-ci resta interdit une minute. Puis sans vraiment réfléchir, il alla recoller ses lèvres contre celles de Boris. Oli embrassait maladroitement mais d'un enthousiasme qui excusait tout. Boris le guida doucement, ralentissant leur baiser, mêlant sa langue avec la sienne. Ils partagèrent un goût d'alcool, de fumée, de désir. Oli glissa ses bras autour de la taille de Boris et le rapprocha de lui. Il se sentait comme un adolescent en train d'échanger son premier baiser... Il en avait déjà échangé un avec Nicola, mais celui-ci avait été tellement délicat que ce n'était pas du tout comparable au baiser que Boris était en train de lui prodiguer... Celui-ci commença à mordiller ses lèvres doucement alors qu'il explorait la peau chaude de son dos avec ses longs doigts.

Alors qu'il descendait sur la chute de ses reins, Oli poussa un petit soupir. Le guitariste imita son ami et laissa ses mains errer sous son chandail. Il ne perdit pas de temps et tira vite dessus pour le lui enlever. Boris le laissa promener ses doigts hésitants, offrant son corps mâle à sa découverte. Oli caressa son dos, s'attarda sur son torse, ses muscles. Boris l'arrêta dans sa découverte et prit ses mains pour les reposer sur le devant de son jeans. Oli le regarda, sentant sous ses doigts la bosse dans son pantalon. D'ailleurs, la sienne commençait à le faire un peu souffrir... Il déboutonna son jeans lentement avec des gestes incertains. Boris le regarda faire, l'hésitation d'Oli le faisant sourire. Une fois qu'il eut fini, il attrapa son visage entre ses mains et l'embrassa avec force.

Puis il le poussa en arrière sur le lit défait. Oli laissa son ami venir coller son corps contre le sien, ses lèvres partout sur son visage, dans son cou... «Mmmm... C'est péché mortel, tout ça...» «Si c'est vrai, j'ai rien contre un petit tour en enfer», murmura Boris, dévorant le torse d'Oli avec ses baisers, léchant et mordillant ses mamelons. Oli répondait à ses caresses comme si il était hyper-sensible et Boris s'amusait à trouver les points qui provoqueraient les réactions les plus fortes. Son ami se tordit violemment quand Boris fit courir un doigt sur son flanc. «Je suis chatouilleux, arrête ça!», dit Oli en riant. «Ah c'est vrai?» Boris lui jeta un regard malicieux et toucha à nouveau le point sensible, cette fois-ci avec sa langue. Oli se tordit à nouveau. «Tu vas me rendre cinglé...» «On sera deux alors...» Et c'était vrai. Si Oli réagissait ainsi à ses caresses moins osées, il brûlait d'envie de voir son visage alors qu'il aurait pénétré son corps vierge.

Excité, Boris se leva pour enlever son jeans et son caleçon. Une fois nu, il se pencha rapidement sur Oli et tira sur son pantalon, le déshabillant brusquement. «Ouh... Doucement...», fit Oli avec un sourire, retirant son t-shirt de son côté. Boris revint sur le lit, rapprochant son corps de celui d'Olivier. «T'es délicieux...», murmura-t-il alors qu'il tenait les poignets d'Oli levés au-dessus de sa tête. Il appuya ses reins contre ceux de son ami, le contact entre leurs érections faisant frissonner Oli. Celui-ci lâcha un petit soupir de plaisir. «Putain...» Il renversa la tête en arrière, poussant ses hanches contre celles de Boris doucement. Boris le laissa faire, ondulant ses hanches en réponse, se délectant des expressions qui traversaient le visage d'Oli.

Cependant, il était temps de passer aux choses sérieuses. Il s'arrêta pour aller chercher une capote dans la table de chevet. Il la jeta à côté d'Oli et se pencha ensuite sur son caleçon. Voyant qu'Oli ouvrait de grands yeux, il sourit et prit le tissu entre ses dents pour le lui enlever. Oli s'inquiétait un peu mais le laissa néanmoins le déshabiller. Constatant l'extrême excitation d'Oli, Boris se contenta d'embrasser le haut de son sexe. Juste ce petit contact fit trembler Oli, qui ferma les yeux. Boris remonta l'embrasser, ses doigts caressant sa poitrine. «Tu sais ce que je veux de toi?», demanda-t-il. «Quoi?», murmura Oli, frissonnant. «Je veux te prendre... Te pénétrer au plus profond.» Le teint d'Oli rosit légèrement, dénotant sa gêne. Il en avait envie, mais d'un autre côté, il avait un peu la trouille... Puis il se rappela de ce que Boris lui avait expliqué à ce sujet: ça ne ferait mal qu'un peu au début, pas de quoi s'inquiéter... Il regarda son ami et lui sourit. «D'accord, essayons...»

Boris l'embrassa brutalement, ses paroles venant comme libérer le désir qu'il avait essayé de retenir jusqu'ici. Il laissa ses mains caresser le derrière d'Oli, cherchant à le préparer tant bien que mal sans lubrifiant. Oli ferma les yeux. «Ahh... N'y va pas trop fort non plus, hein. C'est ma première fois, j'ai pas envie que tu me défonces le cul non plus...» «C'est un peu trop tard là, mon vieux», murmura Boris, s'occupant maintenant d'enfiler la capote. «Dans l'état où je me trouve, la dernière chose que je peux t'assurer c'est la délicatesse.» «Euh... Essaie tout de même steup... Pitié pour mon cul. J'en ai besoin pour m'asseoir», lui rétorqua Oli avec un sourire un peu forcé. Boris se mit à rire. «Allez, arrête de pleurnicher et mets-toi sur le ventre.» Oli se retourna et attrapa un oreiller qui sentait un peu comme le parfum que portait Nicola et qui le mit mal à l'aise; cependant, Boris commençait à le pénétrer et il fut surpris par la douleur. «Argh!» Boris s'enfonça complètement en lui et puis stoppa. Le guitariste colla son corps au dos d'Oli, se délectant de la chaleur qui l'enserrait. Il commença à bouger doucement, cherchant à toucher Oli là où il fallait. Lorsqu'il y arriva, le corps de son ami frissonna et se relâcha immédiatement. Olivier gémit, content qu'un profond plaisir ait remplacé la douleur du début. Avec son accord, Boris commença à aller et venir de plus en plus rapidement ses reins. Celui-ci se laissa aller, prenant Oli à un rythme sauvage.

En bas, Nicola ouvrit la porte doucement et jeta un coup d'œil à l'intérieur pour voir si il y avait quelqu'un. Avec son moral, il n'avait pas trop envie de croiser Oli et encore moins Boris... Le champ était libre; la cuisine et le salon étaient déserts. Par contre, les portes des chambres d'Oli et de Boris étaient ouvertes et ils n'y étaient manifestement pas... Nicola haussa les épaules. Tout ce dont il avait envie, c'était d'aller se coucher et de dormir...

En montant les escaliers menant à l'étage, il entendit des bruits bizarres... Son cœur ne fit qu'un tour. Il espéra très fort que ce n'était pas ce qu'il pensait... Il monta le reste de l'escalier à pas de loup et s'approcha de sa chambre. La porte n'était qu'à moitié fermée. Il jeta un coup d'œil à l'intérieur... il ne pouvait pas voir directement le lit de son angle de vue, mais par contre, le miroir de la commode lui renvoya avec un reflet horriblement fidèle la scène qui se déroulait dans sa chambre... Nicola eut l'impression que le monde s'écroulait autour de lui. Il perdit l'équilibre, une main s'appuyant contre le mur alors que l'autre frôlait accidentellement la porte, qui s'ouvrit un peu plus.

Boris entendit le léger grincement. Il ouvrit les yeux, arrêtant de bouger un instant. Un sourire malicieux se pointa sur ses lèvres quand il comprit. Il empoigna les cheveux d'Olivier, lui donnant des coups encore plus forts. «Ça te plaît Oli? Hein? Nicola, il aurait jamais pu te donner ça...» Celui-ci serra les dents. Il ne fit ni une ni deux, redescendit les escaliers et sortit.

Dehors, il se laissa mollement glisser le long de la porte d'entrée. Son cœur battait la chamade et sa gorge était tellement serrée qu'il pouvait à peine respirer. Il l'avait fait exprès... Ce salaud avait bien planifié son coup... Nicola se dépêcha de sécher une larme avant qu'elle ne coule sur sa joue. Non... Il aurait les insultes, mais les larmes, jamais... Il tentait d'alimenter sa colère pour qu'elle surpasse sa tristesse, mais il n'y arrivait pas. Il se sentait profondément blessé... Tout ce qui s'était passé entre eux, tous ces bons moments... Tout ça détruit en une seconde, tout ça détruit par la vision de Boris en train de... en train de... Nicola secoua la tête comme pour expulser l'image de sa tête.

Le baiser qu'il avait donné à Oli avait été une terrible erreur. Il n'avait pas réfléchi une seconde aux conséquences de son geste, et à présent, il s'en mordait les doigts... Tout ce qu'il voulait c'était... C'était donner à Oli le peu de réconfort qu'il pouvait lui offrir... Mais ce qu'avait fait Boris était tout à fait différent. C'était une vengeance, purement et simplement. Ils s'étaient juré fidélité et il avait rompu sa promesse... Et il l'avait fait avec son meilleur ami.

CHAPITRE IX

Le matin suivant, il pleuvait doucement mais incessamment sur Tokyo. La maison était froide. Boris se réveilla, frissonnant et cherchant la chaleur d'un corps près du sien... Mais le lit était vide. Évidemment pas de Nicola, mais pas d'Oli non plus... Tout ce qui s'était passé la nuit d'avant lui revint d'un coup en mémoire en même temps que l'habituel malaise dû à l'abus d'alcool. Il fit tout de même l'effort de se lever et alluma une cigarette. Maintenant qu'ils étaient quittes, il se demandait ce qui se passerait ensuite. Il supposait qu'Oli aurait tous les remords du monde. Et quant à lui, Nicola serait sûrement prêt à le renvoyer... Boris regrettait un peu que les choses se finissent ainsi, mais il réalisait que finalement ce genre de relation entre professionnels n'était vraiment pas possible... Indochine c'était fini pour lui. Faudrait attraper ses guitares et reprendre la route. Mais d'abord, il devrait s'occuper de cette sale gueule de bois qui l'empêchait même de penser clairement. Enfilant son jeans, il décida d'aller voir si Oli avait laissé ses cachets magiques quelque part dans la cuisine. Il passa par le salon, commença à fouiller dans les armoires de la cuisine en claquant les portes.

Nicola se réveilla en sursaut. Un peu désorienté, il prit quelques secondes à réaliser qu'il était allongé sur le canapé du salon. Il entendit du bruit dans la cuisine et se leva à demi pour voir ce qui se passait. «Alors, bien dormi?», demanda-t-il à Boris sur un ton aigre. Celui-ci se tourna vers le canapé et vit le visage fatigué de Nicola, ses cheveux en bataille. Son cœur se serra un peu, mais l'irritation prit vite le dessus. «Ouais», fit-il en continuant à chercher. Putain, mais où Oli avait-il mis le médicament? «Tu cherches une corde pour te pendre?» «Pardon?» «Nan, rien...», fit Nicola en se recouchant. Boris le regarda un instant. «Pas trop dur dans le dos le canapé?» «En quoi ça t'intéresse?» Boris haussa les épaules, décidant finalement de prendre une aspirine. «Moi j'y dormirais pas par choix, c'est tout.» «C'est pas vraiment par choix non plus que j'ai dormi là. Les autres chambres sont pas encore meublées et mon lit était passablement trop encombré pour que je puisse y dormir...» «T'avait qu'à nous rejoindre. J'étais sûr que la situation te conviendrait pourtant.» «Primo, je t'avais déjà dit que j'étais pas intéressé à faire des trucs à trois et deuzio, tu m'as pas vraiment invité à ce que je sache!» «Pourtant t'as pas eu besoin d'invitation pour te jeter dans les bras d'Oli.» «Ouais, ben toi tu t'es pas vraiment gêné pour le sauter dans mon lit!» «Tu pensais que t'étais le seul à pouvoir agir comme une vraie salope?» Nicola se leva et s'étira lentement. «Je sais pas. Normalement c'est toi l'expert dans ce domaine-là...» «C'est ça. Je te rappelle que c'est pas moi qui a passé son temps à se cacher des trucs pas clairs.»

Boris alla se chercher un verre d'eau. Ses mains tremblaient de rage. «Qu'est-ce que t'entends par là?» «Arrête de faire cette tête d'innocent. Tu penses que j'ai pas compris que t'aimais Oli et que tu m'as utilisé pour casser sa résistance? Tu veux me faire croire que c'était rien ce baiser, mais je suis sûr que t'attendais juste le bon moment pour pouvoir te le taper. J'en ai marre de tes petits jeux, Nicola.» Nicola fronça les sourcils. «Putain de merde, essaie pas de me faire porter le chapeau pour TES petits fantasmes inavouables!» «Ouais, ouais... C'est plutôt toi qui t'amuseras avec l'autre petit refoulé là, c'est tout à fait votre domaine d'expertise. Moi je me casse, j'en ai marre qu'on me traite comme un con», répondit Boris en avalant son eau d'un trait. «T'es qu'un lâche, Jardel.» «Ah, c'est moi le lâche? Tu me racontes des bobards depuis deux mois et puis tu m'utilises pour aller te taper l'autre et c'est moi le putain de lâche???» «Mais jamais je ne t'ai menti! Et puis c'est toi qui t'es tapé Oli, pas moi, merde!» «Je ne t'ai jamais menti non plus, bordel! Et tu m'as remercié en foutant la merde dans notre histoire!» «Il n'y aurait pas eu de bordel si tu aurais eu confiance en moi.» «Je t'ai dit que je ne supporterais pas que quelqu'un touche à toi, et pourtant, c'est la première chose que tu fais! Comment veux-tu que j'te fasse confiance, merde!» «Mais tu ne m'as même pas laissé t'expliquer les raisons de mon geste! Déjà en partant, ça se voit que la confiance règne pas trop...» «Donc t'as été voir jusqu'où tu pouvais me pousser? Mais va te faire foutre, Nicola! Si tu voulais baiser Oli et que tu m'en aurais parlé j'aurais peut-être compris, mais tu profites de l'occasion pour le faire alors ce n'est plus clair du tout!»

Nicola ouvrit de grands yeux. «Mais j'ai jamais voulu coucher avec Oli, merde!» «Tout comme t'as jamais voulu coucher avec moi, ouais. Tu raconteras tes histoires à l'autre, là. Avec moi, ça ne colle plus.» «Parfait. C'est ça. Comme tu veux.» «Trouve-toi un autre guitariste à tyranniser parce-que moi je serai plus ton petit jouet.» Nicola se laissa tomber sur le canapé, las. «C'est ça, c'est ça...», dit-il tout bas. Boris le regarda d'un air dégoûté. «Dire que ça se finit comme ça... », murmura-t-il avant de partir vers sa chambre. «Sale con.»

Oli sortit de sa chambre. Il s'arrêta à côté du canapé, sans regarder Nicola. «J'ai entendu votre discussion.» Nicola regardait devant lui sans ciller. «Et? Tu veux te joindre à notre engueulade?» «Non. Moi je me mêle plus de ces histoires. Moi même je ne sais plus où j'en suis...», dit Oli à voix basse. «Je venais juste te rappeler qu'on est tenus par contrat à livrer un album dans 5 mois et qu'on a besoin de Boris pour ça. On arriverait pas à trouver un autre bon guitariste dans ce délai et tu sais aussi bien que moi que Boris nous est essentiel en ce moment.» «Oui, je sais ça», soupira Nicola en fermant les yeux pour tenter de calmer ses nerfs surmenés. «Tu veux bien aller lui rappeler? Moi, j'ai plus la force... J'ai plus la force de lui parler...» Oli hocha la tête. «D'accord. Toi essaie de dormir un encore un peu.»

Il alla ensuite frapper à la porte de Boris. «Oui?» «J'ai entendu ce que t'as dit à Nicola et je viens te demander de rester, au moins jusqu'à ce que l'album soit fini. Il faut que tu respectes le contrat que t'as avec nous je te rappelle.» «Ouais, d'accord. Faut bien que quelqu'un tienne ses promesses dans cette histoire quand même.» Oli tiqua mais ne fit pas de commentaire. «OK. On reprend le boulot demain alors?» «Oui, oui, sans problème.» Olivier fit un petit signe de tête et sortit.


Le reste du groupe les avait rejoints une semaine plus tard. Entre temps, Nicola n'avait pu faire autrement que de changer de chambre, trop de souvenirs, bons ou mauvais, y étant déjà associés. Il avait donc laissé l'étage à Fred et avait déménagé ses pénates au rez-de-chaussée, tout au fond du couloir, en retrait des autres. Durant le reste du séjour, il n'adressait la parole à Boris uniquement que quand c'était nécessaire. Il prit bien quelques jours avant de reparler à Oli comme avant, se gardant tout de même de partager avec lui ses états d'âme. Quand il ne travaillait pas avec les autres, il passait la journée soit enfermé dans sa chambre à écrire des textes, soit dehors à jouer les touristes. Il avait vite appris à gérer tout ça et à n'y rien laisser paraître aux autres comme il savait si bien le faire. Le jour, il était toujours occupé à une chose ou à une autre et n'y pensait même pas. Par contre, la nuit, il se surprenait souvent, à moitié endormi, à rechercher Boris dans son lit. Et au matin, au lieu du corps de son amant, c'était son oreiller qu'il tenait serré contre lui... Autant le jour il pouvait s'amuser avec les autres, autant la nuit il était malheureux, ses émotions refoulées durant la journée venant le hanter... Et ça l'empêchait de dormir. La colère, la tristesse et les regrets lui torturaient le ventre... Il finissait souvent par se masturber toute la nuit pour se débarrasser du poids qu'il sentait peser au fond de lui et pour satisfaire du même coup sa libido contrariée. Les caresses de son amant lui manquaient terriblement et il n'avait qu'une envie: aller dans la chambre de Boris et le supplier de le baiser jusqu'à ce qu'il en ait mal et de l'emmener au septième ciel encore et encore jusqu'à ce qu'ils meurent d'épuisement... Sa voix lui racontant, murmurante, la sincérité de son amour à l'oreille, son regard lui prouvant la pureté de son désir, son odeur si chaude le réconfortant... Tout ça lui manquait plus qu'il ne saurait le dire...

Oli de son côté trouvait toute cette tension entre eux extrêmement lourde, surtout sachant qu'il était en partie la cause des problèmes. Il s'en voulait de n'avoir fait que des erreurs tout le long du drame. D'abord en dissimulant ses sentiments, puis en les avouant si maladroitement, de ne pas avoir repoussé ou même soutenu Nicola, d'avoir laissé son amertume et son manque d'affection le pousser dans les bras de Boris... Il faisait de son mieux maintenant pour se donner au maximum, comme pour s'excuser auprès de ses amis. Oli savait maintenant qu'une fois leur travail fini, ils auraient à discuter du sort du groupe. Le départ de Boris allait certainement créer des tensions... Quant à lui, il voulait rester et était tout prêt à présenter ses excuses et continuer à travailler avec Nicola... Mais il s'inquiétait beaucoup pour l'avenir d'Indochine.

Boris lui s'inquiétait tout autant. Il avait cru qu'il finirait son boulot avec Indochine vite fait, bien fait. Cependant, à l'arrivée de Shoes, Fred et Marco, leur travail avait reprit cette agréable camaraderie qui, après tout, était ce qui l'avait attaché au groupe dès le début. Il s'amusait à faire de la musique avec eux et bientôt, il ne se vit plus en train de les quitter. Mais ce qui était fait, était fait... Comme si ce n'était pas assez angoissant, il y avait toujours son histoire avec Nicola. Il aurait aimé ne plus le voir, tant leur séparation lui faisait mal, mais c'était bien sûr impossible. Il lui en voulait d'avoir embrassé Oli, mais surtout, il lui en voulait d'être toujours aussi fier, de ne pas lui avoir demandé de l'excuser... Boris se gardait de trop boire pendant qu'ils travaillaient, mais les nuits de Tokyo étaient à lui: des tas de petites japonaises aux mêmes traits accueillaient la libido qu'il retenait toute la journée à regarder, à écouter Nicola. Elles lui épuisaient le corps, mais la douleur de ne pas être avec Nicola ne faisait que croître à chaque fois...

À suivre...