Jim Anderson et le dernier des Anges Libres (10)


Jim Anderson et le dernier des Anges Libres (10)
Texte paru le 2014-12-19 par Tom   Drapeau-fr.svg
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CHAPITRE 10

L’Art de l’Aiguille

Leuctres, 371 Av. JC.

Sous la tente de commandement des armées de Thèbes, Epaminondas faisait les cent pas devant ses généraux.

— Comment cela a-t-il pu se produire ! cria-t-il. Comment ont-ils pu tromper nos sentinelles et s’introduire jusqu’ici !

Gorgidas et Pelopidas se tenaient tête baissée devant lui. Les colères d’Epaminondas étaient rares. Pour tout dire jamais ils ne l’avaient vu dans cet état. Pélopidas l’avait connu déchainé au combat, vaillant dans la victoire, patient lors de l’occupation de Thèbes puis sage depuis qu’ils gouvernaient la ville ; mais jamais à ce point en colère.

« Mon fils ! continua-t-il de crier. Ils se sont emparés de Théodre ! De mon fils ! Il vont au mieux vouloir l’échanger et au pire… »

Gorgidas sortit discrètement de la tente de commandement. Le soleil brillait et brulait les chairs en cette heure la plus chaude de la journée. La guerre contre Spartes durait maintenant depuis plus de dix années et nombreuses avaient été les batailles. La ville de Leuctres avait été choisie pour mettre définitivement un terme aux prétentions expansionnistes des spartiates. Avec Pélopidas et Epaminondas, ils avaient longuement étudié le site, défini leur stratégie, usant de tout leur savoir et de toutes leur astuce pour envisager une nouvelle stratégie de guerre. Leuctres devait être leur plus belle victoire ; l’Ange l’avait prédit.

L’Ange…

Gorgidas revit le corps de son amant, le corps de Théodre jouir sous les assauts de la divine créature ; leurs corps emmêlés transpirant de plaisir et de nouveau une infinie jalousie s’empara de lui…

… puis la honte l’envahit…

Qu’avait-il fait…

* * *

L’aiguille s’enfonça de nouveau sous la peau lisse et imberbe de Théodre et l’encre s’y répandit, poursuivant les tatouages complexes qui recouvraient à présent son corps. Il se cambra de douleur sur la table de pierre au dessus de laquelle il se trouvait allongé. Ses pensées étaient confuses. Il se souvenait vaguement de s’être réveillé en sursaut alors qu’il dormait paisiblement sous la tente de son père, sentant une main se poser sur sa bouche tandis que d’autres s’emparaient de ses mains et des ses pieds pour les lier ensemble. Puis on l’avait bâillonné et en quelques minutes il s’était retrouvé dehors, porté par deux hommes, son corps nu offert à la fraîcheur de la nuit.

Une nouvelle piqûre sur son dos le ramena à la réalité, lui arrachant un cri étouffé par le bâillon qui occupait toujours sa bouche. Cela faisait des heures que son corps subissait les assauts des aiguilles ; partout des motifs avaient été dessinés, jusque sur les zones les plus sensibles et les plus intimes de son anatomie.

Mais que voulaient ces hommes !

Personne ne lui avait encore adressé la parole. Après son enlèvement, on l’avait rapidement livré à un colosse blond de haute stature, un homme qui ressemblait à l’Ange. On l’avait posé à terre sans ménagement puis laissé seul en compagnie de cet étranger qui s’était agenouillé à ses côtés. Il avait posé une main sur son ventre puis sa bouche s’était emparée de sa virilité molle. Alors il avait enflé malgré lui, grossi sous la caresse. Quelques minutes avaient suffi pour qu’il perde pied et se laisse aller à sa jouissance.

Délicieux, avait alors déclaré son kidnappeur en relevant la tête et en s’essuyant la bouche d’un revers de la main. Je comprends ce que Gabriel apprécie en toi… Je pense que nous allons bien nous entendre même si nous ne passerons que peu de temps ensemble…

Puis l’air avait semblé se densifier et tout était devenu flou, jusqu’à ce qu’il perde connaissance. A son réveil il s’était retrouvé dans la position qu’il occupait encore maintenant, allongé à plat ventre sur une table de pierre, les pieds au sol et les mains solidement liées au-dessus de sa tête.

Il faisait chaud, très chaud même et aucune fenêtre ne lui permettait de deviner l’heure qu’il était. L’atmosphère était étrange, rendue lourde et pesante par la lueur de deux énormes braséros qui occupaient l’extrémité de la pièce. Le sol était de terre brute et les murs de pierres, rien ne lui permettait d’identifier le lieu.

Un petit homme ratatiné tournait autour de lui en maugréant des paroles inaudibles tout en perçant sa peau de ses multiples aiguilles. Il semblait savoir ce qu’il faisait à la perfection, chacun de ses assauts semblant millimétré. Il était étrange. Parfois il s’arrêtait et contemplait son œuvre tel un peintre devant l’une de ses toiles les plus complexes. Puis il reprenait, s’arrêtait, l’examinait, et recommençait.

Au départ, la douleur qu’avait provoquée l’encre en s’écoulant sous sa peau avait été telle qu’il en avait presque perdu connaissance. Puis il s’y était raccroché, comme un homme perdu au beau milieu de la mer à son radeau de fortune. En peu de temps, elle s’était imposée à lui. Elle avait la teinte noire de l’encre dont on le teignait, la couleur rouge du sang qui battait sourdement dans ses tempes et l’or du feu des braséros. Elle était son refuge au milieu de toutes ses peurs, le havre dans lequel il se réfugiait. Il en avait en partie honte, mais parfois, alors que l’aiguille était à l’œuvre et que la douleur troublait son regard, un plaisir pervers envahissait ses reins, dressait son sexe malgré lui. Le petit homme semblait connaître les zones capables de provoquer une infinie douleur ou un indicible plaisir ; et il en jouait avec science et délectation, admirant le corps nu qu’il torturait.

Théodre n’était pas prude et se tenir nu devant ses semblables ne l’avait jamais gêné. La pudeur ne faisait pas partie de ses défauts. Il aimait la chaleur des corps, la nudité et avant tout le sexe, d’abord avec les femmes… puis il y avait eu les hommes. Gorgidas l’avait initié aux caresses viriles. Il avait d’abord été terrifié devant les avances du Général, il avait voulu lui résister. Mais rien n’avait pu arrêter la puissance et la détermination du puissant Thébain. Il l’avait dompté, soumis à son vice… et Théodre avait fini par aimer cela. Quand il repensait à la première fois qu’il s’était emparé de son corps, il ne manquait jamais de s’enflammer de nouveau. Puis il y avait eu l’Ange… et l’extase sublime… L’aiguille le piqua de nouveau…

Que c’était douloureux !

Il serra les dents et se raidit pour ne pas jouir de cette douleur contenue. Comment en était-il arrivé là ? Pourquoi avait-il décidé d’accompagner son père pour cette bataille. Bien sûr comme beaucoup de jeunes hommes il bouillait de participer aux combats, mais son père l’en avait jusque là toujours dissuadé. Puis Gorgidas lui en avait de nouveau parlé, lui avait vanté la bravoure de ses hommes, lui avait promis de persuader son père de l’emmener… et il y était parvenu…

De nouveau l’aiguille mit fin à ses réflexions et un homme entra dans la pièce, l’homme blond était là… L’homme qui ressemblait à l’Ange.

* * *

Tout semblait s’être arrêté sur le champ de bataille, comme si une trêve officieuse avait été signée entre les deux camps. Les hommes se reposaient attendant les ordres de leurs généraux qui ne semblaient vouloir prendre d’initiatives.

Gorgidas errait dans le camp, rongeant son frein, revivant les événements de la nuit. Avait-il eu raison d’agir ainsi ? Il ne l’avait pas fait pour lui, mais pour Théodre. Pour Théodre et pour Thèbes.

Quand l’autre Ange lui était apparu au matin du lendemain de la victoire des thébains, alors que seule l’étoile du matin brillait encore dans le ciel et que le soleil débutait à peine son ascension, il brulait encore du désir et de la jalousie qui avait ravagé son corps la nuit précédente. La jalousie de la vision des corps emmêlés de Théodre et de l’Ange et le désir qu’il n’avait que partiellement pu assouvir avec Jocaste et son partenaire.

Lorsque, errant dans les ruelles de Thèbes après avoir surpris son amant dans les bras de l’Ange, il avait croisé la route des deux hommes, son sang s’était mis à bouillir et il avait saisit au vol leur promesse de plaisir et de jouissance. Mais la haine ravageait son esprit. Il les avait entraînés hors de Thèbes puis sans patience ni douceur, s’était emparé du partenaire viril de Jocaste. Aussi grand et fort qu’un ours, l’homme avait tenté de le repousser, peu habitué qu’il était de servir de réceptacle à la semence de ses semblables. D’ordinaire il était le maître, celui qui dominait leur lit. Jocaste les avait regardés sans réagir, troublé et terrorisé par la force du Général. Il avait vu son amant se débattre puis céder sous les assauts et enfin se soumettre, grimaçant et gémissant de douleur tandis que le Général le pilonnait sans faillir. Lorsque son tour était venu, il s’était laissé faire, trop heureux qu’il était de se soumettre à une si puissante virilité.

Gorgidas s’était réveillé alors qu’il faisait encore nuit. Ses deux amants gisaient à ses côtés, épuisés par leurs ébats virils et brutaux. Jamais il ne s’était comporté de la sorte…

…et c’est alors qu’il regagnait sa maison qu’il l’avait rencontré. Il était étrange, encore plus que l’Ange. Il se faisait appeler Samaël et semblait tout savoir de lui, de son affection pour Théodre et des actions interdites de celui qu’il appelait Gabriel. Il lui avait parlé des dangers que représentait pour un humain de forniquer avec un Ange et des risques qu’encourait Théodre dans les bras de Gabriel. S’il n’avait pas été à ce point aveuglé par la jalousie et la colère, il n’aurait probablement pas été si prompt à croire Samaël. Mais il l’était… Et lorsque la créature lui avait proposé de lui rendre Théodre en échange de son aide pour piégé Gabriel, il avait accepté sans rechigner. Samaël avait un plan et Gorgidas l’avait aidé à le mettre en œuvre. Théodre était la clé de tout ; Samaël devait le rencontrer pour lui exposer les risques de forniquer avec un Ange. Mais pour cela il fallait que le jeune homme sorte de Thèbes, sorte de l’influence de Gabriel. Gorgidas l’avait alors encouragé à se rendre sur le champ de bataille de Leuctres qui leur promettait une grande victoire ; puis il avait permis aux hommes de Samaël de s’introduire dans le camp et de capturer son amant…

Qu’avait-il fait… Avait-il eu raison…

* * *

Le corps de Théodre oscillait toujours entre douleur et extase. L’aiguille entretenait des vagues de sensations en lui. Il avait l’impression de n’être rien d’autre qu’un instrument de musique entre les mains du petit homme. Celui qui ressemblait à l’Ange les observait depuis un moment déjà. Grand et blond, il portait un vêtement étrange fait de toile d’un blanc immaculé et qui lui couvrait indépendamment ses deux jambes. Une pièce de métal gris maintenant l’étoffe ample à sa taille, ressortant sur son ventre ferme et hâlé. Son torse était nu et totalement glabre, aussi musclé que celui de l’Ange. Il semblait surveiller le travail du petit homme de son troublant regard bleu azur.

Théodre sentit un puissant désir naitre au creux de ses reins. L’aiguille de nouveau faisait vibrer son corps. Son sexe s’enflamma et cette fois il eut toutes les peines du monde à contenir sa jouissance. Fermant les yeux, il se concentra sur son sexe dur et douloureux, parvenant de justesse à retenir sa semence.

Le souffle court, il mit un certain temps avant de s’apercevoir que le petit homme s’était arrêté.

— En as-tu terminé ? demanda celui qui ressemblait à l’Ange d’une voix grave et profonde.

— Oui, maître Samaël, répondit le petit homme. Le tatouage est terminé. Mais il semble qu’il faille soulager ce jeune homme, le tatouage ne pourra réellement rendre que s’il lâche prise. Souhaitez-vous que je m’en occupe, continua-t-il en caressant les fesses fermes et glabres de Théodre.

Le jeune homme frissonna sans parvenir à savoir si s’agissait de dégoût face à la laideur du petit homme ou de désir contenu.

— Non Laërte, tu peux disposer, je vais m’en occuper.

À la mine déçue du petit homme, il n’était pas difficile d’imaginer qu’il aurait préféré s’en occuper lui-même. Mais il ne chercha nullement à négocier et sortit de la pièce.

L’homme blond, Samaël aux dires du petit homme, s’approcha de Théodre et fit glisser ses doigts sur la peau lisse de son dos, de sa nuque jusqu’à ses reins. Le jeune homme gémit de plaisir sous la caresse comme un chat ronronnant contre la main de son maître.

— Magnifique, dit doucement Samaël, un travail remarquable. (Il continua de caresser le corps qui s’offrait à lui.) Veux-tu voir le résultat ? demanda-t-il à Théodre. Souhaites-tu que je te montre à quel point tu es beau maintenant ?

Théodre errait dans un monde de sensation. Les mains de Samaël étaient à la fois apaisantes et excitantes.

— Oui, s’entendit-il gémir sans se souvenir d’avoir voulu le dire.

Il sentit Samaël lui détacher les mains puis le prendre dans ses bras, se plaçant derrière lui. Il le tint debout devant lui, ses bras enserrant son torse.

— Regarde toi, lui souffla-t-il à l’oreille, regarde cette merveille.

Théodre regarda devant lui et vit le reflet d’un jeune homme dans un miroir d’une qualité qu’il n’avait jamais même entraperçu jusque là. Il semblait hagard et soutenu par un homme d’une beauté saisissante. Son corps semblait être enserré dans une chaîne noire qui le parcourait entièrement, traversant son torse, ses cuisses, glissant entre ses jambes. Puis il se rendit compte de l’identité du jeune homme et de la nature de la chaine. Il examina son corps avec un mélange d’effroi et d’admiration devant le talent de l’artiste, touchant du bout de ses doigts la chaîne tatouée sur la peau de son ventre.

— Magnifique, n’est-ce pas, lui susurra Samaël à l’oreille en la lui mordillant lascivement.

Il gémit puis inclina sa tête de côté, offrant son cou à la bouche avide qui le caressait déjà. Théodre releva la tête et chercha la bouche qui l’embrassait, mais Samaël la lui refusa un sourire aux lèvres.

— Patience, gardons le meilleur pour la fin.

Il le fit se retourner vers lui puis s’agenouiller et Théodre compris ce qu’il avait à faire sans qu’il n’ait besoin de formuler la moindre de ses pensées. Il déboucla le vêtement de Samaël qui s’ouvrit et tomba à ses pieds puis engloutit son gland rouge et chaud, le tétant avec avidité. L’Ange posa les mains sur sa tête et fourragea dans ses cheveux, appuyant par petites poussées pour y entrer plus profondément son phallus imposant. Théodre s’appliquait à répondre à ses attentes mais il atteint bientôt les limites que lui imposait son corps. Il tenta de le repousser, de recracher l’épieu qui le privait d’air, mais Samaël le tenait fermement. Les larmes aux yeux, les joues rougies, il crut sa dernière heure arrivée lorsque soudain, l’étreinte de son amant se relâcha et l’air circula librement en lui. Il cracha, toussa puis repris dans sa bouche l’objet de ses tourments avec la même avidité qu’un jeune agneau la mamelle de sa mère.

Samaël profita un long moment de la caresse qui lui était offerte, ses doigts enfouis dans les cheveux de son bienfaiteur. Puis il le fit se relever et se retourner devant le miroir. Théodre eut beaucoup de mal à se reconnaître dans l’être aux joues rougies et aux yeux larmoyant qui le fixait, son corps harmonieusement tatoué. De nouveau il examina la chaîne dessinée sous sa peau et il lui sembla la voir bouger. Mais avant qu’il ne puisse s’appesantir plus avant sur le phénomène, Samaël le saisit par l’arrière de ses cuisses et le souleva avec une étrange facilité.

— Il est temps de passer aux choses sérieuse, lui murmura l’Ange tout en lui mordillant la nuque et le cou.

Théodre se sentait comme dans un état second, le contact des muscles fermes et dessinés du torse de Samaël contre son dos, la divine caresse de ses lèvres sur sa peau rendu sensible par l’aiguille à tatouer… Il sentait son sexe palpiter douloureusement entre ses jambes sans même avoir besoin de se toucher. Il aurait aimé pouvoir se soulager, se donner l’ultime caresse qui le ferait basculer ; mais il savait que son amant en avait décidé autrement et curieusement, l’idée même de pouvoir le contrarier lui était insupportable.

Puis la verge de Samaël s’enfonça entre ses fesses, butta contre son intimité. Il n’avait plus qu’une envie, qu’un souhait pour le reste de ses jours, s’ouvrir au phallus dressé. Jamais il n’avait ressentit un tel besoin de recevoir un homme en lui. Que ce soit avec Gorgidas qui l’avait éveillé, l’avait douloureusement forcé à le recevoir lors de leur première étreinte puis s’était montré doux par la suite, ou avec l’Ange de Thèbes.

Sans réfléchir, il ferma les yeux puis poussa son bassin vers le bas et s’ouvrit grand pour le recevoir tout entier. Bien qu’elle ravageât tout son corps, la douleur n’avait aucune importance, seul le plaisir qu’il pouvait donner à son amant comptait en cet instant. Sans attendre, prenant pour appui les mains de Samaël qui lui soutenait les cuisses, il commença à aller et venir sur la verge dressée.

— Regarde toi, lui souffla l’Ange tout en continuant de lui mordiller le cou.

Théodre ouvrit péniblement les yeux et se regarda dans le miroir. Il se vit de face, le dos plaqué contre le torse de son amant qui le maintenait solidement en position assise, ses mains sous ses cuisses, sa verge solidement enfoncé en lui.

Cette fois, il vit nettement la chaîne tatoué se déplacer sur sa peau, courir sur lui tel un serpent. Il aurait pu avoir peur, il aurait du avoir peur, il le savait. Mais en cet instant, seul le plaisir de son amant comptait.

« Lorsqu’il te verra, lorsque tu le toucheras, il ne pourra résister à l’attraction que tu exerceras sur lui, continua Samaël. »

Sans essayer de comprendre ses paroles qui n’avait ni queue ni tête pour lui, il tourna la tête de côté et chercha sa bouche. Cette fois Samaël ne la lui refusa pas. Bien au contraire, il y fit pénétrer profondément sa langue, joua avec la sienne, la titilla, l’excita.

Théodre n’était plus que plaisir et sensations. Il sentit vaguement que sa semence jaillissait de lui mais sans que cela ne le rassasie pour autant. Leur étreinte lui sembla durer une éternité et lorsque la semence de Samaël coula en lui, une extase infinie le transperça, le propulsant dans un monde inconnu.

Il flotta, erra sans pouvoir contrôler son corps et lorsqu’il reprit conscience, il se trouvait dans son lit, dans la maison de son père à Thèbes.