L'assurance des sentiments (09)


L'assurance des sentiments (09)
Texte paru le 2021-01-01 par Michel Geny-Gros   Drapeau-fr.svg
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur

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Chapitre 9 — CÔTE D'OPALE (Récit d'Alex)


— Janfi, je te propose de ne pas prendre l'A16 mais la route de la côte. On a le temps d'arriver à Stella ! ai-je dit à Janfi et j'ai ajouté : Je regarde la carte et je t'indique la première route vers la côte. Je te suggère de s'arrêter à Fort Mahon Plage pour se baigner !

— Pour se baigner, c'est tout ? m'a demandé Janfi avec un air coquin que je ne lui connaissais pas encore.

— Réponse vulgaire ou douce ? lui ai-je demandé en commençant à lui caresser la braguette alors qu'il conduisait sagement.

— Honnêtement, je souhaite les deux réponses ! m'a répondu Janfi : Mais retire ta main !

— Tu ne l'aimes pas ?

— Si de trop ! Réponds !

— Alors, dans l'ordre de la question "pour te baiser", "pour te faire l'amour".

— Je préfère la réponse soft ! Mais tu ne peux pas attendre d'être à Stella ?

— Ça fait plus de 3 ans que j'attends ! Maintenant que je sais que tu veux de moi, je ne réponds plus de rien ! et j'ai ajouté pour le taquiner : Mais faire l'amour dans les dunes, ça ne se fait pas pour Monsieur Janfi !

— Monsieur Janfi, c'est un comédien ! m'a répondu ce dernier en arrêtant la Laguna sur le bord de la route à l'entrée d'un chemin menant à un bosquet. Je me suis fait beaucoup de mecs dans les dunes et je dois te dire que quand je viens à Montreuil, je ne manque pas d'y venir baiser !

— Bon ! T'es un PD normal ! lui ai-je dit en sortant de la voiture en même temps que lui.

Je lui ai pris la main, on a fait quelques pas et j'ai poussé Janfi derrière un gros chêne. Nous nous sommes enlacés et embrassés comme des fous.

— On se change tout de suite dans la voiture ? m'a suggéré Janfi quelques minutes plus tard après que nous ayons repris nos esprits.

L'endroit était tranquille et nous avons vite troqué nos costumes et chemises pour des polos et des jeans.

J'en ai profité pour d'abord pincer les fesses de Janfi (sur son caleçon super-sexy). Il a gloussé et j'en ai encore profité pour lui passer la main à l'arrière de son sous-vêtement. Sa peau était douce et imberbe comme j'aime.

— Arrête ! m'a encore dit Janfi qui n'avait pas résisté à ma manœuvre et avait même soupiré.

J'ai stoppé mon action, ce n'était pas le moment ! Nous sommes remontés en voiture et ma petite audace sexuelle avait dû stimuler Janfi qui tout en conduisant m'a dit :

— Je vais être très clair avec toi maintenant ! Tu vas voir le vrai Janfi. Je retire mon masque !

— Je t'écoute mon Janfi ! lui ai-je répondu comme pour l'inviter à se libérer.

— Comme tu le sais, je ne suis pas un mâle dominant ! Je ne changerai pas de trop ! Toi tu l'es ! Par excellence, tu es le genre de mec qu'il me faut. Tu m'as beaucoup aidé depuis 3 ans. Grâce à toi, j'ai pris de l'assurance, de la confiance en moi.

— Merci ! Mais ce n'est pas ça que tu veux me dire ! lui ai-je rétorqué.

— Exact, scanner de mes pensées ! m'a répondu Janfi. Je veux te parler de cul, soyons clairs. Pour la baise, je suis comme dans la vie, plutôt passif. Mais bon pas complètement, j'aime… disons à 25%, parfois plus à me comporter en garçon.

— Ok ! lui ai-je encore répondu. Je ne suis pas surpris, mais ça me convient très bien. Moi aussi, j'ai mon côté féminin qui prend le dessus souvent. Je te raconterai. En tout cas, merci d'être aussi clair.

— Clair pour clair, n'espère pas non plus que je te lèche les chaussures en signe de soumission ! Je ne cherche pas en toi un maître mais un amant, un compagnon protecteur.

— Un mari alors ? lui ai-je demandé et j'ai ajouté : En amour j'aime des rapports simples, naturels et l'idée de baiser par amour, ça me rend dingue.

— Bon ! m'a répondu Janfi avec un sourire radieux. J'ai envie de te rouler une pelle, mais je crois qu'il faut attendre et profiter au plus vite des dunes de Fort Mahon. On y sera dans moins d'une demi-heure.

J'ai évité de caresser la braguette de Janfi, je me suis contenté de ses cuisses. C'est encore plus dangereux que de téléphoner en conduisant, pourtant, un flic ou un gendarme attentif ne peut pas voir ça de loin !

Les interdits en matière de conduite automobile sont souvent bien hypocrites. Quelle différence dans le danger entre, un fumeur au volant, un conducteur qui mange ou boit et un conducteur au téléphone. Pourquoi ne sanctionner que le dernier ? La raison me paraît simple, la jalousie des flics… Au début du téléphone portable, cellulaire comme disent les Québécois, c'était pour les riches, inabordable pour monsieur tout le monde… Ceci dit, c'est dangereux ! Lorsque j'évoque le sujet avec un client, je lui suggère un kit main libre Bluetooth, ce n'est pas cher, pas long à poser et la vie n'a pas de prix.

À l'apéritif, Janfi n'avait pas consommé d'alcool et était ensuite resté très sobre pendant le repas. À la fin du repas et avant de retourner en salle, j'en avais profité pour dire à Croque-mort et au secrétaire général du syndicat des agents de l'UAFE que je ne trouvais pas raisonnable de faire de tels repas arrosés alors qu'on réprimande nos clients en résiliant les contrats d'assurance autos s'ils causent des accidents en état d'alcoolémie. En vertu des dispositions des conditions générales, la compagnie n'indemnise pas non plus même en tout risque le conducteur défaillant. Et j’ai ajouté :

— Et je ne parle pas d'un contrôle inopiné des gendarmes à la sortie de la réunion et de la publicité pour l'UAFE comme par exemple un article dans La Voix du Nord : "À la suite d'un congrès, plusieurs dizaines d'agents d'assurances et leurs inspecteurs contrôlés en état d'alcoolémie !"

— Chacun prend ses responsabilités ! m'a répondu Croque-mort sans toutefois d'agressivité.

— Oui, mais ce n'est pas raisonnable de notre part ! a répondu le président. Faudrait envisager de faire ces réunions le soir avec une chambre d'hôtel à la clef.

— Ça serait mieux, car c'est sympa de boire un coup entre collègues et inspecteurs ! ai-je ajouté.

— Vous dites ça parce que vous êtes célibataire Monsieur GESTART !

— Célibataire, oui, enfin, pas vraiment Monsieur CHEVALLON, et j'ai ajouté pour essayer de le contrarier : Je baise Monsieur l'Inspecteur Général, je baise !

CHEVALLON a rougi ! Il m'a ensuite fait la gueule, mais Gérard le secrétaire du syndicat, lui-même agent à Lille a bien rigolé ainsi que Janfi qui avait entendu notre conversation.

Lorsque nous sommes arrivés à Fort Mahon et la Laguna garée, nous avons emporté nos serviettes de bain et prîmes la direction de la plage et des dunes.

Le temps s'était mis à la fête pour nous, pour nos noces. Pas, un nuage, pas de vent, nous avons donc parcouru un petit chemin dans les dunes dorées au milieu de la végétation, des petites fleurs magnifiques résistantes dans ce milieu aride et néanmoins accueillant. Nous entendions la mer au loin, le bruit des vagues et l'air marin était parfumé des senteurs des dunes et de la Manche, calme ce jour-là.

Janfi m'a entraîné d'un pas sûr dans un coin plus que tranquille de l'immense plage. De toute façon, il n'y avait personne ! Janfi savait où il me conduisait et je ne l'ai pas plaisanté à ce sujet. D'ailleurs, dès l'entrée du sentier, il m'avait pris par la main et j'en avais été fort ému.

Nous avons trouvé un bon endroit dans les dunes mais près de la plage. Personne, même à l'horizon, nous allions être tranquilles. Afin de mettre Janfi à l'aise tout de suite et après avoir étalé ma serviette, je me suis foutu entièrement à poil. Janfi a pris son temps pour se déshabiller. Il me tournait le dos et quand il a été en caleçon, je le lui ai baissé d'un coup jusqu'à ses chevilles en lui disant :

— Ce n'est pas par domination, mais j'avais hâte de voir enfin ton beau petit cul !

J'ai tourné autour de lui mais en le regardant d'abord dans les yeux. Je l'ai bien regardé de la tête aux pieds, mais n'étant pas hypocrite, je me suis arrêté à son sexe. Janfi, comme moi était imberbe, sauf son petit tapis de poils pubiens peu épais mais bien noirs. Il m'a maté à son tour sans pudeur. Il ne bandait pas mais son sexe n'était sans doute pas au repos complet. La situation m'excitait et je l'ai pris dans mes bras et embrassé. J'ai senti son sexe gonfler comme le mien sur nos bas-ventres collés.

— Viens ! m'a dit doucement Janfi en me prenant par la main. On va aller mettre les pieds dans l'eau et je vais te dire quelque chose.

Nous avons marché un peu dans l'eau relativement assez chaude pour la Côte d'Opale. Janfi m'a pris dans ses bras et m'a embrassé furtivement sur la bouche et m'a dit :

— Avant qu'on baise et que je passe à la casserole, je vais te dire ce qu'il ne faut pas dire juste après avoir baisé. Je t'aime Alex depuis longtemps mais sérieusement depuis plus d'un an sans doute plus. Je voudrais être ton compagnon et partager ta vie, vivre avec toi !

— Oui ! lui ai-je rétorqué ému mais calme et sûr de moi. Moi aussi je te veux pour moi et partager nos vies. Je t'aime Janfi ! Je n'ai jamais dit ça à personne !

— Moi non plus, viens, remontons, je veux être à toi maintenant !

Nous étions déjà tous les deux très excités et nous sommes remontés de la grève en érection. Nous étions seuls et ne risquions pas de choquer le moindre promeneur.

À peine arrivé dans notre creux de dune, j'ai renversé Janfi sur une serviette et me suis couché sur lui. Je l'ai embrassé, nos corps se sont fondus, nos ventres lovés et nos sexes tendus se frottaient. Nous aurions pu jouir par le seul jeu de nos bouches et de nos frottements. Mais Janfi a écarté les jambes pour m'entourer la taille.

— Entre ! Je veux être à toi ! m'a-t-il presque crié.

Dans le creux de la dune, nous avons consommé notre amour (comme aurait dit ma grand-mère). Cela a été tendre et violent à la fois, mais l'harmonie et l'amour ont comblé nos désirs. Nous n'avons pas oublié les capotes ! Mais connaissant Janfi, je crois que j'aurais pu lui faire confiance.

— On repart, direction Stella ? ai-je proposé à Janfi après que nous nous soyons rapidement baignés, l'eau n'était plus très chaude et nos virilités avaient perdu de leur superbe. En ajoutant : La soirée est loin d'être finie !

— J'espère bien ! T'es un bon coup ! T'es toujours comme ça ?

— Oui, mais je n'ai pas de certificat… Mais toi, mon cochon, tu caches bien ton jeu !

J'ai d'ailleurs ajouté un commentaire plus cru… J'ai embrassé Janfi, j'ai failli le renverser à nouveau, mais l'heure tournait et nous n'avions rien décidé sur la suite de la soirée ni du week-end.

Janfi tout en conduisant sa voiture me semblait aux anges et m'a dit d'un ton amusé :

— J'aurais dû écouter mon inspecteur général ! Voilà où mènent les familiarités, je me suis fait baiser par mon agent ! Et putain que j'ai aimé ça !

— On est quitte ! Je ne t'aurais pas cru si bon et si passionné pour les gros câlins ! Tu sais aussi être un mec ! Compliments mon amour, je sens qu'on est fait pour s'entendre au lit !

La jolie maison de mamy nous attendait dans le quartier nord de Stella, le long du bois et du Golf du Touquet. À une centaine de mètres de la maison, un petit sentier forestier menait directement vers les dunes et la plage. Le quartier et ses maisons sont de style britannique pour l'architecture, peu ou pas de clôtures, de belles pelouses, des arbres, des fleurs… La maison de mamy comportait un seul niveau avec des combles aménageables. Au rez-de-chaussée de plain-pied, donnant directement sur le vaste jardin, on découvre en premier un grand séjour avec cheminée, éclairé de belles baies vitrées, une cuisine bien aménagée, puis deux chambres séparées par les sanitaires. En annexe et au-dessus du garage, mamy avait fait réaliser un studio de 25 mètres carrés environ avec douche et WC. Le jardinier était passé et la pelouse était impeccable.

Une voisine avait à la demande de ma grand-mère (sa copine) ouvert les volets, aéré, mis des fleurs dans un vase et j'ai même été surpris quand j'ai ouvert le frigo en trouvant quelques denrées de base et des boissons fraîches. Nous avons été rapidement saluer la voisine et j'ai présenté Janfi comme mon ami.

— Sympa ! Belle maison ! m'a dit Janfi alors qu’il dégustait avec moi une bière bien fraîche. Tu l'assures ?

— Tu devrais le savoir, tu m'as même obtenu de Croque-mort une dérogation supplémentaire.

— Ah ! Oui ! Excuse ! Et que j'ai justifiée et acquise car la protection vol est du meilleur niveau alors qu'on est en zone 1 ! m'a dit Janfi. On prend quelle chambre ?

— Je propose celle du fond, elle donne sur le jardin des voisins et c'est la plus calme. Mais tu veux dormir avec moi ?

— Oui et je vais t'empêcher de dormir ! Tu ronfles ?

— Je ne crois pas, pas encore et toi ?

— Peut-être mais je n'ai pas souvent dormi avec un mec !

— T'as emmené des mecs ici ? m'a demandé Janfi.

— Non ! Domaine réservé ! Par contre j'en ai sauté plus d'un dans les dunes ! D'ailleurs n'oublie pas ici, nous sommes à Cucq ! 8 Stella n'est qu'un lieudit de cette ville. Cucq Plage en quelque sorte ! Et j'ai insisté en disant : J'ai beaucoup baisé à Cucq !

— Cochon ! m'a répondu Janfi qui changeant de sujet m'a proposé : Je t'offre le resto ce soir ?

— Merci ! Mais tu ne préférerais pas que nous allions faire quelques courses et qu'on se fasse un petit repas bien tranquille ?

— Avec des chandelles ? m'a demandé Janfi et sans attendre m'a répondu : Oh ! Oui ! Super !

Janfi m'a poussé sur le lit et tout en m'embrassant a essayé de m'ouvrir la braguette. C'était tentant mais la journée passait trop vite !

— C'est ça ou pas de bouffe ! ai-je dit à Janfi en ajoutant : Tu ne préfères pas attendre un peu et aller faire les courses à Berck ?


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