L'obésité en douze leçons faciles à comprendre


L'obésité en douze leçons faciles à comprendre
Texte paru le 2004-12-05 par Urbain   Drapeau-fr.svg
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J’viens de finir ma deuxième tablette de chocolat, y’avait des noisettes entières, j’l’ai avalée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Je me vautre sur mon lit, «sachant que les noisettes sont un vrai garde-manger nutritionnel, combien de temps faudra-t-il avant qu’elles ne soient stockées par mon organisme et viennent renforcer un peu plus l’excédent pondéral de mon corps...» Un jour? deux? Je vais à la balance de la salle de bains... perdu! J’ai gagné un kilo depuis hier... saleté de noisettes... Comment y font les écureuils pour être tout maigre?

Téléphone pour moi: c’est «Julien»

— Salut Arthur, tu sais quoi?

— Non... Ici c’est pas Arthur Potter, comment veux-tu que je sache d’avance ce que tu vas me dire.

Là, je déconne car Julien quand il m’appelle, en général, c’est qu’il est en difficulté pour un exercice d’algèbre, il est nul en tout d’ailleurs, sauf en dragueur, là y ramasse un max.

— Y a Adrien qui vient de m’appeler pour me dire qu’il était amoureux de Stéphanie! Adrien...! L’enfoiré... Non...?

— Et alors, il a bien le droit de kiffer un peu sur ta copine, il est beau Adrien, et si c’était un gros comme moi qui t’avais dit ça?

Après tout chacun sa merde, pour moi le poids, pour lui la jalousie... j'suis grrr... enfin j’ai une surcharge pondérale de merde, et j’appelle pas le dimanche après-midi pour annoncer les changements de kilos à tous les perroquets de la classe.

— T’es gros, peut-être, mais au moins tu dragues pas ma copine. Tandis qu’Adrien, tu te rends compte...?

Là, y me gonfle sérieux... Je me rends compte de quoi?

— Et qu’est-ce que ça peut te foutre qu’il essaie de sortir avec Stéphanie, t’as des tas d’autres copines.

— Oui, mais quand même! M’faire ça à moi... Il est pas gêné l’Adrien.

— C’est toi qu’es pas gêné de me faire chier un dimanche avec tout le boulot que j’ai à faire pour lundi.

— Ho, ça va «Mammouth» (là, c’est de moi qu’il s’agit) j’disais ça comme ça. Allez, tcho tcho... à d’main.

— C’est ça, à d’main.

Et c’est quand j’ai eu raccroché que le coup de déprime m’est tombé dessus, un vrai cafard de p’tit môme. Je me suis (re)vautré sur le lit... entortillé dans les draps du pieu que j’avais eu la flemme de retaper le matin, et j’ai chialé... chialé... comme un petit sixième qui se fait vanner et serrer les miches de près par les diaboliques cinquièmes, le jour de la rentrée au collège.

Il a raison Julien, moi je me permettrais pas de draguer sa meuf, d’abord parce que moi, j’suis gros... et... qu’en plus... j’sais très bien que j’suis pédé.

Et c’est depuis ce jour-là, qu’après une autre tablette de 200 grammes, j’ai, comme qui dirait, plus le goût à rien.


Adrien j’le connais depuis qu’on est petit. Avant, on était vraiment copain, pis, vers les 12-13 ans, à ce qu’on appelle la puberté, quand j’ai commencé à grossir, j’ai bien senti qu’il avait tendance à m’éviter, aussi bien dans la cour du collège qu’en dehors. Même dans le bus qui nous ramène au village, y s’assoit plus jamais à côté de moi. D’ailleurs personne se met à côté de moi: y disent qu’y a pas assez de place. Tout ça c’est subtil, personne l’avouerait qu’il m’évite. Mais j’vois bien que je suis pas de ceux qu’on colle de près, on dirait qu’ils ont peur que ma graisse les envahisse.


L’obésité: leçon numéro UN.

D’abord on se rend compte de rien. Puis, quand il a fallu souvent changer les jean’s, maman m’a dit: «Tu grandis»; jamais elle m’a dit: «T’épaissis». Si elle m’avait dit ça, peut-être que ça m’aurait mis la puce à l’oreille... Va savoir? Puis on grandit... grandit... Jusqu’à ce qu’un mec te dise (ça finit toujours par arriver): «Eh, toi, Machin...!  — Hein... Moi? — Oui, toi le gros». Alors là, on comprend que quelque chose s’est passé, et pas en bien, dans notre corps... C’est un peu comme si un deuxième personnage était rentré à travers la peau et occupe notre espace vital. On s’en aperçoit quand on marche, quand on dort: toujours, à toutes les heures de la journée, y a toujours cet autre, là, à vous empêcher de courir. On le constate aussi au moment des repas, faut le nourrir l’intrus! Moi, j’ai un appétit d’oiseau, je me contenterais d’une simple biscotte le matin. L’AUTRE faut qu’y bouffe des gâteaux, des céréales, du beurre, des confitures; alors à la fin, on mange machinalement, avant qu’il demande sa ration. On est son prisonnier.

L’obésité: leçon numéro DEUX.

Quand t’es gros c’est déjà trop tard pour faire marche arrière tout seul. Le médecin a dit: «Il lui faut de l’aide psychologique...» Mais cette aide, tu peux toujours l’attendre, personne ne semble disposé à te l’apporter. Faudrait consulter des psycho...pattes... des diététi...chiens. L’aide psychologique du Nutella et des Fraises Tagada, ça vaut pas un clou, vaut mieux y renoncer avant d’ouvrir le pot ou de déchirer le paquet. L’aide psychologique... Zéro... C’est un peu comme une maladie, on peut pas espérer guérir tout seul d’une grave maladie, et être gros c’est une maladie gravement grave.

L’obésité: leçon numéro TROIS.

Tombez jamais amoureux d’un type comme Adrien, le plus beau de la classe. Y vous remarquera jamais si «vous êtes en dehors des canons de la beauté». Les canons de la beauté, m’font bien marrer ceux qui ont inventé cette expression... Les mecs canons, on sait ce que c’est, c’est vraiment pas la peine de dire la phrase entière: «vous êtes en dehors des canons», suffirait amplement...

Je sais bien, je déconne, les canons, j’ai un dico quand même, c’est pas le même sens... On pourrait dire: «Les canons de la beauté masculine sont représentés par des canons...» On peut imaginer aussi que des mecs passent et repassent alors qu’on entend un coup de canon à chaque fois qu’on distingue un canon représentant les canons de la beauté.

Va savoir si «gros canon» ce serait une vanne ou un compliment? J’sais pas si c’est le genre d’humour qui vous fait marrer mais pour moi c’est limite pas drôle

L’obésité: leçon numéro QUATRE.

Primo, oublie les copines ou les copains qui seraient obèses. On a tendance à les fuir. Pourquoi se balader avec un miroir grandeur nature. Voir ses bourrelets, son double menton et son gros cul chez les autres alors que les siens suffisent amplement à son propre bonheur. J’devrais dire à son propre malheur, évidemment. Deuzio, les pas gros, les maigres, les anémiques, c’est pas des compagnons à fréquenter. En général ils ont le sac plein de Nuts et Ragusa, boivent des Cocas, bouffent des Big-Mac'Do, enfin des trucs qu’on doit éviter a-b-s-o-l-u-m-e-n-t, a dit le médecin nutritionniste... La vie d’un gros, c’est un parcours de solitaire, un peu comme les grands éléphants mâles; sauf qu’eux, quand y se pointent, on les respecte pas qu’un peu, y foutent les jetons à toute la jungle.

L’obésité: leçon numéro CINQ.

Oublie les petits-amis si t’es une fille, les petites-amies si t’es un garçon... et les petits-amis gays, si t’es moi... Pédé normal, c’est déjà pas facile à 15 ans, mais pédé gros, moche donc, c’est pas tenable. On sait très bien que l’amour, l’amitié, c’est réservé aux ados normaux, minces donc. Déjà qu’avec un appareil dentaire tu frôles l’anormal, genre la cinquième dimension avec quatre yeux et trois bras... Avec mon mètre soixante-dix et 112 kilos... Oh... là... c’est Jurassic Park... Au secours...

On croit que les jeunes sont vachement plus cool et tolérants que leurs parents... Mon cul, mes p’tits potes, sont plus cons et pour beaucoup sont méchants. Alors rêver au copain qui viendrait te câliner un brin sous la douche et te coller ses lèvres sur ton zob... Autant rêver tout de suite à se laisser pousser des ailes et apprendre à voler... J’ai aucune chance au grattage, et encore moins au tirage, comme j’en rêve en me tripotant.

L’obésité: leçon numéro SIX.

Plus t’es gros, plus tu deviens transparent. C’est curieux comme une réaction chimique genre précipitation. Tu sais, tu mets deux liquides ensemble, pis ça devient un solide. Ça épate drôlement la première fois jusqu’à ce que la prof t’ait expliqué les atomes, les ions, les électrons, enfin tout le fourbi qui nous fait tenir debout et aussi gonfler les bourrelets, pour les mecs comme moi... Pour nous, faudrait une précipitation à l’envers, du genre qui te fasse pisser les surplus graisseux... Mais pourquoi y z’inventent pas ça... Donc, plus t’es gros, moins on te voit. «ON» ne t’aperçoit pas dans la rue du cinoche, pour pas risquer de rentrer et s’asseoir à côté de toi et ton méga-big seau de pop-corn... «ON» te croise dans le couloir sans te voir, occupé à je ne sais quelle réflexion philosophique sur le sens de la vie après les cours, et surtout sans le «gros» qu’est là, en face de moi avec ses yeux de veau... «ON» t’oublie pour les fêtes entre copains, pis quand tu fais la remarque, deux-trois jours après, car toi tu le savais pas qu’«ON» allait se réunir pour un anniversaire ou une grosse teuf profitant d’une occasion tellement rare pour les participants, comme des parents parti en week-end sans leurs mômes, mais «ON» dit: «Tu sais, t’as rien loupé, on s’est fait chier... mais chier...»

Y a quand même des fois où j’aimerais bien me faire chier avec des potes plutôt que de «m’amuser» tout seul... La branlette, à force, ça fait bien chier aussi.

L’obésité: leçon numéro SEPT.

Plus t’es gros, plus ta bite diminue...! Même quand tu bandes, c’est-à-dire là où elle devrait être flamboyante, raide, se voir quoi... Ben elle est toujours cachée par le gras du bas du bide qu’a tendance à retomber. La queue c’est comme un champignon frais poussé dans une prairie, si l’herbe est basse on le voit de loin, pointu comme un peuplier; si l’herbe est haute ou si il y a des feuilles qui traînent par terre, on voit que le bout du chapeau. Moi ma bite, quand je bande, on voit son chapeau, pis un bout de la tige, l’autre morceau reste coincé dans la viande et j’vous parle pas au repos... une désolation. Tout ça que je vous raconte, c’est observé devant une glace murale car ma bite, normalement, faut que je me penche beaucoup pour l’apercevoir. On voit un peu mieux couché, car mes bourrelets s’aplatissent. Quand je me branle, c’est toujours couché.

L’obésité: leçon numéro HUIT.

Le cauchemar de l’obèse, au collège, c’est les heures d’éducation physique... UN ENFER... Déjà sur le terrain de foot, quand y a du temps de libre, les équipes se font et personne n’a envie de me voir à ses côtés. Pourtant, sur un terrain, je suis dangereux pour personne. Le ballon, je m’arrange pour toujours qui soit distant d’au moins 30 mètres, et si je cours (là je déconne...) c’est en général pour m’en éloigner quand je vois qu’il aurait tendance à venir de mon côté. Y a donc aucune raison «raisonnable» de m’éjecter... Ben si, je me retrouve toujours sur le bord, avec les filles, enfin certaines, car d’autres sont dans les équipes et marquent même des buts. À ce qui paraît... car moi je ne regarde qu’Adrien et son short de l’année dernière, celui qui lui moule vachement le cul et les burnes, je mate avec envie, je lui sucerais la queue et lui ferais écarter ses jolies cuisses afin de respirer un peu l’odeur de son trou, je le câlinerais et puis... On siffle la fin de l’EP, direction les douches. Je pourrais m’en dispenser. J’ai pas lâché une seule goutte de sueur.

Les filles à gauche et garçons à droite. Quelques timides vont dans les cabines individuelles. Le prof surveille attentivement depuis que deux terminales se sont enfermés ensemble et qu’on les a surpris à s’enculer... Hou...! la honte que j’aurais eu moi... Eux, y z’ont fait les fiers, qu’y devaient rien à personne, qu’y z’étaient libres de leur corps à 17 ans et que les leçons de morale du surveillant y pouvait bien se les carrer dans le fion... Bien profondément... Exclus pour une semaine, les deux petits pédés... Quand y sont revenus z’étaient devenus les vedettes du lycée... Certains jeunes profs du SNES sont allés leur serrer la main en signe de bienvenue pour contrarier le prof d’EP qui s’est fait traiter de nazi raciste parce qu’un des deux s’appelait Farid, et qu’après tout, pour eux, les jeux sexuels c’était normal à 17 ans, et que dans les douches, un peu d’enculade n’a jamais fait de tort à personne, surtout si ceux qu’étaient dans la cabine étaient libres et consentants. Un syndicat de lycéens à distribué des tracts rappelant que la liberté sexuelle était libre et indivisible et que nos aïeux s’étaient battus et avaient fait la Révolution pour que tout le monde puisse s’enculer sans rendre de compte à personne, surtout à un prof d’EP au corps fait par les dieux et qui trimbalait pourtant une giga-réputation de chochotte.

Enfin, bref, je me douche avec le commun des mortels en faisant attention à pas bander. Certains déconneurs ont toujours la main qui se balade entre les cuisses de mecs qui rougissent en serrant les jambes. À moi ça m’arrive jamais qu’un garçon vienne me tripoter. On dirait bien que je les dérange. Pas un œil ne regarde dans ma direction. Et même si ça m’arrivait, je pourrais pas serrer les cuisses car, faut bien l’avouer, mes cuisses y a longtemps qu’elles se touchent de manière très naturelle.

J’suis gros et j’aime pas le mot mais j’aimerais bien devenir un «gros pédé».

L’obésité: leçon numéro NEUF.

Y a pire que le pire cauchemar des heures d’EP au stade... C’est le piscine... Hou là... là... J’ai pas pu me faire dispenser. Paraît que mon corps est tout parfait; pas de problème cardiaque ou quoi que ce soit de niqué. Le médecin m’a dit: «Tu verras la natation c’est très agréable». Le con, j’sais bien que la flotte c’est super pour les mammifères marins de plusieurs tonnes, alors moi avec mes cent kilos, rigolade... En vrai, c’est vraiment bien la piscine, mais faudrait que je sois tout seul... Je vous raconte pas les regards quand je déboule avec mon bermuda qu’on en mettrait au moins trois par jambe de mes camarades de classe. Arrivé au bord, y a toujours le rigolo de service qui tient sa vanne toute prête depuis le matin: «Rangez-vous loin du bord, attention au raz-de-marée»... Ou bien: «Il a tout de la baleine sauf la queue...» Vous voyez le niveau. Ça ricane pas que dans mon dos. Y savent que je suis tellement gêné que je me laisse allumer en face, par des trous-du-cul que je pourrais écraser comme des moucherons si je voulais... Mais là je veux pas... non, pas ça... En vrai, je PEUX pas. Je suis anéanti, lâche, presque mort de honte. J’ai envie de hurler, de pleurer, mais je fais bonne figure et je me balance à la baille en faisant la bombe, sous les applaudissements de la classe penchée sur le rebord.

Quand je remonte je vois les visages rieurs qui masquent leurs faces méchantes d’enfants.

L’obésité: leçon numéro DIX.

Faudrait pas être entouré de mecs trop mignons genre Adrien et son caleçon qu’on voit au-dessus du Baggy Knee Patch; il en a même un rose avec des p’tites fleurs bleues; je le trouve trognon quand il le porte avec sa ceinture en élastique lâche qui serre à peine un abdomen que je voudrais lécher... Faudrait pas les voir avec leurs musettes fashion et leurs fringues à la mode qui tombent juste là où ça fait cool. L’été ils se désapent, torse nu, pour faire du roller. Alors on voit les petites tablettes abdominales, prêtes à gonfler, bourgeonnantes, qui prendront forme si on s’en occupe un peu. Faudrait fermer les yeux devant les petits cons super-gaulés qui jettent un regard méprisant vers le «gros» qu’ose les mater du coin de l’œil. Moi le baggy j’ai de la peine à y loger mon ventre, et mes sweats «XXL» y z’ont du mal à rester flottants, à cause des tablettes de chocolat que je bouffe et qu’ont effacé à jamais celles qu’on peut voir moulées sur Adrien et ses potes bronzés.

L’obésité: leçon numéro ONZE.

Quand on est gros faut être discret, pas la ramener... même en cours, pas faire mine d’être trop bon car des félicitations à un gros, dans une classe, ça déconsidère le reste des élèves. Ça démotive les pauv’ chéris... D’ailleurs les profs connaissent la règle par cœur, même un vingt sur vingt sur ma feuille de dissert ou sur mon devoir de math n‘offre aucun intérêt. Faut garder l’amour-propre des autres et ne faire aucun commentaire. Les profs y z’aiment surtout les beaux élèves, filles ou garçons. Si t’as une belle gueule, si t’es fringué marques, tu pourrais chier sur le bureau, qu’on te trouverait toujours une bonne excuse. Les moches, les pauvres, les mal-fringués, les gros, circulez: vous n’êtes pas des gens fréquentables, vous gâchez le paysage. Un jour, un prof remplaçant est venu... Il était gros... Enfin gros... Énorme... Je me suis dit qu’enfin j’allais pouvoir compter sur la complicité d’un adulte... Bon, un adulte un peu de mon bord si vous voyez ce que je veux dire. Un matin je me suis planté devant en lui lançant un: «Bonjour M’sieu!» super-amical, j’étais tout sourire. Lui, il est passé en me jetant un bref coup d’œil, «B’jour» et a poursuivi son chemin... La solidarité inter-gros... Mon cul oui!

L’obésité: leçon numéro DOUZE.

Être gros ça aide pas à voler. Après «L’HUMILIATION» suprême, j’ai décidé qu’il fallait que ça change.

J’vous raconte. J’ai croisé Adrien dans un couloir. Il revenait des chiottes et a pas pu m’éviter. J’l’ai bloqué dans un coin et j’y ai dit: «On dit que t’as téléphoné à Julien pour lui dire que t’aimais sa meuf.» Vert qu’il est devenu l’Adrien: «Et après, t’es jaloux...?» Moi je bredouille: «Ben oui, un peu..., enfin... même beaucoup... j’pense plus qu’à toi tu sais...»

Son rire m’a accompagné alors que je descendais le long de la façade du collège... Ont pas eu le temps de pousser mes ailes de géant. Il est trop beau quand il sourit Adrien. Au pied, c’était le coin fleuri, j’ai pas loupé le massif... écrabouillées les capucines.

Paraît que c’est mieux que je sois mort sur le coup, c’est les profs qui disent ça: «Eh oui cher collègue, un obèse dans un fauteuil d’infirme, vous voyez les inconvénients dans une classe... ça retomberait encore sur le corps enseignant.»

Septembre 2004 - Urbain



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