L'ensorceleur et moi


L'ensorceleur et moi
Texte paru le 2000-11-14 par Urbain   Drapeau-fr.svg
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© 2000 — Tous droits réservés par Urbain.


Dans une Centrale du centre de la France, David, condamné à une longue peine se morfond dans une cellule dont il est le seul occupant.

Vingt ans de réclusion, c'est la peine qui lui a été infligée par les Assises. Il est passée devant cette cour pour crime à caractère sexuel sur mineur de moins de dix ans: c'est un pédophile et c'est un assassin. Incarcéré depuis maintenant près de six mois, il a été signalé à ses co-détenus comme violeur d'enfant, alors, dans cet univers où flotte les parfums de l'enfer, il a été violé régulièrement par des détenus comme lui, fiers de leurs virilités, endossant, pour l'occasion, l'habit du justicier, eux, les assassins, bandits, braqueurs, rendent ainsi une justice digne de la Cour des miracles et perdent de cette façon le peu de dignité qui leur restait.

Il est seul pour dormir mais il sait bien que maintenant que sa réputation est établie elle le suivra jusqu'à l'aboutissement de ses longues années à passer ici, il sait bien qu'au détour d'un couloir, dans les douches, aux ateliers, nombreux seront ses tourmenteurs qui voudront l'humilier un peu plus. Songeur sur sa paillasse, les yeux fixés sur la chiche lumière du plafond, quelques larmes coulent de chaque côté de son visage et David chuchote à mi-voix:

— "Et pourtant je suis innocent Bon Dieu..."

Il a seulement vingt-deux ans...

Cette aventure a commencé il y avait maintenant deux années...


"Je relis ces premières phrases, je suis en reportage et j'ai choisi de raconter l'histoire de David, mais je peine à continuer tant ce récit me semble peu crédible. Cette idée de faire un article sur les pédophiles ne me plaisait pas et j'ai hésité longuement. avant d'accepter l'offre de mon rédacteur en chef, j'ai eu peur de participer à une frénétique danse de la mort qui tenterait d'absoudre les mauvais penchants et les inavouables pensées des hommes en en sacrifiant quelques-uns qui s'égarent dans une sexualité décadente et criminelle. Pas un jour ne se passe sans qu'on condamne un homme pour pédophilie et sur ces dizaines de condamnés, un ou deux sont-ils innocents comme David? Car son histoire, aussi incroyable soit-elle, peut se répéter. Pourquoi pas? Je vous la livre telle qu'il me l'a raconté... Surtout ne vous accrochez pas à vos certitudes, laissez-vous aller au récit."

Urbain


J'avais 20 ans et mon homosexualité était acceptée non seulement par moi-même mais aussi par ma famille et mes amis. Je vivais alors à Paris et mon avidité de sexe se trouvait satisfaite, en quantité seulement, j'avais de nombreux amants mais jamais je n'avais rencontré un garçon avec lequel j'aurais pu envisager de partager la vie.

Mon meilleur ami gay passait me tenir compagnie régulièrement et nous dormions enlacés, encastrés, chaudement dans un lit commun mais, bien que nos premières rencontres se fussent déroulées en des baises mémorables, nous dormions assez sagement, heureux seulement de la présence physique de l'autre, de son contact, de sa tiédeur moîte, du plaisir à se réveiller à deux. C'était des rencontres qui, malheureusement, ne se renouvelaient pas assez afin que nous puissions nous habituer l'un à l'autre bien que nous nous aimions chaleureusement, un peu comme des frères, de plus cet ami me refusait l'entrée de son trou magique, il me baisait et jamais je ne pouvais lui rendre la pareille.

J'avais 20 ans et mon appétit sexuel se cherchait de nouveaux pôles d'intérêts. Les petits minets de seize-dix-huit ans ne m'attiraient plus, je les avais goûtés et le plaisir de leurs saveurs m'était passé. Avec des garçons plus âgés, j'avais participé à des jeux moins enfantins: partouze, sado-maso, etc. Je possédais la connaissance d'une assez large palette des petits et grands plaisirs gays. Avec aussi naturellement une vue, moins large, des perversions qu'on pouvait côtoyer quand on sortait un peu de son petit monde homo, somme toute très raisonnable dans sa majorité.

Un soir, sur un rézo de mecs je commence un dialogue avec: "Vieux motard que jamais", cela m'amusait beaucoup de connaître un peu comment un vieux pédé pouvait se comporter.

— "Bonjour Vieux motard, t'as vraiment une bécane?"

— "Non c'est un jeu de mot... Une contrepéterie."

C'est quoi une contrepéterie? Y pourrait pas parler normalement ce trouduc...

— "T'as quel âge?"

— "Cinquante-huit, et toi?"

— "Seulement vingt, t'es où?"

— "Dans le XVIe. Mais Ne penses-tu pas que la différence d'âge peut être rédhibitoire?"

Merde... Encore un mot que je connais pas.

— "Ça veux dire quoi... rédi...machin?"

— "Ça veux dire que c'est un empêchement absolu... La différence d'âge."

Et moi un pur con, je dis:

— "Mais non, j'aime bien rencontrer des mecs plus âgé."

Piégé, je dois au moins continuer le dialogue par pur politesse sauf s'il me tanne un peu trop et que j'arrête brusquement.

Mais ce vieux drôle connait l'art de ferrer le poisson, il m'a attrapé à sa ligne et il me tient avec une conversation agréable et, l'air de rien, nous discutons une bonne demi-heure, il termine me donnant son téléphone en disant:

— "Appelle-moi à l'occasion qu'on boive au moins un pot. Je m'appelle Daniel."

Je note et cesse enfin le dialogue. La soirée avançant rien dans les connectés ne me laissait présager que j'allais trouver le "bon coup". Je décidais de couper et d'aller dans un bar gay que je fréquente et où je sais qu'on y fait, dans les meilleurs jours, d'agréables rencontres.

Le bar était lugubre... C'était un lundi et il n'y avait personne ou presque, quelques connaissances, quelques relations passées. Fouillant dans ma poche, je trouvais le papier annoté du téléphone du "papy". Après tout... Pourquoi pas...?

Montant un peu plus tard l'escalier qui menait chez Daniel, j'avais le coeur qui cognait un peu, pour la première fois j'avais un peu les boules ne cessant de penser à la découverte que j'allais faire: un homme qui aurait pu être mon père...

Je fus très bien reçu dans l'agréable chaleur d'un somptueux appartement. Sur un sofa Daniel s'asseya et m'offrit un vieux bourbon, nous discutions alors de petits riens sans aborder un seul instant le sujet pour lequel j'étais là: le sexe... Un piano demi-queue trônait dans un coin, un vieux Pleyel. Je ne connaissais que la musique Boum-Boum comme disait ma mère: la techno... Celle qui nous met en transe quasi-sexuelle... Je l'interrogeais:

— "C'est toi qui joue?"

— "Oui, tu veux écouter quelque chose? Tu aimes Bach?"

Je connaissais de nom, mais je n'avais jamais écouté quelque chose de lui, je répondis, l'air entendu:

— "Oui, oui, j'aime bien."

Et il se dirigea vers le clavier, posa ses partitions, et commença l'exécution d'une partita... Dans ce grand salon silencieux, les notes se détachaient comme des jets d'étincelles, rebondissaient sur les murs et m'emplissaient le corps d'un rare ravissement. Sitôt passées les premières mesures, un long frisson envahit mon cerveau et me plongea dans une sorte de léthargie jouissive. Que c'était beau... Quelle découverte je faisais... Quel miracle s'accomplissait?

La fin du morceau me laissa cloué sur les coussins et je ne pus m'empêcher, quand il revint près de moi, de passer mon bras autour de son cou et de l'embrasser sur les deux joues en lui disant: "Merci, c'était super..."

Ce fut le début d'une histoire amoureuse et ce fut également celui de mes malheurs bien qu'à l'époque je n'avais aucun moyen de le deviner.

Daniel m'invita à dormir chez lui et quand nous fûmes dans la chambre, dans la demi-obscurité, nous nous déshabillâmes en nous tournant le dos, nous nous rejoignîmes sous les draps et mes mains ont commencé alors à palper le corps du Papy, la peau tanée par le soleil et l'exercice physique, dure et tendue de partout, m'indiquait chez cet homme une hygiène de vie qui lui avait conservé une certaine forme de beauté. Son ventre plat et velu fit un oreiller à ma tête alors que ma bouche commençait à sucer son sexe. Les crins de sa queue me chatouillaient les lèvres et ma queue, elle aussi têtée, me communiquait avec quelle application mon nouvel ami prenait soin d'elle. Je sentais mon membre s'enfoncer profondément dans sa gorge où mon noeud trouvait son nid. C'était tellement bien appliqué que je sentis vite venir ma jouissance, j'en informais Papy d'un tapotement sur l'épaule mais il s'ingénia à me bloquer de telle manière que, enfourné dans sa bouche, je lâchais mon foutre au plus profond de lui et qu'il s'appliqua à l'avaler, en savourant superbement, à ce qu'il me dit plus tard.

— "Lâche ma bite et vient me cajoler."

Serré entre ses bras il me fit alors quelques confidences: il était professeur... il venait de divorcer... j'étais un de ses premiers contacts homos... il avait eu deux enfants... et avait une soif d'amour qu'il n'arrivait pas à satisfaire... son rêve secret depuis des années et des années était de sucer un mec pendant qu'un autre serait en train de l'enculer mais, ainsi qu'il le disait:

— "Puceau comme je suis, je n'ai jamais pu draguer deux mecs en même temps."

Et puis encore:

— "T'es beau... Trop beau... T'es jeune... Trop jeune..."

Et il rajoutait:

— "Tu peux rebander tout de suite...? Tu va pouvoir me baiser...?

Je pouvais...

Il possédait du matos qui lui avait permis de se ramollir la rondelle: deux ou trois godes "que j'ai trouvé, je te jure, sur les bancs d'un amphi" et du gel, un tube neuf de supermarché. Il se mit en levrette et je commençais à lui étaler une bonne portion de crème tout en introduisant le plus mince de ses pénis articiciels. Sitôt harponné, son cul happait comme si une aspiration se produisait de l'intérieur. C'était un bon cul à fourrer et la préparation était superflue. Bandant comme un animal je présentais mon noeud à son ouverture et, de la main, je le fis pénétrer. C'était si doux que je décidais alors de racourcir les préliminaires et de le forcer jusqu'aux couilles. Emmanché, Papy commença à soupirer: "Que c'est bon... Encore plus que je ne l'espérais... Et combien mieux que dans tous mes rêves passés."

Papy tendait les muscles de son anus si bien que je ressentais parfaitement l'impression de resserrement anal... J'avais des sensations qui me faisaient papillotter les nerfs sensitifs, trop sensitifs justement au bout du noeud, car le traitement que le cul de Daniel leur infligeaient me déclenchait une jouissance presque immédiate et je jutais comme une lance d'incendie à l'intérieur des intestins de mon partenaire. Je suis un bon producteur de sperme et là, surtout après une excitation pareille, je lui en ai vraiment fourni un maximum dans le cul.

J'achevais de la main le gros membre de Papy et sa semence alla se perdre sur les draps chiffonnés.

Au petit matin, mal réveillé, Daniel m'apporta un petit-déjeuner sur plateau, thé... Comme s'il savait déjà quel était mon breuvage préféré, croissant frais, confiture... Enfin tout ce que j'appréciais:

— "Allez debout grande flemme... J'ai eu le temps d'aller courrir au bois et te ramener des croissants..."

Et il n'était que 7h! Je m'attardais sur la sihouette de Daniel, et n'était-ce son visage, l'ensemble portait très jeune, beaucoup plus jeune que la veille, sa façon de se mouvoir aussi était jeune et décontractée. Il avait la pêche... le Papy... Et il m'apparaissait attendrissant tant je voyais qu'il ne cherchait qu'à me faire plaisir. Je me douchais et partis chez moi me changer avant d'aller au travail.

La journée fut longue et pénible et le soir venu, je m'offrais une toile sur les Champs et rentrais à la maison assez tard. Je me mis à l'aise et je tentais de trouver une chaîne TV regardable qui me permette de trouver le sommeil... En vain... Me revint alors en mémoire le petit bout de papier où j'avais inscrit le numéro de Papy. Je le retrouvais sur la table où le matin j'avais vidé mes poches avant de changer de vêtements. J'appelais, tombais sur le répondeur, laissais un message avec mon numéro... et partis traîner dans quelques endroits où je pensais trouver un bon coup... un bon cul... poursuivant par avance mes frasques sans lendemain.

Il se passa plusieurs jours avant qu'un soir, alors que j'étais déjà couché... solitaire éternel... mon portable émis son tintement énervant... C'était lui... Papy...

— "Bonsoir... J'ai tardé... J'étais en déplacement... Tu veux bien ce soir...?"

— "J'suis déjà au lit... Viens toi... Je laisse la porte ouverte..."

Je me remis au lit après avoir déverrouillé les serrures. Papy était débrouillard, avec mes renseignements il est entré dans l'immeuble... À trouvé mon appart... Est rentré... S'est déshabillé... Est entré sous ma couette... Je dormais déjà... Et c'est le contact de sa peau fraîche qui m'a réveillé...

Il était gourmand de ma queue et s'y est attaqué tout de suite. Ingurgitée... sucée... mouillée... déglutie... aspirée... jusqu'au moment de jouissance finale où dressée et piquée dans le fond de la gorge de Daniel, elle a dégorgé son jus sur les amygdales du gourmand. Papy a avalé jusqu'à la dernière goutte et quand il a surgi de dessous de la couverture et qu'il a porté ses lèvres aux miennes, sa bouche était d'un goût âpre. Dans ces instants-là, il était peu loquace, ses seules paroles furent:

— "Tu va pouvoir me baiser quand même?"

Il connaissait les gestes qui stimulent et quand ma queue retrouva sa vigueur, me laissant sur le dos, il écarta les fesses et planta son cul au sommet de mon noeud lubrifié par ma précédente éjaculation. Il descendit, s'ouvrant la corole à mesure de l'empalement et s'assit alors sur mon abdomen, ma queue avait disparu dans son antre. Il commença alors de lents mouvements de gauche, de droite, se soulevant par moment puis se laissant tomber sur les os de mes hanches. J'étais absolument passif, subissant la volonté de Papy... Et... J'aimais terriblement... Mon noeud était serré, aspiré, puis recraché par le cul merveilleux. Jusqu'au moment où mes soubressauts injectèrent une nouvelle ration de sperme dans le cul de Daniel. J'étais alors dans un état de transe, le coeur battant, sous le coup d'une émotion intense qui me laissa presque k.-o.

Quelques minutes plus tard, quand j'allumais la lumière et que j'observais Papy, je fus surpris. Ses cheveux avait quitté leur teinte grisonnante et semblaient plus fournis:

— "Hé... Papy... Tu t'es mis à la couleur...?

Il se semblait pas comprendre. Je lui parlais de ses cheveux.

— "Non, je n'ai rien fait... Promis... Comme c'est curieux, tu as raison, c'est vrai, je suis un peu moins gris... C'est peut-être l'éclairage..."

Nous n'en parlâmes plus de la soirée. Il avait amené de quoi souper, c'était la bonne heure, nous dégustâmes son panier de chez Fauchon qu'on fit passer avec quelques verres de champ... Qui me grisèrent... Papy me borda comme un père avant de partir. Je lui avais confié un double de clefs avec la promesse de revenir sitôt qu'il le pouvait. Et je m'endormis, vanné, la queue fatiguée, le bout rougeâtre. Juste avant de partir Papy m'avait resucé:

— "Allez, une bonne pipe et au lit, c'est ce qu'on raconte... Hein..."

Il ajouté en rigolant. Il l'avait fait avec application, enfournant soigneusement mon membre et aspirant la crème "comme dessert" il avait dit.

Il revint désormais environ tous les deux-trois jours, toujours assez tard. Je me couchais désormais sans chercher l'âme soeur, content que, peut-être, dans une heure ou deux, mon ami s'enfilerait dans mon lit, y introduisant le froid de la nuit, qu'il commencerait à me tripoter pour me donner la raideur nécessaire à son enculage ou à ses léchouilles. Nous baisions dans la pénombre, il s'offrait comme une chienne ou bien sur le dos repliant les jambes en relevant le cul qui se trouvait alors parfait pour la pénétration. J'en profitais un maximum, j'adorais vraiment baiser Daniel, son petit cul musclé, son énorme queue que je faisais cracher en gerbes et qui éclaboussait partout.

Au bout de plusieurs semaines, un soir, nous partîmes en soirée au concert, il me menait à la découverte d'une symphonie, musique que je n'avais jamais écoutée et, dans la hall très éclairé de la salle, je reçus un choc... là... dans le sternum... Papy avait la gueule d'un mec de quarante ans maxi... Plus de rides... Cheveux noirs, plus un poil blanc. Je ne fis aucun commentaire mais le soir, au lit, je découvris entièrement le corps de Daniel et j'allumais en grand...

C'était le merveilleux corps d'un tout homme... Un vrai... Dans la force de l'âge... que je découvrais, le crin était remplacé par un duvet doux à la main et brun, le corps s'était affiné, la peau apparassait moins brûlée, les muscles se montraient là où il le fallait, une ceinture d'abdominaux formaient des vagues de peaux qu'on pouvait faire glisser du bout de doigt.

— "Mais t'as vu comme t'es...?"

— "À vrai dire je ne sais pas trop quoi dire... Ça me paraît merveilleux mais c'est comme ça... Je semble rajeunir...

J'étais sidéré, mais je suis de ceux qui ne cherche pas trop les explications. Après tout, cela me convenait, mon amant était de plus en plus jeune! Quoi demander de plus...!

Au fil des semaines, chaque fois que nous nous rencontrions, une nouveauté: "Regarde", il me montrait les débris d'un bridge, témoin de son passé de sportif, "il est tombé et des dents neuves ont pris à la place"... "Et tu sais je n'utilise plus mes lunettes de presbyte depuis bien longtemps..." - "J'ai été obligé de changer mes vêtements, ils ne me conviennent plus, trop large..." - "À l'entrée du lycée, le concierge ne m'a pas reconnu."

C'est à cette époque-là que les ennuis ont commencé, il a été obligé de quitter son poste de professeur et, un jour à sa banque aucun employé n'a voulu le servir, ses papiers d'identités ne correspondaient plus à l'homme qu'ils étaient censés représenter. Il a été obligé de se servir uniquement de sa carte bancaire. Il s'est alors débrouillé, avec un notaire pas trop regardant, ou myope, pour me faire obtenir un pouvoir sur l'ensemble de ses biens et de ses comptes courants.

Bien que de nature peu compliquée, je me posais quand même des questions... Forcé... Et il me vint à l'idée que c'était peut-être notre relation qui était responsable de ce rajeunissement. Je tentais une expérience, Papy avait alors le physique d'un homme d'une trentaine d'années, je pris un mois de vacances en assurant à Daniel que j'étais vraiment obligé de partir à l'étranger chez des vieux amis. J'étais en fait chez ma mère à cent kilomètres de Paris. J'avais menti... Mais j'ai été pun... Je me suis fait chié... mais chié...

Quand je revins, il avait évolué mais, m'assura-t-il, après mes questions, "J'ai continué à remonter le temps pendant une quinzaine de jours, puis cela s'est stabilisé, en gros il n'était que très légèrement changé. Mais ce long mois d'abstinence nous avait donné appétit d'ogre et, de plus, le Papy de trente ans avait une séduction à laquelle je ne pouvais vraiment pas résister.

Daniel à cet âge-là était un athlète, corps de danseur ou corps de gymnaste:

— "Papy, comment t'as fait pour te sculpter pareillement des muscles, sur moi on voit rien, on dirait qu'ils n'existent pas."

Il me racontait alors les longues journées de gym, d'appareils, depuis l'âge de douze ans.

— "J'ai failli faire les Jeux Olympique, mais aux championnats de France j'ai foiré complètement mes exhibitions, alors j'ai continué l'entraînement pour le plaisir, prenant un plaisir de drogué à effectuer mes exercices. Et puis, tu sais, un corps de gymnaste c'est un corps souple, je me rappelle que j'arrivais à me sucer."

— "Mon déjà vieux rêve de toujours. Je me souviens que gamin, vers douze-treize ans j'ai été surpris par mon père alors que couché sur le dos j'avais levé les jambes et tenté de sucer mon petit asticot. T'imagines l'engueulade que j'ai prise."

— "Regarde, si c'est vraiment mon corps de trente ans, j'y arriverai."

C'était son corps de... Oui... Je vous confirme...

Il s'allongea et, après quelques tentatives, il se passa les jambes dessous les bras... Je l'aidais un peu... Amicalement mais très excité et bandant déjà... C'était pile comme il fallait, la queue durcie à hauteur de la bouche et en penchant la tête il y était et... Facilement il commença une auto-fellation du plus bel effet pour moi, spectateur émerveillé. J'étais devant lui et son cul grand ouvert appelait à son défonçage. Je n'eus pas à forcer, il semble que le cul des gymnastes soit d'une aussi belle souplesse que le reste de leurs corps... Vérifiez-le si vous en avez l'occasion, mais le sportif que je baisais alors était vraiment pur latex, se prêtant à toute les positions et ne renâclant pas du tout à l'écartèlement que je lui faisais subir. Du grand art... Je le baisais en m'enfonçant jusqu'au couilles ne laissant pas un pouce de ma queue à l'extérieur, je le travaillais savamment pour lui faire sentir combien je prenais plaisir en lui, il râlait parfois mais cela n'était pas facile de s'exprimer avec la queue bien en bouche.

Quand il a joui il a avalé et recraché le sperme qui s'est écoulé alors sur ses lèvres offertes à un baiser salé. J'ai joui dans son cul comme à l'habitude, plusieurs fois, je vous le promets. Ce soir-là, seul l'amour comptait et nous avons même loupé le dîner malgré que nos estomacs crièrent famine jusque tard dans la nuit.

Le lendemain matin... Fatalité... Papy avait vingt ans... Il était superbe et ses cheveux avaient poussés au cours de la nuit. Je m'étais réveillé avant lui et quand je me suis levé et que j'ai découvert son corps, un coup de poignard a traversé mon coeur: le bel adolescent au physique d'ange à côté de moi avait une foutue gueule d'amour à faire hurler à la lune tous les coyotes mâles... Je restais horrifié par ma découverte, je devinais bien que cette magie me comblait au fond car j'avais sur ma couche, mon frère... mon jumeau... mon double... mon tout pareil à moi... Mais, terrorisé par ce nouveau miracle, je tentais de crier mais le souffle restait bloqué au fond de ma gorge et je savais que si je ne me calmais pas j'allais certainement avoir une attaque cardiaque ou bien une autre de ces maladies qui vous clouent et vous font mourir dans la minute qui suit. Je me forçais à respirer calmement et je l'examinais, je m'examinais: même corps... Même légère pilosiré de l'abdomen... Même grain de beauté à l'épaule... Même tatouage sur la fesse gauche: des gémeaux... Même sexe que j'avais envie de prendre de mes lèvres comme j'avais toujours eu envie de prendre le mien. Quel était donc cet enchantement...? Quel philtre d'amour avions-nous bus...? Quels étaient les fées... les sorciers... les démons... les elfes... les sortilèges responsables de cet envoûtement?

Papy se réveilla et voyant ma tête effaré demanda:

— "J'ai quel âge maintenant?"

Comme toujours après un changement brutal, l'état de Papy sembla se stabiliser, nous décidâmes alors de profiter de notre jeunesse et de prendre quelques jours de vacances à Biaritz, c'était encore une belle saison. Papy me déclara:

— "C'est la belle époque pour les vagues, je vais t'apprendre à surfer. Dommage qu'on ne puisse pas aller à ma villa."

Usant des cartes de crédit qui semblaient inépuisable, je réservais dans un palace et nous partîmes en avion. La chambre était très luxueuse, nous avons abondamment sali les draps, Daniel semblait serein bien que je commençais à constater un nouveau regain à son changement physique, il accusait un âge incertain entre l'adolescence et les vingt ans que nous avions détectés il y avait maintenant une semaine.

Baiser avec soi-même est un plaisir réservé aux dieux. C'est une joie que j'ai eu... pas très longue c'est vrai... mais elle m'accompagnera jusqu'à la fin de ma vie comme un cadeau. Émerveillement qu'on découvre, qu'on garde au chaud des bons souvenirs de la vie, qu'on fait ressurgir pour meubler les nuits de nostalgie et qui, à l'heure finale, illuminera l'instant, qui paraît-il surgit chaque fois, et qui laisse dérouler tous les bons côtés de l'existence, enfin j'espère.

Daniel était donc devenu mon sosie, il avait mon corps, il avait mes traits, il avait mon âme. Le premier contact fut déroutant pour nous deux. Je ne me connaissais que sous l'âge que j'avais. Papy, lui, était déjà passé par celui-là et il possédait des souvenirs de sa jeunesse ainsi que quelques photos dans son portefeuille, il m'avoua:

— "Ce ne fut jamais frappant mais, quelquefois, en te voyant, je me rappelais le visage de mes vingts ans; à d'autre instants c'est ton corps qui me renvoyait mon image. Je n'y prenais pas trop attention, mais, depuis quelques mois je réfléchis et je pense que nous devions nous rencontrer pour que s'accomplisse enfin cette expérience inespérée... Faisons en sorte qu'elle soit aussi inoubliable..."

Elle fut... Pour moi... Inoubliable... Et aussi, et... Ô combien! l'objet de tous mes regrets et la cause de mon présente désespérance...

Le premier contact que nous eûmes alors que nous étions les mêmes fut vraiment une aventure de pionniers à la recherche d'espaces vierges et nouveaux, Nous commençâmes dans l'entrée de la chambre alors que nous étions restés habillés. Nos carresses nous excitaient à travers nos vêtements, je fus le premier à passer mes mains sur la poitrine de Daniel, à sentir sous mes doigts ses épaules, à m'arrêter sur la pointe de ses seins, les palpant l'une après l'autre, à deviner les côtes et puis, à descendre jusqu'au nombril où quelques poils rares chatouillaient ma paume puis descendre encore à plat, repoussant une ceinture desserrée sur un pantalon trop lâche et saisir, des doigts tendus, une queue qui commençait son irrésistible ascension et dont je devinais sous l'épiderme de ma main le subtil et irrésistible déploiement.

Serpent cobra, venimeux parfois, qui crache un mortel poison... Naja qu'on charme, qui danse sous nos doigts et qu'on avale sans risque charmé au son de notre mirliton.

Je m'attachais à baisser le pantalon gênant et, à genoux, je découvrais alors un superbe tableau, deux cuisses minces entouraient la queue dressée et les deux couilles pendantes gonflées elles aussi. J'empaumais l'ensemble et ma bouche se porta au sommet. Je commençais alors à lécher le gland d'une langue amoureuse, j'encerclais le gland de mes lèvres et commençais à suçotter le membre et c'est à ce moment-là que je m'aperçus que, en plus du plaisir que je prenais à déguster mon ami, le traitement que je lui infligeais me faisait ressentir exactement les mêmes effets sur mon sexe... Autosuggestion ou véritable plaisir stimulé... Le résultat fut que cela me donna à redoubler mon ardeur qui n'avait vraiment pas besoin d'encouragement tant mon envie était phénoménale.

Nous nous déshabillâmes de concerve et nous nous enlaçâmes en nous laissant tomber sur le lit. Qu'il était doux le contact de nos corps, nos membres épousaient les membres de l'autres... Une jambes passait entre les jambes de l'autre, écartant les fesses... Un bras partait à la découverte du trou que l'autre se forçait à libérer... Une bouche têtait un sein... Une autre se baladait sur le ventre, descendait en exploratrice, et découvrait la virilité exaltée de l'autre... Et puis des mordillements... Des baisers à pleine bouche... À pleine langues... Baveuse de salive qui, transportée dans la raie, humectait la trou et ramollissait l'éventuel resserrement de la rondelle... Une langue qui pénétrait aussi profond qu'elle pouvait chatouillant les parois du trou convoité.

Avides... Enragés... Nous étions, de temps à autre obligés de nous calmer afin de faire durer... Afin de contrôler... Afin de retarder toujours le merveilleux moment d'extase... Moment suivi de l'instant d'abandon... Puis, parfois du bref temps de déprime qui nous fait penser: "À quoi bon tout ça...!

Mais c'était un grand jour et après la première jouissance nous savions que viendraient sûrement la deuxième, peu après... C'étaient certain... Puis la suivante... Un peu plus tard... Ça c'était certain aussi. Papy se mit à me manger le cul, c'était la première fois qu'il s'attaquait ainsi à mes fesses, il me demanda de me mettre à genoux. J'étais super-serré car il y avait bien longtemps qu'une bite ne s'était introduite dans mon orifice, mais je savais comment rendre le chemin apte à l'explorateur, je me prêtais donc à Daniel et il avait la langue de pierre, de celle qui vous défonce. Malgré sa raideur elle restait douce à ma rondelle car humide et baveuse, je sentais que les doigts pénétraient aussi afin de vérifier la souplesse des sphincters. Puis, après s'être redressé Papy se mit dans la position du tireur à genoux, l'arme à la main, dirigée là où était le but, là où la cible apparaît dans toute sa splendeur.

Je fus baisé ardemment par mon ami, le noeud sensible fora le passage à la verge érigée, elle était et longue et large, identique à la mienne, elle pénétra, centimètre après centimètre et chaque morceau englouti me servit un plaisir à nul autre pareil. L'entier en possession du trou commença alors sa danse rituelle, menant à l'apothéose, petits mouvements de gauche et de droite, doux coulissage jusqu'à ressortir puis d'un coup, ou alors tout doux, un nouvel empalage. J'aurais hurlé tant je jouissais du cul... Vint alors sans contrôle et sans que je me touche la queue, mon éjaculation maculant le lit, et la même dans mon rectum que je sentis, chaude... grasse... fournie...

Puis, quand vint le moment où nous échangeâmes nos positions, j'introduisis ma queue dans le cul bien-aimé et de plus en plus neuf de Papy, et constatais, nouvelle diablerie, que mon membre coulissait dans son cul rempli de foutre comme si quelqu'un, préalablement, ne l'avait bourré et rassasié d'un sperme avec une telle abondance que quand je fourrais mon membre, le cul dégueulait un trop-plein de jute comme une marmite trop remplie.

Le matin du quatrième jour, je sentis que Daniel s'était réveillé, il s'était levé pour soulager sa vessie et j'avais trouvé que ses pas étaient légers, il faisait nuit dans la chambre malgré qu'il soit neuf heures, le petit-déjeuner allait nous être apporté bientôt. En attendant celui-ci, nous avions pris l'habitude de faire l'amour, toujours de la même façon... Daniel s'enfonçait sur mon sexe et dansait le long de celui-ci jusqu'à ce que je jouisse dans ses intestins et qu'il me mouille le torax, les seins, le visage.

Nous étions à notre baise et je prenais un plaisir béat, fermant les yeux sous le plaisir, quand la porte s'ouvrit poussée par la serveuse, elle entra... Jeta un regard... Et s'enfuit en poussant des gloussements affolés... J'ouvris les yeux et... éclairé par la lumière du couloir... Je distinguais alors Papy qui me chevauchait... Horreur... C'était devenu un gamin de moins de dix ans... Je me redressais... Horrifié...

— "Mais... Daniel... Qu'est-ce qui s'est passé...?"

Je le sus quand les inspecteurs de police prévenus par la direction de l'hôtel vinrent m'arrêter, alors qu'hébété, je tentais de consoler Daniel qui pleurait dans mes bras en disant:

— "Je veux pas qu'on te fasse mal... Je vais leur dire la vérité..."

Autant dire que cette vérité passa pour un incroyable mensonge:

— "Voyons, petit, dit plutôt ce qui s'est véritablement passé?"

Et s'adressant à moi:

— "Tu l'as ramassé où l'gamin...?"

Papy était prostré et ne parvenait plus a articuler une parole cohérente.

Dans les heures qui suivirent cette arrestation, le cerveau de Daniel a continué de régresser et lorsqu'une assistante sociale a commençé à le questionner sur sa famille, il ne savait plus quoi répondre... Elle lui a demandé comment il s'appelait et il a dit:

— "Moi Papy... Moi Papy... Où David... Où David?" Et puis il est tombé en pleurs d'un inconsolable chagrin de d'enfant.

Son corps s'est raccorni et flétri, ses cheveux sont tombés et sa peau s'est ridée de jour en jour pour terminer, passé quelques semaines, en vieux bébé édenté sous les yeux ébahis du corps médical.

Quelques matins plus tard, sur le sommier de Daniel, ne restaient qu'un ovocyte sanguinolant et une trace de sperme juste séchée qui, si on l'avait examinée attentivement, n'aurait révélé qu'un seul spermatozoïde. Une analyse poussée aurait déterminé qu'il m'appartenait.

Les photos qui furent prises à ma sortie du commissariat, après une longue garde à vue prolongée, édifièrent le petit peuple: sale... dépenaillé... barbe de plusieurs jours... cheveux tire-bouchenonnés... vêtement froissés... Une véritable tête d'assassin.

La police, en perquisitionnant chez moi a retrouvé les papiers de Papy ainsi que des objets formellement identifiés par sa famille. Dans les quotidiens, relatant mon histoires, les titres ont donné de moi de saisissantes images: "Le pédophile a aussi assassiné un professeur pour lui voler son argent.", "Meurtrier et pédophile.", "Le monstre est aussi un assassin.", "Un châtiment exemplaire est demandé pour le pervers.", "Comble de l'horreur, il a arraché le bridge en or de sa victime.", "Un réseau pédophile aurait fait disparaître l'enfant."

L'avocat général à terminé son réquisitoire en clamant:

"Une monstruosité exceptionnelle mérite un châtiment exceptionnel."

Le croirez-vous mais les jurés ont tous été d'accord.







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