Je t'aime, je te cherche

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Numéro 43

Texte d'archive:


Archivé de: H pour H – Numéro 43
Date de parution originale: Février 1996

Date de publication/archivage: 2017-07-27

Auteur: Richard
Titre: Je t'aime, je te cherche
Rubrique: Pédés cœurs et pédés cul

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Plus banale et commune que mon aventure, tu meurs, et pourtant, cinq ans après, j’en rêve encore. Une nuit d’août 1990, Pornic — routinière balade nocturne —, miracle dans le désert ambiant ! un mec, jeune et mignon de surcroît, ébats beaucoup plus que sympathiques : tendres, ils sont plaisir et désir réciproques. Le temps ne compte plus, nous sommes heureux, il a vingt ans et moi, le double. Sans importance ce soir-là et entre nous nos mains, nos sexes, nos corps frémissent à l’unisson, allons-nous nous quitter banalement après ce moment d’ivresse ? Un bar encore ouvert nous accueille près des Halles, nous y parlons de tout, de nos vies, de nos familles, de nos projets. J’apprends que chaque été Thierry, qui habite Laval, vient ici, à Pornic dans la maison familiale et qu’il doit bientôt faire son service militaire. Lent retour vers nos voitures, plein d’attirance mutuelle, nous vivons longuement, intensément, un second moment d’amour. C’est divin, encore plus dense, plus vrai, plus libre et meilleur qu’au début de la nuit. Nous nous aimons sans oser le dire explicitement. notre trouble est total et délicieux, nos lèvres, nos mains, nos corps parlent pour nous dans le petit matin qui nous enveloppe. Nous nous quittons au comble de la tendresse et de l’émotion, Thierry me suit jusqu’à chez moi, à Sainte-Marie, où je séjourne également chaque été. Il s’arrête, vais-je lui dire encore au revoir ? Je le laisse filer.

Alors que nous en mourons d’envie, nous n’avons eu ni l’un ni l’autre le courage de nous donner le moyen de nous revoir. Thierry vit à Laval, moi à Paris, a priori, tout nous sépare.

À Pornic-Sainte-Marie, chaque année, je parcours le quartier de la Rhumerie, là où Thieny m’a dit séjourner, dans le fol espoir de le retrouver... Inutiles pèlerinages, je n’y croise jamais mon si charmant compagnon d'un soir pornicais pas comme les autres !

Mais, en juillet dernier, miracle, je suis nommé pour un an à Laval ! Plus que jamais, je repense à Thierry que j’ai sottement laissé filer cinq ans plus tôt. Or, fin août dernier, au moment de gagner la préfecture mayennaise, je remonte ma rue pornicaise dans la nuit estivale ; une voiture immatriculée 53 me croise, ralentit, s’arrête, revient, repasse puis repasse encore. Toujours en ralentissant. Est-ce toi ? J’en suis à peu près sûr. Mais un autre véhicule m’interpelle pour me demander sa route, l'importun va tout me faire rater ! Du coup, je ne peux ni te regarder ni te faire signe nettement et toi, toi, tu n’oses pas t’arrêter vraiment. La chance de renouer le contact s’est encore évanouie... Une troisième chance se présentera-t-elle ? Qui sait... Si Thierry ou un de ses amis lit HOMMES POUR HOMMES, qu’il m’écrive... Et vous, amis lecteurs, un bon conseil : si jamais vous vous retrouvez dans la même situation, montrez-vous moins sots, moins coincés que Thierry et moi, l’amour sourit aux audacieux !

Jacques.