Jeune mec en détresse

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Numéro 87

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 87
Date de parution originale: Mars 1998

Date de publication/archivage: 2013-10-23

Auteur: Jean
Titre: Jeune mec en détresse
Rubrique: Keums à domicile

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C'était il y a près de deux ans. Il y avait une semaine que j’avais emménagé dans mon nouvel appartement, et il y avait encore des meubles emballés et des caisses un peu partout. J’étais en train de dépoussiérer une vitrine lorsqu’on a frappé à ma porte. J’ai pensé que ce devait être un voisin, puisqu’on ne m’avait pas sonné à l’interphone. J’ai ouvert et j’ai vu un beau jeune mec souriant au regard vif, avec une lourde serviette sous le bras. Il m’a demandé si j’aimais l’art, ou une question bidon de ce genre. J’ai dû lui répondre vaguement quelque-chose, reniflant déjà le type qui veut vous vendre une assurance ou une calculette atomique. C’est son regard franc, brillant, plus que sa frimousse qui m’ont désarçonné. Il a réussi à entrer chez moi et à me seriner son petit discours, mais avec un tel naturel et un tel bagou que je n’ai pas pu en placer une. J’ai compris qu’il vendait des reproductions d’art, et que c’était un ex-délinquant repenti qu’un organisme quelconque tentait de remettre dans le droit chemin en les exploitant éhontément. Tout ce que j’ai pu penser sur l’instant, c’est qu’il n’avait pas l’air d’un délinquant avec son blazer, sa cravate et son sourire pour pâte dentifrice. J’ai très vite baissé les bras, touché par la fraîcheur de ce môme.

Il m’a déballé sa marchandise: si les reproductions étaient de qualité, le choix des peintures proposées m’a fait regretter mon abandon. Il y avait des Dufy, des Manet et autres Modigliani, sans compter les inévitables chatons dans des paniers à rubans. Je lui ai montré contre un mur les toiles abstraites que je possède. Il a compris tout de suite qu’il avait perdu. J’ai vu soudain son sourire se craqueler de fatigue. Ça m’a fait pitié. Je lui ai filé les 150 francs que j'avais en poche pour une repro de Dali. Heureux qu’il était. Pour me rattraper, je lui ai demandé brutalement en le tutoyant (je peux me le permettre à quarante-deux ans!): “Dis moi, c’est quoi la connerie que tu as faite? N’aie crainte, je suis un mec plutôt cool!” Il m’a regardé un long temps avant de me jeter très vite, sans respirer: “J’ai tiré le sac d’une vieille! Mon vieux m’avait jeté, j’avais plus un rond! Et puis je prenais de la dope!”

On a discuté, et il a fini par me raconter toute sa jeune vie. Je ne vous en dirai rien, c’est d’ordre privé. Je ne vous dévoilerai que son prénom, Pascal, et son âge, dix-neuf ans. On en était à notre deuxième Bourbon lorsque je lui ai avoué que j’étais gai, séropositif, et que la solitude me pesait de plus en plus. Je lui ai dit tout ça plus pour me libérer du poids de cette solitude que pour le draguer. Ce petit mec tout mignon, rieur et triste à la fois, me plaisait, bien, sûr, mais je n’ai rien fait pour le draguer. Pascal m’a regardé sans rien dire. Je n’ai pas bougé. La nuit tombait. Silence. Il a bu la dernière gorgée de son verre et s’est levé. J’ai cru qu’il partait. Il s’est approché de moi, il s’est penché et m’a doucement embrassé sur les lèvres. Il m’a dit: “La vie n’a pas été tendre, pour l’un comme pour l’autre. Pour ce soir, on peut y remédier si t’as envie...”

Peu de temps après, nous nous embrassions à en perdre haleine. Quelle merveille que ce jeune corps sec et nerveux serré contre moi à m’étouffer. Je n’avais jamais rencontré un mec possédant une telle rage de faire l’amour. Nous étions déjà à moitié à poil quand je l’ai entraîné vers ma chambre. Nous nous sommes mutuellement massé l’entrejambe en nous fixant du regard, mais c’est lui le premier qui a défait ma braguette pour en sortir mon chibre archi-bandé. Il a commencé à me branler, un peu trop vite. Ce jeune faon était à la fois passionné et encore peu habile aux jeux du sexe. “Calme-toi, nous avons tout le temps...” je lui ai murmuré. Je me suis agenouillé et, lentement, un à un, tout en levant mes yeux vers lui, j’ai défait les boutons de sa braguette. Derrière, il y avait un affreux slip rouge, mais près d’éclater comme un fruit mûr. J’ai défait la boucle de la ceinture et le pantalon de flanelle est tombé à ses pieds. D’un coup sec j’ai baissé le slip, et sa belle et jeune bite m’a sauté au visage, un bel engin merveilleusement proportionné avec un gland rose foncé, surmontant des couilles presque collées à la tige. Je l’ai embrassée, je l’ai sucé, puis j’ai enfoncé toute la hampe dans ma gorge. Je l’ai senti se tendre et il a penché la tête en arrière en soupirant d’aise. Ce n’était qu’un prélude à tout ce que nous allions faire par la suite.

Tout ce que je puis dire, c’est que j’ai déployé tout mes trésors pour lui octroyer le maximum de plaisir, suçant et léchant la moindre parcelle de son corps souple et encore tout neuf. J’ai fait exulter ce corps, le faisant frissonner de désir, d’envie folle de jouir. Lui m’a offert toute sa fougue, sans arrière-pensée. Nous avons roulé sur le lit en tempête, nous enlaçant en nous embrassant, en nous mordillant, nous séparant que pour mieux rendre hommage à une partie de notre corps. J’ai avalé ses couilles fermes, j'ai léché son ventre, je l'ai mordu derrière les oreilles, j’ai frotté ma queue sur son cou, sur ses lèvres, j’ai baisé ses pieds. J’ai vu sa bite mouiller abondamment lorsque j’ai pincé ses deux tétins un peu plus fort. Son regard aussi était mouillé de joie. Nous avions les lèvres rouges de trop nous rouler des patins.

Il m’a pris. Il m’a relevé les cuisses presque jusqu’au-dessus de moi, en me saisissant par les pieds. Il a approché son chibre encapoté de ma rosette palpitante, et j'ai senti le gland passer la porte du sphincter. J'en ai gémi de plaisir. Il a progressé à l'intérieur, jusqu’au bout, jusqu’à ce que ses couilles se collent à mes fesses. Il m’a regardé, le visage en sueur. Il s’est allongé sur moi et j’ai refermé mes cuisses sur son dos glissant. Puis j’ai empoigné ses fesses à deux mains. J’avais ce jeune animal en moi, sur moi, j’étais au paradis. Mais très vite, au bout de quatre ou cinq aller-retours, il n’a pu s’empêcher de jouir. Il a crié. J’ai nettement senti les soubresauts de sa bite au fond de mon ventre. Puis ses muscles se sont relâchés, il s’est affalé sur moi, l’haleine courte, son visage enfoui dans mon épaule. J’ai doucement caressé ses cheveux courts mais épais, un peu bouclés. J’ai passé ma main entre nos deux ventres accolés. Quelques mouvements et j’ai joui à mon tour, nous inondant de mon foutre brûlant.

Nous avons dormi serrés l’un contre l’autre cette nuit-là, comme des animaux se protégeant du danger. Le matin, je lui ai promis de l’aider à s’en sortir. Au bout de deux mois de démarches épuisantes, je lui ai dégoté une formation d’électricien. Il a appris vite et bien. Aujourd’hui, il a trouvé un job sur des chantiers, le travail est dur et il a un salaire de misère. Mais il est libre, maître de sa vie. Il passe me voir presque toutes les semaines, et nous faisons l’amour comme au premier jour. Dernièrement, il s’est trouvé une nana de son âge. Je crois qu’il est amoureux d'elle. Bientôt, il préférera lui faire l’amour plutôt qu’à moi. Je ne suis pas jaloux. Je ne regrette rien.