L'histoire du cuir et du mécano

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Numéro 82

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 82
Date de parution originale: Mai 1997

Date de publication/archivage: 2012-06-07

Auteur: Léo et Werner
Titre: L'histoire du cuir et du mécano
Rubrique: Hard et crade: le retour

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Je m’appelle Léo et j’ai trente-six ans. Je suis du genre balèze, 92kg pour 1m85, non pas parce que je fais de la musculation, mais parce qu’on est tous comme ça dans la famille. Je suis très brun, comme beaucoup de Savoyards, avec des yeux gris-bleu. Il y a longtemps que je voulais vous écrire, d’abord parce qu’il y a longtemps que je lis Lettres Gay, d’autre part parce que je voulais témoigner du bonheur qui est le mien depuis que j’ai rencontré Werner il y a tout juste deux ans. Werner est très grand, 1m92, et plus mince que moi bien que très sportif (natation et ski), il est châtain avec les yeux bleu clair, il a trente-trois ans. Il est zürichois, ou plutôt il l’était. Je le trouve magnifique, c’est normal puisque je l’aime. Nous habitons Annecy.

Ce n’est pas de notre première rencontre dans un sauna de Zürich que je veux vous parler, mais de la manière dont je me suis rendu compte que c’était lui que j’attendais depuis des années. Dans mes fantasmes, depuis presque toujours, j’étais un obsédé des odeurs des mecs: queue, aisselles, pieds; l’idée de me repaître des odeurs fortes d’un mec me faisait bander et jouir quand je me branlais. Mais dans ce cas-là, bien sûr, le mec que j’imaginais était toujours le mec idéal, donc ça "fonctionnait” bien. J’ai toujours aimé mes propres odeurs, et elles m’ont toujours excité. Parfois je faisais en sorte de ne pas me laver la bite plusieurs jours, ou bien de garder le même slip très longtemps, juste pour me sentir et m’imaginer que c’était l’odeur du mec que j’aimerais. J’ai bien dû admettre que je faisais partie de cette catégorie de gays qui aiment ça et qui sont bien plus nombreux qu’on ne pense à hanter les vestiaires sportifs... J’ai décidé de passer à l’acte un jour avec un mec rencontré sur le Minitel. Le mec était correct, excitant, et il possédait un gland très "odorant". Eh bien, ça n’a pas du tout marché, ça m’a dégoûté. J’ai essayé plusieurs fois, comme avec ce mec qui était vraiment canon et qui puait salement des pieds. Ça continuait de m’exciter dans mes fantasmes, mais en vrai, ça me répugnait. Je ne pouvais en fait baiser qu’avec des mecs très clean. J'ai fini par m’apercevoir que ça m’excitait uniquement dans le cas du mec de mes fantasmes, celui que j’aimerais, celui dont on rêve tous et qui se matérialise rarement... Et par là-même je reconnaîtrais celui qui m’est destiné.

Avec Werner, ça ne s’est pas passé ainsi. Il m’a beaucoup plu lorsque je l’ai vu, mais il n’y a pas eu de coup de foudre. Une amitié suffisamment forte pour que, de temps en temps, on fasse le trajet Annecy-Zürich, ou vice-versa. La révélation a eu lieu, pour lui comme pour moi la première fois où nous sommes partis pour trois jours faire une grande balade en ski de fond, sac à dos. Le premier soir, trop crevés, on s’est couchés dans le refuge vide sans se laver. Là, serré tout contre lui, j’ai senti son odeur. D’abord celle qui s’exhalait de ses aisselles. J’ai bandé immédiatement à en avoir mal. Je me suis précipité sous les couvertures à la recherche de sa grosse bite.

J’ai humé. Oh, l’odeur n’était pas très forte, mais ça m'a électrisé. Nous avons baisé cette nuit-là comme jamais nous ne l’avions encore fait, malgré la fatigue, et nous nous sommes endormis et réveillés étroitement enlacés. Le matin, je lui ai tout expliqué, je lui ai dit pourquoi j’étais sûr de l’aimer, pourquoi j’étais certain que le mec de mes fantasmes, c’était lui.

Je n'ai pas eu besoin de convertir Werner. Déjà branché cuir, il était bien plus vicelard que je ne le pensais! Il n’osait pas avec moi, il me croyait plus timide en la matière! Le coup de foudre s’est fait plus de deux mois après notre première rencontre! Depuis, on est devenus des adeptes du “crade”, on s’en donne à cœur-joie. Plus vicelards que nous, ça doit être rare. La salle de bains ne sert plus que parce qu’il le faut bien de temps en temps, à cause du travail. Maintenant, on se “sniffe" sans arrêt, on est tout le temps collés l’un à l’autre. C’est devenu comme une drogue. Il y en a qui se défoncent avec de la coke ou de la colle. Nous, c’est à coup d’odeurs de glands, de cul ou de pieds. On ne quitte plus nos bottes (portées sans chaussettes) que pour nous sentir les pieds et nous les lécher pendant des heures. Mais comme nous faisons la même pointure, on se les échange. C’est trop bon d’avoir les pieds emprisonnés là où étaient ceux de l’homme qu’on aime, de mélanger nos odeurs. C'est un peu comme une fusion. Quand on jouit, on enduit la queue et les boules de l’un avec le foutre de l’autre. Nous sommes séronégatifs tous les doux et nous sommes fidèles l’un à l’autre. On peut donc jouer à tout entre nous.

À l’automne, nous avons pris quinze jours de vacances dans un petit chalet isolé en Haute-Savoie. Nous avons pu vivre nos fantasmes sans aucune contrainte. Werner n’a pas quitté son fute et son tee-shirt en cuir, moi, ma vieille combi de mécano et mes rangers. Quinze jours à baiser, à nous enculer l’un l’autre à n’importe quel moment, n'importe où, comme de vrais porcs, à nous lécher partout, à nous renifler jusqu’à en perdre la tête. Je suis devenu presqu'aussi SM que Werner, et quand nos propres odeurs nous font tourner la tête, on utilise toute la panoplie, poids à couilles, pinces à seins, ou cire chaude qu’on fait couler sur les couilles. Quand Werner retire ses grosses bottes de cuir pour me faire sniffer ses pieds, l'odeur très forte me soûle; je deviens fou. Il pourrait faire - il peut faire - tout ce qu’il veut de moi. Je lui demande de me fouetter avec son ceinturon, et il le fait alors que j’ai le nez plongé dans une de ses bottes. Et vice-versa, bien sûr. Nous sommes scotchés l’un à l'autre, et la moindre séparation se transforme en attente de se retrouver. Werner EST ma drogue, et j’espère que notre histoire ne finira jamais.

En conclusion, je dirai que l'amour surgit par des moyens parfois étranges, et qu’on s’en aperçoit à des détails qui n’ont pas forcément à voir avec la beauté physique ou morale ou intellectuelle, ou encore la longueur de la queue.


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