La révolution tranquille des prêts et bourses 1966-1967


La révolution tranquille des prêts et bourses 1966-1967
Texte paru le 2012-03-31 par JacquesLamoureux   Drapeau-qc.svg
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  • Vol. 4, no. 1
  • Date : Mars-Avril 1997
  • Rubrique : Les gais dessous de l'histoire
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Après le défunt Département de l’Instruction Publique, au Québec, on forma le ministère de l'Éducation actuel. Cette structure

gouvernementale devait révolutionner tranquillement les institutions scolaires, et le fit; même les étudiants furent révolutionnés et étourdis par le nouveau système de prêts et bourses mis en vigueur juste avant l’Expo 67. Ainsi, plusieurs révolutionnés du flower-power ou du baby-boomer s’ouvrirent alors les portes toutes grandes vers l’Europe. La France d’abord, bastion de la culture québécoise francophone à 6,5 francs au dollar, mais aussi...

Amsterdam, vous connaissez Amsterdam? La ville aux centaines de ponts et canaux... Moi, je ne connaissais pas mais j’avais rencontré dans un bar de Paris, sur la rue des Pyramides, un jeune homme superbe, un certain Bill... Dans ce bar, après avoir acheté une bière plutôt dispendieuse, on pouvait se plotter comme dans les bonnes années de Chez Buds, à Montréal. Le petit bar se bondait de monde tôt le soir, et le monde bandait à qui mieux mieux ou à n’importe quoi, une mini-débauche quasi-tout-habillé. C’est ainsi que j’avais découvert la très belle queue de Bill, entre deux poignages de cul fébriles et dans la fumée opaque de l’atmosphère sulfureuse digne du BRONX.

Avec un accent à trancher au couteau, Bill m’apprit que son père résidait à Amsterdam et qu’il devait l’y rejoindre le surlendemain; il m'offrit spontanément de l’accompagner puisque je ne la connaissais pas encore ; l’occasion était belle de connaître la ville de Rembrand... J'habitais un petit hôtel plus qu’ordinaire de la rue Thérèse, mais je décidai quand même de l’inviter à venir dormir avec moi afin de mieux en discuter le lendemain... Il accepta...

Sur notre chemin, on s’arrêta dans un petit bistro afin de se gaver de quelques bières-pression peu chères et ainsi mieux faire connaissance; certains placotages valent parfois certains pelotages... En arrivant à l’hôtel, nous avons trouvé particulièrement essoufflant de gravir les marches des sept étages conduisant à ma chambre, sans compter l’entre-sol ou premier étage. À cette époque, les bourses d’études, quoique très généreuses pour les plus pauvres, ne me permettaient pas de me payer trois mois d’hôtel trois étoiles, avec ascenseur! Je devais même descendre deux étages afin de prendre une douche et payer un supplément de quelques francs pour l’eau chaude; les tenanciers, un vieux couple gay dans la soixantaine, étaient toujours surpris que je prenne ma douche tous les matins et même deux fois par jour... Ce qui n’était pas le cas de tous les Français que j’ai connus là-bas... M’enfin!... Enfin arrivés à ladite chambre, Bill se jeta sur moi comme un lion affamé par quinze jours de jeûne. C’était un athlète accompli et la suite de la nuit me prouva qu’il n’était pas à bout de souffle. D’abord, un fougueux french-kiss à l’allemande!...

D’embrassades en serrements, il m’avait déshabillé dans des gestes provocateurs tout en se déshabillant avec sensualité; puis, sur le matelas de plumes défraîchi réparties par monts et par vaux, surmonté d’un traversin aussi confortable qu’une colonne de béton, nous nous sommes livrés l'un à l’autre comme si le monde autour de nous n’existait plus. Mêlés à nos halètements sonores et quelques cris de douleur en douceur, on entendit soudain quelques violents coups de poing dans le mur commun à une chambre voisine. Ouch! La surprise passée, je redécouvrais la queue puissante de Bill qui rehaussait son corps musclé et ferme, digne représentant de la stature arienne. Il tritura mon corps comme une pâte à modeler en me faisant prendre des positions surprenantes d’ingéniosité et de voluptés. Plus Bill était vicieux dans ses gestes, plus ses yeux pétillaient de frénésie; de ses mains presque monstrueuses, il saisit mon sexe et l’étira jusqu’au seuil de la douleur acceptable tout en me rongeant les testicules avec une avidité délicieuse. Il mordilla mon corps de long en large me procurant quelques frissons aussi déroutants que jouissifs. Je me débattais comme un chrétien dans une fosse aux lions lorsqu’il engouffra dans sa bouche chaude et profonde toute ma queue rebondissante de spasmes; j’avais l’impression qu’il était pour la couper de ses dents afin de l’avaler d’un seul coup. À bout de résistance, j’éjaculai dans un long soupir de contentement... Il se leva alors au-dessus de moi, et les jambes écartées comme le Colosse de Rhodes, il exécuta quelques mouvements brefs et son sperme gicla généreusement sur tout mon corps et au rythme des soubresauts de sa bourse et de sa belle grosse queue...

J’avais l’impression de m’être fait faire l’amour en essayant de lui faire l’amour. Nous avons finalement dormi comme des chats essouflés après un course folle pour attraper un petit rat à grosse queue, un soir de pleine lune en rabette...

Au petit matin, après un réveil aussi sexuel que sensuel, il fallut descendre les deux étages pour prendre une douche; j’eus toutes les misères du monde à empêcher Bill de reprendre nos ébats amoureux sous la douche. D’abord, je savais que l’eau chaude ne durait que quelques minutes, mais surtout que ça ne pouvait se faire discrètement avec cet étalon... On est remonté à la chambre et la partie de fesses escamottée reprit de plus belle jusqu'à une deuxième douche. Encore une fois, nos semences disparurent dans les profondeurs de l’inconnu ou se mélangèrent aux sueurs enivrantes de la passion de nos corps...

Au cours du petit déjeuner qui suivit, Bill me rappela sa proposition de l’accompagner jusqu'à Amsterdam. Il connaissait un petit hôtel charmant, semblable à celui où je logeais; c’était le Seven Bridges Hôtel et, officiellement gay. J’acceptai finalement son offre et nous avons convenu de nous revoir le soir même pour recoucher ensemble, bien sûr, mais surtout afin de prendre le train tôt le lendemain. Il me serra chaleureusement la main puis disparut vers le métro Richelieu-Drouot...

Ce soir-là, je soupai seul en lisant toute une documentation sur la ville d’Amsterdam et ses attraits, principalement sur les grands maîtres flamands ou néerlandais. J’attendis Bill jusqu’à tard dans la nuit, même jusqu’au petit matin brumeux... Ce n'est pas avec Bill que j'ai connu Amsterdam et ses orgues de barbarie, ni le Seven Bridges Hôtel si sympathique et particulier; j’y suis allé quelques jours plus tard avec un copain américain rencontré par hasard dans un McDonald’s des Champs-Elysées... J’y ai même connu de belles aventures qui m’ont drogué de tous les plaisirs de voyager, dont une turquerie que mes fesses ne sont pas prêtes d’oublier...


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