Jimmy, un amour d'été (3)

Short & sweet


Jimmy, un amour d'été (3)
Texte paru le 2018-06-14 par Tadzio45   Drapeau-fr.svg
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Eté 2005.

Mardi 2 août. À Paris, il a manqué le train précédent de quelques instants. Fort heureusement, même en période estivale, les liaisons entre Orléans et la capitale sont fréquentes, en particulier en fin de journée.

Il est parmi les derniers à descendre du Corail qui est arrivé quelques minutes plus tôt voie 1. Je suis au bout de quai, légèrement sur le côté pour ne pas gêner les autres voyageurs. Je l’aperçois au moment où il me fait un signe de la main. Nous nous sourions. Il est là. Il porte un petit sac à dos sur une seule épaule. Une chemise beige tombe sur son jean noir. Il est venu à Orléans. Je suis heureux. Arrivé près de moi, nous nous embrassons : quatre bises.

Au téléphone, depuis la gare d’Austerlitz, il m’a prévenu : la première chose qu’il fera en arrivant sera d’aller acheter un paquet de clopes. Ça fait deux semaines qu’il n’en a pas grillé une seule. En plus, sa mère qui ne sait pas qu’il fume était chez lui ces derniers jours.

Nous sortons de la gare en empruntant l’escalator qui conduit au centre commercial. Je lui explique que nous allons passer à mon bureau pour déposer son sac, pour ne pas qu’il ait à le transporter toute la soirée. En sortant de Place d’Arc, il referme un bouton de sa chemise dont l’ouverture laisse entrevoir le haut de son torse. Et il allume sa première cigarette. Je lui raconte cette gare où l’on a supprimé la place et qui, avant les travaux en cours, débouchait sur un mur sale. Dans la rue de la République, je lui vante la beauté du tramway couleur "sable de Loire" qui avance vers nous.

Nous arrivons à mon bureau. Je lui montre rapidement mon bureau et, à peine a-t-il posé son sac, que déjà je l’attire vers moi. J’ai encore peur de sa réaction. Va-t-il accepter ? Lorsque j’avais envisagé – pour finalement renoncer - d’aller chez lui quelques jours avant de partir en vacances, il m’avait laissé entendre qu’il ferait le nécessaire pour qu’il ne passe rien entre nous. J’ai tort de me faire du souci. Sa bouche est tout de suite sur la mienne. Premier long et doux baiser. Nos deux corps qui se serrent. J’aurais envie de rester là. Mais nous avons prévu d’aller dîner. J’ai réservé dans un restaurant japonais place du Châtelet. Je lui dis : "On va manger." Je quitte le contact de son corps à regret, mais avec l’assurance, cette fois, que nous reprendrons plus tard ce baiser interrompu. En sortant, il essuie sa bouche humide de nos salives mélangées.

Nous nous mettons en terrasse… et tant pis si je suis vu avec lui. Je ne veux pas me cacher plus que nécessaire. Comme à Paris, nous nous faisons mutuellement goûter les plats que nous avons choisis. Je mords dans un sushi, avec le plaisir de penser que quelques minutes plus tard, cette part entamée dans ma bouche va rejoindre la sienne. Il me parle de lui. J’ai tellement envie de le connaître mieux. De sa mère qui est restée chez lui plusieurs jours et à qui, dans un moment d’énervement, il a failli avouer son homosexualité. De son frère qui tourne mal et est allé se réfugier chez sa voisine qui habite sur le même palier que sa mère. De son père, diplomate, avec qui il a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans en Allemagne. De ses grands-parents cathos-tradi qui veulent lui donner des "leçons de vie". A-t-il envie de se confier ? Je n’ose trop le questionner. Il m’a dit un jour par MSN qu’il préférait ne pas évoquer son enfance allemande de peur qu’on ait pitié de lui. Les sentiments que j’ai pour lui me préservent d’une telle réaction. Je le lui ai dit alors. Mais, à nouveau, je n’insiste pas. Je suis déjà tellement heureux qu’il m’en confie quelques bribes. Pendant le dîner, un groupe de jeunes passent à proximité en riant. Tiens, me dit-il, c’est la bande de jeunes d’Orléans.

Nous retournons chez moi en faisant des détours par les rues nouvellement pavées du centre-ville. En ce début de mois d’août, à l’exception des terrasses des cafés et des restaurants, Orléans est peu animé. Il s’en étonne évidemment. D’ailleurs, bien qu’il ne fasse pas encore nuit, le jardin de la Charpenterie, que je voulais lui faire découvrir est déjà fermé. C’eut été pourtant, dans la tiédeur de cette soirée d’été, une halte bien romantique… comme nous l’aimons l’un et l’autre.

Quand nous arrivons à mon bureau, il fait nuit. Perturbé que je suis par sa présence, je n’arrive pas à trouver le bouton de la lumière de l’entrée. Quand j’y parviens enfin, nous entrons dans mon bureau que je laisse dans le noir. Alors qu’il s’apprête à récupérer son sac, je l’attire à nouveau vers moi. Nous reprenons immédiatement notre baiser interrompu deux heures plus tôt. Nous nous embrassons avec fougue. Nos corps se font plus pressants l’un contre l’autre. Mes mains passent sous sa chemise. Je sens les siennes qui hésitent. Je lui caresse les fesses à travers son jean. Puis la bosse que fait son sexe déjà tendu sous son pantalon. Mes lèvres s’égarent parfois dans son cou pour vite revenir sur cette bouche si désirable. Je sens son désir monter. Une main ose s’aventurer sur le haut de ses fesses dans son pantalon et son slip. Puis, quand mes doigts effleurent le gland de son sexe tendu qui cherche à sortir de son slip, il gémit doucement. Je suis comblé. Je m’appuie contre le mur pour que son corps pèse un peu plus sur le mien. Notre baiser dure encore de longues minutes. Je voudrais que cela ne s’arrête jamais. Mais il vaut mieux rentrer. Un peu débraillés par nos ébats, nous réajustons nos vêtements. Un dernier baiser avant d’ouvrir la porte et nous voilà dans la rue.

Nous rentrons tranquillement chez moi. Les moments de silence sont rares. Quand nous passons derrière le théâtre, je lui parle des Vainqueurs d’Olivier Py. Et de Nadj qui dirige le Centre chorégraphique national d’Orléans. Jimmy le danseur connaît Josef Nadj. Il a même dansé avec lui lors d’un stage.

Dès que nous avons quitté la ville intra-muros, l’aspect désert des rues en ce début du mois d’août est encore plus flagrant.

Nous arrivons. La chatte de la maison, assise sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, nous accueille en miaulant. Elle entre en même temps et file illico vers sa gamelle de croquettes. Nous retirons nos chaussures et entrons dans la salle à manger en passant par la cuisine. Je pense immédiatement à fermer les volets de la cuisine, par souci de discrétion et d’intimité.

Découvrant l’aménagement du salon – salle à manger, il dit le trouver sympa. Je lui propose à boire : jus de fruits, bière - blanche ou Heineken. Il préfère la bière de marque hollandaise brassée à Strasbourg. Je fais le même choix que lui et sors deux bouteilles du réfrigérateur. Il préfère sans verre. Contrairement à moi.

Musique ? Il acquiesce, mais me laisse le soin de choisir. Mon choix s’arrête sur William Scheller (Ailleurs). Nous nous asseyons côte à côte sur le canapé en sirotant tranquillement notre breuvage frais. Il m’interroge, avec une fausse candeur, sur le programme de la soirée. Je ne réponds rien de précis, mais m’approche de lui et commence à l’embrasser. Il s’interrompt pour me prévenir que nous n’irions pas très loin et que je devrais m’arrêter quand il me le demanderait. Je lui réponds que ça ne pose bien sûr aucun souci. Nos lèvres s’unissent à nouveau et ma main droite commence à déboutonner sa chemise. Sous mes doigts, je découvre avec plaisir son torse imberbe et totalement plat : même les tétons de sa poitrine ne dépassent pas. Sa chemise complètement ouverte, je la lui retire. Mes caresses se font plus pressantes encore alors que ses mains passent sous mon t-shirt Nike. Nos baisers n’en finissent pas. Nos bouches sont inséparables.

Nous passons de longues et délicieuses minutes à découvrir mutuellement nos corps encore partiellement habillés. J’ai envie de découvrir et d’aimer son corps nu contre le mien. Mais ces préliminaires - je sais que, comme moi, il les aime longs - sont délicieux. Je quitte sa bouche de temps en temps plusieurs fois rapidement pour l’embrasser dans le cou. Une main descend au-dessous de la taille, sur la braguette de son pantalon. Je sens son sexe dur. J’entreprends de défaire sa ceinture et passe ma main sous la toile du jean. Comme tout à l’heure au bureau, mes doigts effleurent son sexe qui montre le bout de son gland juste à la limite supérieure de son slip. J’ai retiré mon t-shirt. Je fais descendre le zip de sa braguette et lui enlève son pantalon. Ma main déjà caresse cette forme si douce qui s’est formée sous son slip. Ma bouche descend sur son torse et s’arrête sur les tétons. Il gémit doucement. Il gémit encore quand ma langue caresse son nombril. Puis, à genoux devant lui, assis sur le canapé, je prends son sexe dans ma bouche à travers le tissu de son slip. J’aime cette odeur. Il sent bon. Lui aussi a ouvert - plus lentement, car ce sont des boutons - la braguette de mon jean. Sa main caresse mon sexe.

(A suivre)