J'accepte qu'il me prostitue

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Numéro 27

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 27
Date de parution originale: Janvier 1989

Date de publication/archivage: 2014-07-05

Auteur: Xavier
Titre: J'accepte qu'il me prostitue
Rubrique: Soumis et heureux

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Il est cinq heures du matin. Mon lit grince, ça fait quinze minutes que Saïd est en train de me défoncer avec vigueur et précision, et c’est la cinquième fois cette nuit que je subis ses assauts, et chaque fois, je prends un super-pied ; il est insatiable mon petit «Beur».

À vingt-deux ans, il est superbe, grand (1m85), mince, la peau très mate, les cheveux noirs et frisés, les yeux brillants, une épaisse moustache noire au-dessus d’un sourire carnassier ; c’est un vrai morceau de roi, rencontré dans une manif’ anti-raciste.

Des couilles d’âne (selon sa propre expression), une queue longue et large, la première fois qu'il m’a baisé, j’ai mis trois jours à m’en remettre. Je suis coiffeur pour dames et j’ai le physique de l’emploi : mince, menu, efféminé, longs cheveux blonds soignés, totalement imberbe et un joli cul bien lisse et bien ferme, et maintenant bien ouvert grâce à mon mec. Saïd n’a pas lésiné sur les moyens, après nos deux premières nuits. Il a invité son copain Rachid, même âge, même style, et à eux deux, c’est en moyenne six à sept coups par nuit ; parfois, Rachid est remplacé par un ou deux copains. Une fois par semaine, j’ai droit à une nuit de repos tout seul, et je m’ennuie. Un jour, Saïd m’a dit de bien me préparer, il allait m’emmener dans un café arabe, et il fallait que je sois gentil avec les clients ; j’ai dit non, c’est Saïd que je voulais, pas les autres ; j’acceptais Rachid et quelques autres, uniquement pour ne pas le perdre.

Il m’a répondu : «Dans mon pays, un homme qui fait la femme est une pute, et une pute ça sert à tous les hommes !» J’ai dit non, et après une semaine de silence, je l’ai supplié, il est venu et j’ai capitulé.

Tous les dimanches après-midi, dans l’arrière-café, sur le matelas à même le sol, je sers à plusieurs hommes les uns après les autres. Ils jouissent en général très vite, les pantalons à peine baissés. Rares sont ceux qui acceptent de se foutre à poils, de me caresser : je suis un cul vide-couilles, rien de plus. J’ignore combien Saïd demande à chacun de mes baiseurs, mais je sais qu’il est content de ce que ça lui rapporte. Hier, je lui ai propose de me louer aussi les lundis après-midi : il était fou de joie, il m’a dit : «Cette nuit, tu vas être à moi seul», et cette nuit, j’ai été fabuleusement limé.

Nous sommes samedi, je sais que demain, à quatorze heures, ça va recommencer et que lundi je serais plus fatigué que d’habitude, mais je veux que Saïd puisse se payer de bonnes études. Quand il sera avocat, il retournera dans son pays et il m’emmènera ; je serai enfin à lui seul.

Xavier, 37 ans.