L'homme du sauna


L'homme du sauna
Texte paru le 2021-05-19 par LoïcPD   Drapeau-fr.svg
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Il était tout juste 18h quand je me suis approché de l'homme du sauna. C'était comme moi, un habitué. Les vendredis soirs, avant le week-end. Jamais très longtemps, deux heures environ. Une salle simple, jamais très fréquenté. De toute façon, le sauna de G. Creek n'était jamais très fréquenté. Assis au bout du banc, serviette lascivement posée sur ses reins, il était là. Nous ne nous étions jamais parlés, mais c'est comme si l'on se connaissait. Toujours la même salle, chaude et boisée, toujours aux mêmes moments. peut-être que l'un de nous deux le faisait exprès.

Il était dix-huit heure, le sixième vendredi de fréquentation, quand je me suis enfin approché de l'homme du sauna. Nos échanges de regards silencieux n'étaient plus assez. J'avais vingt ans, il fallait que je fasse plus. Il devait en avoir trois de plus, il s'attendait à mieux de ma part. Je me suis assis à côté de lui, il m'a regardé dans les yeux, a émit un rire nerveux et souri. Il m'a sondé de ses yeux noirs et vifs : 1m90, fin, en bonne forme, jambes et fesses poilues, yeux clairs et amusés, cheveux bruns. Je fis de même. Plus petit que moi, peau bronzée, poils noirs sur les jambes, les bras et le torse. Cheveux bruns foncés qui bouclaient autour d'un visage luisant de sueur, barbe et moustache rasée négligemment. Il a lentement posé son pied chaud contre le mien. On s'est regardé à nouveau, je lui rends son sourire.

Il est plus : plus âgé, plus musclé, plus entreprenant ; c'est sa main qu'il place désormais doucement sur ma cuisse encore recouverte. C'est à mon tour, je suppose. Je passe une de mes mains dans son dos, je caresse, je descends, glisse un doigt hésitant sous la serviette. Il ferme les yeux, respire plus vite. Mon doigt continue à plonger, je sens les poils de la fente de ses fesses se plier. De mon autre main, machinalement, je retire ma serviette, je révèle dix-neuf centimètres dressés qu'il regarde avec désir. Il retire lui aussi sa serviette, me montrant un pénis à demi bandé mais déjà humide et deux testicules couverts de poils sombres. Elle est un peu plus courte que la mienne, légèrement plus large. On se regarde, on se mesure, on se sourit une fois encore. C'est pus fort que nous, regard de lycéens se découvrant, se comparant. Il y a quelque chose de plus, une véritable envie.

Alors je me lance. Je mets ma tête entre ses jambes, je pose mes lèvres à l'intérieur des cuisses, sur ses testicules chauds, je remonte la verge désormais complètement érigée, dix-sept centimètres, un prépuce long. J'humecte la tige de ma salive et je sens ses belles mains bronzées caresser mes cheveux, ma joue, ma nuque. Mes lèvres s'enroulent sur le gland, font glisser la peau, récoltent les perles de liquide. Goût de sueur, de sel et de plaisir. Je continue de le sucer, il fait glisser ses doigts sur toutes les parties de mon corps qui s'offrent à lui. Je m'arrête un instant, et il en profite pour relever ma tête, la mener vers la sienne. J'embrasse l'homme du sauna pour la première fois. C'est brûlant, rapide et lent à la fois, sa barbe me pique le visage. Il me mord rapidement dans la nuque et me guide à nouveau vers son sexe. Alors je reprends mon va-et-vient humide. Il est debout devant moi désormais, je suis sur mes genoux, sur le parquet humide. Je suce, je bois la transpiration et le liquide visqueux s'écoulant de la colonne de chair, je m'amuse avec son prépuce, j'y fais tourner la pointe de ma langue. Il halète, il tremble un peu. J'adore ça, je l'adore. Ma main gauche se dirige vers son cul et l'index s'y glisse, titille l'orée de l'orifice, rendu glissant par la chaleur intense. Je porte le doigt plongé en lui à ma bouche, je savoure le goût si unique d'un anus à la fois purgé de toute substance suspecte et imbibé de sueur et d'hormones.

Il se retire soudainement de ma bouche, j'ai remis l'index dans son trou. Il me roule une pelle tumultueuse, passionnée, ses deux mains me pétrissent le cul. Je place le doigt sorti du trou entre nos deux bouches, nous le léchons à l'unisson, nos langues se touchent à nouveau. L'espace de quelques secondes froides et interminables, son corps se détache du mien, il va chercher des préservatifs et un sachet de lubrifiant chacun qu'il pose sur le banc. Il étale nos deux serviettes au sol et s'alonge en soupirant, offert à moi. Je m'allonge aussi, au-dessus de lui, ma verge et mes fesses au niveau de son visage, la sienne pointant déjà à nouveau vers mes lèvres. Je reprends ma fellation, mais je suis désormais encouragé par ses doigts qui se baladent entre ma queue, mes jambes, mes pieds et mon trou, et sa bouche brûlante qui vient noyer mon sexe. Je continue à le lécher, à lui pomper le gland à moitié découvert. Il me repositionne et fait timidement entrer sa langue vivace dans mes profondeurs, pourléchant l'anneau cuivré, m'arrachant frissons et gémissements. Sa main astique mon membre en même temps, et je ne peux retenir, après une douzaine de secondes, une goutte de sperme ou deux, qui s'écrasent sur ses pectoraux ciselés et bruns. Il retient tant bien que mal un éclat de rire, la langue et le nez encore en train de chatouiller mon anus détendu.

Cette première goutte nous fait comprendre qu'il est temps de passer aux choses plus sérieuses. Vu la préparation que chacun a accordé à l'autre, son pénis trempé par ma salive, mon anus élargi par l'action de sa bouche et de quelques doigts, glissant grâce à sa salive à lui, nous n'avons pas besoin de réfléchir bien longtemps au rôle de chacun. Il reste étendu, sur le dos, en fermant les yeux et souriant. Il m'attend sur sa verge élancée, mais je le fais languir un peu, je l'embrasse lentement, je lèche ses aisselles odorantes, ses abdominaux saillants, le gland à nouveau. Il me pince les tétons et je fais de même. Il a l'air d'aimer ça, ça ne me fait rien sinon rire. Puis je déballe un préservatif, je l'enfile sur le sexe de l'homme du sauna. Il ouvre le sachet de lubrifiant, en fait couler une moitié sur son membre, me tend le reste que je fais couler dans mes entrailles. Puis, enfin, je lui fais face, ma main droite près de son nombril, et je laisse son pénis entrer en moi.

Je suis sur lui, penché vers son visage qu'il a légèrement redressé, il me regarde avec des yeux d'un noir profond, luisant de passion, de désir, d'amour peut-être. Sa main gauche effleure mon épaule, je commence à me mouvoir, il fait de même. Je la sens en moi qui monte, qui descend, qui s'agite. Il n'y a pas de douleur, ça glisse facilement, rapidement, au rythme de nos halètements, de nos caresses fébriles sur le sol d'une salle de sauna. On a chaud, on transpire, on soupire. On accélère, puis on ralentit. on s'arrête, on se penche et on s'embrasse. On reprend, je manque de tomber, grisé par l'orgasme qui s'approche et par la température. il rigole, rire chaleureux, cristallin, ensoleillé. Gifle joueuse sur son joli torse. On va, on vient, moi coulissant sur la barre dressée, lui enserré dans mes entrailles bien préparées. Tout va si vite, tout est si bon. Je ne sais pas combien de temps je passe à monter et descendre sur ces dix-sept centimètres.

Ils heurtent ma prostate une fois de trop. Orgasme. Quatre grands filets nacrés sont propulsés et s'étalent sur son torse, dans son cou, au coin de ses lèvres, une goutte s'est écrasée sur son nez. Il la prend sur son doigt et me la fait goûter. C'est âcre, un peu salé, chaud. Je me remets peu à peu de cet orgasme incroyable, je laisse respirer sa verge un instant, le temps de ramasser de ma langue le reste de mon éjaculation et de la partager avec lui par un baiser. Puis, avant de la laisser revenir en moi, je titille sa queue sortie de mon anus avec ma langue. Elle est grasse, pleine de lubrifiant, de transpiration, de phéromones masculines si enivrantes. Je me laisse repénétrer et nous relançons le mouvement avec plus d'intensité qu'avant encore. Il lui faut peut de temps pour qu'il finisse par jouir lui aussi, s'arrêtant soudainement dans un râle d'extase, remplissant le préservatif que je sens gonfler en mon conduit. Je me retire à nouveau de son sexe, il retire le préservatif, va le jeter. Je me lève et l'enlace, il se retourne vers moi soudainement, en souriant. Il me plaque au sol sur les serviettes trempées de sueur, s'allonge sur moi, colle son visage moite au mien, ses boucles noires trempées, sans m'embrasser. Je sens sa respiration accélérer. Puis il ferme les yeux à nouveau et colle ses lèvres tremblantes aux miennes. Un jet chaud coule le long de nos deux pénis en contact, un jet continu. Ce n'est pas du sperme, il est en train de me couvrir de son urine. Chaleur liquide au dessus de la chaleur liquide, odeur âcre de pisse et de sueur d'homme. Je me laisse aller, je le rejoins. Les serviettes et le parquet se transforment en une rivière dorée, où flottent paisiblement, encore quelques minutes, l'homme du sauna et moi. On finit par entrer dans une cabine de douche, on se frotte pour découvrir les derniers recoins de l'autre que l'on ne connaissait pas. Son grain de beauté en haut du dos, ma cicatrice au poignet, rien ne résiste à nos lèvres encore enivrées.

Hélas vient le temps de se séparer. Le vestiaire, les casiers, se rhabiller.

Est-ce fini?

Nous ne nous sommes pas dit un mot... mais il est reparti avec un numéro.

C'est samedi à 23h43 que l'homme du sauna, beau jeune homme grec nommé Kallias, s'endort dans mes bras, nu, ravi, mon sexe encore en lui.